Compliqué, si compliqué…

Récemment, est sortie une infâme bouse sur un infâme site de merdeux habitués à répandre leurs étrons textuels sur le pauvre internet. Rien de nouveau donc. Ce qui est étrange, c’est que cet article en particulier a choqué, alors que le contenu de jook.fr oscille habituellement entre le merdique et le catastrophiquement merdique. On y apprend, dans le désordre: que les femmes qui n’aiment pas les claques sur les fesses sont des emmerdeuses frigides, qu’il ne faut jamais faire l’amour à 3 avec un autre mec et une fille (quand on est un mec, mais tous les articles partent du principe que le lecteur est un mec, no girls on ze internet comme disent les abrutis), qu’on peut tout se permettre sexuellement avec une fille qui a fait du porno, que les « renois » ont tous un look d’enfer (ils ont aussi le sens du rythme et sont de grands enfants je parie?), et que c’est pas la peine de soigner ses fringues pour aller se taper des putes en Thaïlande.

Et donc au milieu de tout ça, l’article qui nous expliquait le point de vue de l’auteur sur « les grosses », ces sous-humaines, ne faisait pas tache dans le décor. J’ai lu cet article parce qu’il a beaucoup été partagé, mais j’ai été surprise qu’il disparaisse le lendemain (j’ai (mal)heureusement pu retrouver une copie). Enfin, je l’ai lu… Je l’ai survolé, disons, ce qui est déjà pas mal. Quand vous survolez un merdier vous êtes toujours trop près du sol. Et sans exagérer, je crois que chaque phrase de cet article vaut un double facepalm. Au moins. Chaque phrase de cet article est un étron puant posé sur votre pauvre cerveau.

Pourquoi j’en parle alors?

C’est juste que… Je sais pas, j’avais envie de remettre cet étron en perspective. De me demander: pourquoi, comment, qu’est ce que ça veut dire au fond?

D’abord de quoi parle l’article? Un sujet déchire l’auteur, l’empêche de dormir la nuit. Il s’agit d’une catégorie d’êtres hybrides totalement à part: les « grosses qui ont un beau visage ». Lire la suite

La première oppression

Tu ne m’en voudras pas, lecteurice, d’avoir attendu longtemps avant de vraiment aborder le sujet. Trop de choses à dire et je ne sais pas par où commencer. Bien que j’ai déjà abordé le sujet ça et là entre les lignes, et que je suis presque entré dans le vif avec l’article Insoumission à l’école obligatoire, j’ai longuement hésité avant de livrer mes propres réflexions.

statue enfantDiverses formes d’oppression nous touchent et s’entrecroisent, se renforcent les unes les autres. Les plus évidentes ne sont pas celles qu’on voit le plus souvent, mais celles qui ont été le plus dénoncées et combattues par le passé: le racisme, le sexisme. Les autres, nous refusons de les voir, du moins de les considérer comme oppression. Il est donc extrêmement difficile de les dénoncer. Elles n’en existent pas moins; elles sont multiples, omniprésentes. Deux me viennent à l’esprit en particulier, par le nombre d’individus qu’elles touchent: le spécisme, que j’ai déjà longuement dénoncé ici, me heurtant aux résistances habituelles (cri de la carotte, mentaphobie et autres diversions). La seconde est l’âgisme, dont j’ai pour l’instant très peu parlé.

Le terme lui-même n’est pas très clair parce qu’il est utilisé pour définir des formes de discrimination qui sont, en fait, multiples. Une personne peut être discriminée parce qu’elle est vieille, ou au contraire parce qu’elle est jeune, par exemple pour accéder à un emploi ou à des aides sociales.

Mais ce dont je veux parler ici, c’est de la façon dont on traite les enfants. Cela relève de mécanismes d’oppression particulièrement subtils et ancrés, si ancrés qu’on ne les remarque même pas.

Considérons quelques faits:

En France, les enfants demeurent la seule catégorie d’être humains qu’il demeure légal de frapper. Frapper un adulte est une agression, frapper un enfant est une correction méritée. Et d’ailleurs même si elle ne l’est pas, personne ne viendra vous chercher trop de noises. Les féministes de la deuxième vague ont eu beau répéter que le privé est politique, frapper ses enfants relève encore de la vie privée. Lire la suite

Misère sexuelle mon cul

Quand on parle d’abolir la prostitution, on finit toujours par se heurter à la célèbre Misère Sexuelle. La Misère Sexuelle, c’est quoi? Ce sont les hommes qui sont trooooop en manque de sexe, les pauvres, et il faut bien les satisfaire sexuellement, sinon hé bien ils sont trop malheureux.

Même si la misère sexuelle existait en ces termes, la prostitution consisterait à coller un mignon petit pansement sur une tumeur de la taille d’une pastèque. Donc elle ne règle pas le problème, évidemment, et en plus, elle fait des victimes. Déjà, ça me pose un problème qu’on sacrifie des femmes pour « sauver » des hommes, ce qui apparait, en fait, de différentes manières à chaque fois qu’on essaie de justifier la prostitution: quand le psy dont j’ai parlé hier explique les hommes auraient des besoins sexuels alors que les femmes auraient besoin d’amûûûr et seraient incapable de distinguer l’amour du sexe, ça ne le dérange pas outre mesure que certaines femmes (les prostituées) servent d’outil sexuel. Mais quoi d’étonnant là-dedans lorsqu’on s’aperçoit que c’est, en fait, le fondement même de la division de la gent féminine en Putes et Saintes. Les Putes, traditionnellement, ce sont une petite partie des femmes, que l’on sacrifie aux hommes pour pouvoir « sauver » les autres. C’est d’ailleurs pour cela que l’église a émis de nombreuses position pro-prostitution:

Par la suite, la tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal. Les Pères de l’Église en témoignent, d’Augustin d’Hippone au IVe siècle qui estime qu’elle est naturelle et permet de protéger les femmes honorables et les jeunes filles du désir des hommes, jusqu’à Thomas d’Aquin au XIIIe siècle, qui juge qu’elle est nécessaire à la société comme les toilettes à une maison : cela sent mauvais, mais sans elle(s), c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais.

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La possession du corps de l’autre

On l’a vu, le couple me pose plusieurs problèmes, pouvant se résumer à de multiples restrictions de liberté propres à cette institution sociale, qui n’est pas, contrairement à ce que certains m’ont soutenu, libre des influences, des modèles et du formatage social. Pas plus libre que n’importe quoi d’autre. C’est notamment via le couple que la société, ses normes et ses règles s’invitent dans notre intimité et nous dictent nos comportements en matière d’affection, de relations sexuelles, etc.

Le principal grief que je porte au couple, c’est la possession de l’autre qu’il implique. Cette possession de l’autre va bien plus loin que de « simplement » lui interdire de partager sa sexualité ou sa tendresse avec d’autres personnes (ce qui, à mon sens, constitue déjà un abus : de quel droit ?). L’obligation à la fidélité mutuelle n’est qu’un des nombreux symptômes de la main-mise sur l’autre, sur sa sexualité, son intimité.futurama greffe tête emy fryDevoir conjugal : la loi sous les draps

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