Petit guide argumentaire à l’usage des carnistes

Vous aimez la viande, mais vous ne trouvez aucune bonne raison d’en manger? Qu’à cela ne tienne: un bon gros paquet de mauvaises raisons pourraient faire l’affaire. Voici plusieurs sophismes couramment utilisés pour justifier la consommation de viande. Si vous faites face à un végétarien récalcitrant au steak-frites, ou encore à votre propre conscience, vous pourrez piocher allègrement parmi ces arguments, dans l’ordre que vous désirez et sans vous soucier le moins du monde de suivre un fil cohérent. Certes, ces arguments peuvent être facilement contrés si on les présente individuellement dans une discussion logique, mais il suffit de les enchaîner très vite les uns à la suite des autres pour que votre interlocuteur omnivorophobe™ n’ait plus aucune envie de discuter avec vous et tourne les talons dépité, vous abandonnant à votre puissante Raison. Avec un peu d’entraînement, vous pourrez les enchaîner si rapidement que tout végétarien dans un rayon de moins d’un kilomètre se mettra à baver de la mousse en remuant les bras. Quand à votre conscience, elle se ratatinera sagement dans un coin de votre cerveau, ou si elle n’y trouve pas de place, vous pourrez la ranger dans un autre organe de votre choix ou encore dans un tiroir, un carton du grenier ou une poire à lavement.

Mesdames et Messieurs… Les Zarguments

1) les classiques

Le cri de la carotte Lire la suite

Végéphobie, oppression réelle ou victimisation?

La végéphobie, oppression réelle ou victimisation outrancière? Les vegans eux-même forment deux camps opposés.

D’un côté:

Oui, je suis opprimé. Je subis des moqueries, rejets, discriminations à cause de mon régime alimentaire.

De l’autre:

Arrêtez de vous victimiser, c’est indécent de comparer quelques remarques désagréable à une véritable oppression.

 

J’ai longtemps louvoyé entre ces deux positions. Je pense que d’une certaine façon, les deux sont vraies. Mais dire ça, ce n’est rien dire. Je vais donc développer.

La végéphobie est-elle une oppression?

Là, comme ça, j’ai envie de dire non. Quand je vois le titre de l’article « végétarien, je revendique le statut de minorité opprimée« , j’ai un peu envie de dire au mec qu’il se victimise et que son statut de végétarien n’est pas grand chose comparé au fait d’être gay, trans, racisé, ou autre. Et pourtant, sans moi-même revendiquer le statut de minorité opprimée, je comprend un peu ce qu’il veut dire par là.

Au lendemain de la Veggie Pride 2013, je suis allé faire un tour sur les sites d’actualité. La plupart des articles n’étaient pas terribles, même si l’évènement a parait-il eu une bonne couverture médiatique dans la presse Genevoise. Enfin dans l’ensemble, ce n’était pas si mal. Mais un gros mot a suscité des réactions très fortes: végéphobie. Réactions à chaud: « mais non ils sont pas discriminés les végétariens ».

Y a un truc que j’adore, c’est qu’on m’explique si je suis discriminée ou non. Si une personne me dit qu’elle est discriminée, je trouve peu respectueux de lui répondre du tac-au-tac « non t’es pas discriminé ta gueule », surtout si je ne connais rien de sa situation. Or, des gens qui n’ont jamais vu un végétarien de près réagissent au terme « végéphobie » en déclarant que ça n’existe pas. Qu’en savent-ils?

Pour me faire l’avocat du diable, ou plutôt des gens qui parlent bêtement avant de réfléchir, ce ne sont pas les articles en ligne qui vont les instruire beaucoup sur ce qu’est la végéphobie. Pour enfoncer le clou de l’incompréhension, certains articles évoquaient un parallèle entre la végéphobie et l’homophobie. Or, je l’ai dit, je ne pense pas qu’on puisse comparer. Je ne pense pas qu’on puisse affirmer que la végéphobie est « aussi grave » que l’homophobie, ni qu’elle prend les mêmes formes. Par exemple, je ne crois pas que des gens se fassent frapper ou assassiner ou violer parce qu’ils sont végétariens. A priori ce n’est pas le cas. Je comprend qu’évoquer un parallèle entre homophobie et végétarisme puisse décontenancer a priori, surtout quand on n’est pas végétarien et que donc on n’a aucune idée de ce que c’est qu’être végétarien.

Pourtant, je pense que le parallèle n’est pas complètement idiot. Attention: je ne dis pas que les végétariens subissent une oppression comparable à l’homophobie. Je dis juste qu’il y a un parallèle intéressant à faire. J’y reviendrai.

Je ne sais pas si la végéphobie est une oppression, mais ce dont je suis sure, c’est que les végétariens, et surtout les véganes, sont victimes de discrimination.

Alors oui, j’ai beaucoup lu sur les réseaux sociaux des choses comme « non mais ça va, on vous fait des blagues et vous mangez moins bien au restau, mais c’est pas grand chose ». Oui mais non, la discrimination est à mon avis bien réelle, et ne s’arrête pas à quelques vannes mal placées; de plus, cet humour est, je pense, lourd de sens. Lire la suite

NON, une lasagne, ça ne se mange pas !

Au début, avec cette histoire de lasagnes, je me suis dit:
« Pfff, encore une histoire de viande qui n’intéresse que les végétariens ».
En effet les végétariens et véganes sont bien connues pour emmerder le monde et troller au sujet de la viande, comme quoi ça donne le cancer, le cholestérol, mauvaise haleine et un gros cul, et ils aiment rappeler que manger des animaux mignons c’est très vilain. Bref, ce sont de véritables emmerdeurs.

Ce qui a tendance à être très amusant, mais là je trouvais quand même que l’attaque était mesquine. Bon, les gens ont mangé du mignon cheval au lieu de la mignonne vache laitière de réforme, et alors?

J’AVAIS TORT.

Accidentellement, j’ai été mise en présence d’un instrument audiovisuel insupportable autrement appelé télévision ou boîte à connerie. Laquelle se mit à déclamer pendant de très longues heures, sur tous les tons et avec force images sanglantes, que HOLALA AU SECOURS DES GENS ONT MANGE DU CHEVAL MEME QUE Y AVAIT ECRIT « LASAGNES AU BOEUF » SUR LA BOITE.

J’en suis restée pantoise. Hé oui, ce sont les mangeurs de viande qui nous chient une pendule parce qu’ils ont mangé des mignons petits chevaux au lieu du bœuf qui est un aliment comme l’oignon ou la frite. Bien sur je pourrais rappeler que les vaches sont tout aussi mignonnes que les chevaux, et le prouver à grand renfort de photos mignonnes. Mais je m’en fous, en fait. Je ne mange pas non plus les animaux moches.

Mais de toutes façons, l’espèce c’est quoi? Lire la suite

Je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande.

Très chers lecteurs que j’aime,
Certains d’entre vous commencent à sérieusement me les briser menues.
Vous voulez manger de la viande? Mangez-en. Vous avez le droit.
Vous êtes mal à l’aise quand j’affirme que manger de la viande, c’est accorder plus de valeur au petit plaisir supplémentaire que vous procure un morceau de viande par rapport à un bol de lentilles, qu’a la vie d’un animal?
Ho, comme c’est triste. Je vous plains.

Cet article pourrait ressembler à une attaque frontale contre les mangeurs de viande. Il n’en est rien. La plupart des gens mangent de la viande, c’est comme ça. Je suis contre, et je n’ai pas peur de le dire, mais c’est comme ça. Et je n’ai rien contre les gens qui mangent de la viande, bien que je ne sois pas d’accord avec le fait de tuer des animaux pour ça. Ils ne font que faire ce qu’ils ont appris à faire et à considérer comme une chose « Normale, Naturelle et Nécessaire ». C’est humain et hautement compréhensible.

Mais, si j’admets et je tolère que des gens tuent des animaux pour les manger alors qu’ils pourraient manger autre chose à la place (parce que je suis bien obligée de supporter cette injustice et parce que je ne peux m’élever contre des pratiques socialement admises sans admettre qu’elles soient socialement « normales » et agir en conséquence), donc si je tolère que les gens mangent de la viande, j’en ai plus que ma claque d’entendre leurs éternelles jérémiades et justifications.

Vous mangez de la viande et vous n’avez pas envie d’arrêter? Lire la suite