Le viol des vaches laitières

Dans leur immense majorité, les vaches laitières n’ont jamais rencontré de taureau. Leurs mères et grand-mères non plus. Elles sont fécondées par insémination artificielle pour des raisons pratiques et aussi pour améliorer leur rentabilité. Il en est de même pour beaucoup d’autres animaux dits « de rente », comme les truies.

J’ai lu et entendu à plusieurs reprises, par des gens qui défendaient la non-consommation de produits laitiers, que l’insémination artificielle des vaches, truies et autres animaux s’apparentait à un viol.

Ca me gêne. Ca m’a toujours gêné. Je n’ai jamais bien su dire pourquoi, je n’y avais jamais réfléchi. Je n’avais pas forcément besoin d’éclaircir ce point, la condition des vaches et autres animaux utilisés pour produire me semblait bien assez misérables pour devenir vegane, sans qu’on ait besoin d’y ajouter le viol.

Alors pourquoi ça me gêne?

Pour plusieurs raisons. La première chose qui me vient à l’esprit est que c’est de l’anthropomorphisme. Les antispécistes se font souvent accuser à tort d’anthropomorphisme, mais là j’ai bien peur que c’en soit. Je vais donc développer ci-dessous pourquoi je considère que c’en est, ce qui sera l’occasion d’une disgression sur certains vraies différences entre les humains et les autres animaux.

Mais en réalité, bien que les deux points se rejoignent (ce que je vais développer plus bas), ce qui me dérange vraiment c’est tout simplement que ce n’est pas un viol parce que ce n’est pas un rapport sexuel. C’est une pénétration du vagin par un objet. Un rapport sexuel n’est pas une pénétration et une pénétration n’est pas un rapport sexuel… Chez les humains comme chez les autres animaux, un rapport sexuel est un ensemble de stimulations olfactives, visuelles, auditives et tactiles.

Un gynécologue qui fait un frottis à une femme, ce n’est pas un rapport sexuel que je sache? Bon.

Mais il y a un mais. Introduire un objet dans le vagin d’une femme sans lui demander son avis, ça c’est un viol, du moins on peut imaginer que ce serait vécu comme tel par la victime. Et ce même si le but de l’opération n’était pas sexuel, ce serait toujours vécu comme un viol (ne me demandez pas ce que serait le but de l’opération je n’en ai aucune idée; je n’ai pas assez d’imagination. Au passage, j’en profite pour m’excuser auprès de tous ceux qui arriveront sur mon blog en tapant sur google les mots-clés intéressants qui se trouvent dans cet article. Ils seront sans doute déçus).

Le consentement et le viol chez les animaux

Une remarque importante pour commencer: le consentement à l’acte sexuel existe chez les animaux non-humains, et il est important. A part quelques rares exceptions (j’y reviendrai), les animaux ne s’accouplent que quand la femelle est réceptive, c’est-à-dire quand elle accepte (et, généralement, recherche) l’accouplement. Au cours de leur cycle sexuel, les femelles sont réceptives pendant une fenêtre de temps réduite, et celle-ci correspond au moment ou l’accouplement sera fécond, mais pas toujours avec exactitude: elle peut commencer un peu après, par exemple.

Les mâles essaient rarement de s’accoupler avec une femelle non réceptive. Celles-ci les laissent généralement indifférents, tandis que les femelles réceptives émettent toute une variété de signaux (olfactifs, visuels, auditifs, etc) qui les attirent. Chez certaines espèces, un mâle peut tenter de s’accoupler avec une femelle non réceptive, mais il se fait alors éconduire et n’insiste pas.

Ajoutons encore que les femelles ne s’accouplent généralement pas avec n’importe quel mâle mais en choisissent un ou plusieurs, sur la base de certains attributs, de leur comportement de cour, ou encore de l’issue de combats rituels entre mâles(1).

Donc si le consentement existe, le viol existe aussi. Il existe de très rares exceptions à ce que je viens de dire. Chez certaines espèces de canards, par exemple, un mâle peut forcer une femelle a l’accouplement sans avoir effectué la parade d’usage. Cela existe aussi chez certains poissons, si je ne m’abuse. Le viol a été décrit chez les dauphins, il serait pratiqué par des bandes de mâles qui peuvent s’y mettre à plusieurs pour immobiliser une femelle.

Viol et insémination

Donc le viol semble exister chez les non-humains… Si on le définit comme un rapport sexuel forcé. Pour autant, a-t-il les mêmes conséquences psychologiques, les mêmes enjeux? Une cane ou une dauphine violées ressentent-elles la même chose? Et si oui (j’en doute fort) ressentent-elles la même chose qu’une humaine?  Peut-on bien appeler « viol » tout acte sexuel imposé dans le regne animal?

Le mot « viol » est un mot lourd de sens, lourd d’émotions, un mot qui choque. Bien sur, je ne pense pas qu’on doive garder les mots a forte charge émotive pour les humains et utiliser toujours un vocabulaire neutre pour les autres animaux, car ce n’est généralement qu’un moyen tordu de continuer à les exploiter, à les opprimer sans avoir à affronter notre culpabilité(2). Mais employer le terme de viol pour parler de l’insémination artificielle des vaches, ça sous-entend qu’introduire un objet dans le vagin d’une vache sans lui demander son avis, lui fait subir un traumatisme équivalent  à celui que ressentirait une humaine.

Je l’ai dit, une pénétration n’est pas un acte sexuel (et inversement). La signification sybolique de la pénétration chez l’humain ne s’étend probablement pas à l’ensemble du règne animal…

Que ressent une vache « violée »? A priori pas grand chose. Ill faut observer les animaux, les écouter: ils s’expriment. J’ai assisté   à des inséminations artificielles et je n’ai jamais eu l’impression que ce type d’intervention était vécu comme traumatisant pour l’animal. Les vaches gueulent quand on leur scie les cornes, qui sont innervées et sensibles. Elles gueulent quand on les marque au fer (heureusement on le fait de moins en moins). Elles gueulent quand on les sépare de leur petit, qu’elles aiment. Elles gueulent quand on leur fait du mal. Elles gueulent et elles se débattent du mieux qu’elles peuvent. Et quand on leur met des trucs dans le vagin, elles restent de marbre. Pourquoi? Vous vous laisseriez faire, vous?

Il y a deux différences importantes entre une vache et une femme, de ce point de vue. D’abord le vagin des vaches est plus large et moins sensible, ce qui permet géméralement une mise bas rapide et sans douleur, d’un petit beaucoup plus gros (proportionnellement aussi) que le bébé humain. Mais surtout, nous, les humains, gardons nos parties génitales a l’abri de tout contact et même souvent à l’abri des regards. Les vaches se promènent le cul à l’air toute la journée et n’ont pas spécialement l’air de considérer leur vulve comme une partie intime.

Mais d’ailleurs, qu’est-ce que l’intimité? Ne serait-ce pas un concept humain? Les animaux ont-ils une intimité? Dissimulent-ils, réservent-ils a un cercle restreint de proches leur sexualité, leurs sentiments, leurs émotions?

Intimité et conscience de soi

Les animaux se font pas que se ballader les fesses à l’air. Leur ame, aussi, ils la montrent sans complexe a qui veut bien la voir. Seuls quelques rares animaux, dont l’humain, construisent un personnage social, portent un masque. Et donc pourraient posséder une intimité, un personnage en privé différent de leur personne publique.

Qu’est-ce que le viol chez l’être humain, sinon la transgression de l’intimité d’une personne?

Le fait de posséder une intimité suggère l’existence d’une conscience de soi. Il semblerait que les vaches, bien que consciente, n’aient pas de conscience d’elles-mêmes, qu’elles ne portent pas un regard extérieur sur leur propre personne. Si on s’en tient aux connaissances scientifiques actuelles, la conscience de soi est l’apanage de quelques espèces dont les grands singes et les dauphins. Pour ces seules espèces existerait donc le concept d’intimité (ce qui suggèrerait au passage que le viol subi par les femelles dauphins pourrait être vécu comme un traumatisme important, du moins on peut en formuler l’hypothèse).

 

La pénétration par un inséminateur ne semblerait donc pas constituer un viol, du moins pas au sens ou on l’entend généralement chez les humains. Bien sur ça n’empêche pas que le lait soit le produit d’une industrie révoltante. Mais enfin justement je trouve qu’on a suffisamment d’arguments, pas besoin d’en inventer ou de se lancer dans des interprétations hasardeuses. Je n’irai pas jusqu’à affirmer catégoriquement que l’insémination est aussi neutre que toute intervention sur un animal, mais c’est, disons, possible, et en tous cas le terme de viol ne me semble pas approprié…
Il faut avoir conscience d’une chose, c’est que pour ceux qui entendent un discours antispéciste,  tout sensé qu’il soit, il est beaucoup plus facile et confortable de le rejeter sous un pretexte quelconque plutot que d’y adhérer en changeant radicalement sa façon de penser et sa façon de vivre. Et je pense que c’est plus facile d’accuser quelqu’un d’anthropomorphisme quand il parle de viol des vaches. Bien sur ça n’oblige pas les gens à jeter le bébé avec l’eau du bain, mais c’est ce qu’ils peuvent par paresse intellectuelle. C’est en fait ce que j’aurais fait si j’avais entendu cette histoire de viol de vache quand je n’avais pas remis en question le spécisme dans ma façon de penser.
Par contre, parler de viol des vaches ou des truies peut avoir l’avantage d’amener les gens à se poser des questions sur ce que ressentent les animaux utilisés pour produire. Tout dépend en fait  à qui l’on s’adresse.
Donc je n’irai pas jusqu’a dire qu’il ne faut jamais parler de viol,  d’autant plus que, bien que je doute que l’insémination soit vécue par la vache comme une transgression de son intimité comparable a ce que représente le viol chez un humain, toute manipulation sur un animal peut avoir, sur son psychisme qui nous est étranger, des conséquences qui nous échappent,,, On a un peu trop tendance a l’oublier,
(1) Rappelons que la domestication affecte beaucoup, entre autres, le comportement sexuel des animaux. On ne peut donc pas toujours observer ces comportements chez les animaux domestiques.
(2) Ainsi dira-t-on de la mère humaine qu’elle aime son enfant et qu’il lui manque quand il est loin d’elle; alors qu’une vache séparée de son petit éprouve bêtement un « stress du à la séparation ». Le mot amour est interdit. Anthropomorphisme! L’amour est compliqué et donc réservé aux humains… Pourtant, je ne crois pas que compliquer l’amour le rende plus vrai. Pour moi, cela a bien plus de sens de dire que la vache aime son veau, plutot que de dire d’un mangeur de viande qu’il aime les animaux.

 

18 réflexions au sujet de « Le viol des vaches laitières »

  1. Hello l’elfe,

    je voulais juste proposer une nuance à ta théorie selon laquelle les vaches n’auraient pas d’intimité puisque probablement pas de conscience d’elles-mêmes.
    Serait-il possible que tout simplement, les vaches aient une intimité qui soit totalement différente de notre propre concept d’intimité ?
    Je promet que je ne suis pas en train de troller ni de faire de l’angélisme bovin. Mais sérieusement, que sait-on vraiment de ce qui se passe dans la tête des vaches ? (« vache » étant utilisé comme un terme générique pour tous les animaux à qui on ne reconnaît pas de « conscience d’eux-mêmes »)

    Après tout, la société a créé cette idée d’intimité à laquelle, nous humains, tenons tant (je vais pas faire de cours de cathé, mais il me semble bien qu’à l’origine telle que décrite dans le livre le plus vendu au monde, 2 zozos se sont fait virer du paradis terrestre alors qu’ils vivaient une existence parfaite et parfaitement cul-nus, et que c’est censé être l’état « normal » de l’homme, même si tout ça reste très métaphorique, cette histoire est tout de même celle de la façon dont les humains se sont « dénaturés »)
    Toujours est-il qu’il ne me semble pas connaître l’existence d’études ayant prouvé de manière irréfutablement scientifique par A+B et tout le bordel que les vaches n’ont pas de conscience d’elles-mêmes. Tout ce sur quoi l’on peux se baser pour l’instant sont des observations et autres recoupements qui me paraissent trop subjectifs pour pouvoir permettre d’affirmer avec certitude de telles idées. A fortiori donc en ce qui concerne l’intimité qui est une conception particulièrement fluctuante puisque même parmi les individus de notre espèce, il en est certains qui n’hésitent pas étaler la leur et d’autres ou les mêmes qui envahissent sans scrupules celle de parfaits inconnus.
    Ne pourrait-il pas en être de même des vaches ? Le curseur de leur intimité serait simplement placé beaucoup plus bas que le notre et elles se foutraient totalement de passer leur journées à poil parce que leur conception du monde ne tourne pas autour des problèmes de nudité, contrairement à beaucoup de sociétés humaines. Aussi, et là le problème est plus précis, il faudrait distinguer les « vaches » (animaux cultivés, n’existant pas à l’état de société dans la nature) des « dauphins » (animaux subissant bien sur, si ce n’est l’oppression, du moins l’activité de l’homme mais qui ont encore la possibilité, dans un certain contexte, d’évoluer à l’état sauvage). Une « vache » nait, vit et meurt en état permanent de privation émotionnelle, ce qui fait qu’on a probablement jamais eu le loisir ni l’intérêt de l’observer embrasser sa « conscience d’elle-même ». Mais peut-être les vaches ont-elles malgré tout une « vie intérieure » ?

    Disclaimer : je ne suis pas une illuminée, mais juste quelqu’un qui croit ce qu’elle voit et pense que tant que l’on a pas eu la preuve d’une chose ou de son contraire, on ne peut jurer de rien.
    Après, si tu as dans tes références des ouvrages sur le sujet, je serai ravie que tu me les indique…

    • C’est possible, c’est pourquoi j’ai un peu nuance mon propos a la fin de l’article… Mais si les vaches ont leur propre concept d’intimite, il differe probablement du notre, et ca reste de l’anthropomorphisme de considerer que ce qui est un viol de l’intimite pour un humain l’est necessairement pour tout autre animal.

      Ca pose justement un autre probleme: un animal serait bien incapable de comprendre le concept d’intimite d’un etre humain (exemple: quand mon chien essayer de lecher la b*** de mon copain sortant de la douche, je pense qu’il voyait vraiment pas ou etait le probleme pour nous). Mais du coup est-ce que les animaux eux-meme n’ont pas des fonctionnements comme ca qui sont propres a leur espece et qu’on est donc incapables de comprendre, et du coup certaines choses qu’on leur fait leur font beaucoup de mal mais on ne le sait pas? Si on admet que l’intimite est propre a l’homme ou aux grands singes (ce qui reste a demontrer…) alors pourquoi d’autres especes n’auraient elles pas des fonctionnements psychiques qui leur sont propres… 

      Comprendre les animaux ne peut a mon avis pas se faire par l’observation scientifique, ou de facon tres superficielle (et la je sais de quoi je parle ayant bosse en ethologie sur les vaches et les moutons). Cela demande une attention complete, un detachement de soi, et encore on est jamais a l’abri de l’anthropomorphisme, qui reduit les animaux a des etres stupides incapables de parler.

      Que faisons nous quand on ote un veau a sa mere? On ne le sait meme pas vraiment…

    • Pour moi le concept d’intimité chez l’humain est en partie dû au tabou de la nudité (le viol c’est surtout accéder à quelque chose qu’on ne désire pas montrer – on peut « violer » quelqu’un en accédant à sa psyché).

      Scientifiquement il y a le test du miroir qui consiste à mettre un être en face d’un miroir pour voir si il se reconnait et donc conclure qu’il est un individu dans un environnement extérieur (il est notamment utilisé pour attesté de la maturité d’un bébé humain). Mais bon c’est assez anthropomorphique je trouve

  2. Quand j’ai vu le titre du billet dans mon lecteur de flux, je me suis dit « mouais, là chuis pas trop d’accord a priori, mais je vais lire quand même peut-être y a-t-il des arguments bétons qui vont me faire changer d’avis ». Puis en fait on est d’accord. Mais j’ai quand même appris deux trois trucs au passage, cool.

    Au fait, comment as-tu eu l’occasion d’assister à une insémination et aux autres traitements que tu décris ?

    • J’ai fait un master en reproduction (specialise en reproduction des animaux) et ensuite j’ai fait des stages en recherche, le premier sur le comportement des vaches laitieres, le second sur le comportement d’attachement des jeunes animaux (agneaux). 

  3. Encore un article bigrement intéressant. Je n’étais pas trop d’accord avec toi au début, beaucoup plus à la fin de ma lecture.
    Une chose me gêne quand même : comment appellerait-on une insémination artificielle forcée chez une femme ? Par ex imagine une femme qui va chez le gynéco pour un examen, et il en profite pour l’inséminer en douce sans qu’elle le sache. Elle resterait sans doute de marbre (enfin, autant qu’on puisse l’être dans cette position), et peut-être même que qq mois plus tard elle ne comprendrait pas du tout le lien de cause à effet quand elle se découvrirait enceinte. Peut-être même qu’elle serait ravie d’être enceinte, va savoir. N’empêche que ça pose un sacré problème éthique.
    Comment appellerait-on ça ?

    Parce que pour moi, le problème n’est pas tant l’insertion d’un truc dans le vagin de la vache sur le moment, pour moi le pb est de lui faire avoir un bébé sans qu’elle n’y puisse rien (surtout pour le lui enlever ensuite). Le pb est l’utilisation forcée de son corps comme mère porteuse, finalement.
    Une vache, dans notre société, c’est un utérus avec des mammelles. :/

    Sinon, il me semble avoir lu quelque part que chez les chevaux il y avait des viols quand un nouvel étalon prenait la tête de la harde. Il viole les juments pour les faire avorter, afin de ne pas laisser naître la descendance de l’étalon précédent. Mais je ne me souviens plus où j’ai lu ça, et je ne sais pas si c’est vrai, parce que quand tu tapes « viol étalon harde jument » sur un moteur de recherche, comment dire, y a pas beaucoup de cheval dans ce que tu trouves, ou alors c’est de la zoophilie. :S

    • Pour les chevaux je suis pas specialiste mais ca me parait tres douteux qu’un etalon puisse s’accoupler avec une jument non receptive car j’ai du mal a imaginer comment il s’y prendrait pour l’immobiliser tout simplement… (les canards et les dauphins s’y mettent a plusieurs)

      Sinon pour l’exemple que tu exposes je ne parlerai pas de viol, bien sur c’est un abus mais dire que c’est un viol, je ne pense pas que ce soit la meme chose. Ca me fait penser a ces gens au debut du 20eme siecle aux etats unis qui ont ete sterilises sans leur dire sous pretexte d’une operation quelconque (des gens dont le QI etait juge trop bas notamment). 

  4. Bonjour,

    Je me dois de réagir là-dessus : « un viol parce que ce n’est pas un rapport sexuel.  » c’est faux, pour la loi un viol équivaut à toute forme de pénétration, avec objets, doigts ou sexe

    • Pour la loi peut-etre, mais ce n’est pas la loi qui definit l’intimite des personnes. si quelqu’un te tripote les parties intimes sans ton avis, tu le vivras comme une forme de viol, pourtant ce n’en est pas un aux yeux de la loi. De plus un viol se definit comme une agression sexuelle mais ce n’est pas l’intention (sexuelle ou non) de l’agresseur qui importe, mais plutot le ressenti de la victime. Les humains ressentent difficilement une penetration comme autre chose que sexuel, mais ce n’est pas forcement le cas de tous les animaux. C’est la perception de son sexe qui est differente. Comme je l’ai dit sur facebook, on ne peut pas vraiment savoir ce que ressentent les vaches, avec certitude je veux dire. Mais je n’ai pas l’impression qu’elles considerent leur vagin comme quelque chose d’intime. L’humain partage l’essentiel avec les autres animaux, mais il a certaines particularites, comme se cacher pour faire l’amour (et ce meme chez les peuples qui vivent nus). Mais bien sur ca ne veut pas dire que les autres animaux n’ont pas eux aussi des particularites qu’on ignore…

       

      Aussi cette conception de la loi est unpeu sexiste je trouve car elle considere que s’il n’y a pas penetration il n’y a pas viol, en d’autres termes un acte sexuel doit necessairement comporter une penetration… Certains diront que je vais loin mais je trouve que c’est une conception du sexe un peu partiarcale.

  5. La loi française dit « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. ».

    Je ne suis pas d’accord avec la loi (pour moi tout rapport sexuel forcé est un viol), mais il faut quand même que la pénétration soit « sexuelle ». Pour une exemple de pénétration forcée sans viol : http://maitremo.fr/2011/01/07/noel/ (attention, c’est très très très dur à lire).

    Sinon je suis d’accord avec lelfe sur toute la ligne :)

  6. j’en reste sans voix quelle horreur…

    A propos de l’article, je vais essayer d’apporter quelques éléments de ma propre réflexion, meme si je suis loin d’égaler ta prose chere amie bloggeuse.

    Quand je me trouve confrontée à l’un des innombrables « dilemmes » que m’offre ma reflexion sur l’egalité Homme-Animal (du genre est on speciste si on manque de compassion pour les asticots?)

    confrontée à un de ces dillemmes donc, j’applique le principe antispéciste, comme dans les autres cas plus évidents (viande, fourrure, cirques……). Je prefere attribuer aux animaux des sentiments « humains » qu’ils n’ont peut etre pas forcément (on est pas pret de le savoir vu comment on les traite), et les considérer avec un peu trop de respect, plutot que de risquer de ne pas les considérer assez (ce qui bien souvent leur inflige un préjudice, on ne manque pas d’horribles exemples) .

    Evidemment je n’irai pas jusqu’a laisser un animal me causer un préjudice, un chien me mordre, ou la gale me ronger, ou je ne sais pas quoi, bien sur que non. Ce n’est pas la question. J’ai bien dit « quand je le peux » j’évite de leur faire du mal. Si je dois me défendre c’est différent (c’est drole comme cet argument revient souvent de la part des personnes spécistes… ils oublient que dans 99% des cas c’est l’homme qui cause préjudice à l’animal et pas le contraire…)

    Revenons à nos Vaches. Les vaches n’ont peut etre pas la notion de « viol » tel qu’on l’entend (on en sait rien) mais dans le doute je pense qu’on doit s’abtenir de leur introduire des objets dans le vagin quand cela n’est pas nécessaire (a supposer que cela puisse etre nécessaire pour d’autres autres animaux en voie d’extinction par exemple, (mais dans un monde vegan il n’y aurait plus d’animaux en voie d’extinction, bref je m’égare….)

    Je suis d’accord pour dire que l’argument du « viol » ne fera que discréditer la cause animale dans ce monde spéciste. C’est une reflexion qui va bien trop loin pour des gens qui peinent déjà à accepter l’idée que des animaux non humains puissent ressentir de la souffrance ou des émotions . Dans un monde végan personne ne se pencherait sur le bien fondé d’introduire un tube dans le vagin d’une vache, ce serait tout simplement hors de propos puisqu’elles feraient tranquillement leur vie dans les prés jusqu’a leur disparition définitive (l’homme les ayant rendues inaptes à la vie sauvage au fil des siecles) .

    En fait, suis je spéciste si je n’ai pas specialement de compassion pour les asticots? Cette question ne m’asticote (héhéhéhé) pas spécialement. Du moment que je suis assez raisonnable pour surmonter ma répugnance et que j’évite de les écraser quand je peux le faire…. Tant que je les laisse vivre en paix au meme titre que les autres animaux, est ce vraiment important? Les asticots s’en foutent qu’on les respecte ou pas. Du moment qu’on leur fiche la paix et qu’on ne leur marche pas dessus.
    Pour reprendre une idée d’un autre de tes brillants articles, le fait de les porter dans mon coeur ou pas (ici c’est « ou pas ») ne m’autorise pas à leur nuire volontairement. La raison pour laquelle ils me répugnent ne regarde que moi et je suis assez raisonnable pour savoir que cette raison ne m’autorise pas à leur nuire. Dit comme ca cela peut paraitre un peu répétitif mais on me pardonnera , je n’ai pas l’habitude de mettre des mots sur toutes ces reflexions.

    Amicalement.

    • Je suis assez d’accord avec le fait d’accorder aux animaux le bénéfice du doute (C’est d’ailleurs pourquoi je ne tue pas d’insectes alors que je ne suis pas sure qu’ils souffrent, et pourquoi je ne mange pas de  moules ou d’huîtres, et je pense que pour la plupart des vegans et végétariens c’est pareil).

      Je suis assez d’accord aussi pour les animaux pour lesquels nous n’avons pas spécialement de sympathie

  7. Bonjour,

    En général je suis plutôt d’accord avec tes articles, mais connaissant bien tout ce qui touche au féminisme (harcèlement de rue, viol, etc) je dois avouer que je suis un peu choquée.

    Il y a plusieurs phrases où tu t’es un peu contredite :
    « ce qui me dérange vraiment c’est tout simplement que ce n’est pas un viol parce que ce n’est pas un rapport sexuel. C’est une pénétration du vagin par un objet »

    Et non le viol c’est tout simplement forcer à faire quelque chose à la personne/l’être concerné qui ne le souhaite pas !
    Que ce soit un objet ou autre, personne n’a le droit de s’approprier un corps et d’y mettre quoique ce soit ou de faire quoique ce soit avec.
    Justement il y a des viols commis sur les humains avec pénétrations d’objets ou sans pénétration, mais ça reste un viol si la personne n’est pas consentante.

    Or les éleveurs se permettent de disposer des vaches et autres animaux comme ils le souhaitent, ils ne leur demande pas leur avis ou ne cherchent pas à savoir ce que ça provoque chez elles.

    La comparaison avec le frottis me paraît hasardeuse car bien sûr c’est pour la santé de la femme c’est autre chose.
    Mais il ne faut pas oublier (comme tu dis que les vaches ne réagissent pas quand elles sont inséminées), que des victimes de viol ou maltraitance même, ne savent pas forcément qu’elles sont des victimes. Des victimes ne disent rien ou se laissent faire car elles ne savent pas que c’est mal ce qui leur arrive, en général elles pensent que c’est « normal, ça doit arriver à tout le monde » c’est ce qu’on entend souvent dans leurs témoignages.

    Je ne suis pas non plus d’accord quand tu dis que toutes les vaches (ou autres animaux) réagissent à chaque fois qu’ils ont mal ou qu’ils n’aiment pas quelque chose.
    Il y a des animaux qui se font maltraiter sans rien dire, sans réagir, car justement ils pensent que leur maître ou l’humain a le droit de leur infliger ça.

    Je n’essaye pas de faire de l’anthropomorphisme car je sais bien que pour l’accouplement chez les animaux la limite entre viol et consentement est mince mais c’est comme ça que ça se passe entre eux, un peu comme la chaîne alimentaire, on ne va pas empêcher les carnivores de chasser les herbivores.

    Enfin bref, pour résumer le viol c’est surtout le fait que l’humain s’octroie le droit de disposer du corps d’autrui. La vache ne sait même pas qu’elle est victime, ni de cet enfantement artificiel et non voulu à répétition, ni du fait qu’elle est exploitée.
    Et ce n’est pas du côté de la victime qu’il faut regarder mais du côté de l’agresseur. C’est lui qui commet le viol, peu importe que la vache soit consciente ou non de ce qui lui arrive, c’est l’agresseur qui ne doit pas commettre son acte car il ne sait pas ce que pense vraiment sa victime justement.

    • Coucou
      Cet article est un peu vieux, je ne sais pas si je serais toujours d’accord avec le moi de septembre 2011.

  8. Bonjour,
    Je souhaite réagir à ce que tu dis au début de ton article : « Et ce même si le but de l’opération n’était pas sexuel, ce serait toujours vécu comme un viol (ne me demandez pas ce que serait le but de l’opération je n’en ai aucune idée; je n’ai pas assez d’imagination. »
    Il s’avère que de nombreux étudiants en médecine, en France, seraient formés aux examens gynéco en s’entraînant sur des patientes anesthésiées pour une toute autre intervention. D’après certains, c’est une pratique récurrente. Je crois que Martin Winckler a abordé ce sujet sur Twitter. Voilà un triste exemple de ce que tu ne pouvais imaginer.

    • J’en ai entendu parler et je pense que c’est une forme de viol, d’ailleurs ça rentre dans la définition du viol dans la loi française

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