D’autres images du vietnam

Arrivés à Sapa, nous avons quitté Ha, notre guide francophone, pour rencontrer Sho. (Je ne sais pas si ça s’écrit comme ça, mais bon).

Un petit mot au passage sur la langue vietnamienne: je la trouve extrêmement difficile pour des français. Par exemple, le mot « ma » peut signifier: fantôme, mère, qui, plant de riz, ou cheval, selon la façon dont on le prononce. Et pour avoir demandé à des vietnamiens de m’expliquer la différence, je suis à peu près incapable de l’entendre. Ainsi, Ha ne s’appelle pas vraiment Ha, mais c’est ce que nous pouvons facilement prononcer qui se rapproche le plus! Sho aussi semble avoir pris l’habitude de voir son prénom massacré. Enfin, bref.

Donc nous retrouvons Sho, qui nous explique rapidement et dans un anglais parfait (elle nous expliquera plus tard qu’elle a appris l’anglais juste en discutant avec des touristes !) qu’il faut prendre des motos pour aller jusqu’au prochain village. Sans prendre le temps de réfléchir, nous montons chacun à l’arrière d’une moto, et go. Parce que si j’avais réfléchi, j’y serais pas allé. Cheveux au vent (youpi!) nous longeons des ravins pendant une petite dizaine de minutes.

Rizière

 

Ce sera ensuite trois jours de marche dans les montagnes. Nous dormons chez des gens. Shoe est bavarde, pour notre plus grand plaisir. Elle nous raconte la vie aux champs, comment les enfants vont à l’école, comment on fait la farine de riz, comment on fabrique des vêtements en chanvre, comment vivent les buffles dans les montagnes…

 

Buffle II

Parfois, des vendeuses nous accompagnent. Comme Sho, elles sont habillées de vêtements traditionnels de l’ethnie Mong, en coton et en chanvre. Même si d’habitude j’ai horreur qu’on essaie de me vendre des choses, elles sont tellement sympa et rigolotes qu’on finit par leur acheter des trucs juste pour leur faire plaisir. Elles portent sur leur dos, dans des hottes en osier, tout un bric à brac: des bijoux, des sacs, des ceintures en coton…

 

Voici donc encore quelques images du Vietnam: des animaux, des gens et quelques paysages ruraux.

Voyage au nord du vietnam

 

Nous avons fui Hanoi pour un voyage d’une quinzaine de jours dans le nord du Vietnam.

Nous avons d’abord fait route vers Ninh Binh, vers le sud.

 

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Nous sommes ensuite remontés vers Mai Chau, puis Son La et Muong Lay, au nord-est, pour finalement arriver à Lai Chau, tout près de la frontière chinoise.

A Sapa, nous avons marché quelques jours dans les montagnes. Avant de redescendre sur Hanoi pour nous diriger ensuite vers la baie d’Along.

Voilà pour les grandes lignes. Le voyage a bien sur été riche en péripéties, et rencontre et en paysages. Loin de Hanoi et ses motos, le vietnam rural est plein de charme, et les gens y sont généralement souriants et sympathiques. Nous avons également fait  quelques promenades dans la jungle, et visité le centre de sauvegarde des primates et tortues en danger du Vietnam.

Ce serait trop long de tout raconter ici. Pour commencer, je viens de publier trois album photos, mais d’autres sont prévus dans les prochains jours.

 

Vietnam mélancolique

Avec ses montagnes noyées de brumes, et ses sculptures perdues qui évoquent des ruines, le Vietnam offre parfois des paysages d’une beauté singulièrement triste.

Gardien

 

Vietnam Nature

Quelques clichés beaucoup plus colorés… Surtout en vert. Quelques petites merveilles de la Nature au Vietnam.

Araignée étrange

 

Paysages du Vietnam

D’autres paysages du vietnam, plus gais et colorés. En particulier, la fameuse baie d’Along, aussi belle à l’aube qu’au crépuscule. Mais aussi d’autres régions qui valent le coup d’oeil.

La tortue du lac Hoan Kiem

Je vous décrivais précedemment la jungle urbaine que constitue à mes yeux la ville de Hanoi, de laquelle nous avons d’ailleurs vite pris congé pour les montagnes et rizières du nord, mais j’y reviendrai.

 

Passons maintenant au lac Hoan Kiem. Ce petit lac, 800 mètres de long sur à peine 200 mètres de large, n’atteint pas plus de 2 mètres de profondeur. Ses eaux troubles et verdâtre, parfaitement opaques sous le ciel gris, n’ont de charme que la nuit, lorsque les lumières de la ville s’y reflètent. Le jour, il charrie, morose, quelques déchets que la ville égare en lui…

La Tour de la Tortue (Thap Rua), isolée sur une île au sud du lac Hoan Kiem.

 

J’avoue que la première fois que j’ai au vu des pêcheurs, je me suis demandée ce qu’ils espéraient bien attraper, si ce n’est une vieille chaussure ou des bouteilles en plastique.

En lisant le Lonely Planet, Alderanan m’apprit qu’il y avait des tortues dans le lac Hoan Kiem.

« Quel lac Hoan Kiem? » Demandai-je en imaginant qu’il y avait sans doute au vietnam un lac plus grand et plus sauvage portant le même nom.

Il s’agissait pourtant bien de ce lac.

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La tour de la tortue, de jour.

La légende de l’épée restituée

Des tortues? Mon imaginaire s’emballa, mais peut-être pas autant que celui des habitants. Car il ne s’agit pas de petites tortues chétives. On raconte qu’on y trouve des reptiles gigantesques, certains deux fois centenaires ou plus… Comment est-ce possible? Peut-on les voir?

 

L’inaccessible Tour de la tortue s’élève au-dessus des eaux troubles du lac. Emergeant plus au nord, un îlot, accessible, lui, par un pont, abrite les restes d’un de ces animaux, dans le Temple de la Montagne de Jade (Ngoc Son). Naturalisée en 1968, cette tortue pesait 250Kg et mesurait 2m10.

 

La tortue du lac Hoan Kiem est très importante pour les habitants de Hanoi. On dit qu’elle est la descendante de la Tortue d’Or de la légende de l’empereur Lê Thai Loi qui régna au XVème siècle. Celui-ci, armé d’une épée reçue d’un pêcheur, repoussa les envahisseurs chinois. La paix revenue, une tortue d’or géante émergea du lac et s’empara de l’épée, avant de disparaître dans les profondeurs, afin de rendre l’épée aux dieux. Le lac fut baptisé Ho Hoan Kiem, Lac de l’Epée Restituée. On dit que la tortue conservera l’épée dans les profondeurs du lac jusqu’à ce que le pays en ait à nouveau besoin.

 

basrelief.jpgUn des bas-reliefs qui ornent le temple de la Montagne de Jade, sur le lac Hoan Kiem.

 

La Tortue du lac Hoan Kiem: Entre mythe et réalité

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car la tortue du Lac Hoan Kiem a longtemps appartenu au domaine de la cryptozoologie, jusqu’en 1998 pour être exacte. Pourtant, de très nombreux témoins affirment l’avoir vue. On dit qu’elle est énorme et vieille de 600 ans… Les habitants la surnomment affectueuement « grand-mère tortue ». Sa vieille tête ridée émergerait parfois à la surface pour prendre un peu d’air. On dit qu’elle apporte une année de bonheur à quiconque la voit. J’espère que c’est vrai, car je l’ai vue! Par contre, mes photos ne sont pas vraiment à la hauteur: elle était très loin, au milieu du lac. Ca ne se voit donc pas sur le pauvre cliché ci-dessous, mais elle semble effectivement énorme.

 

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On dirait une photo du monstre du Loch Ness… Désolée, c’est tout ce que j’ai pu faire!

 

La présence de la tortue géante dans le lac est aujourd’hui attestée. Car ce n’est pas d’une population de tortues qu’il s’agit, mais bel et bien d’un animal au moins centenaire. Un biologiste de l’université de Hanoi, le professeur Ha Dihn Duc, affirme qu’elle est bien âgée de 600 ans ! D’autres scientifiques estiment plutôt son âge aux alentours de 120 ans. En tous cas, elle pèserait près de 200 kilos.

 

D’après certains scientifiques (1), elle appartiendrait à une espèce rarrissime de tortues d’eau douce à carapace molle : Rafetus swinhoei, dont il susbisterait quatre specimen dans le monde, dont un couple infertile en Chine. Le professeur Ha Dihn Duc affirme quant à lui qu’elle est la seule représentante d’une espèce distincte, qu’il appelle Rafetus Leloii, en référence à la légende de l’épée restituée. D’autres encore(2) la classent dans une espèce distincte, mais qu’ils préfèrent appeler Rafetus Hoan Kiem, jugeant inapproprié de la nommer en référence à une légende*. Quoi qu’il en soit, il y a peu de doute quant au fait que la tortue soit l’un des derniers représentants de son espèce. Car, R. swinhoei, leloii ou Hoan Kiem, cette tortue appartient de toutes façons à une espèce éteinte dans son milieu naturel, victime de la raréfaction de son habitat et de la pêche excessive.

Sauver Grand-Mère Tortue

Inquiet de ses apparitions de plus en plus fréquentes à la surface, signe selon lui d’une mauvaise santé, le professeur Ha Dihn Duc a alerté les autorités à propos de l’état de pollution avancée du lac. Une opération de draguage du lac a été entreprise afin de le nettoyer, ainsi qu’un opération de capture de la tortue afin de la soigner. En Mars 2011, elle creva le filet qui était supposé la capturer. Ce n’est qu’en Avril que l’on réussit à l’extraire du lac.

 

Blessée par de nombreux hameçon et d’autres débris, ainsi que de morsures de tortues de florides également présentes dans le lac, et souffrant d’infections fongiques, « Grand-Mère Tortue » a été soignée dans un bassin spécial aménagé au pied de la Tour de la Tortue, avant d’être relâchée dans le lac. Elle est en fait d’une taille d’un mètre soixante de long sur 80cm de large, et ne pèse « que » 169kg.

 

Il est dommage que certains continuent à pêcher dans le lac quand on voit les dégâts que les hameçons lui ont occasionné, et qui ont ému les habitants, en une des journaux de Hanoi en ce printemps 2011. A leur décharge, et bien que la pêche me révulse, il y a beaucoup de pauvreté à Hanoi, et ils espèrent sans doute subvenir plus aisément à leurs besoins alimentaires.  Heureusement, la tortue s’est remise de ses blessures et nage à nouveau dans Hoan Kiem. Des opérations de nettoyage des eaux ont encore eu lieu depuis, pour lui assurer une meilleure santé. J’espère que ce géant a encore de beaux jours devant lui.

 

 

*Ce qui me parait tout à fait incompréhensible. Les scientifiquent nomment les espèces en fonction de leur lieu d’habitation, de leurs particularités morphologiques, de leur nom vernaculaire, du nom de leur découvreur, ou de n’importe quelle particularité liée à l’espèce ou à sa découverte. Il n’y a pas spécialement de règles en la matière.

 

 

Bibliographie:

(1) Farkas, B and Webb, R.G. 2003. Rafetus leloii Hà Dinh Dúc, 2000—an invalid species of softshell turtle from Hoan Kiem Lake, Hanoi, Vietnam (Reptilia, Testudines, Trionychidae). Zool. Abhandl. (Dresden), 53: 107-112.

(2) Le Tran Binh et al., 2010. Comparative morphological and DNA analysis of specimens of giant freshwater softshelled turtle in Vietnam related to Hoan Kiem turtle. Tạp chí Công nghệ Sinh học 8(3A): 949-954.

Les motos de Hanoi

Après une semaine épuisante à Tokyo, moi et Alderanan avons pris l’avion pour Hanoi.

 

Le vietnam c’est chouette, enfin sauf quand on est dans une ville. A vrai dire, Hanoi n’est pas la charmante cité où il fait bon se promener que décrit le Lonely Planet. D’ailleurs, un jour il faudra que je m’explique avec ses auteurs. Peut-être bien qu’ils n’y sont pas allé depuis 15 ans, avant que tout ne soit bétonné, sauvagement occidentalisé, et surtout avant que les motocyclettes remplacent les vélos, en masse.

Car les motos ne sont pas seulement nombreuses, dangereuses, bruyantes et polluantes. Elles sont innombrables, enveloppent Hanoi d’un nuage gris et nauséabond et d’un vacarme assourdissant. Traverser la route demande une viligance extraordinaire et des yeux partout. Les motos surgissent de tous les côtés, en klaxonnant tant et si bien qu’on ne sait plus trop d’ou viennent les klaxons. Les motards n’hésitent ni à rouler à contresens, ni à envoyer des textos en conduisant. Les uns tête nue, les autres encapuchonnés d’un petit casque en plastique sans doute fort utile pour se prémunir le chef des fientes de pigeon, et coquettement doté, pour les femmes, d’un trou à l’arrière pour y passer sa jolie chevelure. Les casques à l’européenne, ceux qui empêchent de se fracasser le crâne en cas d’accident, sont très rares.

 

Tous les jours, au vietnam, 35 personnes meurent sur la route. Dont 32 motards.

 

Si traverser la route est une épreuve de vigilance, et nécessite aussi un certain savoir-faire (le trafic ne s’arrête jamais), se promener le long des trottoirs n’est pas non plus de tout repos. Car ceux-ci sont rarement praticables, et quand ils le sont, c’est un parcours du combattant. Ils servent aléatoirement de parking à moto, de prolongation des magasins, d’espaces de stockage, de terrains de jeux, de salle à manger, de cuisine, de basse-cour, de marchés à fruits, à cigarettes, à viande. Surtout de parkings à moto, quand même. En contournant tous les obstacles, la majeure partie du trajet se fait en fait sur la route, avec un oeil devant et un oeil derrière pour voir arriver les motos.

 

Le Lonely Planet conseille un itinéraire de promenade, comme si c’était reposant de se promener dans Hanoi. Enfin, sans exagérer tout de même, car les abords des lacs sont aisément praticables à pied, ainsi que quelques endroits miraculeusement dégagés. Mais tout de même, on ne peut pas dire qu’on se promène dans Hanoi. Et d’ailleurs, un jour, il faudra que j’en dise un peu plus sur le Lonely Planet, dont les auteurs ne doivent pas visiter la même planète que moi.

 

Et pourtant, cette ville a tout de même de bons côtés. Un mystère inexpliqué, surtout: on dit que le lac Hoan Kiem abrite encore des tortues, au milieu de cette jungle urbaine. Comment est-ce possible?

 

Les hypothèses fusent, entre fantasmes, légendes et complots gouvernementaux. J’ai voulu en savoir plus. Mais ce sera pour la prochaine fois !