Végéphobies

Y a des gens qui sont vegans et d’autres qui sont « que végétariens » et essaient de diminuer ou d’arrêter leur consommation de produits animaux.

Y a des gens qui n’ont pas le déclic, qui pensent vaguement que c’est  une bonne chose mais que ça doit être dur, et qui continuent à manger de la viande sans trop y penser, parfois ils diminuent leur consommation, parfois ils arrêtent d’y penser.

Y a des gens qui ‘nont jamais entendu parler de végétarisme ou de véganisme, et qui mangent de la viande et d’autres produits animaux sans réfléchir, sans trop vraimentcomprendre d’où ça vient, sans chercher à savoir comment ça a été fait.

 

Et puis y a ceux qui sont « contre ». Contre le fait d’être vegan.

 

 

Là, j’avoue, j’ai quand même du mal à comprendre. A la limite, je peux comprendre que quelqu’un qui s’en fiche des animaux soit contre le fait d’être végan pour lui (on peut s’en fiche des autres humains, même si on ne le dit pas, et des autres animaux).

Mais il y a des gens qui sont contre le véganisme en général, contre le fait que d’autres soient vegans.

 

Je pourrais me contenter de ranger ces gens dans la même case que ceux qui sont « contre l’homosexualité » (chez les autres): personnes qui se mêlent de la vie d’autrui et s’expriment contre des comportements ou des actes qui ne les regardent pas et ne leur nuisent en rien. D’ailleurs on pourrait pousser la parralèle car même si l’homophobie est en apparence très différente de la végéphobie, et même si la comparaison a des limites évidentes, l’homophobe comme le végéphobe s’en prennent à ceux qui transgressent sa conception du monde et en appellent à un raisonnement naturaliste pour critiquer ce qu’ils considèrent comme un bouleversement de l’odre établi: un homme est fait pour aimer une femme et un animal est inférieur et il est fait pour être mangé ou pour une utilité quelconque. Soit par la Nature, soit par Dieu. Mais bref, je développerai peut-être une autre fois.

 

Les journalistes qui écrivent parfois un article sur le véganisme à diverses occasions, et font pleuvoir des avalanches de clichés. Le régime végétalien est dogmatiquement qualifié de « régime sec » (sic! une crêpe faite avec du lait de soja est une crêpe sèche, une crêpe au lait de vache est une crêpe heu… mouillée?) ou parfois de drastique ou d’austère, sans plus d’arguments. Souvent l’auteur de l’article essaie de tourner la chose en dérision et de décrédibiliser la pensée antispéciste en la déformant à loisir, et sous couvert d’objectivité, donne la parole à de parfaits crêtins qui n’ont rien à dire mais se font les gardiens défenseurs de la Pensée Unique. Ces micro-trottoir lamentables donnent lieu aux mêmes remarques idiotes que celles que l’on subit dans certains repas familiaux, du type « les animaux se reproduisent, il y en aura toujours assez à manger » (cité dans un article sur la veggie pride).

 

Ces formes d’opposition volent bas, ce ne sont pas vraiment des critiques, seulement de vagues insultes. Mélange de peurs et d’incompréhension, symptômes de la  résistance au changement.  S’il n’y avait que ça, ce ne serait pas bien grave. Même pas de quoi en faire une note de blog.

 

La végéphobie peut aller beaucoup plus loin que les articles idiots ou que les simples remarques pénibles que l’on subit au cours des repas, puisqu’il existe des blogs et autres sites qui, eux, sont exclusivement consacrés a défendre la consommation de  produits animaux, ou plutôt tout simplement, contre leur boycott pour des raisons éthiques (car ils s’en fichent pas mal qu’un allergique au lait boive du lait de soja, ou que quelqu’un soit végétarien par goût, ce qui les dérange c’est vraiment le véganisme et non pas la non-consommayion de produits animaux).

Il y a une vraie volonté de décrédibiliser le véganisme, de faire passer les végans pour des gens qui font une grave erreur. Parmi ces sites, certains affichent clairement leur inspiration religieuse, ce sont souvent des sites chrétiens. D’autres se font passer pour rationnels, la plupart donnent lieu à de véritables diarrhées verbales contre le véganisme qui sont toujours complètement à côté de la plaque.

Les moins crêtins en apparence sont ceux réalisés par d’anciens vegans, ce qui en soi est déjà censé constituer un argument choc. Quand on creuse un peu on se rend compte que des gens qui ont voulu devenir vegans pour faire comme telle personne ou pour leur santé critiquent violemment le véganisme sur le mode mystique « je me suis rendue compte de mon erreur grâce à l’Illumination divine (= j’aime le bacon) » et n’ont jamais réellement été vegans(1), en ce qu’ils n’ont jamais abandonné la conception mystique et spéciste du monde qui permet de manger de la viande sans avoir de graves problèmes de conscience; d’ailleurs, le sort des animaux de rente est curieusement absent de leur discours.

 

Il y a un point commun dans toutes les critiques construites du véganisme. Il y a la critique de l’idée de pureté alimentaire.

Cette critique pourrait être juste.  Simplement, elle résulte d’une incompréhension de ce qu’est vraiment le véganisme (bien que souvent, je soupçonne, derrière l’apparente incompréhension, la mauvaise foi).

 

Mais qu’est-ce que la pureté, finalement? Ou plutôt, que sont ces critiques de la pureté? Quelle incompréhension (réelle ou feinte) cachent-elles?

 

 

(1) un vegan n’est pas seulement quelqu’un qui se passe d’une liste d’objets et d’aliments divers, un vegan est quelqu’un qui a une vision du monde différente, d’où découle son mode de viealternatif; à ce sujet, lire « Etre vegan, c’est dur? » donc ce n’est pas parce qu’une personne a un régime végétalien qu’elle est végane.

 

7 réflexions au sujet de « Végéphobies »

    • En effet ca ne m’etonne pas ^^ j’avoue avoir peu lu ce blog, mais je lai un peu parcouru et je nai jamais rien trouve concenrnant les animaux, leur souffrance, leur individualite. ecologie, sante et c’est tout.

  1. Rectification sur le dernier site: il est fait pour critiquer le livre anti-vegetariens.

  2. Pour ma part, je trouve « Let them eat meat » plutot consequent…Je ne parlerais pas du reste.
    La question est plus vaste, je pense, que la souffrance des animaux pour devenir vegan…
    Il pose les bonnes questions, je trouve, que peut considerer un omnivore pour devenir vegan, ou pas, et met en parallele l’attitude vegan qui dessert a la cause, plus qu’elle ne la sert.

    @l’elfe: Si tu parcours le blog (et les nombreux commentaires de tous bords), je pense que tu pourrais etre interressee…Certains vegans en rient, et ca permet de voir des vegans de toutes positions finalement.

    • Il y q peut etre des choses interessantes mais ca ne l’empeche pas de passer a cote de l’essentiel car il n’aborde jamais les premiers interesses qui ne sont non pas les vegans mais les animaux. Je pense qu’il n’a pas compris qu’etre vegan est quelque chose de naturel et d’evident a partir du moment ou on est antispeciste (mon parrallele avec une societe anthropophage mangeuse de bebes met en evidence le fait qu’etre vegan soit naturel et normal pour certains). On dirait que pour beaucoup de gens, etre vegan ou etre omnivore sont des facons de tourner autour de son propre nombril. Or il y a des choses plus importantes. Mais mes articles a paraitre (demain et lundi) abordent un peu plus en profondeur le theme des critiques contre le veganisme et c’est un theme que je souhaite eclaircir car en effet il y a des choses interessantes.

  3. Il y a meme un article qui parle de ce que ca donnerait un omnivore antispeciste…Manger de l’humain?
    Je sais plus si ca va aussi loin, mais la question merite d’etre posee.

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