Confiture de culture

Il faut quand même que je vous dise un truc.
Souvent, sur ce blog, on m’accuse d’attaquer des gens. D’habitude je ne répond pas, parce que généralement c’est entièrement malhonnête. J’ai écrit contre le couple, contre le concept (pas si) moderne du couple, mais je n’ai JAMAIS dit que les gens qui étaient en couple étaient des cons. J’ai écrit souvent contre la viande et l’exploitation des animaux, mais je j’ai JAMAIS traité de con ou de salaud quelqu’un qui mange de la viande ou du fromage. J’ai écrit contre les mécanismes sociaux qui font que Poire est Poire, mais je n’ai jamais dit que Poire était un « loser ». etc.

On me fait dire tout et n’importe quoi. Sans vouloir me la péter et me prendre au sérieux dans le rôle « grande diseuse de Vérités Universelle qui dérange les moutons bien-pensants », je crois que ce blog est surtout un blog de réflexion sur le monde, la société, sur nous-mêmes, et qu’en écrivant, je déconstruis énormément de ce que nous sommes, de ce que nous croyons. Et que quelque part, oui, sans casser trois pattes à un canard, ça dérange. Ca dérange parce que nous avons perdu l’habitude de penser. Parce que nous apprenons tellement de choses, que nous n’arrivons plus à distinguer ce que nous pensons de ce que nous croyons, ce que nous pensons de ce que d’autres nous ont appris (quels que soient ces « autres »: parents, amis, médias, pub, films, jeux vidéos, frères, sœurs, patrons, employés, radio, télé, presse, et le gars du café du commerce, bref la Société). Et pourtant, pourtant nous croyons, et nous pensons, du moins nous pensons que nous pensons. Lire la suite

Tu seras modéré, mon fils.

On nous l’apprend depuis tout petits à l’école: la modération, c’est le Bien.

Rien n’est tout noir ni tout blanc, nous enseignent les très profonds philosophes du Juste Milieu. Il faut savoir distinguer les nuances de gris. Le Juste Milieu, c’est la sagesse suprême.

Dans des vies pleines de choix dont beaucoup ne sont pas évidents, s’en remettre à la Sainte Déesse Modération est une option facile, qui a surtout le mérite d’épargner l’effort de mettre son cerveau en branle.

 

Ô sages prêtres de la Déesse Modération, peut-on boire de l’alcool?

-En toutes choses, soyons modérés. L’alcoolique n’est pas alcoolique à cause de l’alcool. Ce n’est pas non plus à cause de ses problèmes dans sa vie à lui, la solitude, le stress, la misère. Non, l’alcoolique est simplement stupide ou ignorant, il ne comprend pas la Sainte Vérité : dans la vie, il faut de la Mo-dé-ra-tion. Répète après moi: un verre, ça va, mais pas douze.

 

Ô sages prêtres de la Déesse Modération, pourquoi les gros sont-ils gros?

-Certains hérétiques considèrent que les gros sont gros parce qu’ils mangent des choses qui les font grossir. Parce que la société de con-sommation les pousse à engloutir des quantités gargantuesques de toutes sortes de merdes, tout en leur permettant par toutes sortes de procédés modernes de rester assis sur leur derrière. D’autres encore accusent l’ignorance dans laquelle ils sont maintenus, n’ayant aucune connaissance de la nutrition, ni même de leur propre corps qu’ils sont d’ailleurs encouragés à détester. Enfin, certains avancent de supposés problèmes avec la nourriture, qui servirait de compensation dans tous les domaines de l’existence. Mais ce sont là des foutaises et de la branlette cérébrale d’intellectuels en mal de sujets de société, car si les obèses apprenaient le salvateur principe de la Modération, hé bien il mangeraient un peu, mais pas trop, et ils ne ressembleraient plus guère à des bibendum. L’obèse, c’est juste quelqu’un à qui l’on a pas enseigné, pauvre de lui, la Modération.

 

Ô sages prêtres de la Déesse Modération, que penser du végétarisme?

-Supprimer la viande? Hérésie! L’idée de supprimer quelque chose est contraire aux principes savateurs de la Modération, sauf si on parle bien sur, des idées subversives, extrêmistes, bref, contraires à la Sainte Modération. Voici ce que dit la Sainte Déesse Modération: mangez de tout, mais pas trop. Et de tout, ça ne veut pas dire des algues ou du kamut ou des trucs dont on n’a jamais entendu parler, ça veut dire de la viande et des légumes. Goûter des trucs bizarres, oui, mais pas trop. A la rigueur, manger du poisson, peut-être, car le pesco végétarien n’est ni végétarien, ni omnivore. Ainsi satisfait-il aux exigences de la Sainte Modération et du Juste Milieu. Mais refuser de la viande en Société serait extrêmiste, et l’extrêmisme, c’est le Mal.

 

Mais, Ô sages prêtres, les animaux souffrent!

-Certes, mais que nous dit la Modération? D’un côté, les animaux ne veulent pas souffrir. De l’autre, les éleveurs veulent les élever et les mangeurs veulent les manger. La Très Sainte Modération, dans son infini désir de Justice, tient à prendre en compte de façon égale les intérêts de chaque partie. Modérons donc nos ambitions compassionnelles, en tenant compte du bien-être animal, mais sans sacrifier pour autant la rentabilité. Ainsi nous marcherons main dans la main vers des rôtis de porcs heureux.  Mais attention, il faudra aussi manger des haricots verts.

 

La lumière ayant soudain frappé ma rétine, me rendant aveuglée par la Vérité, j’ai décidé de mettre au point une nouvelle forme d’art conceptuel moderne, selon les principes de la Modération. Cet art illustrera la façon de penser (ou de s’épargner l’effort de penser) que nous fournit la Sainte Modération.

Regardez ce tableau: du rouge écarlate, du noir, du blanc… Ce n’est pas modéré du tout. En plus, ça exprime une émotion elle-même peu touchée par la Sainte Modération. Hérésie.

Cet autre tableau n’est pas mieux: il y a du violet, du bleu, mais pas de rouge. Il y a du vert, mais plus de bleu que de vert. Il y a du noir, mais pas de blanc.

 

Or, il faut mettre de toutes les couleurs, mais pas trop de chaque, et surtout il faut les mélanger pour que le rouge rende le vert moins vert, et vice-versa, le noir noircit le blanc etc.

Donc on prend toutes les couleurs, mais juste un peu de chaque, on les mélange dans un grand pot, on secoue bien, puis on étale notre couleur modérée sur une toile ni trop grande ni trop petite.

Et voilà ce que ça donne:

 

 

 

 

C’est beau, non?

Pourquoi les zombies mangent-ils du cerveau?

J’ai soulevé beaucoup de questions dans ce blog, mais je n’ai jamais tenté de répondre à celle qui conclut son descriptif.

Pourquoi les zombies mangent-ils du cerveau?

Voilà un grand mystère à résoudre, pour l’occasion je me suis remise au dessin.

Sinon ici c’est un blog scientifique, nous allons donc soulever une liste d’hypothèses, vous êtes libres de proposer les votres.

Pourquoi les zombies mangent-ils du cerveau?

 

Parce que les zombies préhistoriques mangeaient du cerveau.

Parce que la gazelle mange l’herbe, le lion mange la gazelle, l’humain mange le lion et le zombie mange le cerveau de l’humain, c’est le grand cycle de la nature, fiston.

Parce que ne pas manger de cerveau, c’est renier sa nature profonde de mort-vivant.

Parce qu’ils ne sont pas dans une secte.

Parce que Dieu / La Nature / Les scénaristes ont voulu que les zombies mangent du cerveau.

Parce que si Dieu / La Nature / Les scénaristes en avaient voulu autrement, pourquoi auraient-ils doté les humains d’un cerveau aussi délicieux et volumineux? Certainement pas pour qu’il s’en servent (il suffit de les regarder).

Parce que le monde naturel est basé sur un équilibre subtil dans lequel les zombies mangent du cerveau.

Parce que les zombies non-mangeurs de cerveau ont le teint encore plus verdâtre là où il leur reste de la peau.

Parce qu’il ne faut pas se priver de tous les plaisirs de la non-vie.

Parce que d’après le théorème de Tonton Albert selon lequel manger du muscle rend plus fort, manger du cerveau rend plus intelligent.

Parce que les recommandations officielles du gouvernement zombie mis en place pendant l’apocalypse, ont fixé les besoins nutritionnels à 1 à 2 portions de cerveau par jour et par zombie. Pour en savoir plus, visitez le site mangergrognerclopiner.fr.