Les aventures de Yaka et Yakapa

Ces derniers temps, on a reçu tellement d’excellents conseils sur comment faire pour ne pas être violées, que je me suis dit que ça méritait bien une petite note éducative.

Je vous présente donc nos deux protagonistes, Yaka et Yakapa.

titre yaka et yakapa

Nous pouvons d’emblée remarquer quelques différences entre Yaka et Yakapa.

Yaka a des grosses lunettes, elle porte un pantalon moche et un chemisier moche agrémenté d’une veste laide. Elle est vilaine avec des boutons.

Yakapa, elle, porte une jupe et du maquillage. De plus, elle est bonne.

Mais ce ne sont pas les seules différences entre Yaka et Yakapa ! Penchons-nous sur la vie de ces deux amis.

yaka rentrer

    Voici notre amie Yaka.

  • Yaka ne se promène jamais seule dans la rue la nuit. Elle rentre donc toujours du travail avant 17 heures, mais l’été elle a parfois la joie de pouvoir sortir jusqu’à 20 heures !
  • Yaka ne rencontre jamais personne. Elle évite également de fréquenter les gens qu’elle connait. D’une manière générale, elle n’a pas d’amis.
  • Le soir,  après avoir fermé ses 8 verrous en acier inoxydable, Yaka boit une tisane et va se coucher, armée d’une bombe au poivre et d’un taser qu’elle dissimule habilement sous son oreiller.
  • Quand quelqu’un frappe à la porte, Yaka n’ouvre pas, et appelle à tout hasard la police.
  • Yaka n’est jamais rentrée chez quelqu’un d’autre que sa mamie. Mais là encore, elle vérifie qu’il n’y ait aucun homme dans les environs. C’est très important.
  • Yaka également équipée d’un dispositif anti-viol à base de ceinture de chasteté et de sous-vêtements de chez damart. On est jamais trop prudente

yakapa danse en boite

    Voici maintenant Yakapa.

  • Yakapa se promène parfois dans la rue, il lui arrive de sortir et de rencontrer des gens. Même des fois elle rencontre des gens qu’elle ne connait même pas.
  • Yakapa a donc des amis et même des amis d’amis.
  • Parfois, Yakapa va dans la rue, en boîte, ou dans des bars avec ses amis. Il lui arrive également de boire de l’alcool.
  • Après être sortie, Yakapa rentre chez elle en marchant par terre dans la rue. Des fois, c’est la nuit.
  • Yakapa a déjà laissé rentrer des gens chez elle, et même parfois des gens de sexe masculin. Elle s’est également déjà rendue chez d’autres personnes.
  • Yakapa porte des culottes ou des strings et de plus, elle possède un vagin.

Décidément cette Yakapa cherche vraiment les problèmes !

Après il faudra pas s’étonner, il faudra assumer.

yaka s'est faite violerHa ben voilà !

Yakapa aurait du imiter sa sage consœur Yaka.

Entre nous, est-ce qu’elle ne l’a pas un peu cherché?

c'est bien normalLa prochaine fois dans LES QUESTIONS COMPOSENT, retrouvez nos autres amis !

yavékapaHa merde, trop tard.

Bref…

Quand je vois certaines féministes qui osent nous parler de restriction de la liberté des femmes, alors qu’il suffirait d’appliquer quelques conseils tout bêtes pour que personne ne se fasse violer !

C’est vraiment trop ballot

A lire aussi:
Les victimes coupables, ou Yaka et Yakapa au dur pays de la réalité
Les violeurs
Viol: la faute à qui

60 réflexions au sujet de « Les aventures de Yaka et Yakapa »

  1. MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHA :D
    (c’était le commentaire constructif du jour. De rien, ça m’fait plaisir, c’es cadeau.)

  2. Yaka deviendra professeur d’éducation civique et inculquera notamment aux damoiseaux que jamais rien ne leur est ni dû ni acquit, mais après moults travaux pratiques ratés, un ancien élève traumatisé par tant d’échecs malgré les conseils avisés de mamanfemmeaufoyerdemèreenfille suivra Yaka jusque chez elle, et profitera de son quotidien morne et solitaire pour « lui apprendre la vie »…

    Nous attendrons alors la génération suivante et la naissance de Nidunyaki, tordeuse de raideurs :p (rien à voir avec une histoire de faim et deux doigts)

    • C’est du méga lourd ce cite.
      Allez un petit extrait pour détendre :
      Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente,
      avec pudeur et modestie… » Rions mes biens chères sœurs !!
      Quand on a touché le fond on trouve encore pire.
      A ce train là, ils vont finir par trouver du pétrole.

  3. Houlà c’est du lourd ces liens…
    Sinon, excellent article ! J’espère que plein de gens tomberont dessus !

  4. Désolé mais je ne vois pas vraiment le problème dans le lien du site aimeles. Moi je suis assez d’accord, je trouve ce genre de défilement totalement puérile et indésirable, on a pas a devoir supporter ça.

    Je comprend pas ce que vous voulez vraiment

  5. Je proteste, en tant que personne qui boit des tisanes je me sens stigmatisée.
    Sinon j’ai bien rigolé, merci :)

    • Je suis moi-même plus tisane que vodka. Et puis j’ai des grosses lunettes. Si un jour je m’ai fait violer, je dirai ça au juge.

  6. Aimeles a quand même ceci de magique qu’il développe un argumentaire basé sur la propriété du corps dénudé par l’homme, et l’idée que le corps envoie le message « Fais-moi l’amour », en-dessous d’une image où il est écrit : « L’amour, c’est pas un truc qu’on fait à quelqu’un, mais quelque chose qu’on fait ensemble.

    C’est pas Yaka qui se prendrait de telles remarques dans la gueule. Franchement, ces féministes, qu’est-ce qu’elles ont à choquer les gens, si elles se reçoivent des remarques de connards dans la gueule, elles l’ont bien cherché, d’ailleurs c’est leur faute si des connards pareils écrivent des pages pareilles…

    Yaka et Yakapa sont devenus mes présentateurs d’interludes divertissants préférés, devant Yanninou. Comme dirait OC dans son dernier article (Bescherelle Runner…où il tape sur les féministes sans avoir lu ses centaines de comms, comme d’hab’) : « J’aime. »

    • Après tout, on ne peut pas espérer qu’un odieux connard soit proféministe, aussi malgré ses opinions ridicules sur le sujet de l’égalité des genres, je l’aime bien le OC !
      Le problème de Yaka c’est qu’elle doit pas se reproduire beaucoup. J’espère que c’est pas génétique.

  7. yakapa écrire des articles comme ça, yaka écrire un truc fonder, pas plein de conneries débiles, sans fondemants.
    As-tu étudier le sujet ? Tu crois etre omnisciente? c lourd.
    Tres reducteur ce que tu dis sur les hommes, je plain ce qui te frequente, horrible.

    • Tu devrais avoir la politesse d’éviter de prendre un pseudo comme ça avec un faux lien (blague de collégien). « Anonyme » sans lien, c’est très bien et c’est clair.

      Je ne vois pas où il était question de l’homme dans cet article. Certes, l’elfe noircit parfois le trait vers un modèle machiste, mais il n’est pas question que de yaka et de yakapa ici. C’est-à-dire des arguments (par des FEMMES, pour des FEMMES) qui nient que le viol soit un champ où le féminisme pourrait agir, et où la seule défense viable est la responsabilité de l’individu. Dans ces dessins, l’elfe oppose à cette idée deux arguments :
      -tout comportement socialisant a été signalé comme étant « à risque ». Lutter contre le viol par ce biais signifierait restreindre les libertés de la femme.
      -ces commentaires expliquent une injustice sociale par des comportements individuels considérés comme déviants. Or, rentrer chez un homme n’est ni un comportement déviant, ni un facteur d’explication du viol des femmes (après tout, les hommes rentrent bien chez des femmes sans pour autant se faire violer).

      Enfin, puisque tu as assez étudié le sujet pour dire que ces deux idées n’ont pas de fondement, je t’en prie, dispense ta science. Le dialogue n’en sera que plus constructif.

        • Bjr l’Elfe,
          Ta réponse est digne de Dans La Presse Déchainée du Canard Enchainé.
          Je soupçonne que tu as perçu, contrairement à d’autres, un pastiche de réponse de l’Elfe, par Lefle (rien que le nom m’a fait sourire). Je l’ai trouvé crédible :D . Je regrette que le glabre Belgarel ait manqué là de 2nd degrés ; accentuant cependant celui de Lefle (orthographe ‘peutétre’ volontairement passable, mais ne soyons ni bégeules ni méprisants, …ni integristes de la langue malgrès leur utilité mais je m’égare).
          BRAVO BRAVO &MERCI pour TES DESSINS.
          et desseins, té!

          • Je te rejoins sur cette question : il me semble sincèrement qu’il y avait chez Lefle une parodie de commentaire sexiste plus qu’un état d’esprit réellement sexiste.

      • Belgarel, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de répondre ! visiblement, on a effectivement affaire à un-e collégien-ne qui a lu l’article en diagonale sans comprendre le deuxième degré… Par contre, elle/il connait des mots compliqués, comme « omniscient », ce qui me laisse l’espoir qu’elle/il aura peut-être plus tard du goût pour la lecture (si possible, de textes intelligents), ce qui lui permettra de réduire considérablement le nombre de fautes d’orthographe (héhé, c’est mon thème de prédilection cette semaine, mon fil conducteur !!)

        • Je sais pas si j’aurais répondu mais j’aime bien la réponse de Belgarel quand même ^^ Sinon je veux pas trop conjecturer sur l’âge des gens qui écrivent, des fois on a de sacrées surprises.

        • Pas de conjectures zhâtives voulez-vous : le terme omniscient apparaît dans le vocabulaire d’un ado d’une seizaine d’années, confronté à la problématique du narrateur omniscient dans l’oeuvre d’Emile Zola ou pire! de Flaubert qui a fait chier des générations de lecteurs avec Emma Bovary qu’il n’a écrit qu’en prévision des heures d’ennui infligées aux ados de 2012. Au vu des fotes de francé et d’eurttegrafe, je peu dire que d’un il a environS 16 ans, il devait à l’époque préparer l’oral de son bac français, il possède un téléphone portable mais comme il est dans un monde de gens qui n’écrivent pas en sms il est quelque peu bridé et a donc un peu de mal à s’exprimer autrement que par onomatopées. S’il maîtrise le mot omniscient, il doit chercher sur wikipédia la signification de omnipotent. Car un narrateur n’est jamais omnipotent. Ce jeune n’a donc pas été élevé dans la religion car si cela était le cas, il maitriserait outre omniscient, les vocables « omnipotent et omniprésent ». En résumé, yaka pas s’en préocupé dabor, ce qui écrive des textes sans fondemant ont ka alle se fer à repasser.

          • S’il vous plaît, je vous en suuuupplie, arrêtez donc de mettre tous les jeunes dans le même panier. Ca me fait mal au coeur d’être dénigrée juste à cause de ma tranche d’âge et de ma génération, même si je sais qu’il y a bien sûr du vrai…

  8. Ahahah très drôle ^^
    Je partage !

    PS : je bois de la tisane (calmante :pour dormir), porte des lunettes et des pantalons (mais pas de ceinture de chasteté, j’avoue). Comme Choum je me sens un brin stigmatisée ^^

    • Tu es sur la bonne voie, plus qu’à abandonner toute vie sociale et tu seras à l’abri des prédateurs sexuels !

      • Ouille ! Je porte pantalons et grosses binocles MAIS je sors souvent voir des amis… Yaka ou Yakapa ?…

        Merci beaucoup pour cette BD pleine de cynisme ! :)

    • C’est marrant, cette représentation de la femme, c’est très sexiste et il y a cette espèce de pseudo domination féminine dont je parlais (la femme qui impressionne, intimide, qui est plus grande que le « petite mec »). Elle ne parle pas une seule fois, mais exprime parfois une sorte de jugement dans ses expressions faciales, quand elle n’est pas totalement absente, juste présente physiquement. Sans doute que le côté « femme = objet / trophée a conquérir » excessif est censé déclencher le rire chez le lecteur. Mais j’ai regardé hier Scott Pilgrim vs the world, un film que j’aime beaucoup mais qui a fait le même parallèle entre les femmes et les jeux vidéos, sans que ce soit caricaturé ou montré du doigt, juste tout fait normal.

  9. Ta BD irait à merveille en Egypte !! A force d’entendre à tous bouts de champs que la culture arabe est bien plus sexiste que toutes les autres, je suis à chaque fois étonnée que les mêmes raisonnements existent en France ( pourtant j’y ai habité 19 ans, j’ai dû vivre dans une bulle… merci TF1 )…

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  12. Le problème avec Yaka c’est que, si malgré tous ses efforts et son attitude irréprochable elle est quand même violée, personne ne la croira.
    1) parce qu’elle est trop moche pour être violée
    2) elle est tellement asociable (et moche) qu’elle ne pourrait dédaigner un homme qui lui ferait l’immense honneur de s’intéresser à elle.
    3) elle a tout l’air d’une psychopathe et ce viol ne serait donc qu’un mensonge pour se rendre intéressante

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  15. Alors, je vais sans doute faire hurler dans les chaumières, mais dans mon entourage prostituo-amical, je compte plusieurs femmes qui n’ont pas été violées une fois, mais à de multiples reprises (bien entendu, aucune plainte n’a jamais été déposée), et pas uniquement au cours d’une passe. Voila qui me pose toute de même question. La plupart du temps, ces viols n’ont pas été commis par un pervers à l’affût, la nuit, dans la rue, mais par des hommes avec lesquels elles se sont imprudemment liées. Comme par exemple un homme qui prétendait vouloir tisser un lien strictement amical – les gros sabots, surtout vu le contexte de leur rencontre (il avait repéré qu’elle était une prostituée qui attendait un client devant une bouche de métro) – et qui a attendu la première occasion où elle était vulnérable pour lui sauter dessus..

    Evidemment, ces cas de figure sont très particuliers ; n’empêche que j’ai bien l’impression qu’il existe des femmes qui ne savent pas se protéger de ce qu’il faut bien appeler des prédateurs. Ou plutôt, qui ne savent pas se présenter autrement que comme des proies (voire pire encore : n’en perçoivent pas la nécessité). C’est un profil que j’ai exclusivement rencontré parmi des prostituées, tiens-je à préciser.

    Je considère que ça n’amoindrit en rien la responsabilité pénale des violeurs, tout comme pour les escrocs qui instrumentalisent la fragilité de leurs victimes. Néanmoins, je pense qu’en attendant que le travail de reconditionnement des hommes porte ses fruits (il est d’ailleurs très possible que ça ne survienne jamais, les résistances sont fortes), il est nécessaire d’identifier de bonne heure ces profils féminins à risque. L’une de ces femmes, qui m’a d’ailleurs convaincu de faire mon coming-out de client repenti, présente un profil assez typique : carences affectives, violence intra-familiale, déscolarisation précoce et polytoxicomanie. Elle m’a dit « ma famille a estimé que je faisais une banale crise d’adolescence ; j’ai été diagnostiquée borderline il y a peu, si l’on avait posé dix ans plus tôt des mots sur mon cas, j’aurais pu être traitée en conséquence et éviter un tas de bricoles ». Est-ce du Yakapa, à vos yeux ?

    • Pour moi, oui. Est ce qu’on enferme tous les hommes qui pensent que c’est aux femmes de faire attention? Non mais on sait jamais, au cas où ils ne sachent pas interpréter un refus. Comme ça, on prend pas de risque, Yaka augmenter le problème de surcharge carcérale en foutant tous ces hommes au trou et zou, réglé le danger potentiel pour les femmes qui osent essayer de tisser des relations…

    • Il est difficile d’expliquer pourquoi certaines femmes subissent des viols et pas d’autres et pas d’autres. Je pense néanmoins que le hasard y est pour beaucoup.

      En tant que féministe, on doit d’abord insister lourdement sur la responsabilité des hommes et sur le fait que les femmes ne sont pas et n’ont pas à être disponibles sexuellement pour eux, et qu’ils doivent l’accepter, et que le viol est inacceptable, qu’il soit commis ou non avec des violences physiques (et c’est loin d’être toujours le cas). Après seulement, on peut s’interroger sur les façons de s’en préserver.
      En effet, on peut (et on doit) se défendre contre le viol, du moins jusqu’à un certain point, il existe d’ailleurs des cours d’auto-défense féministe. Qui ne consistent pas seulement à apprendre à taper, mais aussi à appréhender l’agression, à la gérer, au final à faire le maximum pour ne pas être violée. Mais je crois quand même que, même en maîtrisant l’auto-défense au maximum, on peut subir un viol. Il ne faut pas se bercer d’illusions.

      Il est important de souligner que 80% des viols sont commis par une personne de l’entourage de la victime.
      J’ai un don dans la vie: une excellente intuition pour savoir à qui je peux faire confiance. Pourtant j’ai subi des tentatives de viol dans ma vie, dont l’une par un inconnu dans la rue, une autre par un « ami ». Donc il ne faut pas croire qu’on a des pouvoirs subliminaux anti-viol. De même, certaines femmes plus que d’autres ont une capacité à dire « non » et à refuser jusqu’au bout. Quand un mec comme celui qui a écrit cette bouse pour savoir si quand la fille dit non tu peux quand même la baiser, coince une fille chez lui, certaines vont résister jusqu’au bout et se barrer, d’autres finiront par se laisser faire. C’est un viol dans la mesure ou la fille accepte le rapport sexuel parce qu’elle cède, et non pas parce qu’elle consent. Il y a beaucoup de raisons de céder, dont celle-ci: « je suis allé chez lui, j’ai déjà accepté implicitement de coucher avec lui, donc je suis obligée de me laisser faire, sinon ce serait inconvenant de ma part ». D’ailleurs, il appelle « pisseuses » les filles qui viennent chez lui et au final ne veulent pas être baisées, estimant qu’elles ont « changé d’avis » entretemps et donc, ne savent pas ce qu’elles veulent.
      Or, toutes les « pisseuses » ne réagiront pas de la même façon, certaines refuseront jusqu’au bout de lui servir de sac à foutre sous prétexte qu’elles sont entré dans son appartement. De même, un violeur sera peut-être moins enclin à agresser une femme qui a l’air prête à lui arracher les couilles avec les dents plutôt que de céder, que celle qui pleure et supplie et se comporte comme victime parce qu’elle se sent déjà victime, qui se sent vulnérable et se croit incapable de se défendre. Mais je tiens à souligner que, non seulement la première risque tout de même d’être violée, et ce même si elle est forte physiquement (des hommes aussi subissent des viols, et pas seulement des hommes « faibles », et d’ailleurs même pour une pro des arts martiaux il est difficile par exemple de se défendre contre plusieurs hommes, ou contre un homme armé), mais en plus, la société produit davantage de femmes qui se sentent vulnérables et soumises en présence d’hommes que de femmes prêtes à défendre leur intégrité physique jusqu’au bout. D’autant plus que les secondes ne naissent pas ainsi mais le deviennent avec l’âge, les adolescentes et les très jeunes femmes sont souvent très vulnérables. Virginie Despentes, dans « king kong théorie », évoque le viol qu’elle a subi en disant que si ces hommes avaient juste voulu lui prendre son sac par exemple, elle se serait sans doute davantage défendue. La situation du viol la rendait terrorisée, incapable de se défendre, soumise. Le viol cristallise les rapports de domination de genre, un peu comme la prostitution, c’est pourquoi il est finalement complexe et très particulier (une agression à caractère sexuel n’est pas équivalente à une agression tout court). Je crois même que la peur du viol qu’on inculque aux jeunes filles en fait de parfaites victimes, car elles se perçoivent comme des proies potentielles et non pas comme des individus autonomes et capables de se défendre.
      Au final, la plupart des femmes, féministes ou non, fortes ou faibles, subissent des agressions sexuelles, et beaucoup subissent des viols. Les femmes n’ayant jamais subi d’agression sexuelle sont davantage l’exception que la règle.

      Voilà, donc oui, on peut se prémunir contre agressions dans une certaine mesure mais il ne faut pas non plus croire qu’on y est invulnérable. Cela dit, ça n’a que peu de rapport avec la note, qui évoque des croyances fausses sur le viol, selon lesquelles les femmes le provoqueraient. Or, elles n’en sont pas responsables, même si elles peuvent apprendre à minimiser leurs probabilités de le subir, sans les supprimer.

      • Justement, à propos de responsabilité, je vais là encore un point de vue iconoclaste.

        L’amie dont je parle dans le dernier paragraphe, et que tu as sans doute déjà lue car tu suis Docti (il s’agit de BDS – dont on ne peut pas dire qu’elle soit particulièrement complaisante avec la domination masculine), m’a dit que pendant des années elle s’est sentie coupable ; culpabilité qui l’amenait à évoluer dans le déni, et par conséquent, à ne pas s’interroger sur sa propre responsabilité dans ce qui survenait, à croire qu’il existait une sorte de fatalité. Lorsqu’elle a pu y faire face, intégrer qu’elle avait eu un comportement de proie, son rapport aux hommes a changé, m-a-t-elle rapporté, et elle ne s’est plus jamais retrouvée dans un contexte dangereux (ce qui ne l’empêche pas de sortir le soir, boire des coups avec des inconnus, etc). Disons que ça lui a enfin permis de déclencher son radar à prédateurs, ce qu’elle ne faisait pas auparavant, et qui lui a servi dans d’autres contextes d’ailleurs.

        Cette interrogation n’a en rien absout ses agresseurs auxquels elle ne trouve aucune circonstance atténuante, et elle est parfaitement d’accord à propos du reconditionnement éducatif du genre masculin sur cette question. Elle estime toutefois que c’est un travail de longue haleine, et qu’à court terme il faut limiter les risques en identifiant qui sont les femmes qui n’oseront pas dire « Non » (comme elle l’a été pendant des années).

        Et quand je parle de responsabilité, je ne parle pas de responsabilité pénale (qui elle seule doit générer la culpabilité), mais de responsabilité devant soi-même. Pour devenir sujet, et non objet, maîtresse de son destin et ne plus se laisser porter par les évènements. Ceci dit je maintiens, bien entendu, que ce sont cas tout à fait particuliers ; la majorité des viols étant, de toute évidence, sur des femmes qui n’ont a priori aucune vulnérabilité particulière.

    • Si comme tu le précises pour un cas, tous ces viols ont été commis par des mecs qui savaient avoir affaire à des putes, nul besoin d’aller fouiller dans les histoires personnelles des victimes pour expliquer les viols (c’est d’ailleurs une assez mauvaise idée en général, tu vois pourquoi ?)

      A force de marteler qu’une passe est un viol, donc que les putes ne peuvent consentir, ben on s’aperçoit que des hommes en tirent la conséquence logique : elles ne peuvent pas non plus NE PAS consentir. Violer une pute serait donc lui voler le prix de la passe.

      Sauf que les putes, elles disent non aussi parfois (souvent même, pour une que je connais). Quand le type est louche, quand il est ivre, quand ils sont plusieurs, par racisme ça arrive, quand le type veut un truc qu’elle fait pas, quand il faut aller loin, ou bien juste parce que ça ne lui dit rien.

      A fortiori elles disent non aussi en dehors de leur boulot. Et non, c’est non, même quand on est une pute. Mais pour comprendre ça, il faudrait déjà admettre que oui, c’est oui, même quand on est une pute.

      (Pour simplifier j’ai utilisé le féminin à propos des putes et le masculin à propos des clients ; c’est souvent le cas, pas toujours, mais là comme on parle de sexisme et de viol strictement putophobe, je me suis permis de passer sous silence les autres motifs d’agressions des putes, notamment l’homophobie et la transphobie, bien qu’ils soient eux aussi renforcés par l’image de « corps en libre-service » que donne le refus de reconnaissance de cette profession).

      • Je trouve que tu simplifies énormément les choses. « oui c’est oui ». Non, tous les oui ne se valent pas… Oui parce que j’ai envie de toi, ce n’est pas pareil que Oui parce que j’ai besoin de fric
        Oui parce que j’ai envie de toi, c’est pas:
        Oui parce que sinon tu vas me faire la gueule
        Oui parce que tu es mon mari donc je suis obligée
        Oui parce que je suis fatiguée et que quand ce sera fini je pourrai enfin dormir
        Oui parce que sinon tu vas pas me laisser partir tranquillement et rentrer chez moi
        Oui parce que j’estime que puisque je suis venu chez toi j’ai implicitement accepté un rapport sexuel même si je n’en ai pas envie
        Oui parce que j’ai accepté que tu m’embrasses; donc…
        Oui parce que j’ai peur
        Oui parce que je veux une augmentation
        Oui parce que sinon j’ai peur que tu deviennes violent (les clients de prostituées ne sont pas tous des agneaux)
        Oui parce que mon mac m’attend au tournant
        Oui parce que je viens de recevoir ma facture d’électricité
        Oui parce que je ne pense qu’au fric que tu vas me filer qui me permettra de manger et de prendre une douche
        Oui parce que je suis trop en manque et qu’avec ton fric je vais enfin pouvoir me payer ma came

        Et tous ces oui, ils suffisent à la plupart des hommes. En particulier aux clients.
        Céder n’est pas consentir. Et un rapport sexuel peut très bien être imposé (donc être un viol) alors que la victime a dit oui ou n’a rien dit du tout. « qui ne dit mot consent » est un principe bien pratique pour les agresseurs sexuels.

  16. j’aime, j’adore, j’adhere !
    simple, concis et réél !
    je partage et recommande !!!
    De nos jours, les victimes sont culpabilisées et je sais de quoi je parle…

  17. Donc en gros… Il faut être moche, mal habillée et n’avoir aucune activité ou vie sociale en dehors des heures de bureau (oui parce que le viol diurne ou le harcèlement sexuel au travail, ça n’existe pas bien sûr…)
    Tout cela pour éviter de tomber sur un homme dont le sexe en érection aurait pompé l’intégralité du sang prévu initialement pour irriguer le cerveau ?
    Affligeants, stupides, misogynes, retardés, animales et dénués de raison.
    Vous confondez films porno et réalité et me donnez tous envie de gerber.

    • Youhou. C’est i-ro-ni-que. Je pensais avoir poussé le bouchon assez loin pour que ce soit évident pour tout le monde.

      • Alors là… Même si c’est sur internet et sous le couvert de l’anonymat… Je me demande si j’ai déjà eu un jour autant honte dans ma vie… :-/

        Pour le coup, c’est mon cerveau qui n’était pas bien irrigué.

        Voilà ce qu’il en est quand je lis quelque chose sans prendre la peine de me renseigner sur l’auteurE.

        Toutes mes excuses… J’ai effectivement pris cette page pour du premier degré. Je ne sais plus où me mettre… (*rouge de honte*)

        • En fait ton commentaire précédent m’inquiète parce que ça veut dire qu’il est POSSIBLE que certains pensent vraiment ça et écrivent un truc comme ça au 1er degré… Les bras m’en tombent (mais j’aurais du y penser) (surtout avec les vrais conseils qu’on a reçus qui étaient bien gratinés)

          • Et bien… Avoir imaginer que l’on puisse tenir de tels propos au premier degré, c’est ce qui m’a fait péter un câble… (d’où ma première remarque ; a.k.a. EPIC FAIL )

            Et malheureusement oui, il est plus que probable que certains pensent cela… même certaines, j’en connais.

            Bien sûr… delà à en faire un « guide anti-viol » stricto sensu, je ne suis pas encore tombé dessus mais j’ai déjà lu ou entendu tellement de propos du style « en même temps, qu’est ce qu’elle foutait seule à cette heure là et habillée comme ça » que je me suis dit, il n’y a qu’un pas.

            Je ne vais pas jouer mon « Rémi sans Famille / Petite Princesse Sarah » ni raconter ma vie mais j’ai connu une YAVÉKAPA (si je puis dire…) et c’est donc pourquoi j’ai réagi hors contexte sur ce sujet qui me tiens particulièrement à cœur. (comme quoi, passion=/= raison)

            J’espère en tirer une leçon personnelle pour l’avenir. Encore pardon.

          • Y a pas de souci, ce n’est pas de ta faute au fond, c’est cette société de merde

  18. Haha, j’ai bien ris avec cet article, merci :D
    Enfin, je dis ça, mais c’est quand même triste d’en arriver à devoir dénoncer la culture du viol de cette manière et surtout de voir que certaines personnes ne le comprennent toujours pas…

  19. Ping : Culture du Viol | Pearltrees

  20. J’étais pas sure que ça fasse partie de l’ironie, alors pour le cas où, je tiens à le dire : Je trouve ça assez dérangeant que Yaka soit automatiquement qualifiée de « laide » et « moche » parce qu’elle porte un pantalon et un chemisier, qu’elle a de l’acné et des lunettes. Tu aurais pu faire passer le même message sans ajouter ces qualificatifs qui véhiculent une conception très limitée et destructrice de la beauté.

    Après, si c’était tout aussi ironique que le reste, tant mieux. Mais c’était pas complètement clair. Dire « il faut être moche pour pas être violée », même ironiquement, ça me dérange, parce que ça présuppose une définition tordue (mais très répandue) de la beauté.

    • Je comprend pas pourquoi tu tiques sur ce détail en particulier. Je veux dire, TOUT l’article est ironique sur la culture du viol; et le détail que tu pointes fait intégralement partie de la culture du viol. On considère habituellement qu’une femme est violée parce qu’elle est « trop belle » (et il a pas pu se retenir, le pôvre). Ainsi Berlusconi avait dit qu’on pouvait pas arrêter les viols en Italie parce qu’y avait « trop de belles filles ». Pour l’affaire DSK, certains ont dit qu’il ne pouvait pas avoir violé Mme diallo car celle-ci serait « laide »; donc les « laides » ne peuvent pas être violées. Donc c’est exactement la même chose que de dire qu’on se fait violer parce qu’on porte une jupe. Pour ce qui est de « laide = lunettes et boutons » c’est encore du même registre. Les gens qui décident qui est « violable » ou non décident aussi qui est « laide » et qui est « belle » (baisable) et souvent avoir des lunettes = laide. Moi-même je porte des lunettes et je ne me trouve pas laide. Donc c’est exactement le même ressort humoristique que le reste de l’article. Habituellement les mecs qui disent qu’une fille est violée car « trop belle » ne parlent pas de sa beauté intérieure, de son rire ou de son regard, ils veulent dirent qu’elle est mince/jeune/gros seins/petitcul… Oui c’est une définition tordue de la beauté (j’aurais pu dire aussi à propos de Yaka: elle est grosse, poilue, ridée…) mais c’est pas plus tordu que le reste.

      • Je dis pas que c’est plus tordu que le reste, je m’assure juste qu’on est bien d’accord que c’est tordu. Me voilà rassurée.

        • salut,

          je suis assez d’accord avec Rose,même si je vois bien que c’est de l’humour et que tu n’adhères pas à cette définition de la beauté, j’ai trouvé un peu dérangeant l’opposition entre Yaka la moche et Yakapa la bonnasse, même si c’était caricatural. Je saurais pas trop expliquer pourquoi, peut-être parce que je pense aux meufs qui se considèrent comme moches parce qu’elles ne correspondent pas aux critères de beauté en vigueur. En fait ça me rappelle un jour où je me plaignais auprès d’une copine de me prendre des réfléxions sur mon physique et ma pote me disait qu’elle ne se faisait jamais draguer parce qu’elle est grosse. Et du coup, j’étais un peu restée comme une imbécile parce que je voulais pas rentrer sur le terrain du « fardeau de correspondre à peu près aux critères de beauté en vigueur » face à une personne qui y correspond moins que moi et en souffre du coup. mais en même temps, je ne pouvais pas lui donner raison et laisser penser que les reflexions, les mains au cul ou pire sont le juste prix à payer pour être « désirable ». Compliqué tout ça…

          Mais je trouve ça quand même chouette que tu aies mis ça sur le tapis et ta réponse à Rose explique bien comment la « culpabilisation » des « bonnasses » fait partie de la culture du viol. ça me rappelle cette scène horrible dans le péril jeune : http://www.youtube.com/watch?v=aZy7Ou9laVU

          bonne continuation !

          • C’était pas de l’humour sexiste, c’était de l’humour SUR le sexisme.

            L’idée c’est justement de tourner ces clichés en ridicule. Hors, pour souligner combien ils sont ridicules, il fallait bien les citer.

            C’est comme si quelqu’un vous disait « faire des blagues insultantes à propos des noirs, c’est pas bien », et que vous rétorquiiez « HEY ! Mais, t’as parlé d’humour raciste ! C’est mal l’humour raciste, arrête tout de suite d’en parler ! »

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