Les animaux d’abord

cochonVégane? Et l’écologie, alors? Et ta santé?

Ma santé, ça va, merci. Et je ne me lancerai pas – je ne me lancerai plus – dans une diatribe fustigeant la viande, ce poison, le lait cette arme de destruction massive, et sur comment je vais tellement mieux depuis que je suis végane et que j’ai perdu du gras du cul et toutes ces conneries. D’un élan désintéressé d’empathie fraternelle, d’une exigence de justice pour les animaux, le véganisme doit-il devenir un « mode de vie » branchouille? Si oui, alors allons-y, montrons nos beaux abdos et nos jolis cuisses fermes. Seul problème: les animaux s’en foutent.

Plus j’évolue dans le véganisme, et plus je me rends compte à quel point nous défendons mal les animaux. En fait, la plupart du temps, nous ne les défendons même pas, occupés que nous sommes à nous défendre nous-même. C’est clair que les véganes sont cools, intelligents et beaux. Et si nous étions tous cons et moches, devrait-on manger les animaux pour autant?

Autant de phrases ou d’idées qui occultent le sort réservé aux animaux:

« Le régime naturel de l’homme est frugivore »
Tu m’en diras tant… Malheureusement, je pense que c’est faux, au mieux c’est inexact. C’est vrai que nous avons une morphologie plutôt frugivore comme les chimpanzées et les gorilles. Mais même nos lointains ancêtres australopithèques consommaient des petits insectes ou des restes de charognes, et c’est ceux qui avaient le régime le plus proche du frugivorisme. Les chimpanzées ont beau être majoritairement frugivores, ça ne les empêche pas d’attraper des singes plus petits et de les bouffer. Et quand on examine le régime alimentaire de nos ancêtres (grâce aux dents fossilisées), il n’apparait pas que le moindre d’entre eux n’ait été strictement végétalien. En fait, la question de savoir si « le régime naturel de l’homme est frugivore » n’a rien à voir avec la choucroute. Les chats ont beau être carnivores, ça ne les empêche pas de brouter de l’herbe, donc même s’il était avéré que nous étions frugivores, ce ne serait pas une raison pour ne pas manger de viande du tout. Ceci étant, le plus gros problème que cette affirmation me pose, ce n’est pas qu’elle soit fausse, mais qu’une bonne partie des gens qui profèrent ce genre d’ineptie sont convaincus que le problème est là. C’est à dire que s’ils changeaient d’avis sur le « le régime naturel de l’homme », ils se mettraient à manger de la viande et des produits animaux. Ce qui signifie que la vie des animaux n’a pas de valeur pour eux. Et si elle a en a une, alors je ne vois pas l’intérêt de rester aussi attachés à de telles croyances et de débattre sans fin pour savoir dans quelle mesure les produits animaux sont mauvais pour la santé, ou pour essayer de prouver qu’il y a bien un « régime naturel » végétalien pour l’être humain.

L'homme est-il naturellement conçu…? NON, personne ne l'a conçu dans un but particulier. D'ailleurs, c'est une femme. Question suivante.

L’homme est-il naturellement conçu…? NON, personne ne l’a conçu dans un but particulier. D’ailleurs, c’est une femme. Question suivante.

Cela vaut aussi pour des arguments de type « aucun animal ne tète le lait d’une autre espèce ». En fait, dans la nature, aucun animal n’a vraiment l’occasion de consommer du lait d’une autre espèce. Si on leur en offre, la plupart ne disent pas non. Bien sur, on peut souligner le fait que nous n’avons pas besoin de boire du lait de vache, mais par pitié, pas d’arguments dignes de la manif pour tous, du genre « c’est contre-nature beurk ». La nature n’a rien demandé, rien exigé. La production laitière exige d’exploiter des vaches, de les abattre à un âge très jeune, de tuer leurs petits, (alors oui il y a toujours un éleveur pour dire qu’il en tue pas ses veaux ou ses chevreaux, qui change de sujet 25 fois quand on lui demande ou il les met, pour finir par admettre à demi-mot qu’il les vend à des gens qui les tuent, alors merci mais ce n’est pas la peine de me raconter des salades). C’est pourquoi les véganes se passent de produits laitiers, ce qui est tout à fait possible. Je ne vois pas ce que Mère Nature vient faire là-dedans.

La viande et le lait sont des poisons, les mangeurs de viande sont en mauvaise santé, obèses, diabétiques…

Non parce que tant qu’à être bouffés, les poulets doivent avoir de la peine pour nous qu’après on ait du cholestérol. Enfin, manque de bol, c’est tout simplement faux: on peut manger de la viande et être en parfaite santé. Bien sur il faut aussi manger des légumes. Un verre de lait de temps en temps ne nuira pas à la santé de la plupart des gens (sauf intolérants au lactose). ça nuira à la santé des veaux et des vaches laitières. Oui, ok, quand on mange beaucoup de viande tous les jours, c’est pas très bon. Mais manger du sucre raffiné en grande quantité n’est pas génial non plus, pourtant rares sont les véganes qui l’évitent totalement… Dire que les produits animaux sont forcément mauvais pour la santé, ça nous encourage peut-être à les éviter, mais ça a ses limites, tout simplement parce que ce n’est pas vrai, et qu’au bout d’un moment on en arrive à des contradictions flagrantes.

Bien sur, il est confortable de penser que l’alimentation qui nous convient sur le plan éthique est celle qui est le plus adaptée à notre physiologie. Mais, pourquoi ce serait vrai? Quelle logique, quel raisonnement permet de déduire que puisqu’un type d’alimentation correspond à nos convictions, il est forcément meilleur pour la santé? Pourquoi si nous rejetons un aliment à cause de la façon dont il est obtenu, doit-on en déduire également qu’il ferait du mal à notre santé? On peut bien sur en avoir la croyance, mais alimenter une croyance qui contredit certains faits scientifiques en en mettant d’autres en avant, c’est une fraude. Et tout ça pour prouver quoi? Que le végétalisme est meilleur pour la santé. Et les animaux alors? Ne méritent-ils pas d’exister?

Sexisme, grossophobie et arguments à côté de la plaque: la campagne "sauvez les baleines". SÉRIEUSEMENT, PeTA?

Sexisme, grossophobie et arguments à côté de la plaque: la campagne « sauvez les baleines ». SÉRIEUSEMENT, PeTA? Et les animaux là-dedans?

A quoi sert d’être végane si c’est pour imiter la viande?
ça sert à ne pas tuer d’animaux. ça vous la coupe, non?
Apparemment, cette histoire de tuer ou non est insignifiante au point que beaucoup de gens se demandent sérieusement l’intérêt des simili-carnés. Mais là où je suis vraiment perplexe, c’est quand je constate que des véganes eux-même posent cette question. Vraiment, les gars?

Les légumes c’est bon, regardez tous ces beaux fruits, alors que la viande c’est moche et ça pue berk, et d’ailleurs y a du pus dans le lait de vache et les œufs sont des règles de poules…
Oui ok bon. J’aime les légumes. Mais j’aimais bien la viande aussi. En fait, j’admet que voir de beaux fruits et de beaux légumes peut aider à se motiver vers la voie du véganisme, surtout au début quand on n’est pas trop sûr de ses convictions. Mais il ne faut pas pour autant oublier que le véganisme est une démarche militante et qu’éviter le lait parce qu’il contient du pus n’a absolument rien de militant. Personnellement, le fait que les œufs soient des règles de poules ne m’a jamais empêchée d’aimer les omelettes. Je ne sais pas si on va bien loin avec ce genre d’arguments? En tous cas, qu’on les utilise ou pas (non parce que je ne suis pas en train de dire que c’est MAL de dire ça, hein), il faut bien garder à l’esprit que les animaux s’en foutent.

Sois fière de ton beau petit ventre plat, heu, je veux dire, de pas manger d'animaux

Une image de l’association Peta promouvant le véganisme en l’associant à une idée de pureté intérieure et d’attrait esthétique (passons sur l’idéal de beauté féminine basé sur la maigreur…)

De toutes façons, c’est très polluant l’élevage
Si on m’enchaînait dans une cave pour me faire faire des bébés à la chaîne afin de boire mon lait pour finir par me tuer quand la production baisserait, je serais sans doute horrifiée de savoir que ce procédé est polluant.
Certes, il peut être tentant de recourir à l’argumentaire écologique… Mais franchement, l’élevage est une horrible suite de tortures. Cet argument est parfois utilisé de telle sorte que j’ai l’impression de voir quelqu’un essayer de convaincre un mari violent de ne pas battre sa femme parce que c’est mal, puis de se raviser et de lui dire que de toutes façons, ça fait beaucoup trop de bruit après 22 heures.
Je sais que les gens sont plus sensibles au problème de l’écologie qu’au sort des veaux séparés de leurs mères ou des poussins broyés, et je sais à quel point c’est plus confortable de parler aux gens de ce qui les intéresse, mais c’est justement cela que nous devons changer: nous devrions faire en sorte que les gens aient de la considération pour les animaux en eux-même, et pas uniquement aux dommages collatéraux de l’élevage.
En plus, cet argument lui aussi a ses limites en cela qu’il est inexact: toutes les formes d’élevage ne sont pas polluantes tout le temps, même si la grande majorité le sont.

Il y a cependant un bémol à apporter par rapport à cet argument: le fait de polluer ou d’utiliser beaucoup de ressources lèse les autres formes de vie avec lesquelles nous partageons (?) la planète. Le véganisme devrait tendre vers l’écologie parce que c’est ce qui permet de respecter la vie sauvage, et les animaux sauvages comptent aussi. Malheureusement, quand on avance l’argument écologique, c’est rarement à cela qu’on pense.

Les animaux qui ont été heureux avant de mourir, c’est ok de les manger
Non mais là je peux rien. Désolée. Quand on me dit « ok je mange de la viande mais c’est des animaux qui ont été heureux », je suis juste sans voix. Quelle est la logique? Il faut qu’ils aient davantage à regretter? Ça te fait vraiment tellement plaisir de savoir que le poulet que tu manges a connu la douceur de l’herbe ou la caresse du soleil pendant 7 pauvres semaines et que t’as achevé une vie à peu près digne d’être vécue, tout ça pour 5 minutes de plaisir dans ta bouche? Vraiment? Je suis pantoise de voir à quel point il est facile de se donner bonne conscience.

LES VÉGANES ONT UNE GROSSE BITE ET BAISENT COMME DES PONEYS C’EST VRAI JE L’AI VU À LA TÉLÉ ET EN PLUS ON EST COOLS ET ON SENT BON DE LA BOUCHE
Alors non j’ajoute pas ça pour le LOL, je fais juste remarquer que PeTA (oui, encore PeTA) se base sur des arguments dans ce genre-là. Et bien sur je parle de PeTA parce que ce sont les professionnels du genre, les plus caricaturaux, mais il n’y a pas qu’eux. Je vais tâcher de ne pas parler du sexisme et des autres trucs craignos pour me concentrer sur l’idée de base: encore une fois, imaginez que vous soyez prisonniers et soumis à de la torture, et qu’à l’extérieur des militants essayent de vous faire libérer. Vous pensez que vous leur demanderiez de raconter à tout le monde que vous torturer donne une petite bite, tandis que ceux qui ne participent pas à votre supplice sont des rois de la baise?

Capture d'écran de la campagne "my boyfriend went vegan", basée sur l'érotisation de la violence conjugale, puisque faisant passer l'idée que les véganes sont meilleurs au lit (?) parce que brutaux (???).

Capture d’écran de la campagne « my boyfriend went vegan », basée sur l’érotisation de la violence conjugale, puisque faisant passer l’idée que les véganes sont meilleurs au lit (?) parce que brutaux (???).

Je vais aller plus loin, et je m’excuse d’avance car je risque de blesser des gens, mais il faut que je le dise: combien de luttes contre l’oppression prennent si souvent la forme d’actions de rue ridicules que personne ne prend au sérieux, avec des femmes à poil et autres trucs aussi intelligents pour appâter les badauds?
Si on met des femmes à poil pour lutter contre une oppression, c’est pas seulement du sexisme, c’est aussi le signe très fort qu’on ne prend pas les opprimés au sérieux. Enfin, transposez ça à n’importe quelle lutte pour l’égalité concernant un groupe d’humains. Je sais que les oppressions sont pas forcément toujours comparables entre elles, mais utiliser de tels procédés, outre le sexisme que cela révèle, montre également que nous ne prenons pas les animaux au sérieux. Et par « nous » je ne parle pas seulement des humains en général, mais des défenseurs des animaux en particulier. Un bon nombre de militants pour les animaux ne les prennent pas suffisamment au sérieux.

Une image de la pub de PeTA censurée pendant le Super Bowl: des femmes faisait des trucs "sexys" (du moins si on fantasme sur les clichés… bref) avec des légumes. Parce qu'être végane, c'est se branler avec des carottes?

Une image de la pub de PeTA censurée pendant le Super Bowl: des femmes faisant des trucs « sexys » (du moins si on fantasme sur les clichés… bref) avec des légumes. Parce qu’être végane, c’est se branler avec des carottes?

Bien sur il y aurait beaucoup à dire sur le sexisme, le traitement de l’image des femmes et l’érotisation de la violence, en particulier chez PeTA. Mais je voudrais parler ici des animaux. Et le problème ne s’arrête pas au sexisme. J’ai bien rigolé en voyant Justin Timberlake déguisé en tofu, mais soyons sérieux: quelle autre lutte est traitée avec une telle désinvolture? Je ne dis pas qu’il faut se contenter de montrer des images d’abattoir choquantes et gores, je ne suis pas tellement fan non plus de ce genre de procédés dont je doute de l’efficacité. Mais il y a néanmoins un problème sérieux et je pense que nous avons un devoir d’information sur ce qui se passe dans les élevages, et de travail sur la conscience des gens de ce qu’ils mangent. Je ne dis pas que c’est mal de chanter déguisé en tofu, mais pour autant le véganisme ne devrait pas être résumé à un « style de vie » rigolo et sympa, ce que franchement, il n’est pas. Être végane n’est pas forcément quelque chose d’évident, pour autant je considère que c’est le minimum que nous devons aux animaux, puisque nous nous soucions d’eux.

L’antispécisme, une lutte à part…

Voilà donc une liste non exhaustive des arguments qui reviennent le plus souvent – bien plus souvent, en fait, que « les animaux souffrent ». Tous ces arguments sont extérieurs au problème. Pire, beaucoup d’entre eux se focalisent sur les véganes eux-même (cools et gentils et en bonne santé), ou sur les mangeurs de viande (méchants et obèses et avec des maladies).

Regard de veauCette mise au second, voire au dernier plan, systématique des animaux est préoccupante.
d’une manière générale, l’antispécisme souffre de ne pas être une lutte d’émancipation. Les dominants n’ont jamais été très doués pour ce qui était de libérer les opprimés. Si le féminisme et l’antiracisme ont avancé, c’est parce que les opprimés ont mené des luttes très dures. Et même si on refait l’histoire en prétendant que les magnanimes blancs ont libéré les pauvres noirs par pure gentillesse, ou encore que les hommes ont donné le droit de vote aux femmes par simple souci d’équité… Le moindre droit a été arraché au terme d’une lutte acharnée. La condition des animaux nous donne une idée d’où peut en être une lutte quand on attend poliment que les oppresseurs en aient marre d’oppresser. Bien sur, des militants antispécistes sincères et avec un vrai souci de justice, ça existe. Mais l’un dans l’autre, on se place toujours avant les animaux. Il est courant d’imaginer que les animaux devraient nous remercier d’être véganes. Vraiment? S’ils pouvaient parler…

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Merci de pas nous tuer! Que de gratitude.

Nous ne pouvons pas savoir ce que ressentent les animaux. Nous sommes plus ou moins obligés de parler à leur place, ce qui nous encourage souvent à nous poser en sauveurs comme si tout était à propos de nous et de notre grandeur d’âme. Mais nous pouvons y réfléchir en faisant un vrai effort d’empathie. Tu croises une vache dans un champs, tu lui dis que tu es végane, je pense que si elle pouvait comprendre, elle n’en aurait rien à foutre. tu es végane ok et alors? Elle est quand même condamnée à une mort précoce et violente. Tu n’es pas vraiment un meilleur humain que les autres. Elle ne te doit rien. Avec tous les efforts qu’on fait pour être véganes, on aimerait récolter quelques lauriers, mais non seulement les principaux concernés ne sont pas en mesure de les distribuer, mais je crois que quand bien même ils pourraient, ce serait le cadet de leurs soucis. On les enferme, on les torture, on les assassine, et on voudrait qu’ils soient reconnaissants envers les quelques humains qui mangent du tofu. Et puis ces efforts, sont-ils si conséquents? Pour cela, j’aime cette phrase de Francione: si tu penses que c’est dur d’être végane, imagine combien c’est dur pour les animaux que tu ne le sois pas. Bien sur ce n’est pas textuellement vrai parce qu’on continuera à tuer des animaux même si tu es végane. Il faudrait davantage de véganes ne serait-ce que pour faire baisser l’offre, et de plus le véganisme ne suffit pas, du moins si on le considère comme un simple mouvement de boycott. S’abstenir de participer au massacre est une chose, encore faudrait-il oser protester contre l’injustice, oser se lever et dire non. Mais en tous cas, cette phrase de Francione est juste en ce qu’elle relativise les problèmes rencontrés par les humains pour se passer des produits animaux. Ce n’est tout de même pas grand chose de se passer de fromage en comparaison de leur supplice quotidien. Même nous, humains, pouvons l’admettre. Et nous le devons.

Comment un végane peut-il prétendre que ça ne sert à rien d’être végane si on mange du faux poulet? ça revient à s’interroger sur l’utilité d’épargner la vie d’un poulet alors qu’on aime le goût de sa viande. En tant qu’animal, que penserait-on de cette question? On parle ici de vie ou de mort et non pas de goûts et de couleurs (si des gens n’aiment pas les simili-carnés ils ne sont pas obligés d’en manger).

Bien sûr, se mettre à la place des animaux nécessite un certain effort d’imagination. Et bien souvent, nous sommes tristement ignorants de ce qu’ils peuvent penser ou ressentir. Mais nous savons en tous cas qu’ils ressentent, nous savons qu’ils sont capables de ressentir le plaisir, la souffrance, la joie, l’attachement, la peur… Que faisons-nous de ce savoir? Bien sur, il n’est pas forcément évident de parler de ce que ressentent les animaux, puisqu’il est tellement facile de nous accuser de « sensiblerie » ou de leur nier stupidement toute sensibilité et toute intelligence afin de les exploiter plus confortablement. Mais au fond, tout le monde sait que c’est faux. Honnêtement, quand je vois ce que devient le mouvement de libération animale, je suis plutôt pessimiste… Mais je crois quand même que, si nous essayons vraiment -et je sais que dans ce mouvement il y a bien des gens sincèrement engagés- nous pouvons changer les choses.

104 réflexions au sujet de « Les animaux d’abord »

  1. Super article, merci.

    Maintenant, je trouve que tu es excessivement pessimiste. De mon point de vue, plus le mouvement animaliste sera ample et déplacera de monde, plus on aura du n’importe-quoi. C’est inévitable.

    Tu dis « Honnêtement, quand je vois ce que devient le mouvement de libération animale, je suis plutôt pessimiste… », et ça me fait penser à Platon qui disait que tout va de mal en pis, et que les jeunes de nos jours ce n’est plus ce que c’était. Ou au premier manuel de politesse au 16e siècle, que l’auteur avait écrit pour que la politesse, habitude des temps anciens, ne se perde pas (cf Norbert Elias).

    Il me semble que les véganes sont de plus en plus nombreux, que l’abolitionnisme, qui n’était par le passé quasi jamais exprimé comme idée politique, est de plus en plus discuté sur Internet.

    Donc je trouve super que tu défende, tout à fait à propos, cette vision claire du véganisme que je partage, mais je pense qu’il faut savoir être inclusifs et accepter que comme nous sommes nombreux, nous sommes différents.

    Je pense aussi que ton acuité d’analyse est remarquable, ce qui fait de ce blog un blog utile. Mais le corolaire de ça c’est qu’il y a pas mal de gens pour qui les choses sont plus vagues, et qui s’expriment mal : essayons de ne pas les antagoniser avec un ton trop dur.

    Merci en tout cas de prendre le temps de bloguer !

  2. Excellent, judicieux et dit avec tellement de finesse !
    Je vais ré-endosser la jaquette de Végane que je commençais à laisser tomber à cause de certains qui me faisaient gerber dans leur agressivité. Ils ont eut le culot d’être presque aussi agressif que moi, les salauds !
    En fait, tu dis sensiblement la même chose qu’eux, mais c’est juste du miel, pardon du sirop d’érable. Pour autant je suis toujours végétalien bien sûr. J’aimerai tellement que les animaux puissent t’entendre … même si ça ne suffit pas, tu as raison !
    B.rd.l ! (désolé), je vais être obligé d’aller à la manif de samedi avec tes conneries, là ! Pffffffuuuuuiiiiitttttt !!!

    • Tu laissais tomber ta « jaquette végane » parce que des personnes étaient agressives avec toi ?
      Je n’ai aucunement envie de sembler condescendante envers toi que je ne connais pas, mais j’ai un peu de mal à comprendre qu’on puisse se dire (je caricature) « et bien puisqu’on est méchant avec moi, je remange des animaux morts ! et tant pis s’ils souffrent ! »…
      Pourquoi vouloir suivre le véganisme si c’est avec si peu de convictions ? Pourquoi faire un retour en arrière juste parce que des gens sont agressifs ?
      Tes convictions ont-elles moins de poids que leurs critiques ?

      J’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre. Comme si être végane c’était le truc cool du moment mais que comme certaines personnes critiques, on préfère ne pas suivre le mouvement.

      Le véganisme est une conviction personnelle et profonde, ce n’est pas aux autres de te faire faire ce que tu ne veux pas et qui ne correspond pas à ton éthique…
      M’enfin, ça me dépasse un peu, mais je ne fais que partager mon point de vue. Tu fais évidemment ce que tu veux ;)

      • Il a pas dit qu’il mangeait des produits animaux, seulement qu’il se disait plus végane. Et franchement vu le ramassis d’escrocs et autres demeurés qui constitue le milieu végane français, je suis pas loin de bannir le mot « végane » de mon vocabulaire.

  3. Super article, je suis d’accord avec tout.

    J’ai deux commentaires :

    – Si certains végé utilisent l’argument de l’environnement, c’est p-e aussi parce que l’argument des animaux est parfois totalement incompris. Il y a des gens qui ne comprennent même pas qu’on puisse se soucier des animaux. Moi quand je suis devenue végé on m’a demandé pourquoi avec des grands yeux et tout de suite on a répondu pour moi « ah c’est parce que t’aimes pas ? ou pour la santé ? ou pour l’environnement ? ». Quand je disais non, c’est pour les animaux, les gens comprenaient pas … Je continue à dire ça, mais les réactions sont parfois très dures à supporter ! Des gens qui disent que les animaux sont trop cons pour souffrir, qu’ils n’ont même pas conscience de leur vie et que de toute façon on leur est supérieur donc on s’en fout qu’ils souffrent. Et quand j’entends des gens que je côtoie et pour qui j’ai de l’estime dire ça, je comprends que parfois des gens préfèrent répondre « c’est pour l’environnement ».

    – Sur l’environnement justement, tu as esquissé la question, mais pas trop développé : il me semble que les animaux et l’environnement c’est complètement lié. Si on y réfléchit bien, la « protection » de l’environnement, c’est une histoire de partage des ressources entre toutes les formes de vie de maintenant et du futur. Parce que nous en tant qu’humains vivant maintenant on peut s’en sortir en s’appropriant toutes les ressources puisqu’on en a le pouvoir. Ça n’est pas le cas pour les animaux. Et d’ailleurs la destruction de leurs habitats est aussi une forme de torture. Bref pour moi, défense de l’environnement et défense des animaux sont des choses très liées, pas parce que la seconde est incluse dans la première, mais parce qu’elles font toutes les deux parties de la façon dont on voit la place de l’homme dans la biosphère, d’un point de vue éthique.

    Je sais pas si je suis claire … mais merci pour l’article en tout cas :)

    • « Sur l’environnement justement, tu as esquissé la question, mais pas trop développé : il me semble que les animaux et l’environnement c’est complètement lié. Si on y réfléchit bien, la « protection » de l’environnement, c’est une histoire de partage des ressources entre toutes les formes de vie de maintenant et du futur.  »

      Sauf que… ça reviendrait à dire que puisque les menaces écologiques ont aussi un impact négatif sur les humains (Le manque de ressources, la pollution de l’air, l’eau contaminée, les humains obligés d’émigrer à cause de la fonte des glaces qui fait monter le niveau de la mer, etc.), alors l’antiracisme et l’antisexisme sont étroitement liés à l’écologie… On devrait presque systématiquement parler d’écologie quand on est militant antiraciste/antisexiste… Et on devrait chercher des arguments écologiques au fait de s’opposer à une guerre, à un massacre ou un autre (parce qu’après tout les conflits armés sont de vrais désastres écologiques…).

      Le véganisme, c’est la revendication du droit de vivre des autres animaux (par le boycott de l’exploitation animale). C’est le fait de dire « Ca n’est pas parce que tu as une arme dans la main que tu as le droit de tuer la victime en face de toi. », ça n’est pas le fait de dire « Ne tue pas la victime en face de toi, parce que si tu la tues, ça va avoir des répercussions complexes sur l’eau, sur la terre, sur l’air, et quelque part dans le monde, il y a probablement quelqu’un qui va en souffrir. ».

      • « Le véganisme, c’est la revendication du droit de vivre des autres animaux (par le boycott de l’exploitation animale). C’est le fait de dire « Ca n’est pas parce que tu as une arme dans la main que tu as le droit de tuer la victime en face de toi. », ça n’est pas le fait de dire « Ne tue pas la victime en face de toi, parce que si tu la tues, ça va avoir des répercussions complexes sur l’eau, sur la terre, sur l’air, et quelque part dans le monde, il y a probablement quelqu’un qui va en souffrir. ». »

        Je ne suis pas tout à fait d’accord, parce que justement la plupart des gens qui profitent de l’exploitation animale (pour la nourriture et autre) n’ont pas d’arme dans la main. Le boycott est une action tout aussi indirecte que la limitation de ses impacts négatifs sur l’environnement.
        La plupart des luttes environnementales ne touchent pas à des « répercussions complexes », mais à des choses qu’on sait très bien évaluer, et dont la plupart ont avant tout des effets sur l’habitat des animaux (avant le notre).

        Pour le début je ne comprends pas bien. L’antisexisme et l’antiracisme sont des luttes menées par les concernés (ou tout du moins devraient-elles l’être à mon sens). Pas le véganisme dans lequel les principaux intéressés sont silencieux. D’où le rapprochement avec l’environnementalisme ou l’écologisme : il s’agit dans les deux cas de luttes qui visent à penser la place de l’homme dans la biosphère. Les deux répondent que l’homme ne doit pas, même s’il le peut, l’exploiter à son profit jusqu’à la destruction, l’aliénation …
        La différence fondamentale à mon avis c’est la notion de sentience qui est propre au véganisme (ou à l’antispécisme, je ne sais pas trop lequel utiliser dans ce cadre).

        Bon j’espère que je suis claire en tout cas. J’essaye en fait de dire que l’environnementalisme, tout comme l’antispécisme, ne sont pas des pensées de l’homme pour l’homme, mais des pensées de l’homme face à ce qui est vivant mais n’est pas lui.

        • Ce n’est pas parce que les animaux ne peuvent pas mener leurs propres luttes qu’on ne doit pas réfléchir à LEUR place dans la société. Pour moi c’est précisément le contraire: puisqu’ils ne peuvent pas prendre la parole, nous la prenons pour eux. Donc non, il ne s’agit pas que de repenser la place de « l’homme ».

          • Ah ben je ne suis pas d’accord. On parle bien pour eux, là oui je suis tout à fait d’accord, mais c’est pour réfléchir à nos actions à nous, pas aux leurs, non ? C’est comme ça que je le vois en tout cas. Le mot place est pas bon en fait parce que ça fait passif, j’aurais dû parler d’actions.

            Surtout je voulais dire qu’il y a une différence fondamentale avec par exemple le féminisme, où les concernées prennent la parole et réfléchissent aux actions des non-concernés, alors que dans le véganisme les non-concernés réfléchissent à leurs propres actions. Et c’est pareil dans l’écologisme.

            En fait j’ai du mal à tirer une frontière nette entre les deux. A part la notion de sentience (mais je me répète).
            Ce qui n’empêche que dire qu’on est végane parce que l’exploitation des animaux est polluante revient effectivement à occulter le vrai et premier problème de l’exploitation qui est la souffrance des animaux.

          • Oui c’est pas une lutte d’émancipation l’antispécisme, contrairement au féminisme, je comprends mieux ce que tu veux dire.
            Pour autant, ça reste, comme le féminisme, une lutte pour l’égalité, contre l’oppression; ce que l’écologisme n’est pas. Pour moi l’écologie c’est quand même un truc un peu à part. Comme les luttes d’émancipation, l’antispécisme cherche à défendre des individus, et non pas des concepts, des systèmes ou des choses. Il y a une confusion avec l’écologie qui est la défense de « la nature », des « espèces », confusion assez compréhensible puisque par exemple si on lutte contre la disparition d’une espèce, d’une certaine façon on lutte « pour les animaux » (c’est un terme vague), mais alors que l’écolo va chercher à préserver, par exemple, une espèce qui joue un rôle particulier dans un certain écosystème, l’antispéciste lui, défendra simplement des individus contre la souffrance ou la mort. C’est totalement différent; bien sur ce n’est pas forcément contradictoire, mais parfois, ça peut l’être (par exemple un écolo pourra être pour certaines formes de chasse, un antispéciste non; il y a également une division concernant la réintroduction des prédateurs naturels. Il n’y a pas forcément de réponse définitive à ces questions, mais ça change beaucoup de chose d’y répondre d’un point de vue écolo ou antispé).

        • (je réponds à mon message parce qu’apparemment je ne peux pas répondre au tien de 0h16)

          Oui en fait je suis complètement d’accord de ce point de vue là.
          D’ailleurs c’est peut-être ce qui fait que certaines personnes ne comprennent pas l’antispécisme, puisque c’est une lutte pour l’égalité pour des individus qui n’ont pas exprimé le souhait d’être « égaux » de la façon dont les humains ont l’habitude de le faire.
          Après aussi ça dépend beaucoup des courants de l’écologie je pense, il y en a vraiment énormément et je pense qu’il doit y en avoir certains qui sont plus tournés vers la défense de l’individu que vers l’équilibre des populations.

          En fait ça me fait penser à un truc, c’est le concept de biopolitique de Foucault (dsl ça fait un peu étalage de culture mais en fait c’est le seul truc que je connais de Foucault) qui parle de la distinction entre pouvoir sur l’individu et pouvoir sur les populations, sur « la vie » (par l’utilisation moderne des statistiques par exemple). Lui applique ça aux humains mais je pense qu’il y a vraiment un parallèle à faire pour les animaux. En gros aujourd’hui la conception dominante de ce que l’homme doit faire de « bien » pour les animaux, c’est la préservation des espèces, ce qui sert à justifier tout un tas de trucs horribles comme les zoos, les battues, la chasse etc… (comme tu l’as dit) et du coup ça rend l’antispécisme encore plus inaudible parce que c’est une lutte pour les animaux qui est en partie en contradiction avec ce qui vu comme « bien ».

          Bon ça me donne envie de creuser tout ça en tout cas !

  4. « Le véganisme devrait tendre vers l’écologie parce que c’est ce qui permet de respecter la vie sauvage, et les animaux sauvages comptent aussi. Malheureusement, quand on avance l’argument écologique, c’est rarement à cela qu’on pense. »

    Et on pense à quoi alors, en général ?
    Parce que moi, c’est justement ça que j’ai en tête (le respect de la vie sous toutes ses formes, ça inclut bien sûr les humains mais aussi et surtout toutes les autres espèces).
    Ce qui ne veut pas dire que c’est ce que mes interlocuteurs ont en tête, mais ça, je ne peux pas y faire grand-chose, je ne suis pas dans leur tête…!

    Et du coup oui, je me demande ce qu’on peut avoir d’autre en tête (du moins, de plus important) ?

    • La réponse se trouve peut-être à Tchernobil.

      C’est considéré comme une catastrophe écologique, alors que du point de vue des animaux sauvages, c’est peut-être plutôt une bonne chose, d’avoir un périmètre délivré de toute présence humaine.

  5. Merci pour cet article que je trouve très juste et qui fait du bien.
    Quand j’ai pris la décision d’adopter un mode de vie (le plus) végane (possible), je l’ai fait pour les animaux. Quand j’ai pris conscience de l’immensité de la tâche concernant la libération animale, en plus de cauchemarder et de passer beaucoup de temps à verser des larmes, je me suis intéressée à toutes sortes d’arguments afin de me tenir prête à dégainer en toute situation. Pour moi, les thèmes autour de l’écologie, la nature, la santé etc. sont tentants parce qu’ils ne heurtent pas directement et sont plus neutres et peut-être plus faciles à manier aussi. Malgré cela, le sort des animaux est bien le pacemaker de ma motivation et de ma raison d’être végane et ce que j’essaie de mettre en avant aujourd’hui lorsque je discute de ce sujet dans mon quotidien du commun des mortels.

  6. Moi je pense que tout argument est utile, parce que la diversité des interlocuteurs demande une diversité de solutions.

    Des gens seront plus sensibles à certains sujets qu’à d’autres. J’en fait pas un cas d’école mais une personne que je connais n’est vegan que pour les bienfaits sur la santé. Les autres raisons elle s’en fout.

    Mais l’important c’est qu’elle soit vegan.

    La forme on s’en fout un peu du moment qu’elle aide à l’arrêt progressif du massacre inutile des animaux.
    Je pense pas que les animaux accordent de l’importance aux raisons qui nous poussent à ne plus les manger. Quand quelqu’un arrête de le faire, c’est une nouvelle marche de franchie.

    J’ai un ami à qui je n’arrive pas à faire passer le cap parce qu’il reste persuadé que la viande est indispensable à la santé. J’ai passé beaucoup de temps sur tous les autres points et il est d’accord avec moi mais ce qui le bloque c’est ça et j’ai aucune solution pour le moment.

    Ma belle famille l’est devenue après avoir vu Gary : et il présente tous les arguments possibles. Pour elle c’est l’accumulation des raisons qui les a fait basculer.

    Donc je pense que le fer de lance doit être les animaux mais il ne faut pas pour autant rejeter les autres arguments car chaque point acquis est un pas de plus vers leur libération.

    • Etre végétalien pour la santé, je peux comprendre, mais vegan? En quoi cela aide la santé d’éviter le cuir, le duvet, la laine, la soie, la fourrure, les zoos, les cirques avec animaux…?

  7. Super article, dont je partage totalement le point de vue. Pourtant, si je suis abolitionniste, je pense que, d’un point de vue pratique, c’est le pragmatisme qui peut l’emporter. C’est la raison pour laquelle je crois que tout argument est bon pour inciter les gens à venir vers le véganisme.

    Selon moi, il faut, bien sûr, mettre au premier plan l’argument éthique, le rappeler sans cesse et qu’il sous-tende toujours l’action végane. Evidemment. Cependant, je pense que les résistances psychiques et sociales sont telles que les gens ont besoin d’autres raisons pour venir vers le véganisme (je dis ‘venir’, non pas ‘rester’) et que le véganisme a besoin d’autres arguments pour briser ces défenses. Et c’est là que l’écologie, la santé, etc. peuvent jouer. Ne nous leurrons pas : combien de véganes le sont devenus par souci éthique ? J’en connais plein qui se sont tournés vers le véganisme d’abord pour des raisons de santé, pour des arguments humains, pour ‘sauver la planète’, et c’est seulement ensuite qu’ils ont découvert l’ampleur de l’exploitation animale. Sont-ils de mauvais véganes ? Non, et la plupart sont devenus des abolitionnistes purs et durs. Nous ne devons pas les condamner parce qu’ils ne sont pas venus au véganisme d’abord pour des raisons éthiques. La question maintenant est : seraient-ils devenus véganes si on leur avait d’abord parlé éthique et si le véganisme ne leur était pas apparu comme un mode de vie sain et viable, non seulement pour leur corps, mais également pour la planète ? Si on leur avait brandi des photos de poules déplumées et de lapins éviscérés ? Si on leur avait parlé de ‘cadavres’ et d »animaux morts’ ? Ce n’est pas sûr…

    Alors voilà, ce peut être perçu comme une lâcheté et une trahison d’un point de vue moral, mais je pense que, pour que le véganisme soit considéré par tous, non comme une folie, mais un mode de vie juste, nécessaire et légitime, il faut être stratégique, il faut être machiavélien. Il faut parler écologie aux écolos, santé aux orthorexiques, il faut dire ‘un jour végé par semaine’ d’abord, et non ‘mais putain, vous ne comprenez pas, il FAUT être végane, bande de tueurs’, il ne faut pas s’acharner sur les végétariens au risque de les détourner complètement du véganisme, il ne faut pas oublier que nous n’avons pas tous été véganes et que nos chemins vers le véganisme ont été différents, que nous nous sommes peut-être bouchés les oreilles quand on nous a parlé d’animaux morts, que nous nous sommes braqués quand on a cherché à nous ‘culpabiliser’, que nous avons changé de trottoir en voyant des panneaux avec des singes aux électrodes dans le cerveau. Les gens ne peuvent se débarrasser du jour au lendemain de ce qu’on leur a toujours enseigné comme étant la normalité : pour que la doxa devienne orthodoxie, il faut du temps, de la patience et de la ruse.

    Cela ne veut pas dire que je justifie en quoi que ce soit le sexisme de la Peta, et tout ça, soyons clairs, et je pense qu’il s’agit-là d’un autre débat. Mais oui, même si je pense que l’abolitionnisme est la seule voie et qu’on ne peut être végane que par éthique, l’approche pragmatique est, à mon sens, la seule qui peut apporter un premier changement massif dans l’évolution des mentalités, et donc, à terme, permettre que moins d’animaux soient tués. Pour les animaux, mieux vaut que cent personnes ne mangent plus qu’une fois de la viande par semaine qu’une seule personne devienne végane : c’est con, c’est pas un bel absolu éthique, mais, en définitive, ça fait moins d’animaux morts. Les boucliers sont tels, on ne peut espérer tout changer d’un coup, il faut passer par l’évolution pour obtenir la révolution, sinon le seul résultat auquel on aboutira, c’est le braquage total et définitif des gens. L’égalité aux US a été précédée par l’anti-esclavagisme, lui-même précédé par de meilleures conditions de vie des esclaves, elles-mêmes précédées par la reconnaissance de l’âme des noirs, etc. Si les défenseurs des enfants ont pu faire passer l’interdiction de travail des enfants dans les pays occidentaux, c’est parce qu’une prise de conscience, accompagnée par une législation en faveur d’un meilleur encadrement du travail des enfants, de plus strictes normes, de meilleurs conditions de vie, les a précédés. Une prise de conscience générale ne se fait pas en claquant des doigts : on aura beau dire que c’est mal de manger des animaux, si on prêche dans le désert et que personne n’a les oreilles suffisamment ouvertes pour entendre, et bien les animaux l’auront toujours dans le c… :-/

    L’Allemagne est un pays plus ouvert que la France au végétarisme, mais le véganisme n’était pas encore très populaire jusque là. Il y a 2-3 ans, Attila Hildmann est arrivé, tout sourire et pecs en avant, avec ses bouquins ‘Vegan for fun’ ou ‘Vegan for life’. Il n’a pas parlé cadavres et abattoirs, mais plaisir et joie de vivre : son 1er livre s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires (1 million ! regarde à combien d’exemplaires se vendent les traductions de Francione en France…) et le taux des véganes a explosé outre-Rhin, notamment parmi les jeunes. Mais Attila Hildmann n’est-il pas un ‘faux végane’ parce qu’il parle de bouffe et de biceps, avant de parler abattoirs et chair à saucisse ? Est-ce mal de se réjouir de la montée d’un véganisme né d’abord par d’autres motivations que les animaux ? Non, tous les moyens sont bons pour parvenir à un même résultat : faire que les arguments éthiques peu à peu s’insinuent dans la société, changent les mentalités et permettent à ce que les animaux ne soient plus tués. Car parler écologie, santé, planète et faim dans le monde, c’est permettre d’ouvrir des oreilles, de lever des oeillères, d’ôter les masques et faire que plus de gens entendent : ‘Les animaux d’abord’. Et c’est un peu ce qu’on veut. Pour lever les barrières, il faut être cynique…

    • Je suis pas du tout d’accord avec toi. Ce que je retiendrai cependant des arguments que tu donnes, c’est qu’au-delà du devoir d’information, il est souvent plus efficace de présenter les choses sous un jour positif. Mais je pense que ce procédé systématique consistant à mettre les animaux toujours, toujours au dernier plan, sous prétexte que les gens n’écoutent pas quand on parle d’eux, je pense que ça se retourne au final contre le mouvement de libération des animaux et que le animaux en sont, au final, les victimes. Car nous POURRIONS tenter de remettre les animaux au centre du mouvement de libération qui est supposé leur être consacré. Si nous ne le faisons pas, ce n’est pas parce que nous pensons que c’est impossible, ou que ça ne marcherait pas. Nous ne le faisons pas parce que nous avons toujours une « bonne » raison de ne pas le faire, parce que c’est inconfortable, que c’est difficile, que c’est beaucoup plus facile de les reléguer au dernier plan derrière nos préoccupations humaines. Mais c’est quoi le résultat de ça au final? Ben on nous pose des questions du genre « a quoi ça sert de pas manger de la vraie viande si c’est pour faire de la fausse viande » et nous ne savons même plus quoi répondre, nous avons l’air débiles quand on dit être véganes pour les animaux, JUSTE pour les animaux, nous n’osons plus le dire vraiment, nous parlons d’écologie ok c’est intéressant mais au final ce qu’on fait, c’est changer de sujet pour ne pas avoir à parler de nos véritables motivations de peur de passer pour des cons. Oui, nous risquerions de passer pour des cons, de subir des moqueries, etc… Mais c’est à mon avis le prix à payer pour qu’un jour, et plus vite qu’on ne le pense, ce soit considéré comme une raison parfaitement logique d’être végane POUR LES ANIMAUX, et que les gens ne trouvent plus ça incongru ou ridicule, et trouvent même ça plutôt logique de ne pas vouloir faire souffrir un être sensible si on peut l’éviter. Car c’EST logique. Mais c’est tellement tabou que les gens ne comprennent pas, et en continuant à déguiser nos motivations derrière tout un tas de prétextes (souvent bidons en plus), nous n’aidons pas à ce que les gens finissent par comprendre, nous n’aidons pas à ce que le souci de justice envers d’autres espèces devienne une motivation tout aussi légitime socialement que le souci d’écologie ou de santé.

      • Sur cette idée de « passer pour des cons ».
        Je voulais dire que ça peut être un poids, un poids assez lourd justement.

        Et je ne vais pas raconter ma vie, mais du poids, j’en ai déjà suffisamment sur les épaules (suffirait de demander à ma thérapeute…ou à certaines personnes qui me connaissent très, très bien !).

        Alors quand j’ai décidé de devenir végane (je n’y suis pas, je ne suis « que » végétalienne pour le moment), même si ma raison principale était les animaux, le fait d’avoir _aussi_ d’autres arguments, « plus audibles » je dirais, ça m’a aidée. A franchir le pas et à assumer. A dire « non, je ne prendrai pas du tout de viande merci ; non merci, pas de fromage ; ne m’achète pas de cadeau contenant du cuir, de la laine, ne m’offre pas de perle… » etc.

        Quand on me demande mes raisons je réponds toujours « éthique et écologie », citant l’éthique en premier. Les gens retiennent surtout l’écologie, j’ai l’impression. Ca ne veut pas dire que je ne mentionne que ça (et comme dit sur un autre com « mon » écologie rejoint l’éthique donc…).

        Sur « le prix à payer ». Oui, peut-être que toi tu as la force de le payer, tant mieux, mais d’autres ont d’autres charges, d’autres vies, tu ne les connais pas, je pense que tout discours qui tend vers le véganisme (pas juste le welfarisme ou le végétarisme, qui peuvent constituer des étapes du parcours, de la prise de conscience, mais sûrement pas des destinations) est valable, je pense que s’il y a d’autres chemins pour ceux qui ne peuvent pas (ou pas pour l’instant) payer « le prix » (mais genre vraiment pas, pour filer la métaphore leurs poches sont vides en somme), c’est une bonne chose.

        Ensuite, plus on sera nombreux à revendiquer le véganisme pour les animaux (et je suis autant persuadée qu’Antigone que ça va être le cas), plus on pourra le faire sans passer pour les débilos de service, « trop sensibles » ou je-ne-sais-quoi.
        (Surtout que je suis un peu comme toi – en tout cas d’après ce que j’ai compris de tes articles – dans l’absolu ça me laisse émotionnellement indifférente que des milliers d’animaux de fassent égorger au moment où j’écris, mais je ne trouve pas cela juste, tout simplement.)

        Tu parles de « mettre les animaux toujours, toujours au dernier plan », et pour avoir lu le blog « Antigone XXI », je ne trouve pas que c’est ce qu’elle fait. Elle fait passer d’autres arguments, mais en le lisant j’ai toujours été persuadée que les animaux étaient sa motivation première.

        Bon, après, peut-être que j’ai des antennes magiques pour avoir compris ça ?!?

        • Ouais enfin tu sembles oublier un truc c’est qu’on est quand même des privilégiés dans l’histoire et que ce n’est pas nous qui payons le vrai prix de ça, mais les animaux.
          Alors que tout le monde ne se sente pas la force d’affirmer ses convictions, ok admettons. Mais on a un peu trop tendance à oublier les enjeux qu’il y a derrière. Comme si tout l’enjeu était de se sentir écouté.

          • C’est bizarre, mais perso, j’ai jamais eu trop de problème, alors que je dis textuellement : « je ne mange pas de viande car je n’accepte pas le sort fait aux animaux dans les élevages et en général. » Après, je n’ai pas une grande vie sociale, donc je m’estime pas être un paradigme, mais globalement jusqu’ici on m’a plutôt répondu « c’est vrai que c’est horrible » -ce qui n’empêchait pas les gens de continuer de manger leur viande, mais bon, on avait l’impression que ça les répugnait un peu quand même.- Après, je ne suis dans aucune asso ni rien, aucune communauté végan ou autre, je fais juste mon business dans mon coin tout en affirmant mes idées, pour la bonne raison que toute ma vie, chaque fois que j’ai essayé de m’engager dans un groupe humain avec cause quel qu’il soit, j’ai toujours été terriblement déçue du fonctionnement et de la pauvreté des arguments. Ouais, chuis plutôt misanthrope, mais au moins, chuis libre, sans gogol qui me force à représenter ses clichés ou à me les coller sur le dos (désolée je m’emballe, j’arrête là.)

          • Hé ben tu vois, personnellement je trouve que depuis que j’OSE affirmer que je suis végane POUR LES ANIMAUX, les gens sont parfois sceptiques voire goguenards ok, mais le plus souvent assez respectueux et beaucoup plus réceptifs au vrai message qu’ils ne l’étaient quand j’évoquais « l’écologie la santé la faim dans le monde le cholesterol le coût élevé du poisson et enfin un petit peu quand même parce que tuer les animaux c’est moins cool que pas les tuer ».
            Donc je pense que selon la façon dont on formule l’idée, ben ça aide je trouve, ça change la façon dont l’idée est reçue.

        • Certes, certes, le poids du social peut être extrêmement lourd pour un individu. Les interactions avec les autres gens ne sont jamais vraiment simples et je veux bien comprendre que chacun essaye de s’en tirer avec des pirouettes quand la situation risque de virer au vinaigre.
          En revanche, ce qui est un prix à payer à l’échelle de l’individu ne l’est généralement pas pour les groupements et associations. D’ailleurs, si les associations comme peta refusent de payer ce prix-là, alors qui va le faire ? Et à quoi ça sert de faire une association ?
          Devenir véganes pour être minces et « beaux » ? Peta est une association de défense des animaux ou un groupement de prévention de l’obésité ?
          Il en va de même pour les arguments écologiques et autres. Je n’essaye pas de dire que militer pour l’écologie est mal ou inutile mais je trouve aussi qu’il y a un vrai problème quand la position officielle des associations de défense des animaux est centrée sur l’humain avec des arguments phares d’ordre écologique et de santé humaine. Par opposition, je dirais que les arguments que bidule ou machin utilisent pour expliquer à leurs familles et amis pourquoi il sont devenus végans sont sans importance à l’échelle de la lutte pour les droits des animaux. Je me rends compte que mes propos peuvent être mal interprétés : je ne dis pas que ton parcours personnel et ton expérience sont sans valeur, car ils ne le sont pas. En revanche, le fait de dire à un ami d’ami que tu es végane pour des raisons « éthiques et écologiques » ne peut pas être placé sur le même plan que les affiches de la peta où on nous fait comprendre qu’être mince et sexuellement actif est quand même vachement plus important que le sort des milliards d’animaux enfermés dans des batteries d’élevage. En plus, ces arguments là tombent à plat dans la mesure où l’idée générale dans le monde, c’est que la viande est indispensable à une bonne santé et que ce sont les régimes très riches en protéines animales style Dukan qui vont nous rendre minces….

  8. Les pubs PETA, c’est de l’humour. Ca peut etre de l’humour noir, mais ca reste du second degre.

    PETA fait un travail formidable pour les animaux.

    A part ca, j’ai beaucoup aime lire ton article : merci !

    • De l’humour destiné à qui et au détriment de qui? Si moi féministe je ne ris pas à leurs blagues ce n’est pas par hasard.

      • Je plussoie.
        Je n’avais pas vu ces campagnes mais je les trouve assez nulles.

    • L’humour sexiste reste du sexisme, tout comme l’humour raciste reste du racisme. berk !

  9. Merci pour l’article, ça change de toujours relire les mêmes théories fumeuses, je me fout de savoir si l’histoire est frugicrudi ou doit se mettre un tuyau d’arrosage dans le cul et ouvrir le robinet a fond « passkecénaturel ».

    J’aurais aussi ajouté de voir le réalisme des choses des fois, quand des ados voulant aider les animaux se présentent sur les groupes et voudraient juste des arguments solides pour tenir face à leurs parents pour leur végétalisme, ces derniers qui ne jure que par « médecin and co », c’est hélas pas la peine de dégainer la cause animale, l’ADA et ses 72.000 membres, c’est déjà plus sérieux. Mais quand tu en as qui leur disent « tu dois acheter cet extracteur à jus à 350 euros et tu aura une bonne chiasse et tout ira mieux », tu te demande ce que tu fout là.

  10. Juste une précision , les oeufs ne sont pas des règles de poules :)
    aprés je suis globalement d’accord
    je pense juste que passer de carniste à antispeciste est un sacré grand écart ;)
    Moi même je me suis d’abord intéresser à ce que je mangeais par rapport à un soucis de sante …. mon militantisme abolitionniste n’est venu qu’aprés aprés avoir beaucoup lu …

    Et ce n’est pas que je ne concevais pas que la vie des animaux pouvait être suffisante comme argument , il se trouve juste que j’ai mis un peu de temps pour enlever l’éducation carniste dont on m’as farçi la tête comme beaucoup

    je fus un enfant naturellement bienveillant vis à vis des animaux mais j’ai mis lontemps à retrouver qui j’étais

  11. Purée, merci. Excellent article. Tu crois que tu pourrais essayer de proposer tes articles à des magazines, journaux en ligne ou autre ? Ça ferait tellement de bien au(x) débat(s).

  12. En fait, tu traites la question sur l’angle des raisons. Mais, ce que tu combats, ce sont des attitudes de communication. Ceux qui communiquent de cette manière là ne le font pas parce qu’ils pensent que ce sont de meilleures raisons mais parce qu’ils pensent qu’ils convertiront plus efficacement.

    Après, c’est sur que s’ils le font sur base d’arguments bidons, ils obtiendront des conversions moins durables.

    Et je comprends ton point de vue même si je ne suis pas du tout vegan.

    • communiquer sur des raisons bidons? Quel est le but de ça? ça sert à quoi? à rien à mon avis.

        • Le but du véganisme n’est pas l’écologie, et si on le « vend » comme une solution écologique, on risque de se retrouver avec des alternatives tout aussi cruelles que les pratiques d’élevage actuelles mais moins polluantes. Après c’est sur que l’élevage et la pêche sont des catastrophe écologiques, globalement, mais on peut imaginer des types d’élevages moins polluants, voire même des pratiques cruelles mais écologiques.

    • Pourquoi boire du lait de vache? Et oui les salers gardent leurs veaux un certain temps, mais elles sont tout de même tuées à un âge très jeune et leurs veaux sont également tués au bout d’un an. ça ne règle pas le problème.

  13. J’arrive pas a militer, j’arrive pas a etre optimiste, principalement a cause du pathetique niveau intellectuel des gens qui plaisantent sur la souffrance animale, le sexisme, ou encore les fessees donnees aux enfants comme des gros teubes irrecuperables. C’est ça mon sentiment, que ça majorite des gens sont des gros teubes irrecuperables. Je deprime !

  14. Coucou L’elfe,

    Je crois que quand on dit la vérité aux gens, cela peut les mettre tellement  » mal « , que pour beaucoup, ça renforce carrément leur déni et leur opposition. Alors on se met à leur dire que s’ils deviennent véganes ils se mettront à maigrir, en plus ils protègeront la planète, et en plus, cerise sur le gâteau, ils protègeront les animaux mais ce n’est qu’un dommage collatéral…

    Cela me fait penser à une affiche contre la violence faite aux femmes que j’avais vu par chez moi :  » Si tu cognes ta copine, c’est que t’es pas vraiment un homme « . Comme si le plus important c’était d’être un homme, un vrai, et non de respecter les femmes…

    Ce sont des stratégies mises en place, non de sensibilisation mais sur un mode publicitaire : on flatte un peu le croupion des gens, on leur promet qu’après consommation du produit/attitude adoptée, ils seront mieux qu’avant…

    Comme si la fin justifiait les moyens.

    Moi ça me laisse pantoise…

    Bises

    • Je suis d’accord qu’il faille faire un effort de communication. Mais il y a ce qu’on VEUT communiquer et il y a ce qu’on communique malgré soi, qui peut être très important même si on en a pas conscience; quand par exemple on écrit « un vrai homme ne bat pas sa femme » on entretient l’idée qu’il faille être un « vrai homme », que la virilité est important, qu’être un « vrai homme » est plus important que le respect élémentaire dû aux femmes en tant qu’être humains, que ne pas frapper une femme mérite une récompense spéciale en terme de virilité et donc d’estime de soi, etc etc… Des idées contre lesquelles il faut aller, si on veut vraiment changer la société en profondeur et non appliquer un vernis féministe sur le patriarcat.
      Et je pense que plein de féministes seront d’accord avec ça.
      Et je pense que c’est la même chose pour l’antispécisme: ok c’est plus facile de parler d’écologie, ok on a plus d’impact, mais il faut tout de même faire attention parce que je crois qu’avec certains mode de communication, on entretient inconsciemment l’idée que les animaux ne sont pas si importants que ça, que ne pas tuer des animaux c’est un « bonus » mais que c’est pas la raison principale de notre engagement parce que ce serait ridicule et que ça vaut pas le coup.
      Alors encore une fois c’est ça à quoi il faut faire attention, après je dis pas qu’il FAUT PAS parler d’écologie ou de santé (surtout si les gens sont inquiets à propos de leur santé notamment), mais je pense qu’il faut faire l’effort de faire accepter l’idée que les animaux comptent.

      • Je sais pas si t’as vu, je crois que toutes les deux vous dites pile poil la même chose.

        Et je sais pas si tu l’as compris plus haut, mais je suis d’accord.

  15. Oui, je n’aurais pas pu dire mieux.

    Moi aussi cette affiche comme quoi il faut être un vrai mec m’a fort choquée.
    Que ce soit pour la cause féministe, ou pour l’antispécisme… utiliser les stratégies de la publicité ( je fais une différence entre campagne de sensibilisation et publicité ) est contre productif à long terme. Il faut faire un travail en profondeur, pour que les gens se mettent en contact avec l’empathie qu’ils ont pour les animaux, plutôt que de leur promettre monts et merveilles avec le  » régime  » végétalien. Il faut insister,  » harceler  » les gens, ne pas s’excuser d’être végétalien pour les animaux, … pour que le déni cesse. Parce que franchement, quand tu vois une vache séparée de son veau, ou un poussin broyé, c’est pas très compliqué d’avoir de l’empathie… Mais on nous a enfoncé dans le crâne que c’était  » naturel  » ,  » normal « , alors on s’est défait de celle-ci…

    Bref, je suis d’accord avec toi, j’essaie juste de comprendre pourquoi certaines campagnes véganes étaient si à côté de la plaque à mon sens.

    Bises

    Muriel

  16. Ca commence à faire un sacré bout de temps que je lis ton blog et je n’ai encore jamais pris la peine de commenter. Je pense que ma façon de voir le monde me disposait à devenir vegan, mais c’est vraiment à la lecture de tes articles que j’ai franchi le cap.
    Il y a quelques temps encore je pensais que mon veganisme ne concernait que moi et que je n’avais rien à dire sur la façon de vivre des autres mais j’ai changé et c’est encore une fois grâce à tes articles. Je ne m’excuse plus, je ne me tais plus, je ne recule plus devant les conversations si les personnes en face de moi me paraissent un tout petit peu disposées à vraiment écouter ce que j’ai à dire.
    Pour d’autres sujets aussi (la sainte modération, Poire, le sexisme en général) la lecture de ton blog m’a poussée à me poser plus de questions, même si je ne suis pas toujours arrivée exactement aux mêmes conclusions que toi.
    J’espère à mon tour, par des discussions, des rencontres, être pour d’autres personnes la source d’inspiration que tu as pu être pour moi, prendre ce réflexe et le faire prendre aux gens de réfléchir et de remettre en cause tout ce en quoi nous croyons aveuglément.
    Je te remercie encore une fois et je te souhaite plein de bonheur, très sincèrement, du fond du cœur.

  17. La publicité de PeTA « be proud of your body scan » légitime en passant le théâtre sécuritaire post-9/11. C’est pas parce qu’on est végane qu’on a envie de se mettre à poil devant des flics…

  18. Je suis tombée là-dessus et ça m’a fait penser à ton article :
    http://www.liberation.fr/societe/2015/03/06/treize-raisons-de-lacher-le-steak-barbare_1215727?utm_source=Twitter&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&link_time=1425885559

    L’article (qui n’est pas une campagne végane hein, mais quand même !) ne trouve qu’une seule raison sur 13 de manger moins de viande qui soit vraiment en lien avec la souffrance des animaux ! Donc en le lisant, ça m’a énervée, et ensuite je suis allée voir les commentaires (oui j’aurais pas dû) et là je vois que la plupart des commentaires sont hostiles, voire hyper violents.
    Finalement même quand on donne des arguments soit-disant plus rationnels que l’oppression animale, les gens se sentent agressés et répondent que puisque c’est ça, ils vont manger encore plus de viande ou alors que l’élevage intensif des légumes c’est pas éthique donc les vg sont pas mieux qu’eux (je ne sais pas combien de gens pensent que les vaches et cochons sont nourris d’amour et d’eau fraîche mais c’est beaucoup !)…

    En fait franchement, comment on peut apprendre la compassion à des gens qui pensent comme ça ? Comment des arguments pour les animaux pourraient les toucher ? Je crois qu’ils leur glissent dessus non ? (mais les autres arguments aussi apparemment)

      • Oh oui et puis les shadoks l’ont dit !

        Plus ça rate et plus on a de chances que ça marche ! :)

    • Tout simplement en touchant les plus jeunes et en attendant le turn over générationnel pour les plus atteints ;)

  19. Merci pour cet article :) Je ne suis ni végétarienne ni végétalienne mais je commence à être convaincue… Tes arguments sont très percutants, je sais pas si à terme j’aurai la volonté de me défaire totalement de la viande et des produits animaux mais j’aimerai sincèrement réduire ma conso de viande.

    Petite question: que penses-tu de la chasse? Vu que les animaux vivent naturellement jusqu’à leur mort et que c’est assez règlementé pour que le nombre gibier abattu corresponde à celui qui serait tué par des prédateurs genre loups, penses-tu que c’est mieux que l’élevage (qui pourrait s’appeler centre de torture légalisée, je suis d’accord)?

    Evidemment je ne parle pas de certains chasseurs pas très fins qui nourrissent le gibier pour l’appâter, je parle plutôt de ceux qui sont axés sur la défense de l’environnement (réguler le gibier pour qu’ils aient assez de nourriture individuellement par exemple).

    Désolée si je suis hors-sujet :s

    • Je suis totalement contre la chasse des animaux sauvages aussi bien que je serais pour la chasse d’êtres humains.
      C’est un loisir qui consiste à tuer pour s’amuser. Pourquoi ne pas simplement leur foutre la paix et les laisser vivre tranquillement? On peut trouver d’autres occupations.
      Quant à la défense de l’environnement, c’est évidemment un prétexte. L’environnement se défend très bien tout seul. Les chasseurs nous serinent en france qu’ils empêchent les sangliers de proliférer (et donc d’abîmer les cultures humaines, comme si c’était la seule chose qui comptait) alors qu’en même temps ils les nourrissent. C’est ridicule. Evidemment il est facile pour un chasseur de se donner un vernis écolo.

      • C’est sûr qu’il y a un bon paquet de chasseurs qui nourrissent le gibier et, bien que j’en connaisse, je vais pas te faire le coup du « ouais mais nan j’en connait qui les nourrissent pas »: ce serait exactement comme la personne qui répond « ouais mais nan tous les hommes sont pas comme ça » à une féministe (en passant j’ai beaucoup aimé tes billets féministes).

        Je suis encore une fois d’accord avec tes arguments, mais j’ai encore une petite question relative à la régulation des espèces: Est ce que tu es pour la réintroduction des super prédateurs comme les loups? Je trouve que c’est une idée séduisante vu que ça permettrait de stopper la chasse. Seulement ça ne va pas plaire à beaucoup de monde comme les éleveurs, par exemple, ou les promeneurs. Du coup, penses-tu que ce serait là un argument pour faire baisser le nombre d’élevage, ou que cette idée est encore trop ambitieuse (pas encore assez d ‘esprits sensibilisés aux idées antispécistes).

        Désolée si je te dérange avec mes questions sans doute ridicules… Tout ça est encore assez nouveau pour moi, sans compter que je viens d’une famille de chasseur -.-‘

        • Pour ce qui est de la réintroduction des loups il s’agit de prédation par une autre espèce et non pas de chasse, donc c’est différent. Mais je n’ai pas d’avis bien affirmé à ce sujet. Je ne suis pas une inconditionnelle de la réintroduction des prédateurs, je pense que ça peut poser plusieurs problèmes dont on ne parle pas assez. On évoque les dégâts économiques subis par les éleveurs mais que sont les animaux là-dedans? Je veux dire on plaint le pauvre éleveur qui perd une source de revenu, mais le mouton là-dedans? Et les animaux sauvages? On ne les considère qu’en tant qu’espèces à réguler mais ils sont aussi des individus et des êtres sensibles. Bien sur les loups ont le droit de vivre aussi, mais les réintroduire comme « facteur de régulation » je trouve ça un peu craignos, c’est différent de ne pas intervenir dans une situation de prédation qui existait déjà et à laquelle on ne peut pas forcément grand chose.
          La question de la prédation a été abordée par les cahiers antispécistes dans plusieurs textes, en voici quelques-uns:
          « Est-il moralement justifié de réintroduire des loups pour contrôler une population de bisons ? » http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article41
          « Faut-il sauver le lièvre du renard ? » http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article102
          « À propos de la prédation et de l’opposition entre écologie et libération animale » http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article103
          D’autres textes se trouvent dans le numéro 14 qui est consacré à la prédation, je te laisse chercher si ça t’intéresse.

          • Merci pour tes liens très instructifs :)
            Je n’ai presque aucune connaissance dans le domaine de l’antispécisme (je viens juste de débarquer) mais si je me place du côté de l’animal, évidemment que je préfère mourir tuée par balle et que ma viande sois distribuée à des prédateurs plus loin, plutôt que d’être déchiquetée vivante comme dans un film de zombies! Bah tiens, on devrait proposer ça aux chasseurs « écologistes », de ne pas manger la viande et de la donner aux loups! On verrait qui sont les vrais écolos dans le tas…

          • Très intéressant ton article :)
            Je n’avais jamais vu des pubs Peta, c’est aberrant qu’il fasse ca…
            Je suis d’accord avec toi qu’on doit plus mettre en avant que c’est par volonté de ne plus tuer d’animaux qu’on choisit d’être vegan (et au début végétarien, végétalien, parfois il faut du temps pour arriver à ses idéaux^^), si c’est pour cette raison là qu’on l’est devenu évidemment.
            Je trouve que l’argument écologique se tient également, c’est pas mon préféré et ce n’est pas pour ca (c’est quand même quelque chose qui m’importe et une manière d’y contribuer) que je suis devenue végétarienne, mais c’est également important de s’en préoccuper, je pense ;)
            Et puis si certain-e-s deviennent vegan pour des raisons écologiques ou autres, pourquoi pas?
            En ce moment, cela devient un peu une mode genre « c’est bon pour la santé ». Ok, ce n’est pas top comme démarche, mais si ce genre de discours permet d’éveiller un bon nombre de gens à la protection des animaux, beh tant mieux au final.
            Mais bon, c’est sur qu’en voyant les pubs Peta on peut se dire que les « valeurs » du veganisme se perdent et que beaucoup de désinformation doit circuler :/

            Concernant la réintroduction des prédateurs en milieu naturel, j’ai lu un article passionnant qui expliquait en quoi c’était si important et bénéfique (Science & Vie, n° 1133, fév. 2012).
            En gros quand tu réintroduit les prédateurs ou super prédateurs dans un milieu naturel, toute la chaine de la vie se remet à fonctionner correctement, chaque espèce s’équilibrant entre elle.
            Et cela va au delà de l’équilibre de la faune, rétablir l’équilibre animal a des conséquences positives sur la flore également.
            On parle d’auto régulation car une espèce qui prend le dessus sur les autres (quelle soit « proies » ou « prédateurs » je n’aime pas trop ces appellations) c’est rarement bon pour l’équilibre de la faune et flore du milieu.
            Le seul super prédateur incapable d’équilibrer tout ca c’est l’Homme.
            On doit être le seul prédateur a bousillé autant notre environnement naturel et créer autant de déséquilibre.
            Puis souvent on réintroduit des espèces que nous avions nous mêmes décimées par le passé, ce genre de réintroduction respecte l’équilibre originel, à mon sens.
            Par contre vouloir introduire une espèce qui n’existait pas dans la faune naturelle d’un endroit, c’est créer un déséquilibre, si c’est de cela dont tu parles, je suis carrément d’accord.

            C’est un peu bête mais je tenais à te dire que ta façon d’écrire et de traiter les sujets de tes articles est très intéressante car même si on est pas complètement (ou pas du tout!) d’accord avec toi, c’est toujours enrichissant et ca fait réfléchir à son propre rythme sur ces sujets. Voilà, merci pour ca!

          • Pas sûr qu’il existe un équilibre originel, cela dit ..
            Il semblerait que les espèces évoluent constamment, que certaines apparaissent, migrent, périclitent, endommagent leur milieu, bouleversent les équilibres existant, s’éteignent, provoquent des extinctions massives, provoquent des changements climatiques locaux ou majeures, profitent à d’autres éspèces ou leur nuisent, profitent à d’autres individus ou leur nuisent ..

            Toutes ces choses sont faites par toutes les éspèces, mais aussi par tout ou partie de tous les individus de toutes les espèces … Aucune de ces choses n’est une spécificités des humains. Ce n’est pas non plus une spécificités des animaux : même les bactéries, les champignons, les plantes, le font.

            Peut-être que les humains sont les seuls à pouvoir s’en rendre compte. Mais pour tout le reste des aptitudes citées, ils ne sont pas vraiment exceptionnels.

            (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyanobacteria#.C3.89cologie_des_cyanobact.C3.A9ries
            Ces petites bêtes là se sont tellement reproduites à une époque qu’elles ont changé l’entièreté de l’atmosphère de la Terre, et ont provoqué une extinction majeure de leur propre éspèce. A coté, on fait pitié avec nos pauvres petits feux de pétrole. On est pas si spéciaux.)

      • En fait, en tant que végan, et ex-rural (un an et demi dans le Gard, et 6 mois dans les Cévennes), ayant vécu tout ce temps-là littéralement en plein milieu de la forêt, et fait de l’agriculture biologique, dans la forêt donc …
        Les deux sont des plaies. Les chasseurs sont la pire. Les chasseurs sont une énorme plaie pour les ruraux. Comme le dit Insolente-Veggie, tout le monde doit être sur ses gardes avec ces personnes qui rôdent, armées de fusils, et qui tirent à balle réèlle, dans les forêts, les campagnes, les champs, et prés des routes et des maisons et des jardins ou les gens vivent et travaillent. Les chasseurs sont une plaie pour tous les ruraux. Ils sont insupportables, ils interdisent à tout le monde de sortir trois jours par semaine pendant 6 mois, au risque de mourir, et ils tirent des coups de feu littéralement sous les fenêtres des gens. (légalement, à 100 mètre des maisons, mais des coups de fusils à 100 mètres, ça fait énormément sursauter. Si tu es dan ton jardin, tu entend les balles siffler et impacter. Et puis si tu as des arbres près de chez toi, tu ne prends pas le risque de sortir pour vérifier si ils sont à la bonne distance, parce que c’est éxtrèmement dangereux.)

        Voilà pour les chasseurs.

        Mais les sangliers sont une énorme plaie aussi.
        Je n’irai pas les chasser. Je n’aime pas qu’on les chasse. Et donc, on l’a vu je n’aime pas les chasseurs.
        Mais, les sangliers sont des plaies pour les agriculteurs, et pour toute personne qui voudrait faire son potager en campagne sans dresser de hauts murs de pierre autour. (les sangliers font tomber les murs en pierres sèches, même de la meilleure facture, et défoncent les clotûres en bois, ou passent en dessous, fussent-elles en chêne massif.)

        Donc, aujourd’hui, avec une grosse agriculture abondante, le problème ne se pose pas, on a à manger, des végétaux en abondance, on a pas besoin de lutter contre les sangliers.

        Mais quand tu dois garantir une production alimentaire, végétale, la question des animaux sauvages qui viennent tout bouffer dans ton champ est une question légitime.

        • Y a un truc que je n’ai jamais compris, c’est pourquoi on met pas simplement des clôtures électriques autour des potagers.
          ça marche pour les chevaux pourquoi ça marcherait pas pour les sangliers?
          Désolée si la question est naïve.

          • On peut faire ça, oui. Le bonus c’est que ça embète aussi les chasseurs. En pratique, c’est ce que les cultivateurs font dans les zones ou vivent des sangliers. Ca ne coute pas trop cher, pour peu qu’on soit raccordé à EDF.

            Quant à moi, je n’avais pas de ligne éléctrique, ni dans le Gard, ni dans les Cévennes. Je fonctionnais avec des panneaux solaires, et je ne pouvais pas alimenter une cloture éléctrique avec.

          • Lauren, les clôtures électriques ça ne fonctionne déjà plus sur un poney un peu déterminé pourvu qu’il ait son poil d’hiver, alors pour les sangliers… J’ose même pas imaginer! Par contre, il existe une méthode douce qui permettrait (au cas ou la prolifération de sanglier soit avérée être réellement une menace pour les cultures humaines dans certains départements) de régler le pb, c’est la stérilisation… Il devrait être possible d’envoyer des gens avec des fusils à fléchettes anesthésiantes plutôt que des balles… Si les sangliers pénètrent aussi près des humains pour se nourrir c’est peut-être parce que dans certains endroits ils ne trouvent pas assez dans la nature (parce qu’ils sont trop nombreux, justement): les tenir à tout prix éloignés des cultures ne serait peut-être pas la meilleure solution si ils doivent crever de faim… Autant qu’il en naisse moins et qu’ils mangent à leur faim dans la forêt, non? Pourquoi pas?

          • Comment on fait pour enfermer un poney avec du poil d’hiver, y a bien des moyens, non?
            Par rapport à ce que tu dis, le nourrissage des sangliers par les chasseurs ainsi que leur hybridation avec des cochons ne doit pas aider…

        • Oui certains chasseurs sont encore pires que les autres.

          Mais même avant d’être convaincue par vos arguments, certaines pratiques de chasses me gênaient: en particulier les battues, en gros tu fais un max de bruit pour faire peur à l’animal qui se précipite donc tout droit vers les tireurs embusqués. Alors non seulement ça ne lui laisse aucune chance, mais surtout ça le stresse énormément.

          À propos de stress, une autre pratique barbare qui m’a toujours foutu ldestinée au dressage des chiens

          • J’ai fais un genre de faute de frappe qui a envoyé mon message, alors j’y réponds pour le poursuivre (il y avait du suspens en plus!)

            À propos de stress, une autres pratique barbare qui m’a toujours foutu la gerbe, destinée cette fois ci destinée au dressage des chiens.
            Pour dresser les chiens, les chasseurs libèrent un pigeon ou autre oiseau VIVANT que le chien attrape et rapporte tout aussi vif. Bon déjà là c’est assez horrible mais l’opération est réitérée plusieurs fois; c’est à dire que l’animal vit un traumatisme énorme, comme s’il se faisait manger par un prédateur plusieurs fois à la suite. Ça m’a toujours dégoûtée :(

    • @Alix « je sais pas si à terme j’aurai la volonté de me défaire totalement de la viande et des produits animaux »

      Ben, tu vois, je pensais ça il y a deux ans.
      Et aujourd’hui, regarde-moi !
      Ah c’est vrai, tu peux pas me voir ! ;)

      Ben je suis végétalienne. :)

      Bon, pas encore végane parce que j’ai pas jeté tout ce qui contenait des produits animaux chez moi (vêtements…). Mais quand j’ai besoin de quelque chose, si possible je me renseigne pour essayer d’acheter un produit végane.

      • C’est marrant parce qu’au moment où j’ai posté mon premier message je ne pensais pas pouvoir être végéta*rienne… Flexi, au mieux. Et puis j’ai réfléchis, beaucoup… Et je vois pas d’autres solutions! JAMAIS, il y a encore quelques semaines, je n’aurai pensé vouloir devenir végétarienne (ou plus si affinités =D) et pourtant, là je commence à ressentir un certain dégoût quand je vois de la viande « morte », je pense que je commence à être sensible à la souffrance qu’à ressenti l’être vivant mort pour satisfaire notre palais.

        Après je ne dis pas que dans les mois prochains je ne vais pas manger de viande (j’ai 16 ans, donc c’est papa-maman qui me fournissent ma bouffe, et je me vois très mal leur dire que j’ai choisis d’arrêter de manger des cadavres) mais franchement je suis prête à faire des efforts. Et qui sait, peut-être que dans quelques années… ;)

        • J’ai plus du double de ton âge, donc quelque part, tu as de l’avance sur moi !

          Bon, à ma décharge, à ton âge, je n’avais pas internet, pas la possibilité de lire ce genre de blog, et ce n’est pas mon entourage omnivore qui risquait de m’informer…

          • Si je suis engagée dans des causes (féminisme et maintenant antispécisme =D) c’est uniquement grâce à internet! Donc oui certains jeunes sont plus engagés mais c’est grâce aux nouvelles technologies!

  20. Je suis entièrement d’accord avec ton article, je me pose juste une question:
    les problèmes causés par l’industrie de la viande mais qui ne sont pas en lien avec les animaux (écologie, santé, partage des ressources), on en parle ou pas? Est-ce aux végés d’en parler? on en parle de quelle façon?

    Pour ma part je pense qu’il faut en parler, mais je n’ai pas encore les réponses à toutes mes questions ci-dessus ;)

    • Il faut en parler, mais ce n’est pas en lien avec les animaux et je pense que c’est pas spécialement aux végé d’en parler (mais ils peuvent en parler comme tout le monde).

  21. Je ne suis pas végétarienne, encore moins vegan, cela dit j’ai beaucoup aimé l’article. Le fait de tuer, alors que ce n’est pas nécessaire, des êtres vivants et sensibles est le seul argument que je trouve vraiment inattaquable. La santé, comme c’est dit dans l’article, tout en excès est mauvais. L’environnement, c’est dit aussi, tous les types d’élevage ne sont pas polluants, et aussi, la disparition de l’élevage dans certaines zones pose de vrais problèmes niveaux biodiversité. Même quand on parle des conditions d’élevage, c’est facile dans un débat de trouver des parades quand on connaît un peu les différents labels ou types d’élevage.
    Alors que l’argument de tuer des animaux de façon injustifiée ? Là il n’y a rien à répondre, à part des raisons égoïstes. Et soit il faut les assumer et se débrouiller avec sa conscience, soit il faut devenir vegan. L’animal élevé dans les meilleures conditions du monde sera toujours, au final, tué alors que ça aurait pu être évité. Après, je comprends pourquoi d’autres angles d’attaque sont utilisés, étant donné le nombre de gens qui sont juste complètement insensibles au sort des animaux, pour qui ce ne sont « que » des animaux et pour qui il n’y a rien de moins important. Mais à titre personnel, autant je trouve ça bien pour faire consommer autrement, autant pour ce qui est de devenir végétarien, je trouve ça très léger par rapport à la réalité toute simple des animaux tués sans que ce soit nécessaire.

    Sinon, j’ai vu que ça parlait de chasse plus haut, je me permets de donner mon avis… Je trouve que le problème est un peu plus compliqué que ça (et dans ce que je vais dire, j’exclue le lâché de gibier, et la nourriture distribuée aux animaux sauvages pour pouvoir les chasser plus tard. Pour ces cas-là, je suis complètement d’accord avec ce qui a déjà été dit) : la cohabitation de l’être humain avec la faune sauvage est de plus en plus compliquée. On ne cesse de s’étendre, de construire, de grignoter sur l’habitat naturel d’animaux qui n’ont plus aucun prédateur naturel. Donc sans chasse, ce qui régulera surtout ces populations, ce sont les quelques maladies, le manque de nourriture – avec les animaux qui saccagent leur habitat à la recherche de nourriture – et quoi, les collisions avec les voitures et tout ce que ça entraîne d’accident ? Et protéger les routes et zones habitées par des grillages est de moins en moins une solution vu que ça ne fait que fragmenter les milieux, et ce qui est une catastrophe écologique. Bref je passe peut-être à côté d’un point important mais du coup, j’ai du mal à imaginer comment on pourrait se passer entièrement de la chasse. En fait, je vois plutôt la chasse comme une conséquence de notre société et de notre mode de vie, et que lutter contre la chasse n’a pas vraiment de sens tant que ce qui la cause sera encore là.

    Enfin voila, j’espère ne pas être trop à côté de la plaque avec mes commentaires !

    • Totalement d’accord avec toi. Je pense que dans l’immédiat la chasse est nécessaire, mais que dans l’absolu il faudrait la supprimer (quand les humains arrêteront de s’étendre sur le territoire des animaux et seront devenus sympa avec (mode bisounours on)). Je trouve pas la chasse hypra cool, comme je l’ai dit plus haut, mais comment réguler les espèces (il y a quand même surpopulation)? Je préfère que quelques uns soient abbatus avec des méthodes respectueuses (pas de battues ou de pratique du style) plutôt qu’ils meurent de faim. Plus haut quelqu’un a parlé de tireur d’élite et que la viande serait donné à des animaux carnivores après: En France on pourrait par exemple distribuer la viande dans les parcs animaliers, non?

      Arrêtez moi si je dis des bêtises…

      • La chasse n’est pas nécessaire. Les chasseurs essaient de le faire croire parce que c’est leur loisir.

        • Mais du coup, comment faire pour réguler les populations pour ne pas qu’elles meurent de faim, faute de nourriture pour tous les individus? C’est une vrai question, je ne veux pas paraître agressive ;)

          • Quand les animaux manquent de nourriture ils cessent de se reproduire, ils ne meurent que très rarement de faim, pas à grande échelle en tous cas. Et puis tuer pour éviter qu’ils meurent tout seuls, ou est la logique? Le problème c’est que les chasseurs, outre qu’ils sont juges et partie (ils ont intérêt à chasser puisque c’est leur loisir) ne connaissent rien à l’écologie, qui est une science. Ils ne sont pas aptes à décider s’il y a un problème ou pas. La nature se régule généralement très bien toute seule.

  22. Un énorme merci pour cet article, je suis plus d’une fois resté perplexe face à des arguments pro-vegan qui, pour ce que je sais de la biologie et de la zoologie, témoignent soit d’une extrême mauvaise foi, soit d’une profonde ignorance. Je dois avouer être beaucoup plus sensible à un discours comme le votre, qui ne cherche pas à s’inventer une légitimité basée sur des faits scientifiques erronés voir carrément mensongers. L’éthique est une motivation et une justification amplement suffisante, et elle me semble incompatible avec la désinformation.

  23. « Je ne dis pas qu’il faut se contenter de montrer des images d’abattoir choquantes et gores, je ne suis pas tellement fan non plus de ce genre de procédés dont je doute de l’efficacité. »

    A l’heure actuelle, puisqu’on nous laboure véritablement le cerveau avec des tas de mensonges (y compris visuels), je me dis que diffuser largement et régulièrement (et sans concession) les images reflétant la réalité de la condition animale permettrait peut-être de sensibiliser davantage de personnes au problème. Non ce n’est vraiment pas chouette de voir tout ça mais n’est-ce pas un mal nécessaire ou un mal pour un bien comme on dit? En fait, je ne sais pas trop quoi penser?
    En ce qui me concerne (et pour quelques personnes de mon entourage), les images issues de l’exploitation des animaux ont eu un impact énorme sur mon choix de vie végane (en plus de quelques lectures).

    • En ce qui me concerne, c’est principalement ce blog (et d’autres que j’ai eu l’occasion de lire mais parce que je suis d’abord « tombée » ici) qui m’a convaincue.

      J’avais vu quelques images d’abattoir par-ci par-là, mais j’avais détourné le regard et puis je pensais que la viande était nécessaire, qu’on n’avait pas le choix (c’est ce qu’on m’avait dit quand j’étais gamine, comme à beaucoup d’autres, et que j’avais « avalé » sans protester).

      Je suis pas mal « blindée » contre les images horribles (que ce soit d’ailleurs un veau qu’on égorge ou un corps d’enfant déchiqueté dans un pays en guerre), par contre tuer des animaux alors qu’on peut l’éviter, je ne trouve pas ça juste, et c’est cet argument qui m’a doucement convaincue.

      Comme quoi, ça dépend des gens…

      • Oui, au fond c’est aussi ce que je pense, chacun.e réagit selon sa personnalité, sa sensibilité, ses propres références à un moment donné de sa vie.

  24. Magnifique article et sincère !!

    Je suis végétarienne depuis 10 ans et entrain de devenir vegetalienne depuis quelques semaines….
    Je le suis pour les mêmes raisons que toi. Mais il faut bien avouer une chose. Des animaux; les gens s’en foutent. Au mieux ça passe pour de la sensiblerie.

    Je me suis encore pris la tête avec un de mes proches qui me traitaient d’extrémiste dans le fait de ne JAMAIS manger de viande, et me disant que je pourrai faire fuir des hommes (étant célibataire), ce à quoi je lui ai répondu que si ils fuyaient pour cette raison… je ne perdais pas grand chose et qu’il était important pour ma part que les personnes soient conscientes de ce qu’elles font (autrement dit, je ne cherche pas un végé absolument mais une personne qui sait ce que manger de la viande signifie )

    Et je me fais taxer d’extrémiste…..
    En parlant des conditions d’élevages, d’abattages , etc…. mais il a reconnu qu’il n’aimait pas voir ça mais qu’il ne faisait pas l’association avec son assiette

    De parler de faim dans le monde, d’écologie etc… ça fait sérieux, noble ! Mais de parler de souffrance animale, ça fait neu-neu

    Bon sang que je me sens seule dans ce monde… J’ai l’impression qu’il tourne à l’envers… et pour la majorité des gens, c’est moi qui tourne mal….!!

    • « faire fuir les hommes » lol
      Une raison de plus pour être végé selon moi (si c’était vrai bien sur)

  25. Ping : Pédagogie végétale | Pearltrees

  26. Je reviens un peu tard sur cet article, mais je me pose quelques questions depuis un certain temps.

    Premièrement, vous parlez des simili-carnés en disant « ça sert à ne pas tuer d’animaux ». Je ne vais pas dire que les simili-carnés sont quelque chose de mal ou quoi que ce soit dans le genre, je n’y connais pas grand chose et ne peut donc pas vraiment avoir d’avis sur le sujet. Mais justement, je m’interroge sur le sujet et je me demande peut-être naïvement si le fait de préparer des légumes, des champignons ou des céréales sous forme de pâté ou de saucisses a un intérêt d’un point de vue alimentaire, nutritif, gustatif, voir de conservation ou autre, ou si c’est juste une question d’habitude et d’apparence.

    Par ailleurs, je me demandais si vous n’auriez pas un site ou un livre à me conseiller sur l’anatomie comparée. ça fait plusieurs fois que je tombe sur des arguments tels que « L’homme ne peut pas digérer la viande parce qu’il a un trop long intestin alors que celui du lion ne fait que deux mètres. », qui me semble à peine plus justifié que « Le lion mange de la viande donc nous aussi on peut. » étant donné que personne n’a jamais prétendu qu’on devait avoir le même régime alimentaire qu’un animal qui se nourrit majoritairement de viande crue, et que s’il faut faire des comparaisons anatomiques il me semblerait plus justifié de le faire avec des omnivores tels que l’ours ou le cochon.

    • Oui ça peut avoir un intérêt sur le plan gustatif de faire des pâtés végétaux, après le reste je m’en fous pas mal. Quant à l’argument du lion fait ceci et les intestins sont comme cela, il n’a pour moi aucun intérêt, dans un sens comme dans l’autre.

  27. Ping : Antispécisme & veganisme 101 | Pearltrees

  28. Ah…! Bravo !
    Depuis 30 ans que je suis en France, j’en entends des bêtises farcies d’arguments bidons sur le végétalisme. Le coup du lait que nous serions la seule espèce à … m’ayant définitivement détourné de toute discussion.
    Il y a 30 ans, mon père, chercheur en biologie végétale, était choqué, véritablement choqué, par les arguments d’un ami végétarien : pourquoi une vie végétale aurait-elle moins de valeur ?
    Par contre, oui ça me parle la maltraitance animale, la conviction, l’éthique, … Enfin! voilà quelque chose qui mérite qu’on s’engage et qu’on se batte.
    Comme vous j’aime le goût de la viande, j’en mange, de plus en plus rarement — une fois par mois, ou tous les deux mois, plus quelques lardons dans la semaine. Et j’avance vers un moment où je m’en passerai.
    Je choque mes enfants : quand ils en réclame, je leur propose d’acheter un lapin ou un poulet, vivants, pour les tuer nous même. Parce que la barquette enveloppée de cellophane, c’est trop facile : ce n’est pas un animal, c’est seulement un goût de viande grillée, d’avance, dans notre bouche.

    • A propos de la valeur de la vie, je me suis toujours étonnée de voir ce concept revenir sans cesse dans les discussions… ça me semble une valeur complètement religieuse, judéo-chrétienne et qui a mon sens n’a aucun rapport avec le végétarisme ou le végétalisme, en plus on l’utilise pour justifier l’opposition à l’IVG…

      • Oui c’est tout à fait comme le sens de la vie, un autre concept religieux. La vie n’a pas de sens. À nous de donner un sens à notre vie : militer, ne pas cautionner la maltraitance animale, etc. ou comme le dit beaucoup mieux le poète, se donner un Ordre du jour http://www.poesie.net/jpordre.htm

  29. C’est pourquoi je n’ai jamais pu croire au végétarisme au nom de la valeur de la vie. Même faire la vaisselle tue de la vie!
    Je dévie un peu, mais c’est tout à fait comme le sens de la vie, un autre concept religieux. La vie n’a pas de sens. À nous de donner un sens à notre vie : militer, ne pas cautionner la maltraitance animale, etc. Un poète le dit assez bien d’ailleurs : http://www.poesie.net/jpordre.htm
    La cohérence et la lucidité de vos propos sont rares. « Occupés que nous sommes à nous défendre nous-même » : ça fait du bien de vous lire ! Merci pour ces partages.

  30. Ping : Les animaux d’abord, une impasse idéologique | T-Punch Insurrectionnel

  31. Ping : Questionnements sur le terme « d’antispécisme  | «Bananes écrasées

  32. J’ai adoré cet article. Je me reconnais beaucoup dans ton style d’écriture vif, j’admire. J’ai une question, si un jour toi ou ta famille devait manger des animaux car il n’y a que ca a manger (scénario j’espere peu plausible d’une catastrophique fin du monde) Que ferais-tu? Merci.

        • J’imagine tout ce qu’ils trouvent, humains y compris. C’est vraiment le scénario fin du monde ou tu manges ce que t’as pour survivre. Ca n’arrivera jamais j’espere mais qui sait. Je pense effectivement qu’a ce moment la, ben, tu fais comme tu peux, n’ayant pas tout le choix du monde

  33. juste un immense merci <3 pour cet article (et tous les autres bien évidemment), qui m'a fait un bien fou à lire et avec lequel je partage toute la réflexion. Il est beau clair intemporel.

  34. Merci, le « occupés que nous sommes à nous défendre nous-mêmes » a fait tilt. J’ai réalisé que j’étais effectivement trop dans cette optique quand j’étais confrontée à ce sujet en groupe, inquiète de ce qu’on pouvait penser de moi, qu’on me trouverait stupide, comme si je devais me justifier d’avoir fait le choix de ne pas cautionner la cruauté animale (on marche sur la tête). En plus, je crois qu’inconsciemment, répondre comme cela a un impact très négatif sur la personne en face de nous : elle en retient que le véganisme est un effet un choix de vie personnel, et qu’en plus, il n’a rien de très logique ni cohérent si nous nous comportons comme s’il fallait s’en justifier…

    Je tâche de me défaire de ces travers à présent, de dire clairement que c’est pour les animaux, de parler de leur exploitation, bref de garder la discussion sur EUX. Vraiment m’effacer de la conversation le plus possible. (Pas toujours évident parce que les gens essaient de ramener ça à un niveau personnel : « ah, et si t’avais un mec et qu’il aimait la viande » m’a-t-on demandé récemment. Ca m’a surprise et sans réfléchir j’ai dit que de toute façon si j’étais avec quelqu’un on aurait probablement les mêmes valeurs à mon sens. Mais maintenant je pense qu’une meilleure manière de répondre serait : « Déjà, c’est purement hypothétique et abstrait, ensuite il s’agit de ma vie personnelle donc ça ne vous regarde pas, et de toute façon ça n’a vraiment aucun intérêt. L’exploitation animale, c’est ça qui est important, c’est quelque chose de concret qui nous concerne tous. On s’en fout de moi et ce que je fais de ma vie, en fait. » Quelque chose dans le genre.)

    Sinon, je te rejoins sur le fait de parler des animaux d’abord, devenir végétarien pour des raisons écologiques ou de santé ne signifie AUCUNEMENT qu’on va devenir respectueux de leurs intérêts. Deux de mes proches sont devenues végétariennes pour l’écologie et rejettent assez violemment l’antispécisme. J’ai eu une discussion limite agressive avec l’une d’elles, elle m’a dit très clairement qu’elle se foutait des animaux, que de toute façon ils se mangent entre eux donc c’est la nature, que nous leur sommes supérieurs parce que nous avons une conscience blablabla, et que c’était juste horrible d’oser comparer les humains et les animaux ou de suggérer qu’on puisse être égaux « Moi,j’ai de l’amour pour l’humanité ». Bref, elle n’aurait rien contre un mode d’élevage pas polluant. Non, essayer d’amener les gens vers le véganisme par des moyens détournés ne fera pas d’eux des antispécistes. Et puis il y a plein de véganes qui ne sont pas du tout antispécistes et rejettent même violemment le principe…

    • « moi, j’ai de l’amour pour l’humanité »
      ça me fait rire parce que je pense à un autre article: « l’amour c’est pas comme les frites »
      C’est pas parce que tu en donnes beaucoup aux humains qu’il en restera plus pour les animaux après…
      Et merci pour tes belles prises de conscience, ça fait du bien de te lire

  35. Avis partagé à 100%….
    Sur toute la ligne !
    Merci d’avoir mis les mots sur mes pensées…
    Cela m’aidera à rédiger l’article que je voulais faire à ce sujet !
    Aucun plagiat ne sera fait, mais ton article sera cité (et linké) pour la peine ;-)

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