NON, une lasagne, ça ne se mange pas !

Au début, avec cette histoire de lasagnes, je me suis dit:
« Pfff, encore une histoire de viande qui n’intéresse que les végétariens ».
En effet les végétariens et véganes sont bien connues pour emmerder le monde et troller au sujet de la viande, comme quoi ça donne le cancer, le cholestérol, mauvaise haleine et un gros cul, et ils aiment rappeler que manger des animaux mignons c’est très vilain. Bref, ce sont de véritables emmerdeurs.

Ce qui a tendance à être très amusant, mais là je trouvais quand même que l’attaque était mesquine. Bon, les gens ont mangé du mignon cheval au lieu de la mignonne vache laitière de réforme, et alors?

J’AVAIS TORT.

Accidentellement, j’ai été mise en présence d’un instrument audiovisuel insupportable autrement appelé télévision ou boîte à connerie. Laquelle se mit à déclamer pendant de très longues heures, sur tous les tons et avec force images sanglantes, que HOLALA AU SECOURS DES GENS ONT MANGE DU CHEVAL MEME QUE Y AVAIT ECRIT « LASAGNES AU BOEUF » SUR LA BOITE.

J’en suis restée pantoise. Hé oui, ce sont les mangeurs de viande qui nous chient une pendule parce qu’ils ont mangé des mignons petits chevaux au lieu du bœuf qui est un aliment comme l’oignon ou la frite. Bien sur je pourrais rappeler que les vaches sont tout aussi mignonnes que les chevaux, et le prouver à grand renfort de photos mignonnes. Mais je m’en fous, en fait. Je ne mange pas non plus les animaux moches.

Mais de toutes façons, l’espèce c’est quoi? Lire la suite

Je me fiche de savoir pourquoi vous mangez de la viande.

Très chers lecteurs que j’aime,
Certains d’entre vous commencent à sérieusement me les briser menues.
Vous voulez manger de la viande? Mangez-en. Vous avez le droit.
Vous êtes mal à l’aise quand j’affirme que manger de la viande, c’est accorder plus de valeur au petit plaisir supplémentaire que vous procure un morceau de viande par rapport à un bol de lentilles, qu’a la vie d’un animal?
Ho, comme c’est triste. Je vous plains.

Cet article pourrait ressembler à une attaque frontale contre les mangeurs de viande. Il n’en est rien. La plupart des gens mangent de la viande, c’est comme ça. Je suis contre, et je n’ai pas peur de le dire, mais c’est comme ça. Et je n’ai rien contre les gens qui mangent de la viande, bien que je ne sois pas d’accord avec le fait de tuer des animaux pour ça. Ils ne font que faire ce qu’ils ont appris à faire et à considérer comme une chose « Normale, Naturelle et Nécessaire ». C’est humain et hautement compréhensible.

Mais, si j’admets et je tolère que des gens tuent des animaux pour les manger alors qu’ils pourraient manger autre chose à la place (parce que je suis bien obligée de supporter cette injustice et parce que je ne peux m’élever contre des pratiques socialement admises sans admettre qu’elles soient socialement « normales » et agir en conséquence), donc si je tolère que les gens mangent de la viande, j’en ai plus que ma claque d’entendre leurs éternelles jérémiades et justifications.

Vous mangez de la viande et vous n’avez pas envie d’arrêter? Lire la suite

Ton argument a des dommages collatéraux

L’antispécisme, c’est facile. Cela revient à considérer que les individus ne sont pas supérieurs les uns aux autres en raison de leur appartenance à telle ou telle espèce, et que les intérêts doivent être considérés pour ce qu’ils sont, indépendamment de leur appartenance à une espèce.

Un antispéciste considèrera qu’un individu a des droits parce qu’il a des intérêts à défendre; parce qu’il souffre, pense, ressent, parce qu’il possède une subjectivité. C’est facile, au fond. C’est même évident: un individu, animal ou humain, a des intérêts (contrairement à un légume ou un caillou). Le problème, c’est que ça implique, si on y adhère, qu’on nuit à l’intérêt d’autrui si on mange de la viande (ou plutôt, si on tue des animaux pour les manger). Et comme on aime ça, la viande, et qu’on ne veut pas passer pour un méchant, on s’efforce de trouver la faille. Quand on cherche, on trouve toujours : les gens inventent toutes sortes d’arguments pour défendre la viande. Il y en a vraiment beaucoup, et ils ont tous un point commun.

Ce que je souhaite montrer dans cet article, c’est la façon dont ces arguments permettraient en fait de justifier absolument n’importe quoi. Je vais donc dresser une liste de ces arguments et expliquer un peu ce qu’il impliqueraient si on les considérait vraiment valable. C’est intéressant parce que si un argument justifie, par exemple, de prostituer des enfants, on peut se dire que ce n’est pas un bon argument dans la mesure où on est contre la prostitution d’enfants. Lire la suite

Le végésexuel : un animal légendaire très intéressant, comme la licorne

Les végésexuels, le nouveau phénomène facheune. Oui, parce que végétarien, végétalien, c’est intéressant, certes, mais végésexuel, ça sonne carrément mieux, non? Y a « végé » mais y a surtout « sexuel ». Que demander de mieux?

Mais… Qu’est-ce qu’un végésexuel? C’est quelqu’un qui refuse de coucher avec un mangeur ou une mangeuse de viande. Pourquoi? Les raisons ne sont pas très claires, mais il parait que c’est à la mode. La preuve, tous les articles sur le véganisme en parlent – du moins quand ils sont écrits par des non véganes…
Hé oui, car parler des végésexuels dans un article sur le véganisme, cela confère plusieurs avantages non négligeables:

  • Ca permet de parler de SEXE. Et donc d’intéresser les gens. Parce que bon, le véganisme en soi, c’est pas assez intéressant pour la populâce. Le sexe c’est mieux.
  • Accessoirement, ça permet de faire passer les véganes pour des gens bizarres, vaguement sectaires, formant une sorte de groupe avec des règles de vie (si tu veux être végane tu dois faire comme ci et comme ça, et là seulement, tu as le droit de rentrer dans la grande confrérie des mangeurs de salade).
  • En attirant l’attention sur des conneries sans intérêt, ça permet surtout de passer sous silence les sujets un peu plus embarrassants, comme par exemple: doit-on arrêter de torturer des animaux pour notre confort. Entre se remettre en question et parler de zizis et de foufounes, le choix est vite fait.

Prenez cet article de rue89: Bonne nouvelle pour les vaches, les vegans progressent en France. Ho oui, quelle bonne nouvelle ! On apprend surtout que « certains végans (combien? lesquels? On ne saura pas, et l’étude citée n’en dit pas plus) refusent d’avoir des relations sexuelles avec des mangeurs de viande. »
Bigre.

C’est vachement intéressant. Tellement que ce n’est qu’après une tartine bien chargée sur la végésexualité, que l’article aborde le sujet mineur et très secondaire de la résolution du problème de la famine en Afrique. Mais qui s’en soucie?

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