Éduquer sans punir

Bien avant d’avoir un enfant, je savais déjà que j’étais plutôt contre les punitions. L’expérience de la parentalité, mes lectures et mes réflexions sur les relations parents-enfants n’ont fait que me conforter dans cette opinion. J’ai d’ailleurs déjà écrit sur les punitions corporelles; mais à travers les lignes, on a peut-être pu deviner que les punitions en général ne convenaient guère à la façon dont j’envisage une relation saine entre enfants et adultes.

Et pourtant… Généralement, quand je dis que je suis contre les punitions, on me dit:

-Mais il faut bien qu’il comprenne les limites!
-Les enfants ont besoin de limites!
-Mais tu vas le laisser tout faire??
etc…

Je trouve ça très grave. Pourquoi? Parce que cela montre que la plupart des gens n’envisagent la communication avec leurs enfants que sous forme coercitive, que sous forme d’une relation de pouvoir. Une sorte de dressage en somme.

Mais qu’est-ce que punir? Punir, c’est infliger volontairement un désagrément à un enfant (ou un adulte ou un animal…), dans le but de modifier son comportement. Donc punir c’est du dressage, ou, pour employer un terme plus neutre, du conditionnement. Récompenser ou complimenter aussi, en somme (du moins si ça a pour objectif de modifier le comportement de l’enfant, mais on peut aussi complimenter sans avoir d’idées derrière la tête).
Et, de mon point de vue, cette façon d’agir n’a pas beaucoup de sens.

Je ne suis pas fondamentalement opposée à toute forme de dressage. Je ne pense pas que le conditionnement soit forcément une mauvaise chose dans tous les cas, pour tous les enfants ou dans toutes les situations (on peut même chercher à se conditionner soi-même). Ce qui me pose problème, c’est que le dressage soit à la base de la relation parents-enfants, qu’il intervienne quasiment en toute situation. Il est aussi à la base du système scolaire (à travers les notes, entre autres). Quand on me demande si je vais laisser mon gamin faire tout ce qu’il veut, sans la moindre limite, cela montre que l’apprentissage aux enfants des limites, de la vie en société, et même de la vie tout court, ne s’envisage que sous forme de dressage. L’enfant est censé agir comme les adultes le souhaitent pour éviter un désagrément (être frappé, mais aussi être moqué, exclu, mis au coin, chargé de corvées etc…) ou encore pour obtenir quelque chose d’agréable en échange (un bonbon, un bon point, un compliment, une bonne note…).

1) Les punitions n’apprennent pas la vie en société

Être conditionné n’est pas apprendre à agir en société. C’est plutôt singer l’apprentissage de la vie en société. Par exemple, si je ne frappe pas les gens qui m’énervent, ce n’est pas pour éviter une punition. C’est parce que je considère que la violence est mauvaise et ne résout pas les problèmes, parce que je sais qu’il faut de la tolérance les uns envers les autres pour vivre ensemble.
Si le problème pour moi n’était pas le comportement violent en soi, mais ce qui pourrait m’arriver en cas de comportement violent, alors je pourrais frapper mon enfant, un chat ou un chien, ou quelqu’un de plus petit que moi, dans le cas où personne ne me verrait, ou bien si ce n’était pas puni par la société dans laquelle je vis (par exemple on ne va pas en prison pour avoir frappé son chien). Je sais que l’exemple paraît basique, mais on touche là aux limites de la punition, et ce que ce soit dans l’éducation ou dans la société en général. Une personne qui ne frapperait pas parce qu’elle s’exposerait à quelque chose de désagréable, peut très bien soit frapper sans se faire voir, soit trouver quelqu’un ou quelque chose qu’elle a le droit de frapper. Une telle personne ne respecte pas l’intégrité corporelle d’autrui. Et de même, les enfants qui évitent certains comportements sous peine de punition, peuvent très bien avoir ces comportements en cachette. A mon avis, les punitions apprennent surtout aux enfants à ne pas se faire prendre. On peut ensuite leur reprocher de mentir, d’être manipulateurs ou traîtres, mais à mon avis c’est un comportement normal qui résulte d’une approche coercitive. De même, on reproche aux enfants de tricher aux examens ou encore de ne s’intéresser qu’aux notes et pas au travail, alors que c’est le système de note qui les encourage à se comporter ainsi. C’est d’ailleurs à mon avis une constante de l’éducation classique que de reprocher aux enfants des comportements qu’on a soi-même induits chez eux, plutôt que de se remettre en question.

Un enfant qui ne frappe pas les autres sous peine d’être frappé lui-même, ou privé de quelque chose, ou isolé etc… N’est pas un enfant qui a appris les limites de l’intégrité physique des autres. Si en plus on le frappe, on brouille ses propres limites d’intégrité corporelle, ce qui lui permet encore moins de comprendre et respecter le concept d’intégrité corporelle. Si l’enfant n’est pas frappé lui-même, et qu’en plus de le punir on lui explique que frapper fait mal, qu’il faut respecter les limites des autres, etc… Alors il est probable qu’il finisse par comprendre qu’il ne faut pas frapper. Mais ce n’est pas grâce à la punition. A mon avis la punition ne sert à rien et nuit aux relations enfant-adulte.

2) Les punitions sont inefficaces

Je n’ai jamais beaucoup réfléchi à l’efficacité des punitions, puisque de base, je suis plutôt contre. Mais en réfléchissant au sujet, et grâce à une lecture en particulier (Eduquer sans punir, de Thomas Gordon, sur lequel je reviendrai peut-être) j’ai pris conscience de l’inefficacité de l’approche punitive. Les récompenses ne fonctionnent pas vraiment non plus.

Comme je l’ai expliqué, les punitions apprennent aux enfants à mentir, agir en cachette et ne pas se faire prendre. Ce ne sont pas les seules raisons pour lesquelles elles ne fonctionnent pas. Gordon insiste davantage sur le caractère inutile des punitions que sur le fait qu’elles soient nocives à la relation. Donc si vous voulez davantage de détails sur ce point, je vous renvoie vers son livre (si vous ne pouvez pas le lire, j’essaierai d’en faire un résumé sur ce blog). Pour ma part, j’ai l’impression (si je me base sur mes observations) que quand on base sa relation aux enfants sur un système punition/récompense, les punitions et récompensent interviennent très souvent et dans tous les aspects de la relation (puisque l’enfant a tout à apprendre), qu’elles sont relativement peu efficaces et demandent énormément d’énergie aux parents. J’ai toujours l’impression que les tentatives de modifier le comportement de l’enfant sont de plus en plus désespérées. L’usage de punitions met souvent certains parents face au dilemne: punir trop sévèrement, au risque de perturber la relation avec son enfant, d’avoir mauvaise conscience… Ou trop légèrement, donc pour rien. Plus l’enfant grandit, plus il est difficile de le contrôler. Je me suis parfois demandé si ce qu’on appelle « crise d’adolescence » n’est pas plutôt la crise des parents face à leur enfant qui devient adulte et donc refuse l’autorité. Mais le conflit qui éclate alors au grand jour existe depuis que l’enfant est tout petit puisque punir, c’est se mettre en quelque sorte en conflit avec l’enfant.

3) Les punitions nuisent à la qualité de la relation

Quand dire la vérité nous expose à quelque chose de désagréable, on ment. Quand des désirs, des émotions, des sentiments sont indésirables, on les dissimule. Quand notre bonheur ou nos petits plaisirs dépendent de l’autorité d’une personne plus puissante, on la manipule.

Je n’ai pas envie d’une telle relation avec mon enfant. Non seulement je pense que c’est tout à fait illusoire de contrôler réellement le comportement d’une personne – fût-elle un enfant – par quelque moyen que ce soit, non seulement je pense qu’être un individu contrôlé par d’autres personnes via un système de punitions/récompense n’est PAS synonyme de savoir vivre en société, mais en plus j’ai pas du tout envie d’entrer dans ce schéma relationnel. Parce que c’est d’une relation de pouvoir qu’il s’agit, avec un dominant et un dominé. Or, personne n’aime être contrôlé. Cette relation est une relation conflictuelle. Les adultes ont tendance à mettre le conflit sur le dos des enfants, parce que ceux-ci ne se comportent pas exactement comme les adultes le voudraient. Mais si les enfants sont ce qu’ils sont, ce n’est pas pour emmerder leurs parents. Si un enfant saute dans des flaques de boue, ce n’est pas pour donner davantage de lessive à faire à ses parents, mais parce qu’il aime sauter dans des flaques de boue. Certes, il y a conflit dans le sens où les besoins ou envie des parents de faire moins de lessive sont en opposition avec les besoins ou envie de l’enfant à faire des choses salissantes. Mais je pense que ce sont les adultes qui transforment cette opposition de besoins en véritable conflit. Puisque l’enfant est généralement inconscient des conséquences négatives de son comportement, c’est pourquoi il s’en fiche. Nous avons tendance d’ailleurs à sous-estimer cette inconscience, comme si on voulait rendre l’enfant réellement responsable du conflit. On dira par exemple « mais il le sait bien qu’on doit faire des lessives ». Oui, mais un enfant ne fait pas de lessives et donc il ne sait pas que nettoyer c’est fatiguant. Donc c’est un problème de communication.

J’en viens à comment envisager une relation avec les enfants qui ne soit pas basée sur les punitions.

Éduquer sans punir?

On part généralement du principe que les enfants sont incapables de prendre en compte les besoins des autres. Dans un sens, c’est vrai parce qu’ils ont tout à apprendre de la vie en société. Mais en les punissant quand ils franchissent certaines limites, on part néanmoins du principe qu’ils sont incapables de respecter les limites des autres s’il ne leur arrive pas quelque chose de désagréable quand ils le font.

Or, je pense que l’humain étant un être social, comme la plupart des animaux sociaux nous avons tendance à essayer d’éviter les conflits et de tenir compte des autres, et ceci même quand nous sommes petits. Bien sur, les enfants ne savent pas encore respecter les limites des autres parce qu’ils n’ont pas conscience d’où se situent les limites. Un tout petit bébé ne sait pas que griffer fait mal, au point qu’apprendre à ne pas se griffer lui-même peut lui prendre quelques mois… Quant à avoir conscience qu’il existe d’autres personnes, et qu’on peut les faire souffrir, c’est peut-être même l’affaire de quelques années (et peut-être aussi que cela demande, malheureusement, des phases d’expérimentation?). Néanmoins, je pense que nous venons au monde avec un besoin de vie en société, et une capacité incroyable à s’y adapter.

Alors concrètement, comment élever un enfant sans recourir aux punitions? Je crains de ne pas pouvoir répondre ici. Je ne suis pas experte en éducation, je me contente de suivre mon intuition, de comparer, d’analyser, de réfléchir. Et parfois d’agir dans le feu de l’action, comme tous les parents, et donc de faire des erreurs. Et de réfléchir ensuite. D’ailleurs rien ne dit que je ne punirai jamais, je ne suis pas parfaite, j’ai fait des erreurs et j’en ferai de nouvelles.

Je vais donc me contenter de proposer quelques pistes de réflexion sous forme de questions. Mais vous pouvez aussi faire vos propres recherches, de nombreux écrits existent déjà sur le sujet, comme le livre dont j’ai parlé, les 20 alternatives à la punition d’Aletha Solter, le blog de la Poule Pondeuse, etc…

Faut-il tout laisser faire aux enfants?
Oui et non. Je pense que dans la pratique, ce qu’on doit ou non laisser un enfant faire est une question extrêmement compliquée, et ce dès le début. Pour ma part j’essaie d’appliquer un principe simple qui est le suivant: à peu près tout est autorisé, excepté ce qui fait mal à soi ou aux autres. Ça parait simple comme ça mais en pratique, c’est relativement complexe. (Je le laisse manger son gâteau une fois qu’il l’a frotté sur le sol ou pas? Je le laisse grignoter cette feuille de papier? Je le laisse prendre le jouet de l’autre bébé si celui-ci ne pleure pas? etc…).
C’est justement parce qu’il est très compliqué de se demander si on doit, ou non, laisser un enfant faire quelque chose (et qu’il faut parfois décider en 2 secondes), qu’il nécessaire, à mon sens, d’avoir des principes simples en tête.
La règle de ne pas faire mal à soi ou aux autres peut paraître très basique. Elle force en fait à se demander pourquoi telle chose que j’ai envie d’interdire devrait l’être, donc en quoi quelque chose me dérange dans la mesure où ça ne fait de mal à personne. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les parents ont tendance à interdire de nombreuses choses qui n’enfreignent pas cette règle. Par exemple détruire ses jouets, s’habiller d’une certaine façon, parler d’une certaine façon… Quand j’ai envie d’interdire quelque chose, mais que je n’ai pas de motif précis, ça me force à me demander quel est mon problème. Par exemple, ce qu’on va penser de moi en tant que parent peut m’amener à interdire des choses à mon enfant. Seulement, c’est mon problème, pas le sien…

Les enfants ont besoin de limites!
Je ne pense pas qu’on devrait vraiment formuler ça comme ça. Cette phrase mélange deux choses, à mon avis:
D’une part, les enfants ont besoin d’un cadre. C’est-à dire de s’y retrouver dans ce monde encore inconnu pour eux. Ils ont besoin de repères, de rituels, et dans une certaine mesure, ils ont besoin qu’on les guide, qu’on leur dise ce qui est bien ou mal, qu’on leur indique parfois les conséquences de leurs actes (mais pas tout le temps non plus, laissons-les explorer et découvrir un peu par eux-même). Ils ont besoin de quelqu’un sur qui s’appuyer, une personne de confiance. Je ne pense pas que ce besoin de cadre entraîne un quelconque besoin d’autorité. En fait, les enfants n’aiment pas qu’on soit autoritaire avec eux, qu’on les domine; comme tout le monde d’ailleurs. Si l’autorité parentale peut éventuellement répondre à ce besoin, il existe d’autres façons.
D’autre part, ils ont besoin qu’on leur apprenne à vivre en société, donc à respecter les limites des autres. Ils ont aussi besoin qu’on prenne en compte leurs propres limites et qu’on leur apprenne à les faire respecter (ce que trop de parents oublient de faire, quand ils ne font pas carrément l’inverse…).

Du reste cela me semble curieux de justifier l’usage de punitions en disant que les enfants ont besoin de limites. Les punitions consistent à infliger à l’enfant quelque chose de désagréable s’il franchit les limites. Il existe tout de même d’autres moyens de faire comprendre une limite qu’en infligeant une peine.

Ton enfant va te contrôler / devenir un tyran
Je ne pense pas que les enfants cherchent à contrôler leurs parents. En fait, je crois que, quoi qu’on en dise, les enfants-tyrans sont victimes d’un système éducatif trop autoritaire. On sous-estime beaucoup les enfants. A force de se mettre systématiquement en conflit avec son enfant, il arrive souvent qu’on perde… Gagner le bras-de-fer contre ses parents ne rend pas l’enfant heureux, mais ce n’est pas lui qui l’a initié, à mon avis. Cependant, les enfants s’habituent vite aux situations conflictuelles, et certains deviennent très fort à ce jeu. Quand j’étais animatrice, je prenais soin de ne pas entrer en conflit avec certains enfants, car je les savais dotés de ressources que les adultes ne soupçonnent pas.

Nos actions ont des conséquences…
Je pense que punir est une mauvaise façon d’enseigner aux enfants que les actes entraînent des conséquences. D’ailleurs ce n’est pas forcément à nous de le leur enseigner, ils se rendent bien compte, étant comme nous dans l’existence et non pas en dehors de l’existence (comme certains éducateurs semblent parfois le croire). On peut expliquer, prévenir. Prétendre que les punitions enseignent que les actes entraînent des conséquences, c’est hypocrite, parce que dans le cas des punitions, c’est nous, adultes, qui infligeons quelque chose de désagréable à l’enfant, et en prétendant que c’est dans un but pédagogique, on prétend n’y être pour rien, être extérieurs à ce désagrément que NOUS infligeons. Nous prétendons que tel acte a telle conséquence, mais c’est faux. Bavarder en classe n’a pour conséquence d’aller au coin que si le prof estime que c’est une punition méritée (et on sait tous que bavarder en classe n’entraîne qu’occasionnellement une punition). Par contre, ça a des conséquences en terme de qualité des cours (je dis pas qu’on peut se baser que là-dessus en maternelle pour obtenir le silence, hein… Mais au lycée?). La punition n’arrive que parce que l’adulte croit que c’est bien à ce moment-là, elle n’est pas une conséquence directe de son comportement.
En revanche, les actes des enfants ont des conséquences bien réelles dont nous ne pouvons (et à mon avis, je devons) pas toujours les sauver. C’est un peu difficile d’estimer la limite entre ce que je dois épargner à mon enfant comme conséquence déplaisante pour lui de son comportement, et ce que je peux laisser arriver. Mais par exemple, s’il casse son jouet, il ne pourra plus jouer avec. Je ne vais pas TOUJOURS l’empêcher de casser ses jouets. Je ne vais pas l’empêcher d’expérimenter, de vérifier. Et je ne vais pas TOUJOURS lui racheter un jouet parce qu’il en a cassé un, d’une part ce n’est pas possible car mon budget jouet est limité, et d’autre part, ce serait contre-productif car je l’empêcherais de se rendre compte de la valeur d’un jouet et de ce qui se passe quand on le casse. Ce qui ne veut pas dire, bien sur, que je vais TOUJOURS lui permettre de casser ses jouets si je peux l’éviter (surtout si j’estime qu’il est trop petit pour comprendre ce qu’il fait), ni que je ne vais JAMAIS lui racheter un jouet cassé.

Et sa sécurité?
On évoque très souvent la sécurité pour justifier le fait qu’on fasse obéir les enfants et qu’on les dirige. Alors que dans les faits, on dirige les enfants pour toutes sortes de choses qui ne concernent pas directement leur sécurité: on décide comment ils s’habillent, ce qu’ils mangent, où ils vont, comment ils jouent… J’ai vu une de mes amies se mettre en colère contre sa fille parce qu’elle ne voulait pas se déguiser pour aller au carnaval. Il fallait qu’elle obéisse, qu’elle se déguise pour aller au carnaval alors qu’elle n’en avait pas envie. Il faut toujours que les enfants obéissent, quelle que soit la raison, et quand on critique l’obéissance et les punitions, il y a toujours quelqu’un pour dire que quand même, on va pas les laisser jouer à colin-maillard sur l’autoroute.

Veiller à la sécurité des enfants, c’est à mon avis une grosse partie « prévention » (ne pas laisser traîner d’objets dangereux plutôt que de leur interdire de jouer avec, etc). Mais on ne peut pas tout contrôler. Évidemment qu’il y a des cas où il faut qu’un enfant écoute, qu’il soit attentif, parce que sinon c’est dangereux. Mais enfin si je passais ma journée à crier sur mon enfant pour toutes sortes de choses futiles, je ne pense pas qu’il m’écouterait davantage quand je lui crierai « ne vas pas sur la route! » que si c’est le seul moment de la journée où je crie. Au contraire, même. Mais là il ne s’agit même pas d’obéissance (dans la mesure où les enfants ne tiennent pas spécialement à se faire écraser par des voitures, bien qu’ils soient souvent inconscients du danger), mais simplement de communication. Je ne pense pas que communiquer un danger soit plus efficace dans un cadre d’obéissance. D’autant plus que chercher à faire obéir son enfant à tout et n’importe quoi, c’est aussi lui apprendre à désobéir de temps en temps, à moins d’être surhumain.

Quel avenir pour nos enfants?
Est-ce qu’on veut apprendre l’obéissance à nos enfants? L’obéissance par définition, c’est faire ce qu’on nous dit sans discuter, et sans poser de question, sans forcément savoir pourquoi on doit le faire, et du moins sans discuter de ce pourquoi. Aux parents de décider s’ils ont envie d’apprendre à leurs enfants à obéir à l’autorité. Pour ma part, même si j’ai peu de certitudes en matière d’éducation, je sais au moins une chose, c’est que je ne veux pas faire d’un enfant un bon petit soldat.

Pourquoi je ne suis pas pro-sexe

D’un côté y a les pro-sexe, de l’autre des gens qui ne se diront jamais anti-sexe.
Un jour, alors qu’on parlait de la prostitution, une amie m’a dit: « je suis pro-sexe ».
« Mais moi aussi je suis pro-sexe », ai-je pensé. Qui songerait à être anti-sexe? Seulement, la prostitution, c’est du sexe pour les clients. Pour les prostituées, c’est un peu plus compliqué. C’est à elles de le dire, mais j’ai l’impression que c’est avant tout du travail. Et que ça concerne surtout la sexualité des clients.

Mais pourtant j’ai pensé: mais moi aussi, je suis pro-sexe. Le sexe, je suis même hyper trop pour. Personne ne se dirait anti-sexe, après tout. Le sexe, c’est cool, tout le monde aime le sexe.

Moi je suis pro-sexe, dans la mesure où je pense que la sexualité de chacun devrait lui appartenir, donc ok on devrait avoir le droit de vendre un service sexuel, mais aussi on devrait avoir le droit de ne pas le faire, et ça c’est compliqué dans un monde régi par l’argent. Et si on a le droit de l’acheter, on a peut-être aussi l’obligation de le vendre, non?

Moi je suis pro-sexe, dans la mesure où j’aimerais que le sexe soit libre, le consentement éclairé, loin des contraintes qui toujours poussent les femmes (en particulier) à faire du sexe sans désir, juste parce qu’il faut manger ou juste parce qu’il faut « sauver son couple », pour sauver son couple il faut s’allonger, pour sauver son couple il faut sucer, c’est écrit dans Elle. Et sauver son couple, c’est une question de survie. Je suis pro-sexe parce que je voudrais que le sexe soit libéré de toutes ces contraintes et soit autre chose que quelque chose qu’une femme donne à un homme en échange de conversation, d’argent, de sécurité affective, de mariage, de cadeaux, de lessive ou de vaisselle. Je voudrais que le sexe soit pour le sexe, qu’on fasse l’amour pour les raisons qu’on veut, mais que ces raisons ne soient pas des contraintes, ne soient pas des pressions, des injonctions.
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Un PNNS pour les véganes français

Je fais passer ici une information importante. Une demande collective a été adressée à la cellule du PNNS (Plan National Nutrition Santé) pour que des informations officielles sur la nutrition végétalienne soient disponibles. Un site internet a été créé: http://www.pnnsvegane.fr/

Pourquoi c’est important?
Le PNNS ne dispense aucune recommandation nutritionnelle pour les végétaliens (mise à part le conseil péremptoire de ne pas suivre ce régime). Cette absence de recommandations est très problématique, puisque que les personnes qui font le choix de se passer de produits animaux sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé liés à une mauvaise alimentation, s’ils ne disposent pas de recommandations adaptées à leurs convictions. Ce qui est déjà un problème en soi, mais en plus cela risque de décourager des gens de s’intéresser au véganisme.

Petit aparté à ce sujet: je sais qu’on a tendance à dire que tout va bien dans le meilleur des mondes quand on est végétalien, qu’on retrouve la forme, la santé, la jeunesse… Mais non, il faut être un peu objectif. Oui, le régime végétalien a des avantages pour la santé, c’est indéniable. Mais il y a aussi des choses auxquelles il faut faire attention quand on est végétalien. Par rapport à quelqu’un qui consomme des produits animaux, une personne végane est moins susceptible d’avoir certains problèmes de santé, mais court plus de risques d’avoir d’autres problèmes spécifiques (manque de B12, etc…). Rien de tout cela n’est insurmontable si l’on dispose de recommandations nutritionnelles adaptées (si cela vous intéresse, je vous recommande notamment cette brochure de la société végane, qui est très bien faite et accessible; Il existe aussi une documentation importante sur le site de l’Association Végétarienne de France, avec des fiches plutôt complètes, dont une partie spécialement pour les enfants. Il y a aussi les recommandations officielles du Royaume-uni qui sont très bien, traduites ici en français). Malheureusement, en France, ces recommandations font défaut, les seules recommandations adaptées émanent d’association pour le végétarisme ou le véganisme. Mais des associations il y en a un paquet, et certaines peuvent fournir des informations biaisées, orientées, fausses, non basées sur des preuves… Comment savoir à qui faire confiance? Une personne lambda désirant supprimer les produits animaux de son alimentation saura-t-elle vers qui se tourner? Les professionnels de santé sauront-ils l’aiguiller, ou vont-ils plutôt la décourager? (j’en ai déjà parlé ici).

Je pense qu’au bout du compte, ce sont les animaux qui payent le prix de ce manque d’informations.

Que faire?
Tout est expliqué en détail sur le site, mais en résumé, il s’agit de participer en tant que personne végétalienne à l’étude nutrinet santé. Pour des raisons qui m’échappent, les études réalisées dans d’autres pays ne sont pas considérées valables pour mettre au point des recommandations nutritionnelles pour les véganes français (on se demande d’ailleurs sur quelles études françaises ils se basent pour déconseiller fortement le régime végétalien, mais on risque de ne pas le savoir car les courriers qui posaient justement la question sont restés sans réponse… Bref). Évidemment, pour avoir des informations fiables sur la santé des véganes français, il faut un nombre conséquent de véganes qui participent à l’étude. En-dessous d’un certain seuil, les végétaliens ne seront pas pris en compte. Donc je vous encourage à vous inscrire à l’étude si ce n’est pas fait, et à vous déclarer comme végétalien-ne (tout est bien expliqué dans le site).

Terriens

Un petit article pour annoncer la naissance de mon tumblr photo Terriens

clic clic sur la coccinelle pour aller sur le bô tumblr

Malheureusement je manque terriblement de temps pour écrire en ce moment. Écrire un article sur Les Questions Composent est très chronophage et se concilie difficilement avec mes autres activités, bien que je sois actuellement en train de travailler sur plusieurs articles (mais à un rythme assez lent, donc).

Jusqu’ici je me servais de ce blog pour partager des photos mais peu de gens s’y arrêtent parce que ce n’est pas vraiment l’objet du blog. Je trouve ça dommage car c’est aussi une de mes passions, et je pense que mes photos méritent un espace à part entière, fut-il modeste. Vu mon manque de temps, je suis obligée de remettre à plus tard la création d’un « vrai » site, donc je pense que ce tumblr sera une alternative satisfaisante.

Il y aura donc des photos d’un peu tout, mais principalement la nature, les animaux, les gens, peut-être quelques paysages, des jolies macro, bref un peu de mon univers photographique, et je pense pouvoir poster régulièrement.

Pour rappel, je poste aussi régulièrement des photos de nourriture végétalienne sur le tumblr Les Miams Vegan.