Mort au poil?

Dans Souffrir pour être belle, j’ai évoqué l’épilation entre autres petites souffrances que s’infligent les femmes pour plaire aux hommes. Si j’ai alors abordé la question de l’épilation sous l’angle féministe, n’oublions pas que la guerre du poil n’est pas uniquement un problème de normes de genre: c’est aussi un problème de normes tout court…

pancarte poil

Quand les hommes s’y mettent…

Ainsi, les hommes aussi sont de la partie. En 2005, un homme sur cinq s’épilait(1), et les instituts de beauté masculins semblent se multiplier, tandis que masculin.com proclame fièrement: « les hommes aussi ont le droit de s’épiler ». Le droit ou le devoir? La question reste posée. Puisque 41% de femmes jugent repoussante une forte pilosité chez un homme(2). Mais les femmes jeunes sont plus sévères: chez les 15-25 ans, elle sont 58%. Un autre sondage(3) indique pourtant que 41% des femmes trouvent étrange qu’un homme s’épile régulièrement, bien que cette tendance diminue avec l’âge.

On le voit, l’attitude par rapport à la pilosité masculine est très ambivalente, plus complexe que par rapport à celle des femmes. Une même personne peut dire tout et son contraire. L’homme doit prendre soin de lui, mais pas trop. Il doit être un peu poilu, mais pas trop, mais il ne doit pas s’épiler, c’est un truc de gonzesse. On peut lire sur la toile des avis aussi contradictoires que celui-ci (fautes d’orthographe corrigées): « Euh, ça fait pas très masculin… En fait je m’en fous qu’un mec ait des poils, enfin du moment qu’il n’y en a quand même pas trop. S’il est propre et qu’il sent bon, c’est très bien. Ce qui me dérangerait par contre, c’est que mon homme passe du temps à s’occuper ainsi minutieusement de son corps. Laissez cela aux femmes messieurs, que diable! »

Heureusement que les hommes ne sont pas autant jugés sur leur physique que les femmes, sinon il y aurait de quoi devenir fou. Mais laissons aux magazines masculins l’épineuse question de savoir si les hommes doivent ou non garder leur fourrure. Le fait est que la guerre du poil touche de plus en plus les hommes, en dépit de son caractère parfois jugé féminin.

Alors, pourquoi les hommes font-ils la guerre à leurs poils? On aura beau dire que le genre masculin est en pleine révolution, je n’y crois pas qu’à moitié. Certes, il y a des changements, les avancées obtenues par les féministes font que les représentations de genre évoluent un chouïa, mais de là à y voir la seule et unique raison de ce foutoir, de là à dire que les hommes se « féminisent »… C’est verser dans le machisme nostalogique.

Si le poil masculin rebute, j’y vois plutôt le résultat d’une société hygiéniste, puritaine, qui refuse de plus en plus fortement le corps tel qu’il est, dans son état naturel, jugé comme « animal » (ainsi, un tiers des femmes de 15 à 25 ans jugent qu’un homme très poilu fait sale(2)); et il ne faut pas oublier que notre société puritaine est surtout une société de consommation. Car l’épilation, c’est aussi un marché. De quoi encourager nos mâles virils à arborer un torse glabre.

Faut-il ou non s’épiler?

Alors, faut-il faire la guerre au poil? N’ayant pas d’avis très prononcé sur la question, je suis allé faire un tour du côté des sites pro-poil, comme par exemple celui du Mouvement International pour une Ecologie Libidinale, dont une partie est consacrée à défendre nos amis les poils.

D’un côté, ils reprennent tous les arguments pro-épilation, et il faut dire qu’ils sont bien faibles: Le poil serait sale, ça ferait puer, l’épilation donne la peau douce (c’est vrai, mais ça ne dure pas longtemps, après au contraire ça gratte et ça pique), et  ça permet de plaire à tout le monde. Bon.

Ensuite viennent  les arguments anti-épilation, et là je dois dire que je n’ai été qu’à moitié convaincue:

L’épilation serait une « dé-érotisation », puisque le poil est érotique. Mouais… Est érotique ce qu’on veut bien considérer comme érotique. C’est vrai que c’est dommage que les gens ne soient plus sensibles à l’érotisme du poil, mais bon, ce n’est qu’une forme d’érotisme parmi d’autres.

On apprend ensuite que l’épilation « banalise la pédophilie » ! Carrément ! Les hommes doivent être sacrément cons, puisqu’ils se basent sur la présence ou l’absence de poil pour voir si une femme a 8 ou 30 ans. Ils ne remarquent pas quelques autres petits changements ? Je trouve cet argument parfaitement idiot.

Bref, on a là (sur ce site en particulier, mais aussi dans beaucoup de discussions pro-antipoil) une sorte de discussion de goûts et de couleurs: d’un côté le poil c’est sale et c’est vilain, de l’autre le poil c’est naturel et c’est joli. Quel intérêt de discuter de ça? Est-ce que ces questions ne sont pas simplement culturelles, c’est à dire sujettes au changement, soumises à l’évolution de la société, comme toute norme culturelle? Considérer le poil comme érotique ou sale, c’est une question de goût, quelle importance ça peut bien avoir?

Dans une certaine mesure, c’est comme si on discutait de végétarisme en comparant le goût du bacon et celui des poivrons et des patates. Ca n’a tout simplement aucun intérêt. Je regrette que les gens qui ont décidé de remettre en question l’épilation perdent leur temps et leur énergie à discuter de choses aussi futiles, et à brandir le spectre de la pédophilie comme s’ils n’avaient pas d’autre argument (la pédophilie n’est-elle pas une sorte de point godwin, une façon de bloquer le débat comme les allusions au nazisme et à Hitler?).

Et pourtant, des arguments sérieux il y en a. Je ne dis pas que j’ai été entièrement convaincue de cesser de m’épiler, mais il existe des raisons sérieuses de remettre en question ces pratiques, qui sont d’ailleurs évoquées sur le même site que j’ai cité, mais qui ne sont pas du tout mises en avant, alors que pour moi il est évident qu’elles ne sont pas à mettre que le même plan que les questions de goût et de couleur ou de nature vs culture.

Conformisme social et déformation de la réalité

Seulement après les élucubrations sur la pédophilie et les regrets nostalgique du temps où les femmes avaient des pubis fournis, seulement après tout ça vient le sujet du sexisme. Problème que j’ai donc déjà abordé: l’épilation demande du temps et de l’énergie aux femmes pour transformer leur corps et plaire aux hommes. Et c’est là que le problème du sexisme rejoint celui du conformisme, car si l’épilation est un acte de beauté et de séduction très important dans la vie des femmes, on a vu aussi qu’elle se généralise également aux hommes, ce qui montre qu’elle ne touche pas qu’à la séduction, mais aussi à l’image du corps en général, et au conformisme social.

Finalement, le meilleur argument contre l’épilation, c’est peut-être qu’il n’y a aucune autre raison de s’épiler que le conformisme. Pourtant ça prend du temps, de l’argent, pourtant ça fait mal, pourtant ça repousse encore et encore. Mais la société est très sévère à l’encontre des gens qui choisissent d’afficher leur corps au naturel.

C’est peut-être la raison pour laquelle les opposants à l’épilation insistent tant sur le côté naturel  des poils, comme si c’était un argument en soi. Ce n’en est pas un, mais c’est vrai qu’il faudrait parfois questionner notre propre culture, essayer de voir au-delà ce qu’on a simplement l’habitude de voir. Pour beaucoup de gens, et surtout les jeunes, une femme avec des poils sous les bras parait monstrueuse, dégueulasse. C’est pourtant ainsi que sont les femmes.

Ce qui me fait vraiment cogiter et remettre en question l’épilation, ce sont, par exemple, les réactions de certains jeunes relayées sur les sites anti-épilation. Certains ne savent pas que les femmes ont des poils au pubis ou aux aisselles, d’autres trouvent ça dégoûtant, d’autres encore pensent que Gustave Courbet était un pervers tordu pour avoir peint l’origine du monde. Impossible de les convaincre qu’il n’y a rien de sale là-dedans. Il faut penser aux conséquences sur la façon dont les jeunes filles se perçoivent, perçoivent leur sexe, leur corps, la sexualité en général… Leur corps? Une chose qui doit être perpétuellement transformée pour ne pas être dégoûtante. Une chose qui devient vite dégoûtante si on n’y prend pas garde. Et le poil, ça pousse vite.

Cette déformation de la réalité vire au consternant. Je suis tombée sur un forum hassidique sur lequel une personne demandait à un Rabbin si un homme peut, selon la Torah, s’épiler les aisselles et le pubis. Le rabbin répond: « Les aisselles et les poils pubiens ne peuvent pas être rasés. Ceci représente une interdiction de la Torah de ne pas ressembler à une femme. » Il n’a pas l’air de savoir que les femmes ont des poils à ces endroits… Et si vous vous promenez sur le site du MIEL, vous verrez que les religieux ne sont pas pires que les laïques.

Con-formisme, con-formation, con-sommation…

Finalement, je pense que l’épilation doit être mise en question parce qu’elle est devenue non facultative. Les gens ne s’épilent pas parce qu’ils le décident, « tiens si j’enlevais mes poils pour voir », mais parce qu’il y a une pression sociale monumentale (en particulier pour les femmes), le poil est perçu comme anormal, comme presque pathologique, comme sale. S’épiler est une obligation. C’est aussi une façon de forcer les gens à être des consommateurs, c’est consommer par obligation, et consommer c’est détruire, nuire aux autres et à la planète. La seule véritable raison de s’épiler, la raison fondamentale, c’est parce que tout le monde le fait. Parce que si on ne le fait pas, on aura à subir les regards de travers, les mines dégoûtées, les jugements. Ca n’a pas seulement pour conséquence de nous soumettre à des normes sociales arbitraires, ça nous rend aussi, une fois de plus, dépendant-e-s matériellement, ça fait de nous, encore une fois, des consommateurs et des consommatrices. On consomme, on achète parce que c’est comme ça, parce qu’il faut. Non seulement on laisse des lois absurdes régir nos vies, mais tout cela a aussi un impact écologique, des conséquences sur la planète, sur la vie sur terre. Au niveau individuel, s’épiler est une obligation sociale. Mais au niveau collectif, c’est un caprice supplémentaire de la société de consommation, encore une nuisance de plus. Comme s’il n’y en avait déjà pas assez.

Alors, c’est toujours si moche que ça les poils? Et si on apprenait à faire avec?

origine du monde courbet

 

(1) Sondage Ipsos du 01/2005
(2) Sondage Ipsos du 05/2005
(3) Enquête du journal des femmes, Nov-déc 2011 sur un échantillon de 1000 femmes

53 réflexions au sujet de « Mort au poil? »

  1. Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas du tout d’accord avec ce que tu dis en ce qui concerne la désérotisation du corps/pédophilie.
    Bien sûr que d’apprécier un corps épilé n’équivaut pas à être pédophile (encore heureux : 99% de la population le serait…). Mais globalement, la pilosité est un des caractères sexuels principaux (de loin, facile de confondre un pubis de petite fille et un pubis de femme épilé) et l’épilation a une connotation assez forte de ce point de vue. Historiquement, la tonte sexuelle était vue comme une punition infligée aux femmes : on espérait les mettre hors jeu le temps de la repousse, en faisant ressembler leur pubis à celui d’une fillette ou d’une vieille femme n’inspirant plus le désir…
    Bref : bien sûr que la pilosité n’est pas le seul caractère sexuel mais c’en est un et je pense que ça a une dimension symbolique très forte d’épiler les femmes car c’est comme si on les rendait plus lisses, plus pures.
    Et c’est pareil pour les poils des aisselles, qui ressemblent assez à ceux du pubis : ils apparaissent au même moment, ils sont longs, un peu humides, donc ça ne me paraît pas absurde du tout de dire que s’épiler les aisselles c’est cacher/nier sa sexualité.

    • le fait que les poils des aisselles soient longs et un peu humides ne me semble pas un argument convainquant. Avec ce genre de raisonnements on pourrait dire que se couper les cheveux court c’est ressembler à un petit bébé, puisqu’ils naissent souvent ainsi. tu parles de symboles, un symbole c’est quoi? tout ça ce sont des représentations culturelles, rien de plus. Dans la culture, l’absence de poil peut représenter le stade prépubère tout comme cela peut représenter autre chose. C’est vrai qu’il y a une idée de pureté, une conception hygiéniste du corps et de la sexualité qui pousse à l’épilation, mais la pureté ne ramène pas forcément à l’enfance. On peut aussi penser à ce côté froid et mécanique que prend la sexualité, à l’objettisation du corps, en particulier du corps féminin: dans la pornographie, ôter tout poil pubien permet un meilleur accès au sexe (visuel surtout), ça a un côté « utilitaire ». au détriment d’autres formes de sexualité plus basées sur les sensations, sur les échanges, et moins sur la performance et la disponibilité du corps féminin. Ca touche encore une fois au problème du sexisme.

      donc ça montre qu’il y a plusieurs formes de symboliques autour d’une même pratique. Là tu mélanges les symboliques, si dans certaines cultures ou sous-cultures, l’absence de poil était synonyme d’asexualité, là on est plutôt dans l’hyper-sexualité, parce que les représentations sont différentes. Donc dire que forcément, dans TOUTES les représentations culturelles, pas de poil = enfant, c’est faux. Et qu’on ne vienne pas me parler de nature, oui c’est vrai « naturellement » les enfants n’ont pas de poil et les adultes en ont, mais de toutes façons, le désir sexuel se construit tout au long de l’existence, il ne dépend pas d’un « état de nature ». Certaines ethnies sont peu poilues, on peut imaginer que ça ferait bizarre aux gens de ces ethnies de se retrouver avec quelqu’un de très poilu (ce qui ne veut pas dire qu’ils n’aimeraient pas ça, mais ça ne ferait pas partie de leurs représentations de la sexualité). Certaines personnes sont plus poilues que d’autres, on ne va pas dire que plus de poil = plus de sexe, ce serait ridicule; tout ça ce sont des interprétations que l’on fait en fonction de NOS représentations culturelles, il n’y a rien d’absolu là-dedans.

      Cela dit, le sexisme est très lié aux problématiques d’âge et à la conception de l’enfance, mais c’est un sujet trop complexe pour que je développe ici, donc j’essaierai d’aborder le sujet ultérieurement.

  2. Permettez-nous de vous inviter à lire le contenu de nos éditos ou de nos « fiches pédagogiques », vous y trouverez des arguments que vous balayez d’un revers de manche.
    Par exemple, vous insinuez que le poil n’est pas vraiment érotique et en tout cas pas pour tout le monde. Mais, ce faisant, vous évacuez le fait que c’est l’environnement et la culture qui a dé-érotisé le poil (pour différentes raisons, masculine, sociétale et marchande). En effet, le poil existe chez l’homme là où il n’existe pas chez l’animal (le singe dont nous sommes cousins) : pubis et aisselles. Or, c’est grâce à la bipédie que le pubis devient visible, et le poil est le marqueur indélébile du caractère nubile de la femelle. Le poil envoie donc un signal fortement érogène au mâle qui va se reproduire alors qu’il ne sera pas excité par la vue d’une femelle trop jeune et donc sans poil.
    La dé-erotisation du poil est donc culturelle. Il s’agit donc d’un regroupement d’intérêts qui le fait disparaitre de notre société : fantasme pédophile, hygiénisation, et last but not least, commerce.
    Nous vous invitons à prendre connaissance avec ce sujet qui est d’une profondeur insoupçonnée quant à notre société contemporaine : http://www.telechatte.fr .

    • voilà justement ce que je n’aime pas: des arguments naturalistes. « une femme est naturellement comme ça, donc c’est comme ça qu’il faut la désirer », avec des argument soi-disant biologiques qui sont tout à fait fumeux et en plus, parfaitement sexistes (le mâââle est attiré par le sexe de la femelle pour disséminer son gros patimoine génétique…)
      C’est oublier que nous sommes de êtres de culture, et qu’on aime ou pas le poil, ou n’importe quel autre caractéristique, le désir sexuel n’est pas inné, il est sujet à la culture, comme le reste.

      Quand bien même l’envie de poil serait plus « naturelle » que l’envie d’absence de poil (ce qui ne veut absolument rien dire pour moi en tant que biologiste), je ne vois pas ce que ça vient faire là-dedans. Il y a des arguments sérieux contre l’acharnement à épiler tout le monde. Personnellement je ne vois aucun argument sérieux contre l’épilation en elle-même, tout comme je ne vois pas le problème quand quelqu’un décide de son propre chef de se couper les cheveux ou de se faire un tatouage ou quoi que ce soit; mais en revanche ce que je voulais développer dans cet article, c’est que le caractère obligatoire et systématique de l’épilation me parait assez problématique, ça soulève des questions importantes (je ne considère pas l’éternel combat « nature contre culture », qui est un faux débat, comme une question importante). Ce sont des problèmes de liberté individuelle, de santé, d’écologie. Et non pas de préférences sexuelles subjectives et de toutes façons culturelles.

      • vous êtes biologiste, et le désir sexuel serait culturel ? ah bon, pourquoi pas.
        Le poil n’aurait aucune fonction biologique (parties génitale entre autre) ah bon .
        avez vous avez quelques références biblio de recherche sur ses deux sujets.

        • Le fait d’éprouver du désir a des bases génétiques, mais l’objet du désir, les préférences sexuelles sont en effet culturelles (à moins que tu ne crois au gène de l’homosexualité, et là je dis: lol).
          Et je vois pas ou j’ai dit que le poil n’aurait aucune fonction biologique.
          Mais pas certain qu’il en ait une. Il en a peut-être eu une pour nos ancêtres. Ou pas. Toutes les parties du corps ne servent pas une utilité précise puisque nous n’avons pas été créé par un « intelligent designer » mais façonnés par l’évolutions (mutations aléatoires + sélection naturelle, mais ne pas oublier les phénomènes comme la dérive génétique qui peuvent fixer des caractères neutres pour la survie et la reproduction). De plus, certains humains sont glabres, et je ne pense pas qu’ils rencontrent des problèmes particuliers.

    • Mais l’érotisme, c’est culturel. Sans culture et civilisation, pas d’érotisme : seulement de la reproduction. C’est d’ailleurs pour ça que d’un pays à l’autre l’érotisme est différend. Au japon, montrer sa nuque est érotique. En Thaïlande, les femmes n’ont pas à s’épiler, en revanche, elle doivent peigner leurs poils. En Inde, le bikini n’est pas érotique, il est pornographique, etc.

      Les règles de l’érotisme varient d’un endroit à l’autre. Et au final, il faut essayer de faire au maximum en fonction de ses goûts (tout en ayant à l’esprit que les goûts sont influencés dans la société dans laquelle on vit). Moi, je me préfère épilée. Je me sens plus à l’aise. Mais quand je n’ai ni le temps, ni l’argent de m’en occuper, je laisse pousser. Et les imbéciles diront bien ce qu’ils veulent, j’arrive même à en rire à présent.

      Alors lutter contre le conformisme dénoncé par l’Elfe qui nous OBLIGE presque à nous épiler, oui. Dire qu’il ne faut pas s’épiler du tout (homme ou femme), non. Chacun ses goûts. C’est comme pour le maquillage, les vêtements ou les coupes de cheveux. Si on est pas victime du syndrome du clone qui fait qu’on n’a plus de libre arbitre concernant notre aspect, je pense qu’il est bon que chacun puisse ressembler à ce qu’il souhaite tant qu’il ne fait de mal à personne.

  3. Il est marrant Courbet avec son Origine du monde, en attendant les poils de ce sexe ne sont pas très longs et ne dépassent pas du mini triangle « acceptable » même par notre société aujourd’hui.
    Combien de femmes s’épilent pour avoir ce triangle et non des poils qui dépassent du maillot ?

    Concernant l’ensemble de l’article je suis assez d’accord.

    S’épiler est une mode, comme toutes les modes elle disparaîtra un jour pour réapparaître plus tard. Je pense que quand tous les hommes seront « obligés » de s’épiler au même titre que les femmes on se lassera et on passera à autre chose. D’autant que la naturel revient à la mode (regarde le « make up nude », l’écologie, le retour aux sources…).

    • Je ne vois pas ce qu’il y a d’irréaliste dans ce tableau. On peut très bien imaginer que l’artiste ait pensé que son modèle avait un pubis bien dessiné, il y a des femmes comme ça…
      En ce qui concerne le caractère éphémère de la mode de l’épilation, je ne serai pas aussi optimiste que toi. Si j’ai insisté sur le côté « consommation » c’est parce que je pense que ça a une grande influence sur ces modes. On est une société de consommation et laisser pousser ses poils ne coûte rien et ne rapporte d’argent à personne. Il existe beaucoup de moyens de s’enlever les poils (ce qui montre qu’aucune méthode n’est parfaite) et tous ont comme point commun de rapporter de l’argent: instituts de beauté, crèmes dépilatoires (avec produits chimiques, testés sur les animaux bien sur), rasoirs très jetables (et polluants)… Les marchands de trucs ne laisseront pas si facilement s’éteindre la mode de sans-poil.

  4. Le , Quelqu'un qui ne veut pas utiliser son pseudonyme habituel parce qu'il cite un détail personnel. a dit :

    Sans entrer dans le détail, je suis tout d’accord avec l’article (à peu près comme d’hab’). Mon ex avait une peau fragile qui s’abîmait terriblement à cause du rasage. Je lui expliquais qu’elle n’avait pas à se raser les jambes, surtout pas pour moi, que ça ne changerait rien. Mais rien n’y faisait, c’était inimaginable pour elle… Ça m’attristait, mais je comprends bien que la pression sociale est énorme, à peu près intenable, et surtout le regard des autres, hors couple et dans la rue. Quelle femme oserait se balader en jupe sans se raser ?… Je ne crois pas en avoir jamais vue…
    (A noter que je ne comprends pas non plus pourquoi les femmes devraient plus se balader jambes nues que les hommes… Et j’en ai autant pour le maquillage, talons aiguilles, cravates, et autres coutumes d’apparats sexistes ou juste ridicules.)

  5. Cet article me laisse perplexe, car j’ai dû mal à comprendre si l’épilation est une pratique profondément sexiste dénoncée, ou serait un gachis de ressources comme pourrait la coiffure, la mode, les parfums et tous les artifices esthétiques en général être considérés. Mais finalement en quoi l’épilation est un conformisme plus sexiste (ou polluant? Ou gênant?) qu’un autre (ce qui a l’air suggeré par les raisons sérieuses non évoquées)?
    Pour ma part, la coiffure est une pression sociale beaucoup plus pesante (déjà analysée quelque part?), mais je sais pas si c’est pris en compte au même titre que l’épilation (puisqu’on parle toujours de poils).

    • Audvoo, la reine du hors-sujet. Je désespère qu’un jour tu comprennes le sens d’un de mes articles. C’est pourquoi d’habitude je ne réponds pas à tes coms, mais pour une fois, je vais quand même TENTER de répondre: ou ai-je dis que l’épilation était le seul problème au monde, ou le plus grave problème de sexisme et/ou de conformisme et/ou de gâchis de ressources? Attention ne réponds pas c’est une question réthorique: je ne l’ai pas dit car je ne le pense pas et d’ailleurs ça n’a pas vraiment d’intérêt. D’ailleurs je parle régulièrement d’un autre gâchis de ressources qui est la consommation de produits animaux. A ce propos, je te félicite pour ton adhésion au groupe « anti-vegan » sur facebook, ça montre ta tolérance des modes de vie alternatifs et ton ouverture d’esprit par rapport aux questions que je soulève ici. Franchement je ne sais même pas pourquoi tu viens encore sur ce blog…

      • Ne t’inquiète pas, je pense qu’on se comprend souvent aussi bien l’une que l’autre. Où ai je dit que tu as dit (géniale comme phrase) que l’épilation est le plus grave problème/gâchis ? Ce n’était pas ma question, tu ne m’as pas comprise (une fois encore), et me réponds que je ne comprends définitivement rien (peu agréable, mais il en faut plus pour me débouter, ce qui fait de moi bien sûr quelqu’un de fermée et peu adhérente au challenge, WTF?!?) Quel est le rapport de digresser ensuite sur le véganisme? Ensuite, de faire une pseudo traque de mon profil, remontant une adhésion à une page anti-vegan (qui était en fait anti-veganisme agressif, mais passons) qui date de plusieurs mois, et découle de ma quête sur la question du véganisme (qui a remonté une h)

        • (qui a remonté une certaine haine pour l’agressivité végane, dissipée depuis)? Ne te dis tu pas que décidément l’image (erronée) que tu as de moi, ou que tu veux me coller, ne cadre pas avec une personne qui persiste à venir sur ton blog (intéressant, provoquant, parfois drôle, malgré la propension de son auteure à dire « Vous êtes pas malins, vous n’avez rien compris »), bien que manifestement non bienvenue en tant que mangeuse de viande? Je reviens, malgré moi, parce que j’aime bien ta plume. Et aussi parce que je suis très fermée aux questions et alternatives, tellement que j’ai conseillé ton blog à une amie dernièrement. ^^

          PS: Désolée pour le(s) message(s) raté(s).

    • (qui ) : Échec :P

      Avant que vous ne vous entre-massacriez, j’arriverai sur mon blanc destrier je me permettrai de souligner que vous vous disputez sur un malentendu.
      L’elfe a dit : « Et pourtant, des arguments sérieux il y en a. Je ne dis pas que j’ai été entièrement convaincue de cesser de m’épiler, mais il existe des raisons sérieuses de remettre en question ces pratiques »
      AudVoo a compris : « Mais finalement en quoi l’épilation est un conformisme plus X qu’un autre (ce qui a l’air suggeré par les raisons sérieuses non évoquées)? »
      L’elfe a dit : « ou ai-je dis que l’épilation était le seul problème au monde, ou le plus grave problème de sexisme et/ou de conformisme et/ou de gâchis de ressources? »
      Voilà, je pense, où qui a dit quoi. Je vous laisse juger, mais je ne crois pas non plus que ce soit très important.

      Connaissant peu AudVoo (et n’ayant pas matière à juger dans ces commentaires), je ne me prononcerai pas sur les attaques ad hominem. En revanche, à la question « j’ai du mal à comprendre si l’épilation est une pratique profondément sexiste dénoncée, ou un gâchis de ressources », je répondrai qu’il est question à la fois de gâchis et (plus accessoirement) de sexisme, mais avant tout de conformisme « hygiénisant », et de la valeur des arguments naturalistes, ou tournant autour d’Éros. Cet article brasse tout ça.

  6. Il y a d’autres méthodes ont l’impact écologique est, en soi, moins certain. La lampe flash, le laser…la pince ? (—>[])

    (sur Telechatte :) C’est clair que l’étiquette « naturel » ou « avant » ne sont pas des arguments. Ce n’est pas parce que c’est « naturel » que c’est bon (un peu de shampoing à la ciguë, cher ami ?), ce n’est pas parce qu' »avant » on aimait les poils (?) qu’on doit le faire aujourd’hui. Parce que, à ce compte, « avant », c’était « naturel », tout le monde (?) mangeait de la viande…en Allemagne (ouais, parce qu’en France, ça a pas autant évolué…)
    [Tiens, créneau possible pour Hypathie : épilation, végétarisme et naturalisme sexiste.]
    « La dé-erotisation du poil est donc culturelle. » Cette phrase est une tautologie, pas la conclusion du développement précédent. Elle nomme (et par là, interprète et analyse comme tel) un phénomène sous forme de processus historique (-tion), et en conclut, par induction, que c’est un phénomène culturel. Logique et indiscutable.
    Je noterai que le terme sous-entend une négation nihiliste, une perte (« dé ») aux connotations nostalgiques.
    Le véritable contenu argumentatif de cette phrase est exprimé en creux : si le phénomène culturel est une perte, la chose perdue est un héritage naturel.
    Bullshit.
    J’ai traduit il y a pas deux mois un texte de Sénèque où il se plaignait du boucan aux thermes, où l’épilateur d’aisselles gueulait pour attirer des clients ; et tiens, bonus ! : allez me dire qu’on s’épilait pas dans l’Antiquité ! Le poil a eu ses périodes fortes, ses périodes faibles, ses modes.
    On n’explique pas les comportements humains par sa constitution physique. Sinon, on parlerait également de « dé-érotisation des enfants », car, que je sache, les enfants ne sont pas dépourvus d’organes sexuels, fonctionnels (…du moins tant qu’un adulte ne s’en mêle pas) sur le plan érotique !

    M’intéressant ces derniers temps au transsexualisme, où la pilosité constitue un plein tiers de la transition MTF (+THS+opé…oui, le laser est aussi important que la vagino, dingue non ?), je me demande si l’épilation n’est pas la marque la plus importante qui définisse « la femme », en tant que genre et en tant que sexe (perso, je refuse de distinguer les deux concepts : le genre n’est que la prolongation reconnue comme culturelle d’une interprétation – et accentuation – pleinement culturelle de petites différences biologiques). Les sourcils (dont toutes les femmes n’ont pas à se préoccuper, je suppose, mais quand même, pour un mtf, c’est vital), les cheveux (je pense à la calvitie), les jambes sans poils (les cuisses sont, je crois, naturellement épargnées, pas les mollets) ainsi que le ventre (quitte à s’allonger vers le bas-ventre) : le traitement actuel du poil accentue dans tous ces cas des tendances biologiques différentielles, comme si on modelait le corps des femmes pour qu’elles soient encore plus femmes, que leur genre – leur sexe – soit encore plus marqué.
    Deux questions se posent donc :
    – Est-ce une bonne façon de distinguer les sexes (ou plutôt, de définir la frontière qui les sépare) ? (sur le plan de la santé, sur le plan écologique, pour des raisons d’égalité…bref, l’elfe fait tout ça très bien)
    – Faut-il vraiment renforcer cette frontière, ou peut-on imaginer une société sans hommes ni femmes ? (utopistes et combattants des causes perdues, amis végans…)

    Bien sûr, les hommes qui s’épilent me laissent perplexe dans ce joli petit monde. Du sexisme à l’idéologie (maniaco-)hygiéno-nihiliste (c’est pas comme si dans les années 60, on se lavait plus d’une fois par semaine !) ?

    • Très bonne remarque. En particulier ce que tu dis sur les enfants est intéressant, car n’en déplaise aux bien-pensants, les enfants ne sont pas considérés dans toutes les cultures comme des être asexués. Chez les Akas, en Afrique, qui ne considèrent pas le sexe comme « sale », les enfants ont parfois des activités sexuelles entre eux et pourtant ils n’ont pas de poils… La pédophilie n’est à mon avis que le résultat pervers de l’inhibition de la sexualité des enfants, inhibition qui touche aussi les femmes dans une certaine mesure. La femme et l’enfant sont considérés comme des êtres purs, propres, asexués (les femmes sont des objets de désir mais ne sont pas autorisées à être sujettes du désir, à exprimer du désir). A lire absolument: Pour l’abolition de l’enfance, de shulamith firestone. (il est dispo gratuit sur internet en pdf).

      • Je lirai ce bouquin. Et c’est sûr : les premières lignes ont un ton qui me plaît, et ne sont pas dépourvues d’intérêt.
        Ceci dit, fais gaffe, avec LOPPSI et PHAROS sur le net, tu risques de te faire censurer ton site / confisquer ton matériel informatique en France / juger pour pédophile (enfin, du moins, faudra vérifier que tu n’es pas pédophile). Aussi, j’éviterai de faire glisser les commentaires vers ce petit HS qu’est l' »abolition des enfants » :P

    • Assez d’accord avec l’article pour dire que la question des poils en Afrique de l’Ouest n’est pas aussi significative (pas de « chasse au poil »)…
      Ils peuvent être un plus, ou indifférence…

  7. @L’Elfe, merci pour cet article sur lequel j’ai bcp de choses à dire.
    @Belgarel, merci pour le lien vers le site persee mais il y manque une contextualisation. J’y lis ceci, qui me fait sursauter

    A l’opposé des hommes, bcp de femmes grecques préféraient le pubis glabre. En témoignent les statues de l’Antiquité dont le sexe de l’homme adulte est souvent couvert de sa toison naturelle, tandis que celui de la femme est toujours lisse et poli.

    De la part d’historien-nes, je trouve cette interprétation totalement erronée. Gerrit Cootjans constate une différence (il oublie au passage de noter que la fente vulvaire est aussi absente, comme une excision symbolique) mais semble oublier la misogynie de la plupart des anciens Grecs. La préoccupation principale des hommes était de se différencier des femmes, celles-ci étant des monstres (GC en parle par ailleurs).
    Or, quelle est le point commun entre les femmes et les hommes adultes : la pilosité sexuelle ! Donc, ce ne sont pas les femmes qui ont décidé de s’enlever les poils, ce sont les hommes qui les ont obligées ! Les femmes étaient des êtres inférieurs, sans cerveau. Donc, qu’on doit guider, qui ne sont pas responsables, un peu comme des enfants. L’épilation forcée des femmes grecques est donc une infantilisation. Certes, il est probable que certaines femmes préféraient sans poils mais là n’est pas la question.
    Ce que fait GC, c’est un peu comme si je disais dans un article sur le travail : « dans l’Antiquité, des gens travaillaient 16h par jour 7 jours par semaine » mais sans dire que c’était des esclaves, donc pas leur choix !
    Quel intérêt donc de parler d’une pratique si on ne la contextualise pas ? Oui, l’épilation est ancestrale, non, elle ne relève pas d’un choix des femmes ! Les poils féminins étaient censurés par les sculpteurs parce que c’était trop érotique, ça rappelait le côté adulte. Au Moyen Age, dans les écoles d’art, les élèves avaient pour instruction de ne pas représenter les poils féminins (sauf ceux sur la tête). Cette censure a été ensuite appliquée à Hollywood, via le code Hays.
    Pour le reste des pages de CG, il parle quasi uniquement des poils pubiens mais quid des aisselles, des jambes, du ventre, des seins des femmes qui bien souvent, sont aussi couverts de poils à la puberté ?
    Je répondrai aux autres plus tard mais pour celleux que le thème intéresse, j’ai créé un site, plutôt une page web reprenant tout ce que j’ai appris sur la pilosité féminine(PF), depuis plus de 10 ans mais avec mes yeux féministes. Je me suis intéressé à ce thème et du coup, au féminisme depuis que ma femme se fait insulter à la piscine ou à la plage à cause de ses poils.
    Il y a une trentaine de chapitres : l’histoire de l’épilation contextualisée avec la misogynie, la sexualité, la pression sociale, le libre arbitre, les ados et la PF, l’attrait pour les corps lisses, la PF dans l’art et la littérature, le discours des intolérants, le point de vue des féministes, la PF au cinéma et dans les autres médias, etc.

  8. @L’elfe,
    Concernant MIEL, à propos de pédophilie, voici ce qu’ils disent
    L’épilation (d’autant plus si elle est intégrale) banalise l’image d’un corps désirable de petite fille : ne banalise-t-elle pas la pédophilie ?

    Ce n’est pas la même chose que ce que tu relates, il y a un point d’interrogation au bout de la phrase. Et quand on lit ce que je viens d’écrire sur les raisons qui poussaient les femmes à s’enlever les poils dans l’Antiquité, il y a de quoi effectivement se poser des questions. En fait, j’y vois plutôt une forme de pédophilie inconsciente. Bien sûr que les hommes qui préfèrent les femmes glabres ne sont pas des pédophiles. Mais certains sont pilophobes, c’est-à-dire qu’ils refusent catégoriquement de faire l’amour à une femme qui aurait des poils pubiens, on ne parle même pas des jambes et aisselles pour lesquelles c’est plié depuis longtemps. Ce rejet pilophobe est pour moi une expression de domination : symboliquement, une femme sans poils est comme une fillette. Allez voir la page wiki consacrée aux poils pubiens, elle est illustrée de photos. Parmi celles-ci, une photo d’un pubis d’homme et de femme, sans poils. Pour l’homme, on voit nettement qu’il s’agit d’un adulte. Pour la femme, il est impossible de dire si c’est une fillette prépubère ou une adulte ! Je trouve cela particulièrement malsain. Voici le lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Poil_pubien (photos en bas à droite)
    Pour le reste, je participe depuis 2006 au forum de MIEL et même si on y lit parfois des commentaires fétichistes, c’est un lieu où les femmes qui résistent à l’injonction épilatoire peuvent parler et trouver un soutien virtuel.

    Ce que dit Téléchatte est important. La prétendue « animalité » des poils a été longtemps mise en avant pour justifier le rasage/l’épilation. En fait, la raison est historique. Par méconnaissance scientifique, les « spécialistes » de l’Antiquité pensaient que les poils distinguaient les hommes des animaux. Du coup, enlever les poils aurait été une preuve d’humanité. C’est absurde évidemment, vu que les humain-e-s ont développé un sytème pileux propre et unique à notre espèce. Car s’ils avaient été au bout de leur raisonnement, il aurait aussi fallu s’enlever les poils sur la tête. Eh oui, les vaches, les chevaux et des tas d’autres animaux ont des poils sur la tête ! Pourquoi cette différence de traitement entre poils sur la tête et poils du corps ? Ces derniers sont liés à la puberté, donc à la sexualité. Et celle des femmes a toujours été réprimée. CQFD.

    L’argument culturel mis en avant pour justifier l’épilation me paraît bien faible : à ce compte-là, l’excision est aussi culturelle, dans certaines parties du monde. Et ce sont les femmes qui poussent les fillettes à le faire parce que sinon « elles n’auront pas de mari ». Les femmes sont instrumentalisées par les hommes pour pratiquer des horreurs et ceux-ci peuvent dire ensuite « mais nous, on n’a rien demandé ». Certes, l’excision est bcp plus grave que s’enlever les poils mais il y a dans les 2 pratiques une mainmise sur la sexualité des femmes. Elle doit être contrôlée car ce sont des êtres monstrueux. Le corps des femmes a toujours été soumis au contrôle des hommes, dans presque toutes les civilisations et cultures. Voir la Chine et les pieds bandés, l’Afrique et les plateaux dans la bouche ou l’engraissement des fillettes, etc. Pour le dire autrement : le corps des femmes, dans ce qu’il a de « naturel » a toujours dérangé les hommes.

    • Très intéressant, merci pour tes connaissances en histoire. En effet il faut remettre les choses dans leur contexte.
      Quand tu dis « symboliquement, une femme sans poils est comme une fillette. », je ne sais pas si je te suis. Le problème c’est l’affirmation: on se projette dans la symbolique de quelqu’un d’autre, en l’occurence de ceux qui préfèrent les femmes intégralement épilées. L’important c’est: pour eux ça représente quoi? Quelle est LEUR symbolique? Or, pour répondre à cette question, je ne pense pas qu’il soit forcément pertinent d’aller cherche d’autres symboliques dans d’autres civilisations. Je en dis pas que c’est faux, mais il faudrait argumenter dans le contexte, et non pas en allant chercher d’autres contextes.

      En ce qui concerne la culture, je n’utilise pas la culture pour défendre l’épilation. Au contraire, étant donné que l’épilation est culturelle, tous les « avantages » de l’épilation relèvent de cet ordre. Donc l’épilation ne trouve sa place que dans la culture. Or la culture c’est nous qui la faisons évoluer, donc je trouve souhaitable qu’on fasse évoluer la culture vers une remise en question de l’épilation, vers une normalisation du poil (qui est après tout naturel).

      Si j’ai cité le site du MIEL c’est que je pense qu’il y a des choses intéressantes sur ce site, surtout les témoignages. Mais il y a une différence importante entre l’argumentation du MIEL et la mienne. Le MIEL dit: les femmes sont naturellement poilues, il faut les aimer comme ça. En gros c’est imposer un canon de beauté pour en supprimer un autre. Moi ce que je dis c’est: les femmes sont naturellement poilues, pourquoi ne pourrait-on pas les aimer comme ça? Si on a appris à préférer l’absence de poil, on peut aussi bien apprendre à apprécier le poil. Au lieu de critiquer les modèles de beauté en disant qu’il faut adhérer à celui-ci plutôt qu’à celui-là, je préfère remettre en question le principe de l’adhésion à un modèle de beauté. Prendre du recul par rapport à notre culture, à notre éducation qui nous fait préférer ceci ou cela, ça me parait plus important que de dire « c’est ça qu’il faut préférer parce que c’est naturel et naturel = bon » (d’ailleurs considérer que le naturel est bon, c’est encore culturel).

      Par rapport à ton dernier paragraphe, tu as tout à fait raison et c’est en partie ce que j’ai évoqué dans mon article « souffrir pour être belle ».

      L’assimilation des femmes à des enfants, à mon avis, fait partie d’un problème plus vaste que celui de la sexualité. Il est, entre guillemets, « normal » que les femmes soient assimilées aux enfants, c’est le principe même de l’enfance et de la division des genres, qui en fait ne constituent qu’une seule et même division: les hommes d’un côté, les femmes et les enfants de l’autre. Ces derniers constituent un groupe dominé, asexué, supposé être pur et innocent. En ce sens, on pourrait dire que oui, l’épilation intégrale est symptomatique d’une assimilation de la femme aux enfants, sauf qu’à mon avis ce n’est pas quelque chose qui « encourage la pédophilie », mais quelque chose qui relève des même ressorts culturels.

      • Pour la symbolique de la fillette, je te renvoie à la photo de la page wiki. Il n’y a pas plus ambigu et malsain, je trouve. D’autre part, le porno a largement contribué à l’épilation intégrale et a entraîné la mode de la nymphoplastie. Sans poils, le sexe devient plus visible et certaines femmes ont été horrifiées par leurs lèvres « beaucoup trop grandes ». Maintenant, on parle aussi de produits pour blanchir l’anus et la vulve (ces 2 zones foncent à la puberté). Quand tu alignes tous ces éléments(glabre, lèvres rabotées, anus et vulve éclaircis), je pense qu’on peut parler d’infantilisation.
        Voir aussi pour le blanchiment de la vulve : http://www.slate.fr/lien/53261/inde-blanchiment-vagin

        « en l’occurence de ceux qui préfèrent les femmes intégralement épilées. L’important c’est: pour eux ça représente quoi? Quelle est LEUR symbolique? »

        Je distingue les hommes qui préfèrent les femmes sans poils (reste à voir si cette préférence n’est pas induite par la prolifération d’images glabres) et ceux qui refusent catégoriquement de voir un seul poil sur le corps des femmes, les pilophobes. Autant les premiers sont dans l’expression d’un goût, autant les seconds sont dans l’intolérance, le rejet de l’autre. Pour faire un //, imaginons que je trouve que les femmes à la peau noire sont séduisantes. Si je dis « je préfère les femmes noires », c’est tout à fait différent que de dire « les femmes non-noires sont horribles/pas séduisantes ». Or, c’est le discours véhiculé dans les médias : dès qu’une femme apparaît dans la sphère publique avec des poils, c’est un tombereau d’insultes et de moqueries qu’elle subit. Tandis que les homme eux, ont tout loisir de disposer de leur pilosité.
        Le discours de MIEL n’est pas ambigu pour moi. Je pense que leur message est le suivant (et j’en ai parlé plus haut) : le corps inaltéré des femmes n’est pas valorisé, il est même honni : poils, cheveux blancs, rides, etc., tout ce qui fait partie de la vie normale des femmes est rejeté. C’est dans ce cadre-là que je comprends l’argumentation. Un corps inaltéré peut AUSSI être sexy, beau, attirant, etc., tous des adjectifs purement subjectifs, j’en conviens.
        Il est question de dénoncer une norme intériorisée, pas de faire la promotion des poils. D’autre part, le glabre est implicitement valorisé en permanence, dans tous les médias, les pubs, les magazines. Pour une fois donc qu’un site promeut les poils, on ne peut pas comparer ça avec la norme millénaire du glabre.

        « Moi ce que je dis c’est: les femmes sont naturellement poilues, pourquoi ne pourrait-on pas les aimer comme ça? »

        Tout à fait d’accord.
        Chaque femme doit pouvoir décider seule de ce qu’elle fait de son corps. Mais pour en avoir parlé avec des milliers de femmes, j’ai constaté que plus de la moitié d’entre elles s’épilent uniquement à cause de la pression sociale ! Aucun autre aspect de leur corps n’est soumis à un tel contrôle social.

        • C’est justement pour ça que j’ai insisté sur l’aspect conformiste de l’épilation. Je ne nie pas la pression sociale, puisque je dis justement que je n’ai rien contre l’épilation en tant que tel, mais son caractère obligatoire est une privation de liberté. Comme tu le fais remarquer, j’ai dit « les hommes qui préfèrent les femmes sans poil » mais ce n’est pas une simple question de préférence. C’est malheureusement la forme que ça prend: tout ce que la plupart des gens trouvent à dire, c’est « j’aime pas les poils », comme si c’était une question de goût personnel.

          N’empêche que le site du MIEL est maladroit, je trouve. Tout ce que tu dis se tient, mais franchement en lisant certains passage, j’avais plutôt l’impression de lire des fétichistes du pubis fourni, plutôt que des féministes. Et pourtant comme je l’ai dit il y a de bons arguments.

          • Le site de MIEL ne se prétend pas féministe, il est plutôt reichien. Mais sur certains points en effet, il est féministe.

  9. Je ne suis qu’un humble exemple parmi tant, mais je ne me coupe plus les cheveux car ils me gènent moins que de les faire couper.
    Et ne me rase la barbe que quand elle me gène.
    Merde me voilà « fonctionnel » ! T_T (cf billet suivant)

  10. Joli article qui fait du bien. Merci :)

    Je ne m’épile. Probablement par anti-conformisme, je n’y avais pas pensé avant de te lire mais ça a du sens… Aussi par paresse et parce que je n’ai pas envie de perdre mon temps/mon argent pour quelque chose d’inutile et peu agréable. Et je me ballade les jambes nues en été. Et je me fait aussi insultée!
    Par contre je ne me fais pas insultée parce que je ne vais pas chez le coiffeur… On me le reproche seulement quand je dis que je les coupe moi-même!

    Alors, effectivement, on est censé-e être comme tout le monde. C’est mieux perçu. Surtout si on consomme…

    L’Elfe, essaye de ne plus t’épile les jambes, juste un été, pour voir… ;)

    • Bonjour Cidoine, tu démontres une fois de plus que la « liberté de choix » mise en avant par les femmes qui s’enlèvent les poils n’existe pas puisque dès qu’une femme ne se conforme pas à l’injonction, elle est remise sur « le droit chemin ». Les cheveux ne sont pas liés à la puberté, d’où le fait qu’on ne t’insulte pas. Ce sont les poils « sexuels » qui posent problème aux pilophobes : ceux des aisselles, jambes, pubis, ventre, seins.
      Sinon, je suis toujours à la recherche de témoignages de résistantes à la norme, si tu as qq mn à me consacrer, pourrais-tu me raconter en qq mots comment tu vis cette situation ? Voici mon mail : http://pgriffet.voila.net/Signature.jpg

      Si tu cliques sur mon prénom, tu accèderas à mon site et le dernier chapitre est celui des témoignages, cela pourrait t’inspirer pour le tien. ;)
      Merci d’avance.

          • mes cheveux ne sont pas parfaitement lisses et plats, donc on m’a dit que j’étais sale.

        • Ah ok mais je suppose que ce n’est pas arrivé souvent ? Parce que des gens aux cheveux non-lisses (à commencer par ma femme), ça court les rues. Il y avait peut-être un contexte ?

          Sinon, on a parlé de culture plus haut et justement, il y a là encore une différence femmes-hommes.
          Bcp de personnes (pas spécialement ici mais en général) parlent de construction sociale et de culture pour justifier l’épilation féminine. Mais ça ne tient plus la route.
          Pendant des millénaires, il était « écrit » que les hommes gardaient leurs poils. Depuis une dizaine d’années, il est accepté que les homme les enlèvent, sans que personne n’insulte ces hommes. A part des réacs comme Zemmour, peu de gens en parlent négativement.
          Donc, se réfugier derrière l’argument « construction sociale » pour justifier le glabre chez les femmes n’a aucun sens : si l’on accepte de bousculer des milliers d’années de « velu » chez les hommes, il faut alors accepter qu’on transgresse le tabou des poils féminins.
          Or, c’est l’inverse qui se passe. En Suède récemment, une femme s’est fait insulter sur FB à cause de ses poils ! Voir ici

          http://www.thelocal.se/39642/20120313/

          Si on l’avait insultée pour son orientation sexuelle ou sa couleur de peau, cela aurait été punissable. Mais ici, tout le monde peut la traiter de tous les noms sans être sanctionné. Il y a eu des réactions de soutien, heureusement d’ailleurs mais cette pilophobie affirmée et revendiquée me paraît symptômatique d’une société malade de l’image du corps des humain-e-s.

          • Arrêter le problème de l’épilation à un problème de sexisme, c’est très réducteur. C’est vrai, le sexisme dans la logique de l’épilation est évident. Mais ça ne s’arrête pas là. On attend aussi des hommes qu’ils se rasent la barbe, parfois d’autres endroits du corps, qu’ils se coupent les cheveux, et non je suis désolée mais des femmes avec des cheveux comme les miens, je n’en vois presque jamais. Tout pilosité est associée à la saleté, même dans une certaine mesure les cheveux. La chevelure est tolérée (contrairement aux autres poils, plus associés à l’animalité) mais à condition d’être bien rangée.
            Mes cheveux dérangent beaucoup, on me fait souvent des petites remarques (bien que j’ai en effet peu entendu que j’étais sale, mais je pense que les gens le disent le plus souvent derrière mon dos). Si je me laissais pousser les poils des aisselles, ce serait sans doute bien pire. Un jour peut-être j’en aurai le courage.

  11. C’est toi en photo je suppose, sur la page « l’auteure ». Mais je ne vois rien de spécial à tes cheveux.
    Sinon, je ne réduis pas l’épilation au sexisme, j’explique qu’à l’origine, c’était misogyne. Et les hommes de la Rome Antique ou les Egyptiens qui se rasaient le corps étaient bien souvent des gens nantis qui le faisaient pour se différencier de la plèbe. Que reste-t-il aujourd’hui de cette origine misogyne ? Pour moi, elle fait partie du package « héritage judéo-chrétien » qu’on nous bassine souvent pour justifier certaines attitudes culturelles ou ancestrales.
    Pour la barbe, observe bien autour de toi et dans les médias : on voit bcp plus de barbus qu’il y a 10 ans. Certes, parfois une barbe de qq jours seulement mais malgré tout, c’est très facile d’en trouver, des barbus. C’est vrai par contre que des hommes se rasant le corps, surtout dans la tranche d’âge autour de la vingtaine, on en voit bcp. Mais je n’entend pas dire des hommes gardant leurs poils aux jambes/aisselles qu’ils sont sales et ce sont ces poils-là que les femmes et les hommes ont en commun. D’où le double standard. La barbe a un traitement à part vu qu’elle est normalement exclusivement masculine et de plus, n’arrête pas de pousser, contrairement aux autres poils du corps, ce qui oblige à la tailler/couper/raser au choix. Moi je m’en tiens aux poils en commun et tu peux tourner ça dans tous les sens, la différence de traitement est considérable.

  12. Ping : Pourquoi je ne m’épilerai jamais pour un homme « Chatte gantée jamais ne prit souris

  13. Je suis du même avis que l’elfe concernant la chevelure, et dans une autre mesure la barde, tout ça… Je pense qu’une des origine récentes de cette pilohobie, vient des normes de bienséance et de « tenue correcte » instaurée dans le monde du travail, qui sont des mini états totalitaire en soi pour certains. (et j’en ai connu de vrais avec de vrais clones de Staline)
    Je pense qu’il s’en est suivit cette image qu’on a tous entendu d’être « tout beau tout propre » pour aller à un entretient, ou celle qui a du être une espèce de norme de la réussite du cadre imberbe, du VRP séducteur nomade et dans la hype, et enfin du jeune patron costard cravate plus monolithique qu’un ministre: chaussures luisantes, pantalon uniforme, veste assortie, joues lisses-uniformes-assorties… et cheveux bien rangés, courts. (putain je suis d’exact opposé de tout ça \(T_T)/ )

  14. J’oubliais: une des raisons de cette différence de mépris affiché à l’égard de la pilosité masculine ou féminine, outre le sexisme et la moindre tolérance capillogyne, c’est aussi cette cohésion tacite qu’ont les hommes entre eux, surtout de « classe équivalente », alors que les femmes, en particulier celles qui façonnent leur image, ont une tendance à la concurrence et à la comparaison.
    Et cette image cliché mais qui a un fond de vrai du mec qui se rend à une soirée, voit un inconnu portant le même tshirt que lui et s’en fait un pote, alors qu’une nana qui s’y rend et croise une autre nana portant le même haut va la haïr. (ça tend à disparaitre mais ça exprime bien le fond je trouve)

      • C’est un fait mais j’ai tendance à plus voir ça comme une conséquence intermédiaire de notre culsexturiste, plutot que comme une cause de cette dernière. De toute façon aujourd’hui on est dans un magnifique cercle vicieux qui s’auto-entretien (comme la bidoche tiens !)

  15. Ping : Mort au poil? | Les Questions Composent | Info poils | Scoop.it

  16. Une amie professeur de français, accompagnait ses élèves de troisième au musée d’Orsay où ils ont vu l’Origine du monde. Furent-ils choqués ? Oui, mais pas par la nudité : « Oh madame, elle aurait pu faire un effort, quand même, c’est crade ! »

  17. Bonjour je suus un homme de 34 ans et j’ai pendant longtemps préféré les femmes biens poilues surtous aux endroits strtégiques mais depuis environ 4 ans pour une raison que j’ignyore les poils pubiens ont tendances à me bloquer du coup je fantasme surtous sur les femmes épilées intégralement mais il est vrai que les arguments de l’article me paraisses tout à fait fondés.

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