Du sexe sans désir

J’ai conclu « Quand séduire devient faire céder » par une question très simple: pourquoi certains hommes veulent absolument obtenir du sexe de personnes qui ne les désirent pas?

Je voudrais revenir brièvement là-dessus. Ceci n’est pas vraiment un article à part entière, juste une mise au point. Par cette question, je voulais mettre en lumière l’absurdité du comportement de certains hommes. Or, ça n’a pas vraiment marché puisque beaucoup de gens sont partis d’une mauvaise base pour comprendre la question. Ainsi, beaucoup de gens ont répondu totalement à côté de la plaque. Je vais revenir dessus parce que c’est un très bon exemple de comment une question peut être mal interprétée et comprise (et donc vouée à ne jamais recevoir la moindre trace de réponse), et c’est aussi une illustration de certains aspects de la rape culture.

Non, quand je demande « pourquoi veux-tu du sexe d’une personne qui ne te désire pas », « parce que personne ne me désire » n’est pas une réponse. Cela ne répond pas à la question. Je vais continuer à vous demander: Mais POURQUOI veux-tu du sexe d’une personne qui ne te désire pas?

Il y aurait plein de choses à dire d’ailleurs sur ce « mais personne ne me désire bouhou ouin » (Male Tears à la clé). Je pense qu’en réalité les choses ne sont pas si simples. Mais ce n’est pas le sujet ici. Ce que je veux dire avant tout c’est que ça ne répond pas à la question. Lire la suite

Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder »

Céder n’est pas consentir.
Nicole Claude-Mathieu

Apprendre à séduire, quelle brillante idée.

Vous vous souvenez? J’avais parlé de Poire, le nice guy, le pauvre mec qui n’avait pas confiance en lui, qui voulait séduire mais qui ne savait pas faire, qui se plantait lamentablement, et qui accumulait la frustration et la rancœur jusqu’à haïr l’objet de son désir.

Ha les femmes, toutes des salopes. Veulent même pas sortir avec moi. Non mais j’vous jure.

Et puis il avait reçu des conseils, à droite, à gauche, il avait lu, il s’était dit: maintenant je n’ai plus envie d’être un loser. Maintenant je vais séduire, je vais être comme tous ces mecs qui ont des femmes. (Car Poire confond avoir et être, ou du moins il s’imagine qu’avoir est la clé du bonheur. Pauvre petit gars).

Poire devint Poire le player.

Et puis…

Voilà.

Comment un petit mec timide devient un agresseur sexuel? Lire la suite

Compliqué, si compliqué…

Récemment, est sortie une infâme bouse sur un infâme site de merdeux habitués à répandre leurs étrons textuels sur le pauvre internet. Rien de nouveau donc. Ce qui est étrange, c’est que cet article en particulier a choqué, alors que le contenu de jook.fr oscille habituellement entre le merdique et le catastrophiquement merdique. On y apprend, dans le désordre: que les femmes qui n’aiment pas les claques sur les fesses sont des emmerdeuses frigides, qu’il ne faut jamais faire l’amour à 3 avec un autre mec et une fille (quand on est un mec, mais tous les articles partent du principe que le lecteur est un mec, no girls on ze internet comme disent les abrutis), qu’on peut tout se permettre sexuellement avec une fille qui a fait du porno, que les « renois » ont tous un look d’enfer (ils ont aussi le sens du rythme et sont de grands enfants je parie?), et que c’est pas la peine de soigner ses fringues pour aller se taper des putes en Thaïlande.

Et donc au milieu de tout ça, l’article qui nous expliquait le point de vue de l’auteur sur « les grosses », ces sous-humaines, ne faisait pas tache dans le décor. J’ai lu cet article parce qu’il a beaucoup été partagé, mais j’ai été surprise qu’il disparaisse le lendemain (j’ai (mal)heureusement pu retrouver une copie). Enfin, je l’ai lu… Je l’ai survolé, disons, ce qui est déjà pas mal. Quand vous survolez un merdier vous êtes toujours trop près du sol. Et sans exagérer, je crois que chaque phrase de cet article vaut un double facepalm. Au moins. Chaque phrase de cet article est un étron puant posé sur votre pauvre cerveau.

Pourquoi j’en parle alors?

C’est juste que… Je sais pas, j’avais envie de remettre cet étron en perspective. De me demander: pourquoi, comment, qu’est ce que ça veut dire au fond?

D’abord de quoi parle l’article? Un sujet déchire l’auteur, l’empêche de dormir la nuit. Il s’agit d’une catégorie d’êtres hybrides totalement à part: les « grosses qui ont un beau visage ». Lire la suite

Poire le nice guy: portrait robot

Je pense vous avoir suffisamment bourré le mou, chers lecteurs, avec le personnage de Poire. Pourtant, je vais reparler de lui, hé oui.
Rappelons les faits. Je sais que pour certains, et surtout certaines(1), ce sera très redondant. Mais je reçois encore et toujours des commentaires de gens qui n’ont rien compris à l’article originel. Et je ne les publie pas, parce que je ne vais pas réexpliquer la vie à chaque personne individuellement, d’autant plus que ce genre de commentaires expriment en général plutôt une réaction de défense qu’une recherche de vérité, qu’une demande de précision ou qu’un supplément d’informations. Pour faire court, en plus d’être à côté de la plaque, ils n’ont d’intérêt que pour ceux qui les écrivent.

Mais bon, je suis gentille, vous vous souvenez, j’aime les fleurs et les papillons. Donc je vais revenir sur l’article. Ca me permettra d’étoffer un peu, et de préparer la suite…

Poire est un personnage que je n’ai pas inventé, je lui ai juste donné un nom et j’ai analysé son comportement d’un point de vue féministe, ce qui n’avait pas été fait à ma connaissance. Poire est déjà connu sous le nom de « nice guy », bien que d’une façon un peu différente puisqu’il n’est habituellement pas analysé sous l’angle des rapports de genre, mais comme un cas individuel, à part. Ce qui est problématique dans la mesure où il représente quelque chose d’extrêmement courant dans le comportement des hommes. C’est un peu comme considérer le viol comme un évènement isolé: ça ne tient pas. C’est un phénomène social.
Certains tentent d’expliquer le « poirisme » (ou l’existence du « nice guy ») par des interprétation fantaisistes. Dans un grand élan machiste, on accuse les mères, les femmes en général, et même le féminisme, de l’existence de tels comportements masculins. Certains réacs évoquent aussi l’absence de construction de la masculinité par la disparition du service militaire. Des trucs comme ça. Or, j’ai justement montré en quoi le « Poirisme » était justement le fait du patriarcat (ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’autres facteurs, mais il me semble difficile d’analyser le phénomène d’un point de vue sociologique sans évoquer le patriarcat). Il est possible que des analyses sérieuses aient tenté d’expliquer le pourquoi du Poirisme, mais je n’en connais aucune. Dans les « explications » courantes, le Nice Guy est un Nice Guy parce qu’il est con, parce que sa maman est conne de l’avoir mal élevé, parce qu’il a pas assez de couilles, parce que les femmes sont des chieuses, parce que les féministes racontent des conneries, parce que les filles sont trop superficielles et idiotes pour savoir avec qui elles devraient coucher, parce que les filles préfèrent les connards par masochisme ou stupidité féminine, ou pour aucune raison particulière.

Alors, qui est Poire?

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