Tout ça pour ça.

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Il n’est pas mon habitude de mettre des selfies ici. Encore moins d’une autre partie du corps que le visage. C’est un peu intime, quoi. Et je parle très peu de moi sur ce blog, d’habitude. Mais ce matin, j’ai pensé que je pouvais faire exception à ma réserve habituelle. Car ce matin je me suis regardée dans la glace et j’ai vu ça.

Oui, regardez bien. A droite. Cette chose inconnue. Regardez mieux. On voit trois poils et demi qui se battent en duel. Vous les voyez? Ah mais je vous entends d’ici demander « d’habitude, elle parle de sujets de société, de militantisme, de lutte, de changer le monde, et tout ça, enfin de trucs importants quoi, et voilà qu’elle vient nous rebattre les oreilles avec ses 3 poils d’aisselle, ça y est on a perdu l’elfe ».

Bon, je vous remet le contexte. Lire la suite

Injonctions, poil au…

En écrivant « je le fais pour moi-même » je me doutais qu’il y aurait polémique. Sans revenir sur les accusations de misogynie (parce qu’il n’y a strictement rien de misogyne dans ce que j’ai écrit, bien que je m’attendais à ce que ça puisse être interprété de travers), plusieurs choses ont été dites qui m’ont un peu surprise. Par exemple, que l’article affirmait que toutes les raisons qu’ont les femmes de se préoccuper de leur apparence sont des injonctions patriarcales; ou encore que j’étais contre le fait de porter des jupes ou des soutien-gorges.

Mannequins sans visageDit comme ça, ça peut faire sourire. Pourtant, c’est un peu problématique parce que je trouve que ce que je dénonçais était assez évident et pourtant ça n’a pas été compris. Donc je vais revenir sur le véritable thème de l’article, c’est-à-dire les injonctions sociales à tel ou tel type d’apparence pour les femmes, et l’obéissance qui en découle. Et puisque c’est un gros sujet d’incompréhension, et qu’il peine à être reconnu comme une injonction sociale (comparativement à la maigreur par exemple) je vais prendre l’exemple de l’épilation.

Je savais, en écrivant l’article, que des gens viendraient dire « oui bon je m’épile mais c’est parce que MOI, je n’aime pas les poils« . Ce qui me fait un peu sourire, j’avoue. Mais face à mon scepticisme, il arrive que les gens soient un peu heurtés, un peu sur la défensive, et estiment que c’est moi qui ne comprends pas. Beaucoup de femmes s’épilent sans se sentir opprimées par l’injonction à l’épilation et donc en concluent que ça n’a rien d’une injonction et que c’est un choix. C’est là-dessus que je vais revenir.

Le fait est que quand une femme qui ne montre jamais le moindre poil dit qu’elle fait cela « pour elle » et pas pour les autres, on peut dire qu’elle a en partie raison. Elle peut se sentir libre et ne ressentir aucune pression sociale. Elle s’épile parce que les poils qui poussent sur son corps lui déplaisent et personne ne lui a jamais ordonné le faire. Mais, elle a beau trouver des poils « moches » (ou sales, mais c’est moins souvent avoué ouvertement), on sait très bien que ce dégoût est socialement construit.

Mais, m’a-t-on dit plusieurs fois, tous nos goûts sont socialement construits, non? En effet, peu de gens oseraient nier que nos goûts se construisent en fonction de ce que nous voyons, vivons, ressentons. Alors pourquoi ne pas considérer que ne pas aimer les poils est un goût comme un autre? Lire la suite

« Je le fais pour moi-même »

Pour moi-même et personne d’autre, je me maquille, je me démaquille, je met un masque pour éviter que ma peau s’abîme trop à cause du maquillage, de la clope et du vieillissement.

Pour moi-même et personne d’autre, j’arrache chaque poil de mon corps à la cire, à l’exception des cheveux et des sourcils. Ca fait mal, mais il faut souffrir pour être belle.

Pour moi-même et personne d’autre, je porte des talons qui impriment à ma démarche ce mélange de grâce et de maladresse qui la font immédiatement qualifier de féminine. Mes pieds ont mal, mon dos est cambré, rehaussant mes fesses d’un galbe précieux aux regards, et je sais que je finirai par avoir des problèmes de dos. Mais je le fais pour moi-même.

Pour moi-même et personne d’autre, je fais des régimes, je m’affame, je me gave de soupe aux choux, de régime Dukon à base de son d’avoine et de blanc de poulet à la vapeur. Pour moi-même et personne d’autre, je me pèse et mesure mon tour de taille. Je m’achète de jolis jeans en 38, en 36, afin de me motiver de pouvoir y entrer un jour. On m’a bien dit que le régime Dukon était dangereux, mais le Docteur Dukon m’a promis un joli ventre plat et de longues cuisses fuselées. Pour moi-même et personne d’autre, c’est ce que je désires plus que ma santé. Lire la suite

Mort au poil?

Dans Souffrir pour être belle, j’ai évoqué l’épilation entre autres petites souffrances que s’infligent les femmes pour plaire aux hommes. Si j’ai alors abordé la question de l’épilation sous l’angle féministe, n’oublions pas que la guerre du poil n’est pas uniquement un problème de normes de genre: c’est aussi un problème de normes tout court…

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Quand les hommes s’y mettent…

Ainsi, les hommes aussi sont de la partie. En 2005, un homme sur cinq s’épilait(1), et les instituts de beauté masculins semblent se multiplier, tandis que masculin.com proclame fièrement: « les hommes aussi ont le droit de s’épiler ». Le droit ou le devoir? La question reste posée. Puisque 41% de femmes jugent repoussante une forte pilosité chez un homme(2). Mais les femmes jeunes sont plus sévères: chez les 15-25 ans, elle sont 58%. Un autre sondage(3) indique pourtant que 41% des femmes trouvent étrange qu’un homme s’épile régulièrement, bien que cette tendance diminue avec l’âge.

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