Injonctions, poil au…

En écrivant « je le fais pour moi-même » je me doutais qu’il y aurait polémique. Sans revenir sur les accusations de misogynie (parce qu’il n’y a strictement rien de misogyne dans ce que j’ai écrit, bien que je m’attendais à ce que ça puisse être interprété de travers), plusieurs choses ont été dites qui m’ont un peu surprise. Par exemple, que l’article affirmait que toutes les raisons qu’ont les femmes de se préoccuper de leur apparence sont des injonctions patriarcales; ou encore que j’étais contre le fait de porter des jupes ou des soutien-gorges.

Mannequins sans visageDit comme ça, ça peut faire sourire. Pourtant, c’est un peu problématique parce que je trouve que ce que je dénonçais était assez évident et pourtant ça n’a pas été compris. Donc je vais revenir sur le véritable thème de l’article, c’est-à-dire les injonctions sociales à tel ou tel type d’apparence pour les femmes, et l’obéissance qui en découle. Et puisque c’est un gros sujet d’incompréhension, et qu’il peine à être reconnu comme une injonction sociale (comparativement à la maigreur par exemple) je vais prendre l’exemple de l’épilation.

Je savais, en écrivant l’article, que des gens viendraient dire « oui bon je m’épile mais c’est parce que MOI, je n’aime pas les poils« . Ce qui me fait un peu sourire, j’avoue. Mais face à mon scepticisme, il arrive que les gens soient un peu heurtés, un peu sur la défensive, et estiment que c’est moi qui ne comprends pas. Beaucoup de femmes s’épilent sans se sentir opprimées par l’injonction à l’épilation et donc en concluent que ça n’a rien d’une injonction et que c’est un choix. C’est là-dessus que je vais revenir.

Le fait est que quand une femme qui ne montre jamais le moindre poil dit qu’elle fait cela « pour elle » et pas pour les autres, on peut dire qu’elle a en partie raison. Elle peut se sentir libre et ne ressentir aucune pression sociale. Elle s’épile parce que les poils qui poussent sur son corps lui déplaisent et personne ne lui a jamais ordonné le faire. Mais, elle a beau trouver des poils « moches » (ou sales, mais c’est moins souvent avoué ouvertement), on sait très bien que ce dégoût est socialement construit.

Mais, m’a-t-on dit plusieurs fois, tous nos goûts sont socialement construits, non? En effet, peu de gens oseraient nier que nos goûts se construisent en fonction de ce que nous voyons, vivons, ressentons. Alors pourquoi ne pas considérer que ne pas aimer les poils est un goût comme un autre?

Un goût a beau être construit, il n’en reste pas moins individuel, attaché à une histoire personnelle. Il dit aussi quelque chose sur soi. Le fait d’aimer telle couleur, ou de ne pas aimer tel légume, ne sont pas des goûts universellement partagés. Il n’en est pas de même pour notre rapport aux poils. Ce dégoût n’est pas personnel, il est social.

Apprendre le dégoût des poils

Comment se construit notre rapport aux poils? La petite fille (comme le petit garçon) ne dispose d’aucune référence en matière de pilosité féminine. La plupart des adultes n’ont vu des femmes arborer une pilosité naturelle au niveau des aisselles, par exemple, que 2 ou 3 fois dans leur vie, quand ce n’est pas zéro. Pour combien d’aisselles glabres? Des centaines, des milliers? Peut-être plus. Beaucoup d’enfants ignorent carrément que les femmes ont des poils qui poussent naturellement à cet endroit. Or, les préférences sexuelles et en matière d’image de soi se construisent en grande partie au cours de l’enfance. Le petit garçon qui grandit dans un monde où toutes les femmes ont les aisselles glabres et où les hommes ont des aisselles le plus souvent poilues apprend vite à associer les aisselles glabres à la féminité. Ainsi l’autre jour, quelqu’un m’a dit qu’il n’aimait pas les aisselles poilues parce qu’il était attiré par la féminité, or sur le plan biologique il n’y a rien de féminin à avoir des aisselles glabres… On se souviendra aussi de l’anecdote du rabbin qui estimait que les hommes ne devaient pas se raser les aisselles et le pubis car Dieu interdit d’essayer de ressembler à une femme. Ironiquement, ce sont spécifiquement les endroits où les femmes ont des poils (avec les cheveux et les sourcils); le dimorphisme sexuel en matière de pilosité, quand il existe, porte sur d’autres zones du corps: fesses, dos, poitrine…

La « féminité glabre » est donc une construction sociale, culturelle, qui ne correspond pas vraiment à une quelconque réalité biologique. C’est pourtant la féminité la plus couramment acceptée comme telle: les femmes sont supposées être glabres. Et c’est le plus naturellement du monde que la petite fille, dès la première apparition de ses poils, ne songe qu’à s’en débarrasser. Personne n’a envie d’être un monstre…

Je me souviens que quand j’avais 12 ou 13 ans j’ai assez vite demandé à ma mère de m’acheter des produits dépilatoires. Aucune fille de mon âge n’avait de poils sur les jambes ni aux aisselles, soit qu’ils ne soient pas encore apparus, soit qu’elles s’en soient déjà débarrassé. (Quand au pubis, je me souviens m’être longuement demandé si c’était normal d’avoir des poils là, ou du moins de les garder; je n’ai commencé à m’en débarrasser qu’une fois adulte, mais c’était un problème pour moi). Il n’est pas rare non plus que ce soient les mères qui amènent leur fille chez l’esthéticienne dès la puberté.

Dans ce contexte, on ne peut pas vraiment aimer la pilosité féminine parce qu’une femme avec des poils ce n’est pas une femme, et parce que la réaction universellement partagée dans notre société face à une femme qui a des poils, c’est de les lui enlever. Le glabre n’est pas une préférence personnelle, mais une norme sociale.

Les normes et le système de punition/récompense

Ce que la fille qui s’est toujours soigneusement épilée « par choix personnel » ignore (ou feint d’ignorer) ce n’est pas seulement qu’elle n’aime pas les poils parce qu’ils sont contraires à la construction culturelle de la féminité. C’est aussi qu’il existe un système de punition/récompense autour des poils, comme autour de toute norme sociale.

Normal qu’elle l’ignore, dans une certaine mesure. Avoir soi-même intégré la norme du glabre, ça évite de se demander ce qui se passerait si on décidait de garder ses poils. Beaucoup de femmes ne se sont simplement jamais posé la question, puisque de toutes façons pour elles le poil est une anomalie dont il faut se débarrasser. Dans « souffrir pour être belle« , on peut lire des citations comme celle-ci:
« je me demande si toutes les femmes sont poilues? ce qui veut dire que toutes les femmes doivent s’épiler ???« … et d’autres, Qui montrent bien que l’idée de garder ses poils n’a jamais été simplement envisagée. Ce n’est même pas imaginable.

Il existe pourtant des femmes qui ne s’épilent pas. Elles sont peu nombreuses et subissent une telle stigmatisation que beaucoup renoncent à la plage, à la piscine, aux vêtements sans manches et parfois aux jupes.

Or, si les femmes qui n’ont jamais envisagé, même une fraction de seconde, de garder leurs poils ignorent l’existence d’un système de punition/récompense garant de cette norme, elles n’y sont pas totalement étrangères non plus. Voilà comment fonctionne une norme sociale: l’individu intègre la norme (ici: femme = glabre), et l’applique à lui-même, sans avoir besoin de le justifier ou de le remettre en question. Il l’applique, point. Et pour les quelques-uns qui n’auraient pas correctement intégré cette norme, la société se charge de les punir, par l’intermédiaire de ceux qui eux l’ont intégrée. Pour ce qui est des poils, cela peut assez loin: rejet, insultes, et même jusqu’aux menaces dans certains cas(1).

On peut voir que ce système s’applique dans le cas de plusieurs injonctions sociales, le poil n’est qu’un exemple. On pourrait citer aussi l’inhibition de la sexualité féminine, qui fonctionne de la même façon (et qui a sans doute à voir avec le glabre, mais j’y reviendrai). Les femmes évitent généralement de se montrer trop ouvertement sexuelles, d’exprimer leurs désirs comme pourrait le faire un homme, de draguer activement, de coucher avec de nombreux partenaires. Mais il arrive bien sur que certaines transgressent l’un ou l’autre de ces interdits. La punition peut être très grave. Le rejet social attend bien sur toute femme estampillée comme « salope » (qu’il existe une insulte rien que pour ça montre combien c’est une injonction puissante). Mais cela peut aller jusqu’au viol. Dans beaucoup de procès pour viol, la défense s’acharne à essayer de prouver que la victime est une « salope », une femme qui apprécie ouvertement le sexe et transgresse l’injonction à la chasteté et à la réserve féminines. Cette stratégie est souvent répétée et semble fonctionner: la femme violée doit prouver qu’elle respecte les interdits sociaux liés à son sexe si elle espère être reconnue comme une authentique victime. Une actrice porno, Raphaëla Anderson, s’est même vue dire par le juge « c’est normal de se faire violer quand on fait du porno »(2).

Comme pour le glabre, la norme est intégrée en matière de chasteté féminine et beaucoup de femmes vous expliqueront tout à fait sincèrement qu’elles n’aiment pas coucher avec beaucoup d’hommes, qu’elles sont très sélectives, qu’elles n’ont pas envie de coucher pour coucher, qu’elles préfèrent « trouver le bon » plutôt que de s’amuser.

Je me fiche qu’une femme n’aime pas coucher avec beaucoup d’hommes (de telles femmes existeraient de toutes façons en l’absence de toute injonction dans ce sens). Le problème c’est que ce sont généralement les personnes qui ont le mieux intégré la norme sociale qui se chargeront de punir celles qui ne l’ont pas intégrée. Cela peut être par un simple regard, un sourire condescendant, une moue dégoûtée, le mépris, les leçons de morale, voire des insultes, des menaces, le rejet… Les femmes qui disent avec sincérité qu’elles détestent les poils ou qu’elles n’aiment pas les aventures, ont si bien intégré ce qu’elles devaient être et faire que pas mal d’entre elles appliqueront ces mêmes normes aux autres si besoin. Ainsi, je vois très souvent des regards féminins sévères ou désapprobateurs lorsqu’une jeune femme a décidé de porter une jupe très courte. Plus dramatiquement, j’ai déjà entendu une femme dire d’une victime de viol qu’elle l’avait bien cherché.

Je pourrais également parler de récompenses par rapport à ces injonctions. L’acceptation sociale, les compliments, l’admiration sont autant d’expressions de l’approbation face au respect des normes. Une femme en talons sera regardée, admirée et complimentée (et parfois harcelée, ce qui nous ramène au problème des injonctions contradictoire que j’ai brièvement évoqué avec l’histoire de la « jupe qui doit être ni trop longue ni trop courte »; mais ce serait trop long de développer ici).

Certaines personnes prétendront (comme cela a déjà été fait) n’être pas sensibles à ces formes de rejet ou d’acceptation sociale. Encore une fois, je me gausse. Peut-être veulent-elles dirent qu’elles le sont un peu moins que la voisine, ou que celle que je caricaturais dans « je le fais pour moi » (mais est-ce forcément si caricatural d’ailleurs, je ne sais pas). Des gens qui se ficheraient complètement d’être acceptés ou rejetés par leur entourage, je n’en ai jamais rencontré aucun. Même le punk à chien le plus anarchiste est un être social (tiens d’ailleurs sinon il n’aurait pas de chien… Mais le chien ne le juge pas, lui). Le plus ironique est que les gens qui se prétendent totalement indifférents à toute acceptation ou rejet social viennent se justifier de faire ce qu’ils font auprès de moi parce qu’ils ont été heurtés et se sont sentis jugés par ce que j’ai écrit au sujet de l’obéissance aux injonctions. Qu’est-ce que mon pauvre petit avis face à la société entière? Presque rien. Même pas un cheveu dans la soupe. Et pourtant…

Les injonctions et l’organisation de la société

Revenons à la construction des normes. La petite fille grandit dans un monde où les femmes sont glabres. Il est possible que les rares apparitions de poils qu’elle verra dans sa vie seront sanctionnées par des commentaires désobligeants ou des attitudes négatives.

Mais la compréhension de l’intégration de la norme chez l’individu serait incomplète si on ne se penchait pas sur la signification de cette norme. Autrement dit nous devons essayer de comprendre aussi ce que représente et signifie le poil pour comprendre du même coup pourquoi il est rejeté et comment ce rejet est adopté presque universellement par les individus. Je ne voudrais pas me risquer trop loin dans les interprétations, mais il est intéressant de constater que les poils incriminés sont justement ceux qui apparaissent à la puberté. Je vous renvoie au site de Pierre pour une analyse plus profonde et documentée historiquement sur les raisons des normes glabres. Sans trop se risquer à des interprétations tirées par les cheveux (haha), et sans avoir besoin d’une solide argumentation, on peut dire que les poils sont associés à l’animalité et à l’aspect animal, sauvage, de la sexualité (« ça fait sale », etc).

Là ou je veux en venir, c’est que la jeune fille veut être belle comme toutes les belles jeunes filles qu’elle a vues dans sa vie et que ces modèles n’avaient pas de poils. Mais elle n’a pas seulement intégré en voyant ces modèles que le poil n’est pas féminin, pas beau ou pas normal. Elle a aussi intégré des normes et des valeurs plus complexes dont l’injonction au glabre est un des résultats. Non seulement elle rejette le poil parce qu’on lui a appris que c’était moche, mais elle rejette aussi, à un niveau plus subtil, tout ce qui est culturellement associé au poil: saleté, animalité, sexe. On pourrait en dire autant des garçons pour ce qui est de la construction de leurs préférences sexuelles: le jeune garçon n’a jamais vu que des femmes sexy qui n’avaient pas de poils, et il recherche donc ce qu’il connait, jugeant les poils anormaux et donc « effrayants » (la jeune fille a d’ailleurs une approche différente dans la mesure où au moins elle doit bien se rendre compte que le poil pousse et qu’il faut l’enlever, alors que les garçons peuvent trouver cela totalement anormal). Le jeune garçon recherche une fille glabre non seulement parce que son désir et ses préférences sexuelles se développent dans un monde de filles glabres, mais également parce qu’il recherche tout ce qui est culturellement associé au glabre: innocence, fraîcheur, jeunesse, passivité, et rejette ce qui est associé au poil: saleté, animalité, sexualité active, virilité.

Encore une fois, on peut élargir la thématique du poil à l’ensemble des normes de beauté féminine. Maquillage, talons, jupes, lingerie, dentelles, tout ce qui est associé à la femme et aux valeurs féminines. Quand quelqu’un dit « j’aime les talons car je trouve que cela fait féminin », cela a aussi peu de sens que de dire « j’aime pas les poils ». Tout le monde a bien appris que les poils c’est moche et que les talons c’est féminin.

Les injonctions à la féminité: Souffrance contre souffrance

Le problème est d’enfermer la féminité dans ces normes: talons, glabre, maquillage, décolleté etc. Car les injonctions à la beauté féminine concernent toutes les femmes: non seulement la société leur apprend ce qui est féminin et ce qui ne l’est pas, mais elle leur apprend aussi qu’il faut qu’elles soient féminines ou alors elles ne seront rien. Et le système de punition/récompense intervient là aussi pour rappeler à l’ordre celles qui auraient décidé de ne pas être féminines. Nul part je n’ai dit que toute intervention qu’une femme effectue sur son apparence est le fruit du patriarcat; en revanche je dirais que se soumettre à différentes normes rigides et parfois contradictoires sur ce que les femmes doivent être et la façon dont elles doivent paraître, c’est faire le jeu du patriarcat.

L’article « Je le fais pour moi-même » évoquait deux types de souffrances. La première, qui est souvent niée, est celle qui concerne l’application de ces normes de beauté: c’est un ensemble de souffrances physiques et de diverses contraintes et sacrifices (temps, argent, énergie). C’est l’épilation à la cire (ouille), c’est les douleurs aux pieds quand on porte des talons, c’est ne pas pouvoir courir ou se déplacer aisément parce qu’on porte une tenue pas adaptée, c’est ne pas aller se baigner parce qu’on a oublié de s’épiler, c’est se priver de nourriture qu’on aime, c’est passer son après-midi au centre commercial à faire du shopping, c’est perdre du temps pour se préparer longuement avant de sortir…

Le second type de souffrance est celui qui attend celle qui ne se plierait pas à ses injonctions. C’est la « punition »: être « moche », que ce soit dans son propre regard (ayant intégré les normes sociales) ou dans celui des autres. Mais en fait, les injonctions à la féminité sont si dures que ce type de souffrance touche aussi bien celles qui s’y plient que les autres. La souffrance endurée ne dépend pas seulement de la soumission aux injonctions, mais aussi de combien la personne adhère à ces injonctions, et d’autres caractéristiques individuelles (une femme qui a tendance à grossir souffrira à cause de son poids, par exemple). Les femmes souffrent même quand elles obéissent aux normes de la féminité parce qu’elles ne peuvent pas totalement se plier à des injonctions qui sont totalement surhumaines et qui de surcroît sont contradictoires. Le modèle de beauté aujourd’hui n’est simplement pas atteignable puisque même les mannequins ne ressemblent pas aux représentation qui sont faites d’elles dans les publicités et les magazines (les photos étant largement modifiées). Par exemple personne ne peut être aussi maigre qu’il le faudrait pour être jugée assez mince, sans arborer des côtes apparentes jugées disgracieuses. Même les jeunes filles ressemblant le plus aux canons de la beauté se trouvent de nombreux défauts physiques, sans parler du fait que de toutes façons ça ne dure pas très longtemps, la date de péremption de lafâme se situant entre 25 et 30 ans. Après, tu es une vieille bique.

« Tu dis ne pas souffrir quand la cire ou la pince arrachent tes poils, quand les talons déforment tes pieds et ton dos, quand la soupe aux choux affame ton ventre (…). La souffrance à laquelle ton cœur se serre encore, c’est d’être la banale, l’invisible, ou pire la laide, la mocheté », disais-je. Des deux types de souffrance évoquée, la première est niée, seule la deuxième compte. Pourquoi cela?

D’une part, parce que les femmes s’y habituent. On s’habitue à porter des talons et à subir l’épilation et ça ne parait plus si terrible que cela au bout d’un moment. Mais c’est surtout parce que se confronter à ces souffrances-là évite celles de la deuxième catégorie. Autrement dit, ça fait peut-être mal de s’épiler, mais pour beaucoup, ça ne fera jamais aussi mal que de se montrer avec des poils. La punition est dure. Et sans oublier la récompense: les femmes affrontent les souffrances de la « beauté » pas seulement pour éviter la punition d’être « moches » mais aussi parce qu’elles se voient récompensées par le fait d’être « belles », d’être acceptées socialement et de correspondre à leur image de la féminité. Quand une femme me dit qu’elle s’épile par choix, c’est peut-être vrai, mais elle a le choix en fait entre deux types de souffrances, et elle choisit celle qui la meurtrira le moins: l’arrachage des poils. De même, porter des chaussures à talon, ça fait mal aux pieds, mais porter des baskets, ça fait mal aussi. Ce n’est pas la même douleur.

Pour ma part je reconnais ces deux types de souffrance comme authentiques. Je sais que des femmes en souffrent. Je pense néanmoins que la première est beaucoup plus vicieuse, parce qu’elle est censée éviter la seconde, mais ça ne fonctionne pas. Plus on se plie, moins on croit souffrir, et pourtant la souffrance sera toujours là, celle de ne pas être à la hauteur. Alors qu’affronter la deuxième (en refusant la première) demande simplement de déconstruire, de réfléchir et de revoir notre rapport au monde. Et au final nous y gagnons parce que nous cessons de perpétuer des normes qui nous oppriment.

Soigner son apparence…

Il est donc absurde de dire qu’on fait tout cela « pour soi-même », même si c’est vrai dans la mesure où l’on a intégré les normes sociales de beauté et que donc on essaie d’y correspondre pour se plaire à son propre regard (normé). Tout ce qu’on fait pour soigner son apparence, on le fait pour les autres, on le fait parce qu’on est un être social, parce qu’on a besoin d’être reconnu, accepté par ses pairs. Comme je le disais dans les commentaires, se passer un coup de brosse, vérifier qu’on n’a rien de coincé entre les dents ou encore assortir ses vêtements, on le fait pour les autres, mais on n’a pas trop de difficulté à l’admettre. Parce que ce ne sont pas de gros sacrifices. Les femmes qui s’efforcent de correspondre aux normes de la féminité font de gros sacrifices et vont souvent jusqu’à la souffrance physique; elles affirment donc bien à tout le monde que c’est pour elles qu’elles le font, et pour elles seules. Je ne nie pas qu’elles aient intégré les normes sociales et qu’elles ne se plaisent que dans cette image de femme désirable. Mais, même si ce n’est pas spécifiquement en pensant aux hommes (ou même à un homme) qu’elles le font, cette image de femme désirable correspond à un regard masculin. C’est une image socialement construite dans une société dominée par les hommes. Si les femmes doivent être glabres, pures, innocentes, chastes et vierges, c’est parce que nous vivons dans une société patriarcale.

Que conclure de tout ceci? Que s’épiler, porter des talons, se maquiller, maigrir, etc… Non seulement c’est pour les autres qu’on le fait (puisque cela concerne son apparence), même si l’on ne ressent pas de pression dans ce sens, puisqu’ayant intégré la norme et nul besoin de coups de pieds au cul pour l’appliquer; ce sera plutôt nous qui nous retrouvons à botter des culs désobéissants. Mais surtout que l’obéissance à ces injonctions ne fait pas que modifier notre apparence, car ces injonctions ont un sens au regard de l’organisation sociale (la femme doit être jolie, glabre, fragile, etc). En obéissant, nous perpétuons un système d’organisation sociale.

(1) Voir ici par exemple: menacée de mort à cause de ses poils
(2) Les mythes sur le viol, blog sexisme et sciences humaines

181 réflexions au sujet de « Injonctions, poil au… »

  1. Oui, enfin en même temps vu comme tu es hyper bien gaulée, mince, bronzée, avec un beau parcours, c’est un peu facile de  » sourire », ou de faire ce genre de remarque, non? Peut-être faudrait-il changer ton point de vue et vivre dans la peau d’une obèse looseuse ratée, qui ferait tout pour accrocher le regard d’un homme. Et tu verras que le désir de plaire ne vient pas forcément de la société.

    • C’est marrant de m’accuser implicitement d’exercer l’oppression que je dénonce.

      D’ailleurs si j’étais grosse je me prendrais des « tu dis ça parce que t’es grosse ».

      • Mais pour plaire à un homme (ou une femme), il s’agit d’un contact social. Donc à moins d’un changement radical des « habitudes » de toutes les femmes, en avoir conscience ne changera rien, si ce n’est d’être encore plus attristée de savoir que ce qu’on fait n’est pas pour nous, mais pour les autres.
        Et il se trouve pas mal d’hommes ouverts d’esprit (si, si) mais pas au point de travailler sur leur construction pendant la petite enfance pour élargir leur choix de partenaires de vie ou d’une nuit.
        Je suis complètement d’accord avec ce qui avait été dit, entendons-nous bien. Mais l’homme (et la femme) est un animal social, qui vit en groupe. Je ne vois pas de solution, si ce n’est un changement très progressif des mentalités, grâce aux parents qui tenteront de diminuer la vision négative des hors-normes. Enfant, j’étais rousse, assez dodue, avec des lunettes et la première de la classe. Je crois que ma vision du traitement des hors-normes est assez nette.
        Encore faut-il que ces gens aient conscience du problème. Parce que, si je suis dans la norme et que je m’applique consciencieusement à l’appliquer, je n’ai pas le temps ou l’envie de m’infuser un long article de blog ou un bouquin de psycho (en plus, ça ne sera jamais publié dans ma bible, le magasine féminin qui entretient ma vision négative de moi-même).
        Donc le constat c’est bien, mais que faire ?

        • « Et il se trouve pas mal d’hommes ouverts d’esprit (si, si) mais pas au point de travailler sur leur construction pendant la petite enfance pour élargir leur choix de partenaires de vie ou d’une nuit. »
          Tu serais surprise.
          Mais d’ailleurs est-ce si surprenant? Nous sommes capables d’évoluer, pourquoi pas les hommes?
          D’expérience je dirais que ce sont surtout les hommes très jeunes qui sont les plus sensibles aux normes sociales (comme les femmes, en fait). Mais bien sur ce n’est qu’un facteur parmi d’autres. Plus un homme adhère globalement aux normes sociales, plus il aura de probabilités d’adhérer à celle du glabre par exemple (même si là encore on peut avoir des surprises). D’ailleurs certains hommes aiment carrément des poils et ils ont du mal à trouver des partenaires qui en ont.
          Pour ce qui est du désir amoureux (et pas « simplement » sexuel) il va trop loin pour s’arrêter à « avec ou sans poils », je pense.

          • Je dirais aussi qu’il y a une différence entre le côté visuel des poils et le côté euh… tactile.

            Pour reprendre un exemple qui m’est arrivé : Je suis sorti avec une nana qui me plaisait pas mal il y a quelques temps.
            Or, au moment du « n’golo n’golo », horreur, malheur, elle n’était pas épilée. Et pas que des jambes.
            Comme la majorité des mâles de mon âges, je suis globalement « pilophobe » (mais ne ressens pas vraiment le besoin d’appliquer cette phobie à mon propre corps, tiens donc).
            Je plussoie d’ailleurs l’analyse sur les construction des goûts, car après réflexion intense je me suis dit que c’était bien un goût acquis, par le biais de l’image de la femme désirable glabre de partout, sauf des sourcils et des cheveux (et le porno a d’ailleurs bien reflété cet état de fait. Mais je digresse.)

            Bref, horreur, malheur. J’ai été vaguement dégoûté… oh, une demi-seconde à peu près. Et puis je me suis très vite rendu compte que OK, je trouvais ça moche (pour les raisons sus-citées), mais qu’une fois qu’on arrivait aux choses sérieuses, avec les caresses, bah… je n’en avais plus rien à faire. Je ne suis pas pour autant devenu « pilophile », mais j’ai appris du coup que ma pilophobie était d’une part assez fabriquée, et surtout très superficielle, puisqu’elle s’arrêtait à un banal aspect esthétique de la chose.

            Le problème du coup, c’est que j’imagine que si j’avais été au courant de cet était pileux avant… bon, je pense que ça n’aurait rien changé, vu que la charmante demoiselle en question me plaisait par ailleurs. Mais dans un cadre moins sérieux, comme en boîte de nuit, où la sélection si je puis dire se fait sur des critères un peu plus superficiels, ça aurait pu être bloquant.

            P.S : d’ailleurs, je me souviens d’une fois où j’avais organisé une petite soirée romantique pour une fête commerciale vers mi-février, et lui avais dit de venir « toute belle ». Bref, elle est arrivée, habillée et maquillée comme d’habitude, mais avec la lingerie fine… et épilée. Comme quoi, non, on le fait pas forcément pour soi !

          • Il y aurait beaucoup à dire sur le côté tactile. Autrefois je m’épilais et c’est vrai que le contact avec la peau lisse est plaisant juste après l’épilation, mais ça ne dure pas longtemps, ça gratte et ça pique avant qu’on puisse épiler à nouveau. Quant au rasage, c’est l’horreur. Mais au début de ma remise en question de l’épilation, je n’aimais pas le contact des poils. Finalement je trouve ça doux (pour peu qu’ils n’aient pas été rasés récemment). Surtout sous les aisselles, là où j’ai toujours eu la peau irritée et abîmée en permanence depuis mon adolescence, j’ai enfin un contact agréable de ces zones avec des poils qui sont en fait assez doux, comme des cheveux. De plus, ça augmente la sensibilité au toucher, puisqu’on perçoit le moindre contact avec les poils même sans contact avec la peau. Finalement, je trouve ça assez sensuel. Enfin c’est vrai que quand on a l’habitude d’être épilée ou quand on a l’habitude d’avoir des partenaires féminines épilées, ce n’est pas forcément évident tout de suite…

        • Vous considérez que tous les hommes ont le même goût, mais c’est faux. Tous les hommes ne se trouvent pas en discothèque et tous les hommes ne sont pas glabres, il y à d’autres hommes avec d’autres goûts dans d’autres milieux culturels dont certains ne sont pas du tout rebutés par la vision de poils, tout en étant toujours virils, masculins et tout autant beaux que les autres!

        • Delf disait

          Je ne vois pas de solution, si ce n’est un changement très progressif des mentalités, grâce aux parents qui tenteront de diminuer la vision négative des hors-normes

          Les médias pourraient aussi aider, je pense. Je suis né dans les années 60 et comme je l’explique sur mon site, quand j’étais ado (années 70), je voyais en France et en Belgique des femmes ayant des poils aux aisselles et ça ne dérangeait personne, il y avait aussi des femmes rasées (l’épilation était très peu pratiquée). Ce qui a changé depuis cette époque, c’est l’omniprésence de corps féminins très déshabillés dans les médias et ils sont systématiquement glabres. Par médias, j’entends la pub évidemment mais aussi les magazines féminins, le cinéma, les clips, etc.
          Il est virtuellement impossible de voir des poils sur le corps des femmes (hormis ceux sur la tête) dans les médias mainstream. C’est un reliquat de la censure qui a touché les poils des femmes depuis l’Antiquité.
          Or, sans aucun référent extérieur, comment une petite fille pourrait s’identifier à un modèle « pileux » ? Si sa maman s’enlève les poils, il y a des chances qu’elle n’en voie jamais, jusqu’au jour où ils pousseront sur son corps et elle se sentira « anormale ».
          Le problème est aussi financier : garder ses poils, ça ne rapporte rien à l’industrie cosmétique. Contrairement aux poils sur la tête pour lesquels il y a foultitude de produits, il n’y en a aucun pour les poils « sexuels ». Donc, les marchands de rasoir ont tout intérêt à ce qu’on ne montre dans les médias que des femmes glabres. Les slogans qui accompagnent d’ailleurs les pubs sont vicieux « réveillez la déesse qui en vous », « prenez soin de votre corps » (depuis quand s’arracher les poils est une façon de prendre soin de son corps, surtout quand on voit l’état de la peau juste après et les inconvénients liés à leur enlèvement).

      • Tu ne m’as pas comprise: je crois que, en effet, on parle toujours de là où on est mais qu’il faut pouvoir respecter là où les gens (en) sont… Tu me fais penser un peu à cette histoire des mannequins qui devaient passer sur la balance avant de pouvoir défiler, car on les trouvait trop minces… Au lieu de s’en prendre aux créateurs et à leurs dessins, on s’en prenait aux femmes. Et on disait qu’on dénonçait quelque chose. C’est le même procédé ici, ta lettre est adressée à une fille  » qui le fait pour elle-même », c’est-à-dire, celle que tu vois comme une victime. Tu ne t’adresses pas aux journalistes de  » Elle », ni au docteur Dukan, ni aux vendeurs de rasoirs ou de cire. Non, tu t’en prends aux filles, qui d’après toi, se soumettent et souffrent. Oui, je trouve que c’est une forme d’oppression, je trouve que les filles , il faut juste leur foutre un peu la paix.

        Par ailleurs, je ne te trouve pas très poilue des jambes sur cette magnifique photo où tu fais le pont. Je suppose que la petit bracelet que tu as pris soin de mettre pour orner ta cheville, n’a pas été mis pour toi-même…

        • Il ne s’agit pas de « s’en prendre » aux femmes. Il s’agit de tenter de leur faire ouvrir les yeux. Les magasines féminins sont déjà régulièrement critiqués par des féministes (et par d’autres d’ailleurs) ça ne les fait pas changer. Ils n’y ont pas d’intérêt. Les femmes par contre ont un intérêt à se rendre compte de l’oppression qu’elles subissent. Et à mon avis c’est beaucoup plus efficace de s’adresser à elles pour faire bouger les choses.
          Le but, ça n’est pas nécessairement de se flageller en se disant qu’on perpétue le système patriarcal. Prendre conscience des oppressions qu’on subi c’est déjà beaucoup. Ça n’implique pas de changer concrètement quoi que ce soit tant qu’on en est pas prête. On peut parfaitement se rendre compte que nos goûts sont façonnés par la société et continuer malgré tout à obéir à la norme. La moitié du travail est quand même faite. Au moins en étant capable de voir la norme on peut éviter de la perpétuer en se moquant de celles qui la refusent.

          Toi tu semble voir cet article comme une façon de culpabiliser les femmes. Moi je pense, au contraire, qu’il peut les libérer d’un sentiment de culpabilité : « Je ne suis pas parfaite mais c’est parce que le but était inatteignable ». Quand je m’épilait encore il y avait toujours un moment où les poils repoussaient mais je ne pouvait encore rien faire pour les faire disparaître. Ils étaient trop courts ou bien ils poussaient carrément sous la peau, tout en étant visibles. Ça me mettait vraiment mal à l’aise. Mon estime de moi jouait au yo-yo en fonction de l’état de mon épilation. Maintenant que j’ai réussi à, à peu près, accepter mes poils, ça va beaucoup mieux. Mon corps est toujours le même. Il n’y a pas des moments ou j’ai l’impression d’être horrible et d’autres ou je souffle après avoir arraché enfin la monstruosité qui me sort du corps.

          L’elfe dit qu’il existe une norme que l’on a intégré. Elle ne dit pas ou elle en est elle même dans l’acceptation de son propre corps. Elle ne dit pas où elle en était au moment ou cette photo a été prise. Elle ne dit pas qu’elle ne fait jamais rien pour plaire aux autres. Elle dit qu’elle est consciente de ne pas agir entièrement « pour elle même » si elle s’épile ou si elle met des bijoux.

          • J’avoue que ces réactions commencent à me gaver. On subit des injonctions constantes, permanentes pour correspondre à des normes absurdes et inatteignables, on est stigmatisées, insultées, maltraitées, et moi qui me contente juste de faire remarquer ça et de dire « hé ho regardez on vous fout la pression, il faudrait peut-être pas se laisser faire parce qu’on est en train de se gâcher la vie », on m’accuse MOI d’essayer d’exercer une influence ou de donner des injonctions aux femmes! Non mais franchement c’est le monde à l’envers quoi. Je pense que si les femmes sont dérangées par ce que j’écris c’est juste parce qu’elles se pourrissent effectivement la vie. Mais de toutes façons elles font ce qu’elles veulent, ce n’est pas MOI qui vais les insulter, les faire rejeter par leur entourage (ni même les rejeter tout court), les menacer ou leur rendre la vie impossible. Après libre à chacun de m’écouter moi ou de préférer l’autorité intransigeante du magazine Elle (jugé tellement plus libertaire que moi, puisqu’il brosse dans le sens du non-poil).

        • Si tu dis ça c’est sans doute que tu n’as pas lu beaucoup d’articles sur mon blog. Mais il faudrait aussi qu’on arrête de se considérer comme d’éternelles victimes et de dire que c’est toujours la faute des autres et que holala on peut rien faire nous on est personne. Sans nier les pressions sociales (c’est tout le contraire que je fais ici) et le contexte difficile dans lequel évolue chaque femme, c’est aussi aux femmes elles-mêmes de s’émanciper, on ne peut pas attendre que ça vienne des autres, on peut dénoncer mais on doit aussi se prendre en main avant d’attendre que les publicitaires arrêtent de nous montrer des images de filles maigres.

          Et puis franchement m’attaquer sur mon physique comme si c’était ça le sujet, je trouve ça minable comme argumentation. On s’en fout pas mal que j’ai des poils ou non et si j’en ai qu’ils se voient ou non sur la photo que j’ai mise sur le blog. Franchement si tu t’arrêtes à ça c’est juste que tu n’as rien compris à ce que j’explique.

          • désolée , je ne t’ai pas attaquée sur ton physique. Au contraire, je croyais te complimenter en te disant que tu étais belle. Je voulais juste te mettre face à tes contradictions.

            Je crois aussi que les mecs subissent des pressions, moins que les filles, mais mine de rien, il vaut mieux pas être chauve, peser 120 kilos, etc. Donc je ne comprenais pas pourquoi tu t’en prenais aux femmes.

            Désolée que tu prennes ça comme une injustice, mais c’est ce que je vis.

            Voilà, il y a d’autres articles de ton blog que j’aime bien, et j’essaierai de donner autrement mon avis la prochaine fois.

          • Je m’en prend à personne et j’insiste, si tu crois que je m’en prend à qui que ce soit c’est que tu ne comprends pas mon propos. C’est peut-être moi qui m’exprime mal, mais quand même.

          • encore une note/ les choses bougent justement à propos des filles toutes maigres… va par exemple sur le site Big Belles Women.

        • Vous écrivez « s’en prendre aux créateurs », « journalistes de « Elle » », « docteur (désormais simple « Monsieur ») Dukan » et autres « vendeurs de rasoirs » comme s’il s’agissait là d’institutions décisionnaires. Mais les créateurs, journalistes et vendeurs de tous poils (si j’ose dire) sont « seulement » des individus soumis aux mêmes injonctions. Il n’y a pas d’effort conscient de la part de qui que ce soit ou d’une quelconque entreprise ou organisation pour asseoir tant et plus la domination patriarcale.
          Chaque individu ayant intégré les principes décrits agira en conséquence sans avoir conscience à aucun moment des ramifications. C’est ça et seulement ça que l’Elfe dénonce. Au delà de l’aspect financier et cynique du type « si j’arrête de proposer des modèles physiques inaccessibles, les annonceurs ne voudront plus diffuser leurs publicités dans mon magasine » et « si nous soutenons la bataille pour les poils, notre commerce de rasoirs fera faillite », les personnes dont vous parlez ont eux-mêmes profondément intégré ces principes. Ils valident avec sincérité ces modèles de féminité auxquelles toutes aspirent jusqu’à un certain point.

    • « ’une obèse looseuse ratée, qui ferait tout pour accrocher le regard d’un homme »… d’où provient ce contre exemple, si ce n est de normes et d injonctions sociales qui imposent les termes « looseuse et ratée » comme une évidence (et une évidence plus naturellement accolée à « obèse » qu’à « bien gaulée », faut-il s en étonner?), et qu’il faille forcément être regardée et admirée par un homme pour être pleinement heureuse et accomplie?

    • Bonjour,
      Ayant été les deux obèse looseuse « ratée » (en échec scolaire, sans amis,mal dans ma peau , jalouse…) et ayant aussi été bonnasse « mince » « bronzée  » ajoute quelques tares en plus : blonde aux yeux bleus, grande, diplômée , bien habillée ….et toujours jalouse de celle qui l’étaient plus…. et puis maintenant vielle (30 ans) ; rondelette, intello et féministe , et plus jalouse du tout.
      Je te dirais que tu te trompes de cible. Ce n’est pas de la faute des femmes que tu estimes correspondre plus à la norme que tu te sens mal , c’est à cause de la norme .

  2. Je sais que quand je me maquille je ne le fais pas pour moi mais pour les autres mais j’en joue et considère le maquillage, ma tenue etc. comme un  »déguisement ». Qui vais-je être aujourd’hui ? Quelle  »image » ou quelle facette de moi vais-je montrer ? Je me plie à ce jeu parce que cela m’amuse mais si cela devait devenir une contraire je ne le ferais plus. Pour les poils, je suis très brune et j’ai un duvet très prononcé sur la levre, je ne l’épile pas ni ne le décolore, pourtant même avec ma  »moustache » je me sens femme et n’hésite pas à mettre du rouge à lèvre si j’en ai envie même si cela attire les regards sur mes levres et donc sur mon duvet. Une de mes collègues me harcelait littéralement à cause de ce duvet qu’elle trouvait moche et me répetait sans cesse  »pourtant si tu te soignais un peu tu serais belle et féminine, là c’est sale ! » Elle n’a jamais compris comment je pouvais avoir un petit ami, surtout un petit ami que je garde et qui m’embrasse sans être dégouté. D’après elle c’est forcement un homme pas beau qui n’avait pas pu trouver autre chose que moi !

    • Hahaha. Comme si on tombait amoureux en fonction de critères uniquement « esthétiques » (et en plus, pas n’importe lesquels ! Ceux que la société nous dicte…).
      Pardon, mon com ne sert sans doute pas à grand-chose, mais les remarques du genre « Comment tu peux avoir un copain/une copine, t’es trop moche », ça me fait toujours rire. ;)

  3. Ta capacité d’analyse me laisse toujours aussi pantoise. Super article !
    Merci de faire remarquer que s’aimer au naturel, c’est quelque chose qui s’apprend. Parce que dans notre société actuelle, s’aimer avec des poils, même quand on a toutes les cartes en main, c’est pas une mince affaire. \o/

  4. Je trouve ton article très juste, et je viens le ponctuer d’une anecdote : je ne m’épile pas, et cet été, dans un groupe, un homme se fout de mes poils, le groupe commence à faire « hou, hou », et je réponds d’un air de surprise « ah mais j’ai pas compris où était l’insulte », et là…silence totale, personne n’a compris ce que je pouvais bien vouloir dire ! Genre, elle est conne celle-là, personne lui a jamais dit que c’est trop berk berk pour une femme d’avoir des poils ?
    (bon, là, je me suis bien marrée, parce que ça commence à faire longtemps que je suis détachée de ça et entourée de gens intelligents. Mais plus tôt dans ma vie, c’était différent).

    • J’aime assez la façon dont les gens considèrent que les « déviants » sont des cons qui n’ont rien compris aux normes sociales. Ca me rappelle cet article (un peu vieux).

  5. J’approuve complètement le passage sur le choix entre deux souffrances !

    « Des gens qui se ficheraient complètement d’être acceptés ou rejetés par leur entourage, je n’en ai jamais rencontré aucun. Même le punk à chien le plus anarchiste est un être social » :
    Cette phrase me semble des plus importantes. Même les personnes qui prétendent sortir de la norme, du groupe, ne sont rien sans lui. Comment être déviant si il n’existe pas de repère en fonction duquel dévier ?

    Cela dit, l’épilation comme d’autres normes sont sans doute indispensable au bon fonctionnement de notre société. Nous sommes des animaux grégaires, ce qui veut dire que nous ne sommes rien sans le groupe. Et le groupe n’a pas besoin que ses individus s’épanouissent complètement, mais qu’ils forment une unité suffisamment cohérente pour ne pas perturber le bon fonctionnement du groupe.
    Je ne dis pas que l’épilation est une norme indispensable au bon fonctionnement de l’humanité bien sûr ! Mais eut-être faudrait-il s’interroger sur le pourquoi l’être humain se base sur des normes physiques de cet ordre là plutôt que d’autres qui seraient plus utiles : des compétences intellectuelles, physiques qui nous serviraient à avancer par exemple.

    • Tu sembles oublier qu’il y a quand même un certain nombre de normes qui existent à cause d’une organisation sociale hiérarchique (patriarcale, entre autres) et qui servent à perpétuer des formes d’oppression. A mon avis l’interdiction de la pilosité féminine en est une.

  6. Ping : Injonctions, poil au… | Les Questions Composent | Info poils | Scoop.it

  7. Je n’ai jamais eu de réflexion sur mes aisselles pas épilées ( ou alors je ne les entends pas… ), même l’été, même en débardeur, même les bras levés.
    Ma fille de 8 ans me voit nue tous les matins dans la salle de bain, au naturel. Il est important pour moi qu’elle « imprime » que le corps d’une femme a des poils aux aisselles, au pubis et aux jambes.
    Je suis dans mon 9ème mois de grossesse, et je me suis fait épiler le pubis intégralement en prévision de l’accouchement ( voie basse ou césa ), parce que certaines équipes vous rasent « par mesure d’hygiène ». Ma fille a donc vu mon sexe glabre, je lui ai bien expliqué les raisons « médicales », tout en insistant sur le fait que ce n’était ni normal, ni naturel, et que j’avais vraiment hâte que ça repousse.

      • « parce que certaines équipes vous rasent « par mesure d’hygiène » »
        Donc les poils sont sales. CQFD
        Si même le corps médical s’y met (j’aurais bien aimé une explication un peu plus scientifique, en fait)…

          • L’épisiotomie c’est couper le périné non? Depuis quand ya des poils sur le périné? Et puis j’ai jamais pigé ce délire de charcuter le sexe des femmes quand elles accouchent. Comment on faisait avant l’invention de cet acte sadique et inutile? (XVIIIeme siecle)

          • Il peut y avoir deux ou trois poils autour du périnée mais bon… De toutes façons les études ont montré que l’épisiotomie fait plus de mal que de bien et qu’il vaudrait mieux l’éviter même en cas de déchirure probable du périnée.

          • Moi on m’a rasée juste avant ma stérilisation (qui n’était pas forcément amenée à être une ligature, par ailleurs). Les infirmières semblaient étonnées que je n’y ai pas songé, d’ailleurs. Après j’ai laissé faire, étant déjà dans une position délicate du fait de mon choix de vie…

        • Il y a même des médecins qui posent des diagnostics d’hirsutisme à certaines femmes ayant une pilosité normale parce qu’elles ne s’épilent pas, certaines se font refuser une pilule, prescrire des examens inutiles… (source: émission de radio « dégenrées » à propos de la pilosité)

      • Difficile de désinfecter les poils et d’éviter qu’il se prennent dans la future cicatrice. C’est pareil pour les hommes en cas d’opération.

    • A noter qu’il a été démontré que cette pratique de « raser le pubis » est inappropriées voire dangereuse. Normalement, vous pouvez demander à ce qu’il ne vous rase pas. C’est à vous de décider.

        • J’ai été opérée et ai dû me raser. Une infirmière a vérifié que c’était « bien fait » et a trouvé utile de raser un ou deux poils « mal rasés » (il en restait 2-3 mm sur le haut de ma cuisse). Je n’ai appris les recommandations d l’OMS qu’après. J’ignre si j’aurais osé refusé… Quand on doit se faire opérer, on ne se sent pas en position de force. Ou putôt, je ne me sens pas en position de force dans ces conditons…

      • Je confirme

        Concernant les problèmes médicaux quand on enlève les poils, voir l’article en anglais ici

        Traduction en français ici

        Pour info, voici des recommandations de l’OMS au corps médical pour l’accouchement

        Pratiques qui sont à l’évidence nocives ou inefficaces et qu’il convient d’éliminer
        1.Recours systématique au lavement (2.2).
        2.Rasage systématique du pubis (2.2).

        « Les deux derniers gestes, lavements et rasage du pubis, sont considérés depuis longtemps comme superflus et ne devraient être effectués qu’à la demande de la femme. »

        Cette rectification car dans les années 80 et 90, on pensait que le rasage pubien était utile, point de vue hygiène. On en est revenu car il y a bcp plus d’infections et de mycoses sans poils qu’avec !

        • Je ne savais pas qu’on faisait subir un lavement aux femmes à une époque. Je trouve ca juste ouf parceque j’ai appris à la fac qu’à la naissance le bébé ingere des excréments de la mère, ce qui constituera sa flore bactérienne intestinale. Et que les enfants nés sous césariennes présentaient plus d’intolérences digestives et d’allergies que les enfants nés par voie basse à cause de ça justement.
          Ca me semble completement en contradiction avec le fait de faire un lavement à la mere.

          Ca fait écho avec les contradictions que je note dans mes cours de métabolisme et de nutrition par exemple. C’est dingue quand les préjugés sociaux vont jusqu’à empecher les professionnels de santé d’être rationnels.

    • Il me semblait justement que cette pratique n’avait plus cours ou, en tout cas, que l’OMS avait émit un avis défavorable à son sujet. Elle serait contre-productive du point de vue de l’hygiène. Peut-être que les médecins ont encore du mal à s’adapter.

      • « Le rasage du pubis ou l’administration d’un lavement avant l’accouchement ne s’impose pas. »

        http://accoucherautrement.free.fr/Recommandations-OMS.htm

        C’est pas parce que les médecins disent des choses que c’est vrai. Les médecins ne sont pas des Dieux. Et heureusement, l’OMS se réveille, parce que si on devait compter sur la médecine, on serait encore loin.

        Les poils sont là pour protéger les muqueuses. Ce n’est pas sale : au contraire. Seulement on essaye de nous faire croire le contraire dans notre belle société aseptisée où on s’imagine que vivre sans bactérie c’est vivre sainement. -_-

        • En effet la plupart des médecins ne font que faire ce qu’ils faisaient jusque là et qui marche, très peu d’entre eux lisent des études épidémiologiques ou autres littératures scientifiques…

  8. A mon avis, tu oublies un type de souffrance dans le cas de l’épilation, mais il est sans doute très rare.

    Quand je m’épilais « normalement », je ne souffrais pas spécialement de la distance malgré tout toujours présente vis-à-vis de l’idéal féminin (encore que je n’ai jamais trouvé que mes jambes étaient lisses comme elles auraient normalement du l’être après une épilation – d’après les promesses des pubs). Mais par contre je souffrais énormément de sentir que je courbais l’échine, que je me soumettais à une norme sociale qui impliquait de la souffrance physique, etc. Du coup, dire « je le fais uniquement pour moi » ça permet aussi de faire disparaître cette souffrance-là : « je ne suis qu’une conne docile et obéissante ».

    Du coup j’ai eu trois périodes :
    – une période où je m’épilais normalement, avec une grande mésestime de moi (parce que je me soumettais malgré moi à une norme que je détestais),
    – une période radicale où je ne m’épilais pas du tout, mais où je mettais quand même parfois des jupes, où je me baignais quand même, etc.
    – et maintenant, où je consens à l’épilation pour faire plaisir à mon copain (ce qui me fait plaisir par ricochet), mais c’est lui qui s’en charge. Ça permet de réguler dans le temps (il trouve ça chiant à faire) et ça lui permet d’être conscient de ce que ça implique pour nous (argent, temps, douleur). Par contre, je ne m’épile toujours pas pour les autres, donc je vais poilue à la piscine, etc.

    Quant aux zones où les femmes ont naturellement des poils, il y a aussi le pourtour des tétons. Toutes les femmes de ma famille ont un cercle de poils à cet endroit, mais je n’ai jamais su si c’était « normal » et très fréquent. Et le menton aussi ! (c’est le seul endroit que j’épile pour des raisons sociales hors-couple)

    Voilà, j’ai fini de raconter ma vie :-)

    • Je pense que c’est beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense.
      Mon amoureux a connu une fois une femme qui ne s’épilait pas du tout (en hiver) et elle avait des poils aux tétons.
      Ca m’a beaucoup surprise quand il m’a raconté ça mais vu que toutes les autres femmes qu’il a connues s’épilaient, si ça se trouve un certain nombre en auraient eu.
      Moi je n’en ai pas et du coup évidemment je n’en ai jamais vu (et je ne risque pas d’en voir, vu le double tabou qui frappe la pilosité et la poitrine des femmes). Sur le site de Pierre, il dit que les femmes ont souvent des poils autour des tétons.
      Même la moustache c’est difficile de dire combien de femmes en ont puisque la plupart font très attention, mais malgré ça on en voit quelques-unes. (Dans le métro, comme aimait à le rappeler Aurore dans son com de l’article précédent ^^ )

      Pour la souffrance dont tu parles c’est vrai qu’elle pourrait être distincte mais on peut l’assimiler avec celle de ne pas être « à la hauteur » car cela revient finalement à haïr son corps « naturel », à avoir honte de son corps, c’est une sorte de lutte permanente contre soi.

        • Ben tu vois j’en avais jamais vu avant. Je qualifierais pas ça de « pas féminin » puisqu’on voit bien que c’est un sein. Cela dit je trouve ça carrément inhabituel.

          • Personnellement c’est un cas de figure que j’ai souvent rencontré -je suis attiré à priori par des femmes de type plutôt méditerranéen, et souvent elles sont plus poilues que moi- et, contrairement aux jambes et aux aisselles, elles n’avaient pas de mal à les garder -pour me faire plaisir (!)

        • J’en ai mais tout de même beaucoup moins que ça. Tout comme j’ai un petit duvet un peu plus fourni qu’ailleurs entre les seins, et celui-ci descend d’ailleurs jusqu’au bas ventre. Les poils au menton, on m’a raconté que ça apparaissait vers la ménopause, je ne sais pas si c’est vrai rapport à ce que vous soulignez à juste titre ou si c’est plus une image (la vieille dame célibataire qui pique, cette sorcière qui entre autres tares a du poil au menton…)

          • A la ménopause ?? Je sais que je n’en ai que deux ou trois (qui se voient, et souvent le les enlève avec un pince du coup…), mais ce que je sais aussi c’est que je suis loin d’être ménopausée ^^ ! (Avant ça j’aimerais bien des enfants d’ailleurs…)

        • Moi aussi j’en ai quelques-uns mais ils sont clairs (pourtant j’ai les cheveux châtains), alors on ne les voit pas… ^^

  9. @Claire, normalement, depuis plusieurs années, on ne rase plus le pubis pour l’accouchement pour des raisons médicales justement.
    C’est même une recommandation fe l’OMS.
    Les équipes médicales ne rasent qu’à la demande des femmes mais bon, la plupart des femmes font déjà l’intégrale :(

    • J’ai une copine qui m’a dit que si elle se rasait integralement le pubis c’etait parce que sa gyneco lui avait dit que c’etait plus hygienique et qu’elle aurait moins de maladies !

      • je dis ça un peu au pif mais j’ai l’impression que c’est comme la circoncision: c’est sans doute moins dégueulasse si on a une hygiène déplorable.

        • C’est ce que je lui ai dis, que si elle se lavait et changeait de sous vetements regulierement elle ne devait pas avoir de probleme. Je ne m’epile pas le pubis et je n’ai aucun probleme d’hygiene ou de maladie !

      • Oui, moi mon médecin traitant m’a dit que je risquais de tomber en dépression si je devenais végétalienne. Comme quoi même les professionnels de la santé sont victimes des clichés et des normes sociétales. Leur paroles n’est pas le voix divine.

        (Rappel : certains gynécos refusent de poser des stérilet aux femmes nullipares sous prétexte que c’est dangereux. Ce qui est totalement faux).

        Il ne faut pas écouter les médecins comme s’ils étaient des dieux.

      • Tout à fait d’accord, Pierre ! Après avoir rasé consciencieusement des km2 de zones opératoires, j’ai fini par apprendre que ce procédé était anti-hygiénique. De nombreuses études ont démontré que cette façon de faire lésait la peau et était source d’infection.
        Comme les tenants de l’injonction sociale de l’épilation féminine brandissent en premier lieu la nécessité hygiénique, on peut espérer leur clouer le bec avec cet argument.

  10. Tiens, une petite anecdote pour reparler du choix personnel de l’épilation. Quand j’étais au lycée je m’épilais les avant bras. Pourquoi me diras tu ? Que je sache ce n’est pas mal vu d’avoir quelques poils sur le bras pour une femme (en France en tt cas, ailleurs je ne sais pas). Personne ne m’a jamais fait de réflexion à ce sujet. Mes amies étaient même étonnées que je fasse cela, ça ne leur serait pas venu à l’esprit. Donc pourquoi ? Parce que tout simplement je trouve cela plus joli. Pourquoi est ce que je trouve cela plus joli ? Ce n’est pas a cause d’un quelconque dégoût des poils, non, puisqu’il y a d’autres zones de mon corps que je n’épile pas et ça me va très bien comme ça. Ça fait simplement partie de mon image intérieure de la féminité, celle qui me correspond, qui a été façonnée par des influences qui me sont personnelles. C’est donc mon choix personnel de m’epiler les bras, puisque la société s’en fout, les hommes s’en foutent, mon copain y est royalement indifférent : ça n’importe à personne à part moi. À moins que tu considérés aussi que ça ne soit pas vraiment personnel puisque cette envie est née de diverses influences , mais dans ce cas la, il ne nous resterait plus grand chose de personnel…
    Bref pour reprendre les mots de Judith Butler la féminité, comme la masculinité, ça n’existe pas en soi. C’est copier une copie, mais il n’y a pas d’original. Elle dit à ce sujet il me semble que pour comprendre la féminité, c’est en observant les personnes transgenres ou les travestis que l’on comprend mieux que tout n’est qu’artifice.
    Tant que l’on en est conscient ou est le problème ? On peut reprendre les normes et s’en jouer, s’en construire de nouvelles. On peut devenir acteur ou actrice de son propre genre. On peut aimer ce qui est « féminin » avec un regard critique, et ça ne sera pas forcément parce que l’on aura internalisé ce qu’il faudrait être.

    • ah tiens c pareil pour moi personne en comprend que je m’épile les bras (et que je déteste les poils d’aisselle sur les hommes aussi, je trouve que ça pue)

      • ça sent l’humain et pas l’eau de cologne, quoi. Je vois pas en quoi c’est sale, sauf à avoir une hygiène infâme.

        • Salut. Nies-tu l’infinie variété des odeurs et des sensibilités olfactives ?!
          J’aime beaucoup l’arret du tabac dans les lieux ouverts le soir. Les odeurs, surtout corporelles, ajoutent une dimension à l’experience. Dans l’intimité aussi.
          Et j’ai des préférences et parfois non et parfois des rejets. C’est tellement varié j’vous dis !… :)

    • Yue, les poils des avant-bras ne sont pas liés spécifiquement à la puberté, il est surtout question ici des poils qui poussent aux aisselles, au pubis, sur les jambes, éventuellement sur les seins. Ce sont ceux-là qui dérangent fortement car ils sont liés à la puberté, contrairement aux poils sur la tête, par exemple. On a peu parlé des cheveux et pourtant, ce sont des poils comme les autres. La différence avec les poils du corps, c’est qu’ils sont là dès la naissance, ce ne sont pas des caractères secondaires de maturité sexuelle.
      A noter que des femmes qui trouvent « affreux » les poils aux jambes ont parfois de très longs poils sur les avant-bras. Cette différence de traitement ne leur saute même pas aux yeux.

      • Qu’ils soient liés à la puberté ou pas (c’est quand même le cas puisque les enfants n’en ont pas), ce n’est pas le sujet. C’est juste pour illustrer que les modifications du corps peuvent se faire pour soi même.

        • J’avais des poils sur la avants bras enfant. Ils étaient longs et doux et blonds. En été ils avaient un gout de sel ^^

          • Oui, c’est ce que je voulais dire. Les enfants ont aussi des poils sur les jambes mais c’est plus un duvet. Quand les poils deviennent « terminaux », alors, ça commence à déranger mais j’ai déjà vu des femmes pousser des cris en voyant des poils aux jambes alors qu’elles avaient de longs poils noirs aux avant-bras. Bizarre, bizarre.

        • Illustrer est inutile, il faut argumenter. Sinon je te renvoie juste à l’article, où je démontre que non, on le fait pas « pour soi-même ». Bien sur on peut ne pas être d’accord, mais je vois pas ce que ça change que unetelle s’épile ici ou une autre là.

          • Un exemple suffit à démontrer qu’une règle est fausse. Cest de la logique on ne peut plus élémentaire. Donc ta démonstration est fausse. CQFD.

        • Ceci dit je suis certaine que dans une autre société / culture tu n’aurais pas forcément eu cette idée là… Après ça n’est pas non plus un drame que de le faire, moi quand je me rasais ayant vu ma mère le faire pour son petit duvet sur les bras je faisais pareil (ceci dit trop de poils aux avant bras choque quand même quelques hommes il me semble… moi-même j’ai été étonnée de constater un jour qu’une camarade de classe en avait jusqu’aux mains, et pas qu’un peu !)

      • Oui d’ailleurs depuis que je ne m’épile plus, je trouve que mes poils de jambe ne sont pas plus ni moins disgracieux que ceux que je peux avoir sur le gros orteil par exemple…

    • c’est pour ça que je dis dans l’article que s’enlever les poils on le fait pas seulement parce qu’il faut être sans poil, mais parce qu’on a intégré une idée normée de la féminité.

      • Tout à fait d’accord. Moi je ne m’épile plus depuis près de deux ans et j’ai mis un an à oser exhiber mes poils en public.
        Maintenant, j’aime mes poils et je me fiche du regard des autres. Du coup, les autres se sont habitués.

    • c’est marrant moi aussi je faisais ça au lycée , mon interprétation de la chose étant : ce n’est pas parce-que je trouvais plus joli sans , mais plutôt parce-que je trouvais moche avec. J’avais « devancé » la société en quelque sorte , parce-que je trouvais les miens plus longs que ceux des autres filles , je ne trouvais pas-ça-féminin . Et pusi els avant-bras , on les voit plus souvent que les aisselles, les jambes ou le sexe , reste que j’avais intégré que je ne devais pas avoir de poils apparents , ils me faisaient honte, un peu comme une preuve de ma vraie nature poilue, ils représentaient la vérité sur ce qui se passait réellement sur le reste de mon corps, bref trahison du secret .
      « ‘Je le fais pour moi » , oui , je le faisais pour moi, parce-que j’étais formatée.

  11. à l’hopital tout acte chirurgical nécessite d’être rasé car les poils gardent les bactéries et risqueraient de se coincer dans les points si on doit recoudre, arrêtez de voir le mal partout on rase homme comme femme à l’hopital

    • Jusque là on parlait d’accouchement, et du fait que souvent, on rase le pubis de la femme avant qu’elle accouche. Or cette pratique, non contente d’être non hygiénique, n’a aucune justification (comme je l’ai dit plus haut).

      Il me semble que l’accouchement, c’est exclusivement féminin. Mais je peux me tromper. :D

      • Non mais j’ai demandé à ma mère qui est gynéco et effectivement cela se faisait dans le temps mais ce n’est plus le cas.

  12. À la préhistoire, je crois qu’on faisait moins de chichis…

    Ton texte me fait penser à ce sketch de Foresti, bel exemple de « norme sociale intégrée » :

    « Et puis des poils, pourquoi ils nous ont mis des poils à nous les filles ?
    On s’en fout des poils.
    On passe notre vie à essayer de les éliminer.
    Plus personne en veut.
    Pourquoi ils ont fait ça, ça c’était une erreur aussi qu’y a eu sur la chaine de fabrication.
    C’est sûr. Ha ben si, là y’a un mec qui était bourré, le préposé aux poils.
    Y’a un moment il a fait n’importe quoi : « Ho merde ! C’est une fille ça ?
    Ha putain mais fallait le dire les gars !
    J’y ai collé du poil aux pattes et de la moustache moi !
    Ha ben ouai, toute la série là, j’ai tout fait.
    Et encore elle a de la chance j’allais attaquer le torse là.
    Oh la boulette, qu’est-ce qu’on fait ? »
    – « Ha bah laisse Paulo, elles s’épileront.
    Ouais, laisse, ça leur laissera moins de temps pour nous faire chier !
    Vas-y, mets-en, mets-en partout ! »

    • Quand la norme est tellement bien intégrée qu’on en arrive à considérer que c’est la nature qui s’est gourée.

      • « Quand la norme est tellement bien intégrée qu’on en arrive à considérer que c’est la nature qui s’est gourée. »

        J’applaudis cette remarque tranchée et pertinente.
        *Clapclapclapclap* ^^

      • En même temps, Foresti, je la trouve (comme beaucoup d’humoriste français actuels) assez gorgée d’idées réac. Même si ça ne l’empêche pas d’être parfois drôle.

        Régulièrement, on tombe sur des gens qui regrettent Coluche. Je ne sais pas si c’est révélateur d’une carence aujourd’hui…

  13. Article très intéressant.
    Le problème de l’injonction sociale, c’est qu’elle influe au final sur les comportements de tout le monde : soit on s’y plie, soit on la refuse. Mais la vie en société par définition nous impose un certain nombres de règles comportementales (y compris le respect de la loi qui implique de renoncer à un certain nombre de ses libertés ou capacités pour assurer sa sécurité et garantir un certain nombre de droits à chacun des membres de la communauté) auxquelles nous réagissons soit en les adoptant, soit en les rejetant.
    Et ces injonctions sociales existent depuis la nuit des temps, depuis les premières hordes animales. Les femelles, pour être reconnues en tant que bonnes reproductrices, donc utiles au sein du groupe de par leur fonction naturelle reproductrice, jouent sur ce qui va éveiller le désir des mâles pour être choisies, et pas mises au ban d’un groupe dans lequel elles n’auraient aucune fonction.
    Dans une situation où les femmes viendraient à être en nombre restreint, ce sont les hommes qui redoubleraient de « coquetterie » en soumission à une injonction sociale qui leur serait imposée par la domination des femmes, et ils feraient tout pour être choisis. Dans une société (toujours largement) dominée par les hommes, l’injonction sociale s’impose donc davantage aux femmes qu’aux hommes.
    Avons-nous vraiment le choix de ne pas nous plier à l’injonction sociale ? Eh bien, à mon sens, non. Puisque rejeter l’injonction sociale, c’est la reconnaître et agir en fonction de cette injonction, même s’il s’agit bien de la réfuter. A moins de choisir de vivre en ermite, loin de ses congénères (et j’entends là congénères en son sens premier : individus de la même espèce avec lesquels la reproduction est possible), détaché de tout ce qui a été fait, est géré ou modifié par l’homme, il n’est pas possible d’ignorer les règles implicites comme explicites qui gouvernent la vie en groupe. Et bien entendu, aucun groupe n’aime voir les règles établies en commun remises en question, alors que ses règles sont l’objet de consensus (conscients ou inconscients, basée sur l’intelligence mais aussi sur l’instinct, car rappelons-le, l’être huimain n’est après tout en substance qu’un animal), d’une entente tacite pour que le groupe fonctionne correctement : les règles sociales sont le gage que l’inividu prend en compte l’intérêt de la communauté en plus du/ et prioritairement au sien, afin de garantir sa propre sécurité au sein du groupe et le soutien du groupe en cas de besoin. Repousser les injonctions sociales, c’est donc remettre (en tout ou partie) en cause la validité des règles de fonctionnement du groupe, ce qui signifie que l’on reconnaît l’existence de ces règles (sans quoi on ne pourrait pas les réfuter).
    En conclusion, l’existence du déterminisme social ne peut être niée. Et refuser de s’y plier (faire le choix de ne pas s’y plier), c’est d’abord reconnaître l’existence du déterminisme social et donc, l’avoir intégré.
    Par conséquent, se marginaliser, c’est-à-dire sortir de la « norme » sociale ou des injonctions sociales, c’est toujours (ré)agir en fonction de cette norme ou cette injonction. L’individu n’est donc, à mon sens, jamais libre (le libre-arbitre n’existe pas), car il est (pré-)déterminé par son histoire familiale, personnelle, en plus de la norme du groupe social dans lequel il est né et évolue. La liberté elle-même est une notion surfaite, qui devrait être revisitée pour lui ôter la part d’idéalisme qui l’éloigne de ce qu’elle est pragmatiquement.

    Certes, il faut faire évoluer les règles de la vie en groupe/société pour qu’elles marginalisent moins de gens. Mais ces règles sont essentielles à l’existence même du groupe.

    • Franchement je te conseille de revoir tes connaissances en éthologie. Chez la grande majorité des animaux, les femelles n’essaient absolument pas d’être choisies puisque ce sont les mâles qui sont en compétition entre eux. La raison en est que le coût d’une reproduction en terme de ressources est très faible pour les mâles, alors que les femelles s’investissent beaucoup plus (surtout chez les mammifères, mais même chez les animaux ovipares). Les femelles n’ont aucun effort à faire pour être « choisies », sauf chez les rares animaux où le père s’investit davantage auprès de la progéniture (hippocampes). En plus je ne vois pas très bien ce que ça apporte au débat, on est bien d’accord que les normes sont sociales et pas propres à l’espèce puisqu’elles changent d’une culture humaine à l’autre, qu’elles sont construites et donc qu’on peut les déconstruire. Prendre modèle sur les animaux pour savoir comment on doit se comporter, ou s’appuyer ce qu’ils font pour justifier notre façon de vivre, c’est adhérer à un essentialisme nauséabond. Surtout que quand on le fait on prend généralement ce qui nous arrange et on se retrouve avec des connaissances complètement partielles et pas du tout objectives sur le comportement des animaux, ce que tu dis en est d’ailleurs un bon exemple.

      • Tu savais pas? Pendant que les hommes préhistoriques mangeaient leur viande, les femelles allaient s’épiler pour pouvoir leur plaire! Faut donc faire comme eux.

    • @Jody, je vous conseille de relire ce que j’ai posté ci-dessus à 14h24 : http://lesquestionscomposent.fr/injonctionspoilau/#comment-47587

      sur les normes sociales en vigueur dans les années 70 en Europe Occidentale concernant la pilosité. La bonne question est plutôt : pourquoi les hommes ont-ils toute latitude concernant leur pilosité (tout garder/tout enlever et je trouve ça cool, cette liberté récente) mais que les femmes n’ont que pour seul choix la méthode pour enlever leur pilosité sexuelle ?
      Car si on suit votre raisonnement, les « métrosexuels » apparus aux alentours de l’an 2000 brisaient la norme sociale voulant qu’un homme, un « vrai », ben il a des poils. Des millénaires de « déterminisme social » balayés en qq années seulement, au point que les hommes dans les pubs sont presque tous glabres. Cela n’émeut qu’Eric Zemmour, c’est dire.
      En fait, les hommes peuvent briser les codes les concernant. Le problème, c’est que les femmes ne peuvent briser les codes qui les concernent elles.
      Je pose donc la question : si les hommes ont pu aussi vite retourner une tendance millénaire, qu’est-ce qui empêche les femmes de faire de même, sinon l’énorme pression qu’elles subissent pour être glabres ?

      • Griffet met le doigts dessus en plus (le halal épilatoire), mais est incapable de se résoudre à violer une autre norme, celle édicter par les bolchos à laquelle même Sarkozy obéit.
        Car c’est bien LA RAISON, et la démonstration même que la réponse ne peut être QUE politique ! Ce que l’Elfe et le Griffet refusent d’admettre, malgré ce que ce dernier reconnaît pourtant.

    • A quand une Loi interdisant le port du poil ? Encore un partisan de la Charia qui est, rappelons-le, un des systèmes de règle vie en commun en question. De même que le fascisme, le stalinisme, etc… En tant qu’anarchiste, je saute au plafond en lisant ce réactionnaire de merde.
      Et bien évidemment comme par hasard, aucun commentaire, là, de la part de la communiste Anne (en bas de l’article).

      • J’aime déjà pas quand les gens imposent leur point de vue et ne savent pas faire un débat sans insulter ou stigmatiser les autres. Mais alors quand ils se disent anarchistes, franchement ça m’énerve. J’espère ne jamais faire partie d’une communauté fonctionnant sur la base d’une anarchie à ta sauce, où ceux qui pensent différemment se font insulter. Je ne vois pas la différence avec la société actuelle. Et heu non, je mettrai pas de photo de mes poils juste pour les beaux yeux de quelqu’un ou pour te prouver quelque chose. Mes poils je les laisse pousser, je les utilise pas pour une cause. Ils font partie de mon intimité, de moi, je me réapproprie mon corps, je le respecte, je ne l’utilise ni pour gagner de l’argent, ni pour satisfaire les pulsions sexuelles d’un petit ami ou d’un mari, et pas plus pour faire bander les militant-e-s pro-poil ou imposer mon point de vue. J’ai mis dans la partie « auteure » des photos que j’aime bien et qui datent d’une période ou je ne laissais pas encore pousser mes poils, fourrure ou pas ces photos je les aime et elles vont rester.

  14. Bonjour L’elfe et les commentateurs,

    je lis régulièrement ton blog avec intérêt. En lisant le dernier article, et surtout ses commentaires, je me disais qu’une dimension manquait : celle qui interrogeait la notion même de féminité. Je me souviens avoir lu plusieurs fois (en substance) « moi, je ne m’épile/maquille pas tout le temps, mais j’aime bien être féminine et/ou coquette, donc je le fais comme un jeu ».
    J’avoue que je ne vois pas de lien direct entre le fait d’être féminine et celui de garder ses poils ou non. Il me semble que la féminité passe avant tout par la façon dont on habite son corps : se sentir bien dans sa peau (au sens propre du terme !), jouir de son corps (clairement je ne parle pas que de sexualité), faire avec ce que l’on est. Depuis bientôt quarante ans que je suis sur cette Terre, les femmes que je croise qui vont le mieux sont celles qui ont déconstruit les normes sociales de la féminité pour inventer les leurs…

  15. Je me souviens de cette fois, il y a longtemps (…snif je fais déjà partie des vieilles biques), où je me baladais en ville en compagnie d’une amie très proche qui devait avoir 17 ou 18 ans, j’en avais 13 ou 14 à l’époque. Cette amie au physique très avantageux portait ce jour-là une mini-jupe laissant apparaître ses looongues jambes fuselées mais…également poilues; Alors un vrai mâle qui passait par là et qui la matait avec insistance, se sentit obligé de lui balancer en pleine face un truc du genre « t’es trop bonne mais p&§#! va t’épiler! »
    Les garde-fous sont partout ;-)

    • j’ai pris un jour l’avion, il y avait une femme en tailleur, très bourgeoise, très charismatique qui avait les jambes très poilues.. j’en aurais pleuré pour elle tellement j’ai entendu des chuchotements, des exaspérations, des critiques à son passage !
      c’était intolérable pour les gens de l’avion.. limite ils auraient pu l’empêcher de monter avec eux qu’ils l’auraient fait !

      j’ai tellement eu envie de me lever et de la remercier !

  16. Sincèrement ce qui me gène le plus avec les poils surtout au niveau des aisselles, ce sont les odeurs. j’ai l’impression de « sentir » plus depuis que je les garde, et ca ne doit pas etre seulement dans ma tête parce que c’est aparement pour ca que la nature les a mis là. ceux des aisselles servent à concentrer odeurs et phéromones nécéssaires à tout un tas de trucs dans le domaine de l’atraction (et d’ailleurs c’est toujours avec ces odeurs qu’on fait des tests chelou pour savoir quelle odeur est la plus atirante, genre l’étude sur « les végé sentent meilleur »), et sont donc liés à la reproduction. ceux du pubis servent de toute évidence à la même chose mais sont utiles aussi pour tout ce qui est hygiène/protection de zone sensible/maintient d’humidité. en les exterminant, on se retrouve avec beaucoup plus de désagréments genre mycose/vaginite (eh oui mes chéries).
    sans compter les problemes liés à l’arachage, moi j’ai une « boule » sous l’aisselle droite qui s’enflame de temps à autre, a cause de poils incarcés mais bien profond. je vous passe les détails, c’est dégeu.

    bref pour en revenir à mon problème d’odeurs : ca me complexe beaucoup plus que d’avoir les aisselles à la sauvage… d’ailleurs je ne deteste même pas les odeurs corporelles des autres au contraire, mais la mienne me dérange – et l’idée que les autres la sentent. Il parrait que c’est une phobie sociale, « déranger l’autre par son odeur ». ca m’arrive parfois de demander à des proches si je sent mauvais, l’idée qu’on ne puisse pas sentir sa propre odeur m’angoisse… (alors que je sens quelque chose moi… donc je me demande si c’est pire pour les autres ?)

        • ahhhh Raffa <3
          sinon, moi c'est l'inverse, lorsqu'il m'arrive de raser mes aisselles (ptêtre une ou deux fois par an) j'ai l'impression de transpirer à fond et de sentir beaucoup plus la transpiration.. alors qu'avec mes poils, je ne transpire pas beaucoup (en tout cas je n'ai pas d'auréoles mouillées sous les bras) et niveau odeur je trouve que c'est moins flagrant…

          comme quoi.. pour chacune c'est complétement différent !

      • J’avais dit que pour moi la pierre d’alun ne fonctionnait guère (sans poils je ne peux pas vous dire vu que ça ne m’arrive plus). Ceci dit j’ai à présent un bon déo (un truc chimique d’une marque hypocrite dont je tairai le nom et que j’ai eu en « seconde main ») et je ne perçois pas de différence avec avant. Peut-être parce que juste avant je me savonne vite et bien tous les jours ?

        • merci pour les conseils ! j’avais essayé il a quelques temps le déo weleda « citrus » mais même si l’odeur me plaisait, j’etais moyen convaincue de l’efficacité. je pense tenter celui à la sauge qui est plus antibacterien, peut etre couplé a la pierre d’alun ? en parlant de ca, pouvez vous me dire si cette pierre tache/abime les vetements ? car je porte énormément de noir.

          mais pour revenir au sujet je pense que le « problème » de l’odeur est une partie importante du tabou des poils. Aujourd’hui on ne dois pas « sentir », sauf le savon ou le parfum. en fait les odeurs corporelles aussi sont plus ou moins tabou. y compris pour les poils pubiens : combien de fois j’ai entendu cette réflexion qu’un sexe est plus propre, moins odorant, sans poils. a mon sens il y a une différence entre odorant et malodorant, mais je remarque quand même que pour énormément de gens, même si une odeur de sexe « propre » (sain) est tolérée pendant l’acte, le nec plus ultra c’est quand même le parfum vanille ou ylang-ylang…

          • Moi j’utilise pas de déodorant… Je me demande si les mauvaises odeurs ne sont pas dues à un régime alimentaire déséquilibré (une étude à montré que les végétariens ont une odeur de transpiration moins désagréable). Après tout dépend de la tolérance aux odeurs corporelles.

          • A l’âge de 12/14 ans, j’étais très poilue sous les aisselles et sur les jambes, c’était vraiment touffu. Ma mère ne m’avait jamais proposé d’enlever ces poils, ne le faisant pas elle-même elle y a surement pas songé. Sauf que moi je n’osais pas lui demander ou agir. C’est ainsi que se fût les pires années de ma vie, j’ai vécu le rejet, les insultes, la solitude et voir même des menaces. Et non, ce n’était même pas pour les poils (du moins directement), mais pour l’odeur. Car je ne montrais jamais mes jambes (et heureusement, je leur aurai tendu des bâtons en faisant cela), je portais toujours des t-shirts de façon à ce qu’ils ne voient pas mes aisselles, mais voilà, j’avais beau avoir une hygiène « normale » (une douche par jour, j’imagine que ça va), ça ne suffisait pas.
            Le jour où j’ai passé mon premier coup de rasoir, c’était déjà visuellement incroyable la différence, niveau odeur, ma transpiration a totalement changé.
            Maintenant, étant adulte, je me rase les aisselles, je vois nettement la différence olfactive entre la peau rasée et des poils de quelques mm. Pour ce qui est de mes jambes, si je dois les montrer, je me rase, sinon je laisse pousser des jours et des semaines mais je suis 3 fois moins poilue qu’avant, mais voilà je n’oserais pas m’exposer poilue, la mentalité des adultes est pourtant je pense moins cruelle que celle des enfants/ado, je dois dire qu’il faut du cran pour assumer ses poils de nos jours (et pas forcément que pour les femmes). Je pense qu’il faut avoir en quelques sortes du répondant pour arborer ses poils afin d’éviter le rejet tant que la norme sera au glabre.

          • Je me demande si c’est pas un peu psychologique cette histoire d’odeurs? Je ne pense pas qu’il y ait une odeur plus forte avec les poils, du moins je n’en ai jamais eu l’impression.
            En plus ça me parait normal d’avoir une odeur corporelle, si même ça on ne l’accepte pas, on ne pourra jamais rien accepter de nous, jamais accepter nos corps.

  17. Ah les poils, quel debat debat. (si debat il y a vraiment?)
    Bon ca va etre du racontage de life. (et desolee, je n’ai pas les accents)

    Je suis completement consciente de cette norme, et ca me revolte assez. Mais je me sens pas capable d’assumer mes poils pour le moment.
    La c’est l’hiver, donc je fais le « yeti », je m’en fous un peu, mais je pense pas etre capable de continuer cet ete. Meme si je ne m’epile pas souvent en ete… quand meme. J’ai toujours l’impression que les gens me regardent en fait. C’est fou, alors que non je crois. Je crois que je suis allee a la piscine sans etre epilee (c’etait pas prevu) et j’avais des poils aux pattes et finalement, j’ai eu l’impression qu’il n’y avait que moi qui voyait ca.

    En plus, je tombe toujours (mais tous c’est fou) sur des mecs (avec qui je sexouille) qui n’aiment pas les poils. deux d’entre eux m’ont dit « tu sais si tu avais moins de poil au pubis, je pourrais te faire un cunni ». Le dernier il a fait ca de maniere detournee « mais toi, quand tu fais une pipe ca te derange pas les poils? » (mais je connaissais deja sa position)

    Du coup, en general, je m’epile quand je sais que je vais sexouiller. (je le vis comme une contrainte) La derniere fois je l’ai fait pas, mais j’ai evite de le montrer.

    Du coup c’est un peu compliquee. En plus, je vais (sous l’idee de mon sexouille friend) de m’acheter de la lingerie sexy (c’etait son idee, et au debut j’etais « mnrfff » et puis finalement, je trouve ca super jolie) et c’est vrai que je ne vois pas me mettre un bel ensemble sans m’epiler du coup. Et je le ferais clairement pour plaire et faire plaisir a mon partenaire. Ca me parait deja moins vicieux de le faire clairement pour quelqu’un.

    Mais bon, ca m’enerve qu’on me dise « t’es poilu, epile toi », cette norme m’insupporte. Moi, j’aimerais trouve un equilibre en fait.

    Voila, fini. (desole, il doit y avoir plein de fautes)

    • Pas facile en effet… Je pense que c’est déjà bien d’avoir conscience qu’on subit une norme. Moi franchement j’ai mis assez longtemps entre cette prise de conscience et le fait de laisser un peu pousser. Et puis si les mecs de ta vie ne t’aident pas, c’est encore moins facile.
      Moi ça me dérangerait beaucoup cette remarque sur le cunni parce que je pense qu’au fond s’il me dit ça c’est qu’il n’a pas envie de le faire et comme c’est un geste très très intime et très fort au niveau du rapprochement des corps, ça me dérangerait qu’un mec le fasse s’il n’en a pas vraiment envie. Donc je prendrais cette remarque un peu comme une forme de chantage insupportable (même venant d’un amant avec qui il n’y aurait pas de relation amoureuse). Mais bon c’est un vécu personnel, tout le monde n’a pas la même vision de cet acte.

      • Oui, c’est complique.
        Ba pour le cunni, je le vis comme un chantage ! Quand il m’a dit ca (le dernier en date) je lui ai dit « mais va en faire a d’autres filles ! » En plus, lui il voudrait l’intégrale, et c’est juste pas envisageable pour moi. Pour l’instant, on est en phase de negociation. haha.

        Mais c’est enervant, parce que c’est lui qui a un probleme avec les poils, ca agit sur lui comme un repoussoir. Et j’ai bien envie de lui dire que c’est son probleme pas le mien sur le coup.

        Mais oui, quasiment tous mes aventures recentes, les mecs aimaient pas, ca me deprime un peu.

        •  » va en faire à d’autres filles  » ah ah! réaction géniale!
          Devoir se fabriquer un corps étranger au sien,contrefaire son sexe en ch*tte…
           » va acheter de la lingerie  » sexy « ! , épile toi et attention je veux l’intégrale !  » Je n’en reviens pas. C’est une attitude de proxénète.

    • J’ai déjà entendu (ou lu) cette remarque sur la lingerie : « mais j’ai envie de porter de la jolie lingerie et c’est moche avec des poils ». Le problème c’est que même les créateurs de lingerie aujourd’hui partent du principe que tu fais l’intégrale : / . À l’époque ou les femmes ne s’épilaient pas le sexe la lingerie n’était pas transparente. Donc, est-ce qu’on achète des vêtements adaptés à son corps ou est-ce qu’on modifie son corps pour l’adapter à ses vêtements?

      Effectivement, au moins tu es lucide sur les raisons qui te poussent à t’épiler. C’est à toi de peser le pour et le contre.

    • pour Hushuuu qui parle de « chantage au cunnilingus », je suis outrée mais je comprend à la fois… personellement je m’épile pour sexouiller comme tu dis (hi hi j’aime bien) justement pour éviter les reflexions – et éviter de penser a ce que l’autre pense mais ne dit pas. au moins j’ai l’esprit tranquille et présent à ce que je fais. j’ai conscience que c’est pas très très terrible comme raisonnement… je cède vraiment à 100% à la norme pour réduire les tensions psychologiques au minimum et profiter de l’instant. en fait je suis une putain de flexitarienne du poil…. pfouah…

      (j’ajoute qu’a mon sens – et ca concerne aussi les hommes – non épilé ne veut pas dire 100% en liberté, c’est vrai qu’il n’est pas très agréable de se retrouver avec un poil trop long sur la langue… je trouve même ça vraiment déplaisant. racourcir un peu bien souvent ca suffit, et hushuuu, tu dira a ton ami que le clitoris est glabre !)

      • @Chaminou @Watermelon @Ax : Merci pour vos commentaires.
        Ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule dans ce dilemme.

        @Chaminou, merci pour ton article. Alors, le probleme c’est que mon dernier sexouille friend s’epile aussi (et d’autres aussi). T’imagines la pression. Le mec s’epile donc il veut que je veux fasse pareil, c’est encore plus dur de resister. Je trouve ca totalement injuste mais si c’etait un mec poilu je lui dirais « ben vas y toi fais le! » mais la je peux meme pas !

        @Watermelon : ca va que je m’achete que de la lingerie de base genre slip Dim ^^ et que la jolie lingerie c’est exceptionnelle. Mais c’est vrai que tous ces trucs transparents c’est un chiant.
        Franchement ça me triture l’esprit les poils. :-///

        @Ax : Non mais oui, je faisais ca avant. Des que je savais que y’avait une possibilite je m’epilais au cas ou. C’est la premiere fois que je resiste. Je suis fiere et en meme temps j’etais pas a l’aise devant lui du coup. J’ai vraiment du mal a assumer.

        Pour le moment, pour la négociation, j’ai propose de faire une epilation echancree (car avant j’epilais juste le maillot normal) et de tondre un peu le reste, il a dit que ca lui convenait. Meme si je suis pas tres fan de tondre, ca risque de repousser non? (je fais a la cire sinon)

        • Ah, en effet… Dans ce cas peut-être que tu peux te contenter de dire que toi tu préfères laisser au naturel, que ça ne t’intéresse pas et voilà tout ?! Facile à blanc comme ça, je sais… mais après tout… En tout cas ça me questionne cette démocratisation du glabre également chez certains hommes !

    • une fois mon mec a posé un regard lourd sur mes poils , sans rien dire . J’ai dit « ne pense même pas a essayer d’aborder le sujet ou tu sors » .
      On es toujours ensemble.
      En fait ils ont l’impression qu’en ne s’épilant pas on leur enlève quelque chose . Ce n’est pas que ça les dérange techniquement , c’est qu(ils ont l’impression de se faire rouler, d’avoir une nana non conforme , d’être moins homme , d’avoir moins de valeur, d’avoir un trophée plus moche que celui des autres.
      bref une fois il y en a un qui m’a dit « une fille qui ne s’épile pas, c’est une fille qui a perdu tout respect pour elle-même »
      IL est sorti. j’en ai trouvé un autre pas longtemps après. Beaucoup mieux. Plutôt poilue que mal accompagnée.

      • et puis j’ai envie d’ajouter qu’il y a des chances qu’il t’emmerde avec ça parce-qu’il le peut, et qu’il sait que tu n’as pas confiance en toi sur ce terrain (comme je te comprends, j’ai connu « la négociation ») , il y a aussi des risques que ce qu’il veuille vraiment, c’est que tu cèdes . Te voir céder, obéir , lui reconnaitre sa place de dominant .
        Attention, normalement dans une relation saine, personne ne fait pression sur l’autre pour qu’il obéisse.

  18. Par contre méfiance avec le site de poil à gratter… Sous couvert d’être un sympathique site féministe, il véhicule des idées nauséabondes. Avec leurs copains du mouvement « matricien », ils sont proches de l’extrême droite. Et le créateur des deux sites harcèlent violemment et régulièrement des amies à moi.

  19. beaucoup de commentaires sous cet article, je ne lis pas tout parce que le début des com’ m’agace déjà..
    c’était juste un petit mot au passage pour dire ô combien j’ai apprécié l’article.. étant personnellement une velue des aisselles, sexe et jambes (et « grosse » et à lunettes de surcroit – bouuhhh bouhhh) je ne peux que sourire en lisant tout cela.

    Je redirai juste pour l’anecdote quelque chose que j’ai déjà écrit sur plusieurs blogs traitant du poil, à 25 ans j’ai eu un mec (qui avait 25 ans aussi) qui, lorsqu’il a découvert mes poils sur les jambes a eu un haut-le-coeur et a failli vomir tellement ça l’a dégoutté et surpris.. il m’a ensuite avoué qu’il ne savait pas que les femmes pouvaient avoir AUTANT de poils sur les jambes et qu’il avait toujours cru que lorsqu’elles s’épilaient, c’était juste un ou deux poils qu’elles enlevaient à la pince à épiler…

    ça en dit long sur le nombre de représentation de femmes poilues que l’on trouve partout depuis 20 ans… et c’est effarant.. de toute ma vie sexuelle, je n’ai rencontré que et uniquement deux partenaires que mes poils ne gênaient pas et à ceux qui trouvent ça dégueu, épouvantable, rebutant et tutti quanti, je leur propose en général de m’épiler les jambes s’ils le font aussi… et devant leur refus catégorique de « perdre leur virilité », je leur propose ensuite d’aller acheter de la bonne cire et de passer deux heures à m’épiler les jambes, puis à les masser avec de l’huile pour les soigner de leurs blessures.. eh beh, en général, je n’ai plus de commentaires (quelques grognements mécontents de temps à autre) et je ne me suis jamais fait épiler par « mes hommes »…

    parce qu’ils se rendent compte à quel point c’est contraignant, cher, douloureux et une énorme perte de temps…

    Je pose nue depuis 4 ans pour des cours de dessins et de peinture, avec mes poils (que je rase peut-être 3-4 fois par année) et je n’ai JAMAIS eu de critique vis à vis de ça.. et j’adore particulièrement les débuts d’année scolaire, en face de 40 étudiants de 20 ans.. avec mes poils sous les bras etc.. c’est ma manière à moi de dire, on peut montrer son corps poilu sans complexe.. :D

    ah oui, par contre, étonnement, pour m’être retrouvée un jour assise sur un banc avec un couple de jeune devant moi, en short tous les deux, je me suis fait cette réflexion « je trouve normal et beau que la fille ait des jambes glabres et je trouve normal et beau que le garçon ait des jambes poilues » et cette réflexion me fait bien prendre conscience à quel point mon cerveau est lobotomisé par une seule version du beau et du normal.. et ça laisse à réfléchir !

  20. En occident, il est convenu qu’un mec doit se raser le visage tous les matins pour aller au travail. Cela lui coûte une fortune en rasoir, en bombe à raser, en crème hydratante. Cela irrite et vieilli sa peau, génère des coupures, parfois même cela s’infecte car en effet, l’humain se touche plus d’une centaine de fois le visage par jour… La plupart de mes potes me disent le faire pour eux-même, pour le bureau, que c’est un plaisir et que c’est une nécessité pour plaire aux femmes. J’aurai bien parlé de la cravate qui ressemble à une laisse mais je risque de m’éloigner du sujet ! ^^
    Le problème est que le poil symbolise l’animalité et notre société le traque chez l’homme et la femme pour nous donner un air civilisé… C’est le culte de l’apparence car il faut maintenir les apparances lorsque la civilité a disparu…

    • Sauf que tu peux être barbu dans la rue sans que tout le monde te regarde de travers. Donc l’injonction n’est quand même pas DU TOUT du même ordre.

  21. Quand je me suis rendue compte que je ne m’épilais pas pour moi mais par peur du regard des autres et surtout qu’il était possible de faire autrement, j’ai arrêté. C’est il y a plus d’un an, aujourd’hui.
    Je n’ai jamais été très fan du « il faut souffrir pour être belle ». N’empêche, à l’époque, j’ai eu des craintes pour mon « pouvoir de séduction ». peur du « qu’en dira-t-on » aussi. Puis je me suis fait la réflexion qu’un homme qui me jugerait uniquement par rapport à ma pilosité ne doit de toutes façons pas être très intéressant. Et que ce que les autres pensent, c’est leur problème, pas le mien.
    Je me sens bien avec mes poils. Je suis heureuse de ne plus consacrer du temps à me faire souffrir (c’était plus d’une heure chaque semaine pour avoir des mollets « corrects »). Je suis fière aussi de me dire que je propose aux enfants que je croise (ma filleule, mes élèves, les enfants d’amis ou les simples passants) autre chose que ce qu’ils voient toujours.

    • Bravo ! C’est ce que je me dis parfois aussi mais force est d’avouer que ça n’est pas toujours évident. Parfois on a tellement envie de… juste d’être tranquille, invisible, anonyme, en paix…

    • Hé ben dis donc… Insultes totalement injustifiées, donnage de leçon en série, condescendance mal placée, et « ha ben qu’elles sont connes toutes ces greluches qui lisent pas mon site haha elles on qu’à arrêter de s’épiler c’est tellement facile ».

      Franchement je tiens à dire pour les lecteurices que je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision. La réappropriation de son corps est un processus qui peut être long et difficile, qui peut se faire par étapes, ou même ne pas se faire du tout malheureusement; mais insulter les femmes qui n’y arrivent pas, ou même celles qui ne veulent pas faire cet effort, c’est encore faire le jeu du patriarcat, en disant aux femmes ce qu’elles doivent faire et en leur imposant encore des normes contradictoires (ce que je n’ai JAMAIS voulu faire, même si certain-e-s ont cru déceler une telle intention dans mes propos). Ma démarche est empathique et non pas autoritaire, elle consiste à questionner et faire questionner et non pas à imposer mes réponses, ordonner, interdire ou insulter. C’est peut-être trop « intellectuel » pour toi, mais je trouve ton attitude carrément pas éthique, et totalement déplacée si tu te dis féministe.

      • Très étrange cet article avec les commentaires…
        N’empêche on te propose quand même d’être secrétaire général de l’assoc’, la classe. :P

        • Punaise je viens de regarder quelques articles, ce blog envoie du lourd en terme de mépris, d’insultes et de grosse tête…aïe aïe aïe. Il se plaint qu’il n’y a pas de résistance en France, mais si ça doit ressembler à ça !
          Bref, moi qui en générale ne suis pas très militante (« pour vivre heureux vivons caché ») ce genre de choses me donnent juste envie de continuer comme ça, et c’est très bien.

  22. Ping : Injonctions, poil au… | Les Questions Composent | Féminisme et gender studies | Scoop.it

  23. Ben moi j’avais compris… :)
    Je me rase les poils des aisselles et des jambes only l’été. Pourquoi? Ben parce que l’été ça se voit. Que les « autres » le voient et que forcément ils vont penser « berk c’est dégueu ces poils sous ses bras! » cqfd, non?

    Alors en plus d’une injonction sociale implicite, il y a aussi une foutue connerie de penser encore à ce que les autres vont penser! ;)

    Mais je me soigne, parce que en fait avec mes poils je me sens bien et me raser ça me fait chier!

  24. Je partage ton analyse mais pas ta conclusion : comme tu le dis la norme sociale nous fait choisir entre 2 souffrances, celle par laquelle passer pour se conformer à la norme ou celle de la sanction pour non conformité. Donc c’est bien pour s’éviter une souffrance A SOI qu’on s’épile et se conforme aux canons. Même si cette souffrance est infligée par le regard des autres… Comme tu le dis la norme nous est inculquée depuis petits, et profondément. Personnellement je suis consciente du côté arbitraire et imposé de l’épilation, qu’intellectuellement je trouve même malsaine (ça sous-entend que ce qui est désirable c’est un corps de petite fille). Mais je ne peux pas me défaire de mon conditionnement, je ne peux pas imaginer me balader « tous poils dehors » (je suis brune donc bien pourvue). Je pense que même sur une île déserte je serais mal à l’aise de me voir devenir si poilue (heureusement j’aurais d’autres priorités à gérer, je pense ^^). Pourtant je progresse doucement, j’ai + ou – arrêté de m’épiler l’hiver. Et mon mari s’en fout à peu près. Donc c’est bien pour MOI que je m’épile, pour m’éviter une souffrance à moi plus que pour faire plaisir à quiconque, même si cette souffrance est issue d’une construction culturelle faite par d’autres.
    (désolée si le sujet a déjà été abordé dans d’autres commentaires, pas le temps de tout lire)

    • Je peux pas dire que tu as tort parce que parmi les femmes que je connais, et qui n’aiment pas s’épiler, la plupart s’épilent quand même l’été ou dans les situations où l’on risque de voir leurs poils.
      Donc je pense pas pouvoir minimiser cette souffrance.
      Mais je constate deux choses:
      -La première c’est que même si on se plie à toutes les injonctions possibles, on souffre quand même. Certaines sont contradictoires et puis on sera jamais comme la jeune ado de 16 ans et de 40kg photoshoppée en couverture de Elle.
      -La deuxième, et la plus importante, c’est que se détacher du regard des autres, c’est un travail sur soi à long terme, et un travail qui porte ses fruits. Et qui ne concerne pas que les poils, pas que la beauté, et qui est, à un certain niveau, carrément nécessaire.
      Je veux pas dire: « arrêtez de vous épiler ça sert à rien ». Non, vraiment pas, je sais que certain-e-s l’ont compris ainsi mais ce n’était pas mon message. Ce que je veux dire c’est : de toutes façons, que vous vous épiliez ou pas, il FAUT faire ce travail sur soi qui consiste à se réapproprier son corps, se réapproprier son image, se distancier des normes apprises (dans TOUS les domaines et d’ailleurs j’ai beaucoup apprécié tes articles sur l’éducation non violente, pour moi ça en fait partie, car on a appris bien des dogmes en matière d’éducation); et qu’il faut aussi faire ce travail sur soi qui permet de se distancier du regard des autres, de ne plus être aussi touché-e par les jugements d’autrui (parce que de toutes façons, on sera TOUJOURS jugé, quoi qu’on fasse, pour nos poils, nos fringues, notre tronche, notre surcharge pondérale, notre façon de parler, ou que sais-je). Et donc ça il faut le faire et même si on le fait LENTEMENT et qu’on n’arrêtera JAMAIS de s’épiler malgré qu’on le fasse (parce qu’il faut quand même un bon niveau de « j’emmerde-ceux-qui-sont-pas-contents » pour aller se baigner avec une pilosité naturelle, niveau qui dépend pas seulement de cette évolution mais aussi de si on est bien entouré socialement et au jour le jour de quel pied on s’est levé / ce qu’on a bouffé le matin), donc même si on n’arrêtera peut-être jamais de s’épiler, je pense que c’est quand même nécessaire. C’est une question de développement personnel, ce n’est en fait même pas tant une question de ne plus souffrir, mais d’être heureuxse.

      Après au jour le jour hé bien si on se sent mieux en s’épilant, ben qu’on s’épile, voilà. Moi en ce moment je me sens mieux sans le faire parce que ça me fait chier de le faire, parce que c’est cher, parce que mine de rien je commence à aimer ça avoir des poils (ben ouais finalement quand on s’habitue c’est pas si moche, ça a même un certain charme « naturel », et en plus ça fait un bien fou de ne plus avoir la peau des aisselles irritée en permanence comme je l’ai eue depuis ma puberté soit plus de la moitié de ma vie). Cet été je sais pas encore si je serai toujours dans cet état d’esprit, je sais pas comment je le vivrai si je reçois des insultes ou autres, mais je verrai bien, et j’espère que je ne me sentirai pas obligée de m’épiler. En tous cas je ne fais pas une fixation sur ça (même si on pourrait le croire surtout que je prépare encore un autre article sur nos amis les poils). L’important c’est comment on se sent.

  25. Juste merci…J’en ai marre de cette discussion avec mes connaissances qui ne sont pas très féministes, je les renverrai sur ton blog (renvoyer le problème à quelqu’un d’autre,c’est assez cool comme stratégie). Je ne négocie plus rien, avec un partenaire ou autre (en fait, je n’ai jamais négocié, je trouve que ça ne se négocie pas), mais je continue à faire un minimum d’arrachage… J’espère arriver à plus de détachement, mais le maillot avec poils+cellulite, je ne crois être capable de déjà l’affronter. Donc, merci, c’est un encouragement dans cette voie.

  26. Un article de blog (http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/02/les-guerres-pubiques-.html) assez lié au sujet, puisqu’il parle lui aussi de poils … certes pubiens !

    Mais la question est là : est-on dans le complot masculiniste ou dans le phénomène de mode éphémère ? En conséquent, je serai très intéressé par un traitement égalitaire de la question puisque cette même pression poilue s’applique aujourd’hui aux hommes (à quel degré, le débat est posé).

    De nos jours, le mâle sexy est épilé; l’homme-ours semble un vain reliquat du passé et le fantasme moderne s’adresse plus au beau blond glabre, musclé et bronzé qu’au canadien bûcheron.
    Voilà peut-être une piste qui extrait cette réflexion d’une pure orientation sexuée et la ramène sur le plan de la mode.

  27. Ping : Déconstructions des clichés les plus courants au sujet du féminisme. | L'Égalitarisme c'est pas ce que vous croyez !

  28. Juste un truc : pourquoi ce refus du soutien-gorge ? Perso, je fais du 90D et je peux pas me passer de soutien-gorge plus d’une demi-heure.
    Après, sur la forme du soutien-gorge, je ne dis pas, ça pourrait ne pas être un outil de valorisation des attributs de séduction ou je ne sais quoi d’autres, mais en attendant, on ne peux pas vraiment vivre sans sans se détruire le corps…

    • Ho je ne refuse pas le soutien-gorge. Simplement si on trouve insupportable de sortir sans soutien-gorge (même si on a une grosse poitrine), c’est parce qu’on est habituées à en porter. Pendant un temps, je m’étais déshabituée et je trouvais beaucoup plus agréable de me promener sans (pourtant je n’ai pas une petite poitrine). J’aurais même pu aller faire un jogging sans soutien-gorge si j’avais pris le temps de m’y habituer. Car ce sont des muscles qui soutiennent la poitrine, et donc plus ils travaillent plus ils se renforcent. Les rares études qui ont été faites sur ce sujet (notamment chez des équipes de volleyeuses) semblent montrer que faire du sport sans soutien-gorge aiderait la poitrine à « remonter » et que ce serait en fait le port de soutien-gorge qui ferait que la poitrine s’affaisse.
      C’est logique, comment les muscles qui soutiennent la poitrine peuvent se développer si on ne les fait jamais travailler? Il existe également des exercices spécifiques qui visent à développer cette musculature et permettent d’éviter l’affaissement de la poitrine.

      En plus de ça, comprimer la poitrine empêcherait la circulation de la lymphe et provoquerait des cancers du sein. J’ai lu une étude qui montrait que les femmes ne portant jamais de soutien-gorge avaient moins de cancer du sein, cependant l’effectif était trop faible pour tirer des conclusions définitives, mais ça mériterait d’être creusé.

      Donc le véritable rôle du soutien-gorge n’est pas de soutenir la poitrine (qui a tenu toute seulement pendant des millénaires et ne semble avoir besoin d’être soutenue que depuis, je sais pas, 200, 300 ans?). Je pense que son rôle était plutôt esthétique à la base. Maintenant évidemment, quand on en a porté toute sa vie, il devient insupportable de s’en passer, surtout quand on a une poitrine moyenne ou importante.

      Ce qui me fait voir le soutien-gorge comme un outil d’oppression c’est que quand je suis rentrée en France, j’ai du reporter des soutien-gorges alors que je n’en avais pas envie, parce que les gens me regardaient vraiment bizarrement, parfois avec des regards carrément lubriques, et je me suis souvenue dans ma jeunesse avoir été agressée (attouchements à la poitrine dans la rue) et donc je ne me sentais pas d’affronter ces regards. Une personne que je connais qui se balade sans soutien-gorge a parfois des remarques déplacées de la part de parfaits inconnus. Les gens ne sont pas habituées à voir les mouvements naturels d’une poitrine qui n’est pas comprimée.
      Alors bon maintenant que je me suis réhabituée aux soutifs c’est vrai que je ressens le besoin d’en porter, mais en même temps je trouve parfois ça très inconfortable et ce qui m’énerve c’est que je sais que le regard des gens par rapport à ma poitrine c’est (au moins en partie) ce qui me pousse à la comprimer pour pas que ça bouge et pour qu’on me foute la paix…

      edit: exercices pour la poitrine
      Bon par contre dans cet article elle conseille de porter des soutien-gorge et même des soutifs de sport (ce qui n’est pas très logique vu qu’elle parle de muscles à développer) et je retrouve plus les articles sur les effets du soutien-gorge sur l’affaissement de la poitrine…

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  31. Ping : Epilation | Pearltrees

  32. J’aime beaucoup cet article. Je trouve qu’il dit tout ce qu’il y a à dire, enfin je m’y retrouve quoi.
    L’autre jour, je parlais de poils avec mon frère, du fait qu’on en avait pas beaucoup et de ce qu’on en faisait, et spontanément je lui ai montré mon aisselle  »d’hiver » et ses trois poils et demi poussant en toute liberté. Il a été (un peu) choqué, je pense qu’il aurait eu la même expression dans les yeux si je lui avait proposé de voir mes poils de pubis (sauf que là il serait parti en courant). Pour dire, je ne pense pas que ce soit essentiellement du dégoût (même si notre contexte familial s’y prête beaucoup !), mais aussi de la pudeur, l’impression que de voir mes poils d’aisselle c’est parfaitement déplacé. C’est ce que j’ai senti dans son regard. J’ai trouvé ça fort intéressant, interrogeant. Je suis en plein questionnement sur les poils en ce moment, et notamment sur les similitudes rationnelles entre les aisselles et le pubis, et les différences de traitement et de représentation que je leur inflige. En gros, si je considère les poils de pubis comme jolis, naturels et franchement érotiques, pourquoi autant de haine envers mes poils d’aisselle ? Pourquoi ils seraient sales, moches, et surtout tuent l’amour ? D’autant que la réaction gênée de mon frère me rappelle ma propre pudeur maladive quand mes poils ont commencé à pousser – ce n’était pas uniquement quelque chose de sale à arracher, mais aussi quelque chose de sexuel à cacher.
    Donc j’ai toutes ces questions dans la tête, et en même temps, je sais que je ne suis pas prête de faire face à la punition sociale qui aurait lieu si je gardais mes  »aisselles d’hiver » en été. Et je ne parle même pas des jambes.
    En revanche, je ne comprends absolument pas qu’autant de femmes et de filles s’arrachent les poils du pubis, qu’on ne voit même pas en société – et qui font franchement plus mal que ceux des jambes ! Ça me semble vraiment important de tout faire pour que ça ne devienne pas une norme comme les jambes et les aisselles, qu’on garde un peu de liberté dans nos culottes. J’ai déjà eu du mal à faire amie-amie avec le contenu de ma culotte, si en plus j’avais eu à me battre contre une norme du pubis galbe, bonjour la galère.

    • Je trouve les réactions des gens assez amusantes par rapport aux poils d’aisselles. (enfin, j’ai pas encore eu droit à des insultes ou à des menaces, cela dit). Mais je pense que la norme du glabre aussi bien au pubis qu’aux aisselles c’est une façon de réprimer la sexualité féminine puisque ce sont des poils qui apparaissent à la puberté et sont liés à la sexualité. La femme sans poil c’est aussi l’idéal de chasteté féminine…

  33. Bonjour

    Je suis tombé sur ce blog par le biais d’un forum feministe sur lequel je suis tombé par hasard . Parcourant l’ensemble des sujets j’ai été surpris que la pilosité féminine puisse être un problème .
    Mon épouse s’épile les jambes de temps en temps et c’est tout et cela depuis que nous sommes mariés (41ans ) .Nous avons bien conscience que c’est une pression externe qui entraine cela .Mais que la présence de poils aux aisselles et au pubis puisse être un Pb ne nous a jamais effleuré l’esprit .
    Nous avons lu par ailleurs que c’était lié au porno sur internet !!!
    Que le porno puisse être créateur de norme sociétale me fait hérisser le poil!!
    Bravo pour vos billets décoiffant

  34. Bonjour,
    Merci pour cet article. Je dois avouer que je n’ai pas eu le courage de lire tous les commentaires donc, je demande pardon par avance si je fais doublon.

    Je suis dans une période de…questionnement oui, le mot doit être approprié. Peut être que d’ici quelques mois je ne me raserai plus du tout. Pour l’instant je continue à « m’entretenir » (loleuh). Pas prête à supporter le regard des autres. Mais je n’en suis plus à devoir passer des heures pour être « nickel ». Pourtant les beaux jours revenants, je me suis à nouveau sentie obligée de raser aisselles et gambettes. Que de contradictions décidément. Enfin bon, j’étais pas partie pour parler de ça m’enfin ! (dernière petite digression, c’est marrant parce que j’ai l’impression que les gens sont plus facilement rebutés par les poils aux pattes plutôt qu’aux aisselles, alors que de mon côté, c’est plus ces derniers qui me poseraient problème)

    Je voulais plus revenir sur les poils pubiens. Ce sont ceux que j’ai le moins maltraité finalement parce que, l’épilation…. AOUTCH ! Et le rasage est bien inconfortable, peau trop sensible, repousse insupportable, enfin v’voyez quoi. Donc, je me contentais d’un rapide maillot lorsque qu’une baignade s’annonçait et basta. Aucune envie de faire plus. Jusqu’à ce que l’un de mes précédents partenaires me le suggère. Plus pour rire qu’autre chose. Essayer de comprendre quel était l’intérêt d’une telle chose. On a donc fait ça en rigolant comme deux gros débiles dans la baignoire. Et ensuite, le choc ! Une fois les poils envolés (au rasoir hein, je n’ai jamais été masochiste, surtout pour un « jeu » stupide ». Je ne connaissais pas encore les adorables moments de la repousse)… mais donc, une fois les poils envolés, et bien la peau était là, toute disponible, sans aucune barrière pour ressentir caresses et autres douceurs… Ouais, bien bien sympa. Une agréable surprise. Mon mec du moment n’a pas trouvé ça visuellement plus excitant ou autre, par contre l’effet que ça m’a fait, il a plutôt apprécié ^^.
    Enfin bon, c’est fou cette manie que j’ai d’écrire un roman pour dire des choses simples ! J’aurais juste pu me contenter de dire que sans les poils, on ressent mieux le toucher. Mais il m’aurait alors semblait que ce n’était pas assez complet pour bien comprendre… comprendre quoi ? Je ne sais pas.

    ENFIN BREF !
    Donc ce nouveau petit plaisir s’est vite retrouvé contrebalancé par les horribles démangeaisons et autres petites choses bien sympa de la repousse. Hum dilemme ! Ajouté à ça, chéri-mignon a de son côté découvert que ce n’était pas désagréable de ne plus avoir de poil sur la langue hein. Et j’ai donc depuis adopté le principe de la tondeuse. J’aime à y voir un compromis, me permettant d’avoir tous les avantages sus-cités, tout en n’ayant pas à me contraindre à une pratique désagréable pour correspondre à une norme débile et oppressante. Et comme je suis loin d’être sûre de ne pas me complaire dans cette oppression, je me réconforte en me disant que bon, comme je ne suis pas non plus très disciplinée dans la régularité de mes tontes…. :D

    Enfin voilà, je ne sais pas si ces deux points ont déjà été abordés plus haut mais, ça peut jouer quand même, ces petits bonus de plaisir sexuel, non ?

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  44. Bonjour l’elfe.

    J’interviens longtemps après la bataille, et j’ai pas lu non plus les commentaires. Mais je remercie encore cette chère Lulutine qui m’a donné l’adresse de ton blog, où j’y découvre des texte qui font résonner en moi des choses dont j’avais pas vraiment conscience, malgré le chamboulement des normes dont j’ai déjà pu faire preuve…

    C’est débile d’avoir envie de te raconter ma vie, mais je me dis que si tu as un blog, c’est aussi parce que tu aimes en lire les commentaires, donc je vais céder à ma pulsion de t’écrire ma vie, enfin, celle que ton article fait résonner.

    J’ai eu la chance de grandir avec des parents qui tentaient de contre balancer les injonctions. Je me souviens parfaitement quand ma mère m’a surprise toute jeune pré-ado avec une crème dépilatoire, m’a montré ses jambes, avec peu de poils, mais épais et noir, et de me menacer : « regarde tes mollets : ce n’est que du duvet blond. Plus tu les couperas et plus ils repousseront durs et noirs ! »
    Du coup, j’ai quasiment jamais rasé. Mais épilé. Oui, bien sur.
    C’est pas possible autrement quand on fait de la danse classique.

    Je me souviens de ma grande honte, à 16 ans, dans mon tutu du lac des cygnes, elles m’ont toutes bien fait comprendre qu’il était absolument inenvisageable de monter sur scène avec les poils pubiens qui dépassent et les aisselles garnies. Comme l’épilation de ses coins là demande une certaine technique que je n’avais pas, j’ai rasé.
    Les poils pubiens rasés cette années là ont repoussé plus noirs, plus drus, et aux endroits où ce n’était pas « indispensable », car non visible, j’en garde encore une rancœur noire, une honte inavouable, je n’ai jamais compris pourquoi j’avais continuer à me raser alors que ce ne serait visible de personne, pourquoi j’ai trouvé sur le coup de « ça faisait plus joli ». Plus joli pour quoi ? Pour qui ? (j’avais une vie amoureuse nulle à l’époque et m’en portais assez bien)

    Bref, depuis, je fais avec l’injonction comme je peux.
    Mes maillots de bains sont des boxers.
    J’épile une partie de mes aisselles (à la main, le plus souvent ça permet de n’arracher que les plus longs, de laisser le duvet) pour que ça fasse moins « touffu », explicitement parce que je sais que cela fait plaisir à mon compagnon. De même pour le « maillot ».
    J’arrache depuis peu, de temps en temps, les poils de la vulve et interfessiers pour les plaisirs sexuels (à la fois celui de mon compagnon et les sensations que j’y gagne)
    Et les mollets ? Bah… j’ai beau trouver mes jambes poilues plus belles que celles piquetées de rouges d’une peau agressée, tous les étés, je retrouve épilateur et autres galets dépilatoires…
    Et cette pointe de phobie quand mon dernier amant pose ses mains sur ma jambe « il en pense quoi, de mes jambes ? des poils sous la peau que je suis pas allée chercher ? que va-t-il en penser cet hivers quand je les laisserais repousser »
    L’attaque n’est pas très longue, quelques secondes à peine suffisent pour m’assurer qu’à priori, il n’en pense pas grand chose, et que de toute manière, cela fait partie de ma légitimité à disposer de mon corps.
    Mais quand même.
    En arriver à se faire peur pour des broutilles pareilles, alors que je me croyais relativement épargnée face à l’injonction à être féminine… C’est flippant…

    Merci de m’avoir aidé à remettre le doigt dessus.
    Je lui demanderais, à l’occasion.
    Et le cas échéant, je me retrouverais peut être à m’épiler également en hiver. Pas pour moi. Pour eux…

  45. Ce poil, décidément, déchaîne les passions. J’interviens à contre-temps dans ce débats touffu pour approuver la thèse de l’Elfe qui trouve un appui indiscutable dans l’Histoire.
    Le poil est d’évidence un effet de mode, laquelle est une construction sociale. Lorsque j’étais adolescent (et que, ainsi que le disais ma grand-mère, j’ai commencé « à fréquenter »), les femmes étaient, du côté du pubis notamment, considérablement plus velues qu’aujourd’hui et cela ne posait aucun problème. De la même manière, la silhouette féminine regardée comme sensuelle était beaucoup plus ronde (pas difficile par rapport à aujourd’hui). Ces modifications de la mode ne datent pas d’aujourd’hui, ni même d’hier: regardez les nus des XVIe et XVIIe siècles: que de belles femmes délicieusement dodues qui serait regardées aujourd’hui comme abominablement grasses. Et toutes d’une pâleur qui aujourd’hui ferait fuir. C’est que jusqu’à l’entre-deux-guerre à tout le moins, la pâleur était signe de distinction; alors que cette même distinction (ou prétendue telle) commande aujourd’hui d’être bronzé à la lampe à souder.
    De telles modes visaient aussi les hommes: par exemple, à la fin du XVIe siècle, à Paris, un homme de qualité se faisait raser les poils du torse et c’était du « dernier chic ». Et que dire des tribulations des barbes et des moustaches !! En vous donnant un peu de peine vous trouverez (dans la Belgique Judiciaire de 1844, t. II, page 1202 et une recension sur le mode humoristique en a été faite dans le Journal des Tribunaux, 2004, page 878 – allez vérifier si vous ne me croyez pas) un arrêt de la Cour de cassation de France (chambre des requêtes), rendu le 6 août 1844 sur conclusions conformes du ministère public. Il s’agissait pour la Cour de statuer sur un pourvoi dirigé contre une décision disciplinaire du tribunal d’Ambert faisant défense à deux avocats de se présenter à l’audience « en moustaches » et leur infligeant au surplus la peine disciplinaire de la censure pour l’avoir fait, malgré les avertissements réitérés du président. La lecture du rapport du conseiller-rapporteur, un sieur de Gaujal, retrace l’histoire du port de la barbe et de la moustache depuis le règne de Louis le Gros jusqu’au Consulat (pour ceux que cela intéresse, le pourvoi fut rejeté, tant pis pour les moustachus, au motif que « les cours et tribunaux sont juges souverains de la question de savoir si tel ou tel fait est de nature à porter atteinte à la dignité de la Justice et au respect qui lui est dû »).
    Bref: de la mode, toujours de la mode, donc une pression sociale (et même judiciaire ainsi qu’en témoigne cet arrêt de la Cour de cass.)
    Moi, cela fait 22 ans que je porte des moustaches; j’ai commencé à un moment où c’était du dernier ringard. Mais que voulez-vous: depuis ma plus tendre enfance, j’admirai tant l’abbé d’Herblay (Aramis), le chevalier d’Artagnan, le comte de la Fère (Athos) et ce brave monsieur du Vallon (Porthos), tous porteurs de si fières et splendides moustaches….

  46. Justement ayant subi les mêmes pressions dans mon enfance et dans ma vie amoureuse, je constatais à quel point l’épilation totale me rebutte du point de vue esthétique…. oui voir que la peau pour une femme, je ne trouve pas ça beau. Je me rase un peu mais pas partout et je suis très impressionnée de me retrouver seule à la piscine avec du poil aux pattes et en même temps, même s’il y a un côté complexé de n’être pas comme tout le monde, je dois avouer que j’aime encore moins ces peaux lisses et bronzées sans le moindre poil.

    Très bon article, enfin quelqu’un qui ose dire tout fort ce que d’autres pensent tout bas :-)

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  49. J’aime beaucoup ton article, que je viens de découvrir au hasard d’une recherche sur le net, je m’en vais parcourir de ce pas le reste de ton blog.

    Je me suis permise de mettre (modestement !) un lien vers ton post dans mon dernier billet, j’aime ce type d’articles qui font réfléchir ! Merci, ça fait du bien !

  50. Cf. mon commentaire précédent en fait!
    Je veux bien croire que la pression sociale façonne notre approche des poils (et de la manière dont on s’apprête pour sortir), mais quand les poils ont commencé à me pousser un peu partout et que j’ai voulu enlever tout ça, ma mère était contre. Elle ne s’épilait pas les bras, et j’avoue n’avoir jamais accordé la moindre importance aux aisselles des autres avant ça. Sans compter que je vis dans une région où les températures sont assez fraîches et où, par conséquent, on ne fait pas péter souvent le sans-manche…
    Et je n’ai pas la personnalité la plus forte au monde, mais si j’ai réussi à surmonter les pressions sociales pour le rose, les jupes, les talons, les visites chez le coiffeur, le maquillage et la vie sexuelle, je pense que si je n’avais pas voulu m’enlever les poils, je ne l’aurais pas fait. Après, je me surestime peut-être…

    • On est pas obligés de surmonter la pression sociale pour TOUT. D’ailleurs je pense que c’est impossible.

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