This is the end

Je me suis dit que j’allais écrire une article très intéressant aujourd’hui car c’est mon dernier jour en Inde. Mais maintenant je ne sais plus trop quoi dire. C’est comme si les mots s’étaient coincés quelque part, dans un autre monde. Comment résumer un voyage de 13 mois en un seul article? Quelle idée idiote… Mais malgré tout, c’est peut-être mieux que de ne rien dire du tout.

Ce soir je vais à l’aéroport, et demain soir je serai à Paris.

le lapin au hublotJ’ai perdu le compte des kilomètres. J’ai changé, mais je ne sais pas expliquer en quoi. Je suis connectée et déconnectée. Je me sens beaucoup plus lucide sur certaines choses qui étaient autrefois incompréhensible et mystérieuses… Mais il y a aussi beaucoup de choses que je comprenais et que, maintenant, je ne comprends plus !  Comment peut-on dé-comprendre ? Je ne sais pas, mais pourtant c’est comme ça.

J’ai quitté Goa hier. J’ai vécu un mois au bord de la plage, et si quelqu’un me demande ce que je faisais de mes journées, je serai incapable de répondre. Le temps n’a pas de prise, le temps n’est que quelque chose qui fait bouger le soleil, ça n’a aucune importance. Le temps nous trouve à ne rien faire, soit ensemble, avec des gens qu’on aime, soit seul, au bord de la mer à regarder l’océan. Il y a un an, j’étais incapable de rester 10 secondes sans faire non pas « quelque chose » mais au moins 3 trucs en même temps.

J’aime lire les guides de voyage ! Pas pour les précieux conseils du genre « n’acceptez jamais un verre offert par un inconnu » (tout le monde accepte des verres offerts par des inconnus, c’est ce qui s’appelle avoir une vie sociale) mais pour me marrer et constater justement que je fais tout ce qu’il ne faut pas faire: du stop, manger des crudités dans la rue, boire l’eau du robinet; me plier ou non aux règles de politesses, seulement si j’estime cela nécessaire (bouh, le manque de respect! Je ne respecte pas toutes les règles de politesses idiotes en France, pourquoi le faire en Inde ou ailleurs?), laisser les moustiques te piquer; marcher pieds nus dans la jungle, seule ou pas, le jour ou la nuit…

Je ne supporte plus de porter des chaussures, ni pour marcher dans la jungle, ni pour prendre le train ou l’avion. Oui oui je sais, il va bien falloir que je me réhabitue, ben on verra bien.

« On verra bien » est d’ailleurs la seule à laquelle je sois capable de penser quand on me parle de l’avenir. Tout le reste me parait au mieux inutile, au pire nocif.

Aujourd’hui la terre me semble toute petite. Paris est à côté. Tout est à côté. Tout est facile. Je peux aller partout si j’en ai envie. Pourtant je n’ai pas envie de rentrer, je  voudrais retourner à Goa maintenant. La mer me manque déjà, et les gens, et les animaux, et tout. Mais puisque la terre est si petite, ça n’a peut-être pas tellement d’importance.

8 réflexions au sujet de « This is the end »

  1. T’as bu l’eau du robinet…au VietNam ? O_o
    Tant que t’y es, pourquoi pas manger une glace !

    Rhôôô, t’as marché pieds nus dans la jungle et tu t’as pas fait mordre ?
    Après, si t’as atrappé le palu, yavékapa faire comme tout le monde là-bas XD

    « Je ne supporte plus de porter des chaussures »
    Une de mes amies m’a raconté qu’un jour, au lycée, son frère avait été séduit par une fille qui se balladait toujours pieds nus. Conseil déminin du jour : femmes, si vous avez de beaux pieds, n’hésitez pas à les mettre en valeur, comme le reste de vos atouts, en particulier aux entretiens d’embauche.
    J’avoue qu’il m’arrive de descendre dans la rue pour me promener sans rien aux pieds. On se sent plus de liberté de mouvement.
    Pourquoi on porte des chaussures ? Enfin, ça peut avoir son utilité, mais pourquoi en faire une règle, y compris à l’intérieur, au bureau, quand on est assis ? À tel point qu’on peint les pieds comme la partie la plus disgracieuse et la plus odirifère (justement, à cause des chaussures) du corps.

  2. c’est ici en Inde que je bois l’eau du robinet, dans les petites villes ou à la campagne, et aussi celle des puits. Les gens la boivent alors bon… Par contre a Delhi j’hésite.
    Le pire c’est que ça choque un peu les gens que je me ballade pieds nus alors qu’ils ne sauraient pas dire exactement pourquoi ils portent des chaussures. J’ai recommencé à en porter en Janvier quand j’étais dans le nord parce que j’avais froid aux pieds, mais j’ai arrêté dès qu’il faisait moins froid.

    Je trouve ça plus confortable, puis j’aime bien sentir le sol sous mes pieds. Imagine qu’on porte des gants en permanence, beurk. Ben la c’est un peu pareil. Ce qui est drôle c’est que je suis sure que les gens trouvent ça sale, alors que c’est bien plus propre. Mes pieds ne sentent jamais mauvais puisqu’ils sont à l’air libre. Evidemment j’ai le dessous des pieds qui se salit en ville, mais à la campagne ou près de la mer, jamais. Mais les villes c’est dégueulasse, ça me fait aussi les ongles tout noirs et je me lave les mains 50 fois par jour…

  3. Quel beau post, j’en ai les larmes aux yeux… Oui on ne peut pas partir si loin si longtemps sans forcément changer. Bon courage pour ton retour ! Ce n’est que le début d’une nouvelle aventure, c’est ce que je me dis à chaque départ, durant lequel on a toujours fatalement un pincement au coeur.

  4. J’espère être cet inconnu qui croisera ta route. Ta discussion doit être aussi passionnante que ta personne. Bon retour parmi nous !

  5. C’est très émouvant :’)
    J’espère que j’aurai l’occasion d’entendre ou de lire ce que tu as appris et désappris du point de vue humain et culturel tout au long de cette année. En tous cas, tes ressentis sont très intéressants et je te remercie de les partager :)

  6. Une nouvelle page s’écrit sans être la fin de l’autre (oui c’est un drôle de bouquin, celui-là est magique, vivant :). Ton état d’esprit est totalement normal, le retour sera dépaysant : un autre truc à apprendre et à appréhender et ton voyage de 13 mois, t’auras rendu plus forte de ce côté là ;) Plus libre aussi…

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