Souffrir pour être belle

J’ai vu la Chine, je vous l’assure
Elle est couverte de chinois
Les hommes portent des sabots
En forme de petits chapeaux
Les femmes portent des chaussures
En forme de coque de noix.

Comptine enfantine

 

Il faut souffrir pour être belle, on ne le répètera jamais assez.

Toutes les femmes le savent. On le leur répète depuis toutes petites.

Moi, ça a d’abord été mes cheveux. Je les ai toujours eu très longs, et les démêler a toujours été un casse-tête. Alors on me disait « il faut souffrir pour être belle ». C’était pour me consoler. Et je crois que cela marchait; je crois même que cela marche, puisque je n’ai jamais coupé mes cheveux.

Mes frères, eux, ne devaient pas souffrir pour être beaux. Ils avaient d’autres obligations. Mais ils étaient beaux sans avoir besoin de souffrir pour cela. Dans la mesure ou ça pouvait avoir la moindre importance, d’ailleurs.

Car non seulement il faut souffrir pour être belle, mais il faut être belle.

Il faut donc souffrir.

 

Ma famille n’est pas spécialement sexiste par rapport à la moyenne, et je ne suis pas plus coquette qu’une autre. Mais pourtant j’ai bien intégré l’adage, et si moi et mes cheveux avons fini par nous arranger pour cohabiter avec le moins de désagrément possibles, j’ai intégré moi-même, « de plein gré », les petits rituels de beauté sadomasochistes qui font la vie d’une femme.

Petit à petit, sans broncher, je me suis soumise à toutes ces petites tortures, ces petite inconvénients inconfortables ou même carrément dangereux pour la santé.

A l’adolescence arrive le grand moment des poils, qu’il faut arracher aussitôt leur apparition.

Assez vite vient le temps des chaussures à talon, qui impriment à celle (ou celui!) qui les porte une posture et une démarche immédiatement perçues comme « féminines ». Quand vous portez des chaussures à talon, vous êtes transformée en femme. Mais ceux qui fabriquent ces chaussures ne les ont sans doute jamais portées ou sont des sadiques en puissance. Elles sont atrocement douloureuses; quand elles ne le sont pas tout de suite, elles le deviennent au bout de dix minutes d’usage tout au plus. Elles ne sont pas faites pour marcher. Je pense qu’un homme ne peut pas imaginer la souffrance que cela représente, car pour le savoir il faut non seulement avoir porté des talons à longueur de journée, mais aussi avoir à les reporter le lendemain, quand les pieds sont abîmés aux des endroits stratégiques où les chaussures appuient ou frottent, ou les deux; et que, contrairement à la veille, vous ressentez déjà une vive douleur aussitôt que vous les enfilez.

Le choix ou le non-choix de la souffrance

Mais vous allez me dire, rien n’oblige à porter des chaussures à talon. En effet, rien. Pourtant, la plupart des femmes connaissent cette souffrance. De même que la grande majorité des femmes  frémissent à l’idée d’une épilation, et toutes y passent régulièrement. Sur le papier, rien ne les y oblige. Pourtant, une rapide visite sur des forums fréquentés par des femmes, où il est question de ces petits rituels de beauté sado-masochistes, permet de constater qu’il y a en réalité une sorte d’obligation non-formelle. Une obligation contre laquelle il est difficile de se rebeller, car elle est non-dite, insidieuse, et pourtant tout à fait absolue.

 

Quelques citations glanées un peu au hasard (le gras est de moi; et j’ai choisi de ne pas modifier l’orthographe).
Oui l’épilation on a pas trop le choix et c’est pas un moment de plaisir Et puis le rasage, c’est pas conseillé, ça fait pousser des poils plus drus …
Desfois, je me demande pourquoi les femmes ont été créer poilues, si c’est pour aller s’épiler après
Il faut bien faire tout ça – bon pour le moral et n oubliez pas on a besoin de savoir et sentir que l on plait toujours a son homme !
je me demande si toutes les femmes sont poilues? ce qui veut dire que toutes les femmes doivent s’épiler ???
je ne pense pas ke je souffre pour etre belle ! les talons je l’ai pas souvent juste dans les occasions
le maquillage je le met toujours leger histoire de cacher kelke imperfections
les colorations j’en fait de temps en temps pour eclaircir mes cheveux et les broshing defois vu ke je sais pas tro les faire mais sa va mes cheveux il en n’ont pas tro besoin
PAR CONTRE L’EPILATION ALALA SA ME SOULE JE DETESTE MAIS BON ON EST OBLIGER SURTOUT QUAND ON EST MARIÉ LOL
je suis une gladiatrice des soins MDR . Même si ça me prend un temps fou, que je peux me coucher très tard pour celà, que j’aurais mal au pied ect… tant pis je consens à ce sacrifice. et au fond c’est une douce souffrance, j’y prend du plaisir héhé^^

 

Je suis dans le domaine de la beauté et dieu sait que tous les jours je côtoie des femmes qui souffrent pour faire n’importe quoi et plaire surtout à leur homme et non pas pour elles-même.
Alors souffrir pour être belle. Oh que oui…………

 

 

A la lumière de ces témoignages, on s’aperçoit de deux choses:

-D’abord, que la souffrance pour certains aspects esthétiques est une obligation.

-Ensuite, que c’est quelque chose que l’on fait pour soi, mais surtout pour l’homme. Pour en garder un, surtout; sans doute aussi pour en trouver un.

-Il y a également une interrogation par rapport à l’apparence de la femme. Ce qui est frappant dans la première citation, c’est que la jeune femme ne se demande pas pourquoi une femme doit s’épiler, mais pourquoi une femme des poils alors qu’elle ne devrait pas en avoir. Une autre s’interroge: toutes les femmes sont-elles poilues? Si oui, alors toutes les femmes doivent s’épiler ! Il n’y a pas d’autre alternative. Dans tous le fil de discussion, l’idée d’avoir des poils et les garder n’est jamais envisagée.

 

Les femmes auraient du être créées autrement. Crées pour plaire aux hommes. Ceux-ci ne sauraient modifier leurs exigences, pas pour quelques minutes ou heures de souffrance.

A noter que les hommes, omniprésents dans les discussion des femmes lorsqu’elles évoquent l’épilation, la minceur ou autres tortures à visée esthétique, ne s’expriment jamais eux-mêmes sur le sujet. On ne le leur demande d’ailleurs pas: ce sont des trucs de femmes. Des trucs de femmes qui souffrent pour leur plaire, bien qu’ils n’aient jamais rien à demander en ce sens. Ainsi, dans ces discussions, l’Homme ne donne pas son avis, et nulle n’est censée l’ignorer. L’Homme est un personnage muet, omniprésent, dominateur, dont chacune vit dans l’attente du jugement. En un mot, l’Homme est Dieu.

 

 

Petit tour du monde des rituels de beauté sadomasochistes

En Europe, aujourd’hui, toutes les femmes ou presque connaissent la douleur de l’épilation, l’inconfort des talons, mais aussi les privations des régimes. L’anorexie mentale chez les adolescents concerne à 90% les filles(1). C’est une maladie de nos sociétés qui déifient la maigreur, comme d’autres civilisations déifiaient les bourrelets. On en souffre, on en meurt parfois. Dans 5 à 22% des cas.

Si la maigreur n’a pas toujours été considérée comme un critère de beauté, la taille fine, elle, a bonne presse depuis beaucoup plus longtemps en Europe. Ainsi les femmes de la renaissance portaient le corset, qui comprimait la taille, coupait le souffle en compressant les poumons, l’appétit en réduisant la taille de l’estomac. Au fil des jours les muscles abdominaux s’atrophiaient, laissant les organes internes s’affaisser (ptose), voire descendre (prolapsus).(3) Il provoquait également des évanouissement à la moindre émotion, à cause du manque d’oxygénation du à la compression pulmonaire. Les femmes souffrent pour être belles, mais les raisons de certains à l’époque de s’opposer au corset ont peu à voir avec la libération des femmes, bien au contraire:

« L’église voyait surtout d’un mauvais œil que la femme puisse se rendre maîtresse de son corps (beaucoup utilisaient le corset comme moyen abortif), qui devait être dédié à la procréation, et qu’elles déforment l’œuvre de dieu. »

Trop de soumission tue la soumission.

De nos jours, il existe encore des adepts du Tight Lacing, pratique consistant à réduire le tour de taille en portant constamment des corsets très serrés(4). La « championne » Cathie Jung a un tour de taille de 38cm.

http://www.cathiejung.com/cathi-jung-2005.jpg

 

Ces modifications peuvent paraitre spectaculaires. Et pourtant, les malformations du corps à visée esthétique ne sont pas exceptionnelles dans le monde, en particulier pour les femmes.

 

En chine, on a longtemps bandé les pieds des petites filles afin qu’ils se développent selon une forme jugée esthétiquement correcte. Voici ce que donne ces fameuses « chaussures en forme de coquilles de noix » de la comptine pour enfants:

 

http://www.simaosavait.com/public/pieds_mutiles/pieds_mutiles6.jpg

La description du procédé se passe de commentaires:

Le bandage commençait à l’âge de cinq ou six ans, parfois plus tôt, et nécessitait environ deux ans pour atteindre la taille jugée idéale de 7,5 centimètres, ou lotus d’or. Après avoir baigné les pieds dans de l’eau chaude ou du sang animal mélangés à des herbes médicinales, les orteils, à l’exception du gros orteil, étaient pliés contre la plante du pied, et la voûte plantaire, courbée, pour réduire sa longueur et donner au pied la forme d’un bouton de lotus. Le pied était ensuite placé dans une chaussure pointue, de plus en plus petite au fil des semaines. Les fractures, volontaires ou accidentelles, étaient fréquentes, en particulier si le bandage commençait à un âge tardif. Les bandes devaient être quotidiennement changées, ainsi que les pieds lavés dans des solutions antiseptiques. Malgré cela, le taux de mortalité des suites de septicémie est estimé à 10%.(5)

 

Autre transformation impressionante, en Birmanie, les « femmes-girafes » de l’ethnie Padaung portent des colliers en spirale qui compressent les côtes vers le bas et font paraître le cou spectaculairement plus long. A la joie des touristes, qui voient ces femmes exhibées comme des bêtes de foire. A noter que les régions ou vivent les Padaung ne sont pas fréquentées par les touristes; aussi, ces femmes sont achetées et exhibées dans les zones touristiques(6). L’enfoncement de la cage thoracique provoquerait des problèmes de santé(7).

 

Outre ces exemples spectaculaires, les exemples de femmes s’abîmant la santé sont courants à travers le monde: crème qui blanchissent (et bousillent) la peau pour les Noires qui veulent être moins noires, de décapantes pour le pauvre épidermes à carrément cancérigènes(8); Cancer aussi pour les blanches qui veulent être moins blanches avec les UV(9); colorations et décolorations des cheveux, qui les abîment bien sur, mais qui augmenteraient également les risques de cancer du sein)(10)

 

On parle beaucoup des standards de beauté impossibles à atteindre. Peut-être notre société insiste-t-elle plus que d’autres sur les sacro-saintes apparences; mais ce sacerdoce ne date pas d’hier. partout, à travers les civilisations et les époques, les femmes se donnent et se sont donné du mal pour coller à des modèles, des canons de beauté.

Maigrir. Grossir. Avoir la peau plus claire. Plus sombre. Telle couleur pour les cheveux. Les piercings, les scarifications, les mutilations, les épilations des harems égyptiens à nos jours en passant par la renaissance, où les jeunes filles s’épilaient intégralement les sourcils avec des cocktails inquiétants: sulfure, arsenic et chaux vive…

On peut également citer la chirurgie esthétique, qui montre que mettre sa santé en danger ne fait pas peurs aux femmes.

 

La condition féminine…

 

http://www.deedeeparis.com/blog/images/Dessins/l%27%C3%A9pilation-copie.jpg

(source image: http://www.deedeeparis.com/)

 

Bien sur, les femmes n’ont pas le monopole de la souffrance dite esthétique. Les hommes y passent parfois aussi. On peut citer les bébés mayas dont on attachait les cranes entre des planches de bois serrées afin qu’ils prennent une forme ovoïde, signe de prestige social dans l’Amérique précolombienne(11). Cette pratique était surtout réservée aux garçons.

 

Mais si les hommes doivent parfois aussi souffrir pour être beaux, nul homme ne doit apprendre dès son plus jeune âge à se faire mal volontairement et à accepter stoïquement cette souffrance dans le seul but de plaire à l’autre sexe. Aucun homme n’est accoutumé à ces pratiques sado-masochistes que s’infligent les femmes, qu’elles endurent avec une telle philosophie.

 

Souffrir pour être belle. De nos jours encore, il suffit de faire un petit tour sur la toile pour voir que l’adage revient souvent, ça et là, de façon anodine, dans les sites de cosmétiques faits par et pour les femmes. Par exemple quelques sites de beauté féminine, comme celui-ci, mais aussi de nombreux « blogs de filles » dont les auteures nous racontent les mésaventures qu’elles affrontent afin de se rendre plus désirables: 3 copines et la mode souffre le martyre avec ses superbes ballerines roses, mais pour une juste cause, puisque « mon Amoureux n’a pas râlé en voyant ces petites choses roses à mes pieds ». Quant à Deedee, une parisienne qui aime à se décrire comme « attachiante et peut-être même un peu chiante » (sic), dans l’article si bien nommé « Souffrir pour être belle? Oh que oui« , endure les pires tortures afin de pouvoir présenter un maillot règlementairement épilé.

 

Tout cela est raconté avec humour. Avec un peu trop d’humour à mon goût, l’humour de ces choses que l’on partage, qui font partie de la vie normale. Car nous les filles, on s’épile le maillot, on souffre en talons, on connait toutes ces petits désagréments de la condition féminine.

 

Il est intéressant de voir à quel point tout ce qui touche à la condition des femmes est toujours considéré comme faisant partie intégrante des femmes et ne concernant pas les hommes, fussent-ils ou non la cause des désagréments de cette condition. Dans « femmes en flagrant délit d’indépendance »(12), l’auteure Gail Pheterson fait remarquer que même la violence dont sont victimes les femmes (de la part des hommes) est considérée comme quelque chose qui leur appartient à elles, qui les concerne à elles, comme le cancer de l’utérus ou le fait d’avoir ses règles.

 

« Les Nations unies classent « le viol et la violence domestique » (entendons : les hommes qui violent et battent des femmes) parmi les causes majeures de mort chez les femmes âgées de 15 à 44 ans16. Lors d’une assemblée générale des Nations unies, il a été rapporté que « la violence familiale » à travers le monde a « une incidence plus néfaste sur l’espérance de vie des femmes que les cancers du sein et du col de l’utérus » (Le Monde, 7 juin 2000, p.2).
La violence des hommes devient ainsi une maladie liée à l’anatomie féminine, impliquant que le corps des femmes, et non pas leur subordination sociale, est responsable du fait que les hommes les agressent et les tuent. Une telle analyse ouvre la voie à un diagnostic social et thérapeutique conduisant à traiter les femmes qui « sont victimes » des agressions masculines comme si elles étaient assaillies par une maladie mortelle spécifique à leur sexe. »

 

Si les violences dont sont victimes les femmes sont représentées et perçues comme ne concernant pas les hommes, à plus forte raison, les petites souffrances qu’elles s’infligent elles-mêmes font partie de la « condition féminine », et ne sont pas attribuées à une quelconque hiérarchie sociale.

 

Les hommes, bien sur, ont aussi leur servitude. Non à l’égard des femmes, mais plutôt à l’égard d’eux-même, de la société qui exige beaucoup d’eux; ils se doivent d’incarner la classe dominante. Quel homme se sentirait à la hauteur, quel homme n’aurait aucun effort, aucun sacrifice à consentir pour incarner ce quasi-Dieu pour qui les femmes se font tant souffrir, ce maître absolu qu’elles évoquent à demi-mot? Et si la soumission est l’apanage naturel des femmes, la domination, elle, doit se gagner durement, se démontrer au travers des actes. Mais laissons cela; j’y reviendrai peut-être.

 

Les femmes n’ont pas le choix, n’imaginent pas avoir le choix. Elles doivent endurer la beauté. Pour se sentir « bien dans son corps » disent-elles, et pas seulement pour plaire aux hommes.

Mais ne pourrait-on pas vivre heureuse en étant laides, ou simplement banales?

 

Pas au sein du patriarcat. Pas dans une société où les femmes ne peuvent obtenir l’épanouissement qu’à travers les autres: en plaisant à l’Homme, à moins que ce ne soit à travers cet autre dieu qu’est l’enfant. Quand elles ne sont pas l’objet de désir, elles sont la mère. (« Toutes des salopes, sauf… »)

 

Ainsi, la séduction et la maternité sont les deux pivots de la vie des femmes, qui, devenues objets, ne savent plus s’épanouir qu’à travers le sujet: l’Homme.

 

 

Petite bibliographie sans prétention

(1) L’anorexie mentale

(2) Interview de Marcel Rufo par France-Soir

(3) Le corset

(4) La femme qui mit son ventre en cage

(5) Le bandages de pieds

(6) Femmes girafe: tourisme vs éthique

(7) Les Femmes-Girafe (Pr. Etienne Troesler)

(8) Risquer sa peau à vouloir la blanchir

(9) Le cancer de la peau

(10) Coloration des cheveux et risques de cancers

(11) Burgondes et crânes déformés

(12) Femmes en flagrant délit d’indépendance, aux éditions Tahin Party

83 réflexions au sujet de « Souffrir pour être belle »

  1. Absolument (et malheureusement) d’accord avec toi… Je fais partie des filles qui ont dit NON! à la « torture », mais c’est certain que c’est pas facile tous les jours d’assumer ses choix jusqu’au bout. Au mieux on me dira que je suis pas féminine (ah bon? C’est pourtant bien une mini-jupe que je porte, malgré les baskets…) au pire c’est regards dégoutés sur ces jambes pas épilées (et tatouées et souvent pleines de bleues en +!) que j’ai l’impudence d’exhiber! Bref… Pour avoir le droit de rester soi-même faut aussi souffrir… mentalement cette fois.

    • Oui, mais souffrir pour être ce qu’on est, et non pas pour coller à des stéréotypes et/ou pour plaire aux hommes.

      Cela dit, je suis un peu, dans cet article, dans le « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Mais je trouve que c’est essentiel de remettre en question nos travers sociaux, surtout ceux qu’on a si bien intégrés qu’ils font partie de ce que nous sommes. (ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas changer bien sur).

  2. Excellent article, je le garde au chaud dans mes bookmarks, ça peut servir.

    La photo de pied et les explications qui suivent m’ont fait super mal, j’étais au bord des larmes. Je savais pas, et j’aimerais tellement pouvoir imaginer que c’est pas vrai…

    • J’ai oublié de préciser que ça ne se fait heureusement plus (c’est le pied d’une dame d’un certain âge). Mais on trouve toujours ce type de chaussures sur les marchés.

  3. Hey, dans la 5ème ligne de la comptine, c’est pas « les femmes », au lieu de « en forme »? je commente jamais mais je suis super vigilante :P

  4. J’ai arrêté de m’épiler les jambes cet hiver mais je ne sais pas si je vais continuer l’été…la douleur de l’épilation vs les regards dégoûtés : super choix…

    • C’est vrai que c’est très mal vu. Mais j’ai l’impression que c’est encore plus mal vu par les femmes que les hommes. Si c’est vrai c’est assez révélateur de comment le sexisme touche les gens. Catherine Baker dit dans « insoumission à l’école obligatoire » qu’il ne faudrait pas combattre l’oppression, mais la soumission à l’oppression.

      • Même les très jeunes enfants sont déjà affecté.es par ce diktat : je ne compte pas le nombre d’enfants de 4-5 ans qui m’ont demandé cet été si j’étais une fille ou un garçon parce que « les filles elles ont pas de poils sous les bras »
        Donc, vu que j’avais des écureuils sous les aisselles, mais que par ailleurs je ressemble quand même beaucoup à une « femme », quel était donc mon sexe d’appartenance ? Difficile d’expliquer aux petit.es que si si sa Maman aussi elle a des poils mais on ne les voit pas parce qu’elle se les enlève…

  5. Perso, je fais partie de ceux qu’hypathie appelle les hommes féministes (art. du 8/1). Je ne suis pas assez cultivé dans le domaine pour me dire pro-féministe. Mais j’ai beaucoup d’amies filles. Je suis très progressiste. Très méfiant vis-à-vis des mentalités.
    « Mon homme », « plaire à son homme », « il faut souffrir pour être belle », autant de choses qui m’écœuraient, où je sentais le pas net, le pas beau. L’idée que la femme est corporelle, l’homme spirituel. L’héritage de la Chute, qui laisse la femme sur terre -et même moins que terre -, la femme au sexe et au corps ; et l’homme à la religion, au pouvoir, à l’honneur. (cf. Nietzsche : cette tendance à nier notre bestialité que nous nommons pudeur.)
    Mais je pense assez peu aux cheveux. Ou aux épilations.

    Bien sûr, dans le principe, j’aime pas qu’on dise à une petite fille « Il faut souffrir ». Qu’on lui laisse entendre qu’elle doit être belle. Peinturlurée. Fashion-victime (ou du moins que c’est normal de l’être). Je sais que les talons sont une horreur pour la santé des jambes.
    Mais une femme aux cheveux courts, on a beau dire…quelle pornstar a les cheveux courts, d’abord ? C’est pas sensuel ! c’est pas sexy, c’est pas corporel ! Je dirai pas féminin – mais ça manque de…quelque chose. Et une femme qui ne s’épile pas ? Tout bonnement im-pen-sable.

    C’est drôle, comme les clichés parviennent à façonner votre désir. Vous croyez vous libérer des carcans de la cloison des sexes en vous laissant pousser les cheveux (bon, j’exagère, mais il y a de ça) ; pourtant, l’épilation vous paraît…une question réservée aux femmes. Elles seules – les vraies féministes – peuvent se prononcer sur la question.

    *****

    L’existence d’un univers féminin à part ne signifie d’ailleurs pas que cet univers soit dominé. Le « se sentir bien dans leur corps » des femmes et le « plaire aux filles » des hommes laisseraient penser l’inverse.
    En fait, dans ces deux mondes séparés, tout paraît semblable. Si ce n’est que la femme doit être désirable, et l’homme, ben, à la fois un âne et un taureau. En gros, actif. Énergie positive, quand la femme est un creux, une sorte de manque. Un yang. Un être qui n’a pas à subir l’angoisse de la peur de la castration.

    L’homme aussi a son SMisme de l’adolescence. Et en individu fort, il doit s’y éprouver lui-même. Assurer. « Combler ladite femelle » Et de plus en plus, il doit s’épiler. Se mettre du déodorant (tuer les odeurs). Ranger. Être propre. Être stable. Être sensible aussi. Attentionné.
    Si les femmes offrent un corps parfait, les hommes offrent un mode de vie – et même de comportement, et un ethos – qui n’est pas moins contraignant, sur le marché des attentes. Le vrai problème, c’est l’union. La reproduction. L’amour.

    Quant aux femmes ? Leur univers est tout aussi fragilisé par la modernité que le nôtre. Nous perdons le pouvoir et l’assurance, elles perdent le confort de la domination. Cherchent à redéfinir une identité féminine. Et quand les 68ardes sortent le vieux combat du féminisme, d’autres, préfèrent se rattacher à la sécurité d’un modèle qui perdure tant qu’il a continué à leur insu de façonner leurs esprits. Il faut souffrir pour être belle (il faut trouver un bon mari). Joyeux anniversaire, voici barbie. Tu pourras la brosser, ma chérie.
    Le post-féminisme, que ce soit du transgendrisme, de la femme-cyborg, ou du retour aux racines, c’est la mort de la femme. Et la résurrection de la femme.

    ****

    Note : je rangerais plutôt les fameuses femmes-girafes (du moins, du point de vue des occidentaux), et même, les femmes à corset ou à petits souliers, parmi les monstres. Ceux-là qu’on allait regarder jusqu’au XXè comme des prodiges de la nature ; ils sont aujourd’hui des prodiges de la culture et de l’histoire (du moins, ceux qu’on ne fuit pas dans la rue).

    J’ai essayé de me restreindre. Ça n’a pas marché ^^’

    • Belle analyse.

      A propos du « plaire aux filles », une remarque: un homme doit « plaire aux fille », être fort, puissant, charismatique, etc. Une femme chercherait peut-être davantage à « plaire à l’Homme ». J’aime bien quand tu dis que la femme est vue comme « un manque » ou « un vide » à combler. C’est très vrai; caricaturalement, l’homme cherche à séduire des femmes afin de le valider en tant qu’homme, et s’épanouir en tant qu’homme. alors que la femme cherche à plaire aux hommes afin de trouver un homme et s’épanouir à travers lui, être une bonne épouse, une bonne mère. Le sujet c’est toujours l’homme. une femme ne saurait être heureuse sans un homme…

      C’est intéressant aussi quand tu parles de resurrection de la femme. Je parle de l’épilation, des cheveux, de tout ça, mais couper mes cheveux ne m’a jamais réèllement traversé l’esprit. Ca me semble juste impossible. En revanche je me dis: et si j’arrêtais de m’épiler? Non, pas pour l’instant… un jour peut-être… mais je me suis posée la question. Je ne pense pas pour autant que toutes les femmes doivent impérativement arreter de s’épiler et se couper les cheveux. Mais il faut retrouver la fémininité, une autre féminité, qui serait hors de la domination masculine. Qui serait soit non-nécessaire à l’épanouissement des femmes, soit qui leur permettrait de s’épanouir en tant que sujets et non en tant qu’objets.

      • Je suis d’accord avec 100% de ton article mais je tique un peu sur ton commentaire quand tu dis « Mais il faut retrouver la fémininité, une autre féminité, qui serait hors de la domination masculine »
        Retrouver la féminité, mais quelle féminité ? On l’a perdue ? Je trouve que c’est un peu essentialisant comme formule, comme si il y avait une « nature » commune aux femmes. Je pense que la féminité, quelles que soient les modalités qu’elle prend, est toujours un construit social (au même titre que la masculinité, ou la virilité) qu’il faut questionner.
        D’autant plus qu’on nous parle de féminité à longueur de journée et depuis qu’on est gamines (même dans la presse pour préadolescentes…) sans jamais expliquer ce qu’on met derrière ce mot. Du coup, comme tous les mots qu’on utilise à tout bout de champ sans les expliciter, la féminité reste un concept très abstrait (personne n’en a la même définition) mais qui nous enferme quand même dans un certain nombre de rôles, d’attitudes etc. A noter que ce sont souvent les hommes qui définissent les contours de la féminité : combien d’intellectules (BHL en tête) ne glosent pas sur ce que c’est une femme, la féminité, la nature féminine (indépassable)…

        J’aime bien par contre ton idée d’une féminité qui ne soit pas nécessaire à l’épanouissement des femmes, voire qui nous permettrait d’exister en tant que sujet et non qu’objet. mais du coup, pour exister en tant que sujet il me semble nécessaire de sortir de la condition de « femmes » qu’on nous a assignée et, en même temps, de se débarrasser du concept de « féminité » (en l’ayant déconstruit avant). Et en écrivant ça je réalise que c’est quand même assez contradictoire avec l’idée de « classe de femmes » (comme socialement construite) qui me paraît aussi indispensable pour lutter contre le patriarcat… bref, je n’ai pas du tout de réponse toute faite mais du coup merci pour ton article et ces commentaires qui agitent les neurones.

        Bonne continuation

        • Mouais je sais pas. C’est vrai que ça semble assez essentialiste de parler de redécouvrir la féminité. (d’autant plus que d’après les pubs, la télé, etc, redécouvrir sa féminité = perdre du poids ou s’acheter du maquillage). Mais bon je pense que ce que je veux dire par là c’est simplement être une femme et être à l’aise avec ça. Mais finalement ça ne veut pas dire grand chose, parce que sur le plan biologique, il n’y a pas énormément de différences entre les hommes et les femmes.

          • Il y a parfois des émissions sur Arte fait par les Allemand, sur les personnes qui ont des problèmes d’identité sexuel. En gros, des hommes ou des femmes qui naissent avec le mauvais sexe entre les jambes (insensibilité à la testostérone, mal formation génital, etc… opéré jeune mais dans le mauvais sens). Cela implique que le cerveau est sexué, indépendamment des autres organes.
            Donc, être une femme ou un homme, c’est choisir ce que l’on ressent être, puisque l’apparence externe peut être trompeur.

          • Le genre est une construction sociale. Je suis biologiste de la reproduction et je peux affirmer que le cerveau n’a AUCUN genre, ni chez les humains, ni chez les autres animaux. Des différences de fonctionnement du cerveau apparaissent en fonction du vécu: un musicien a un cerveau différent d’un non-musicien, un végétarien d’un omnivore, etc. Ces différences ne sont en aucun cas innées. Le cerveau est une matière plastique qui évolue au cours de la vie en permanence. La seule et unique différence entre un cerveau de mammifère mâle et femelle c’est que le cerveau mâle ne répond pas à certaines stimulations hormonales par un pic d’ovulation.

            La télévision c’est bien, mais il faut aussi lire et savoir exercer un esprit critique.

          • Votre condescendance commence à être pénible.

            Comment expliquer qu’un « garçon » élevé comme tel par ses parents, opéré à 4 ans pour avoir un sexe d’homme, sois hyper mal dans sa peau, même après traitement hormonal et se considère beaucoup plus comme une femme (et ressemble à un gay de l’extérieur), si ses gènes XY n’ont pas du tout de rôle à jouer ?

            Il y a le cas inverse d’un garçon à micropénis, opéré et élevé pour devenir une fille, qui se sent bien plus comme un garçon.

            Le comble je crois à été atteint par le professeur qui a élevé et opéré un jumeau pour lui changé le sexe. Il a construit sa théorie du sexe 100 % culturel à partir de ce cas-là. Son patient a fini par se suicider à 20 ans, superbe réussite.

            Il y a aussi une ville au Bresil, qui a un taux élevé d’une maladie génétique, qui fait que les testicules de garçon sortent uniquement à la puberté. Il montrait l’exemple d’un jeune de 19 ans qui allait se marier, qui avait porté des jupes jusqu’à 12 ans.

            Comment expliquer tous ses faits sans même une petite cause interne ? Je ne nie absolument pas les effets de la culture sur ce que doit être une femme ou un homme (aimer le rose, jouer à la poupée, aux voitures, être bon en math, aimer les sciences, faire le ménage, etc…), je dis simplement qu’il y a aussi une petite part de génétique comme le montre les histoires des trans-genres.

            Vous voyez, j’ai un esprit critique, et faire croire que l’on connait aujourd’hui suffisamment le cerveau pour être aussi affirmative que vous, est assez osé…

  6. Quand on atteint l’âge canonique on s’épile plus le menton que la jambe :)
    Il est un aspect que tu n’abordes pas, la séduction de tout un chacun pour tout un chacun. Toute relation en passe par là, surtout quand on découvre l’autre,les autres. Il ne me viendrait pas à l’idée de me présenter en réunion telle que je suis en ce moment où je t’écris: pyjama, vieux pull troué, cheveux pas coiffés, pas lavée, etc. Mais quel confort!

    Quand on est un être social, homme ou femme, on s’apprête, on est en représentation, et nous collons aux normes culturelles imposées pour « séduire ». J’entends pas là: entreprendre l’autre, pas forcément pour le mettre dans son lit, mais parce qu’on désire que notre parole existe et soit entendue.
    C’est aussi flagrant derrière un écran, on le fait avec les mots,on montre ce dont notre intellect est capable, on cherche à séduire pareil.
    L’écueil, c’est quand on n’est pas dans cette norme, alors on se fait envoyer dans les cordes, on efface le propos, on ne veut pas qu’existe une parole différente, on se retrouve alors bien seul(e). C’est tout un travail sur soi, mais aussi une approche sociologique (ce qui n’est pas donné à tous, cognitivement j’entends) que de se dégager de la doxa.

    Mais tout ce tintouin c’est aussi notre part animale, nous sommes sensations, émotions: dans une belle chevelure, on a envie de mettre le nez dedans, une peau douce fait merveille sous la main, etc.
    Perso je n’ai jamais porté de talons, je m’y suis essayé une ou deux fois, pour une soirée, mais j’avais les chaussons pour danser dans le sac.

    J’aime bien être une femme, à bientôt 60 ans, j’aime toujours mon corps parce que je l’ai apprivoisé sans doute, il ne domine plus ma présence aux autres (est-ce que je lui plais pourtant a encore son importance). Mais je refuse de le faire souffrir, il a son âge et je le sens en forme et il aime faire l’amour autant sinon plus qu’avant.
    Parce qu’en définitif, toutes ces souffrances, c’est bien pour l’amour, tout comme les oiseaux (là ce sont le plus souvent les mâles) qui développent plumage et ramage aux moments opportuns.

    • Joli commentaire. Cependant, je m’élève avec véhémence contre le terme « part animale ». La civilisation nous dresse bien à nous prendre pour autre chose, mais nous sommes des animaux.

      Bien sur, tout le monde doit se parer d’artifices. Mais d’abord, je n’y vois pas que l’amour. Certes, il y en a, mais il y a avant et surtout la peur. Peur d’être rejeté(e), peur de ne pas plaire avant le désir de plaire, qui seul devrait nous guider… Et puis, il faut le reconnaître: si, comme je l’ai dit, tout le monde s’y met, tout le monde doit faire des efforts, mais il demeure qu’il existe une culture de la souffrance chez la femme.

  7. « c’est aussi notre part animale, nous sommes sensations, émotions: dans une belle chevelure, on a envie de mettre le nez dedans »
    Je ne vois rien d’animal là-dedans. D’accord, c’est des odeurs, de la parure. Toujours est-il que les chiens ne remuent pas la tête, et que les cheveux longs des hommes ne doivent pas être « gonflés et soyeux pour votre femelle »

    ***

    Retrouver une autre féminité ?…Personnellement, je crois que le féminisme est une déconstruction de la femme, une remise en question de la frontière des genres et de leurs fonctions. Et il a assez bien réussi pour que les femmes d’aujourd’hui soient en manque d’identité. Si elles ne veulent plus s’extasier devant les machines à laver, que vont-elles faire ? Ne pas vivre en couple ? Retourner au foyer ? S’intéresser à la mode ? Ou s’épanouir dans toutes les directions, à la fois salopes, mères et requins, montrant par là leur supériorité par rapport aux hommes (comme si la femme était plus polyvalente).
    Aussi, je dois dire qu’une valence différentielle des sexes sans domination, je n’y crois pas. Non, l’ennemi, c’est l’amour. L’amour qui veut que la princesse aux longs cheveux introduise le prince dans sa tour. Car ces cheveux longs, c’est bien à ça qu’ils servent : à réunir deux genres qu’on avait séparés.

    • Ce n’est pas l’amour qui veut ceci ou cela. Là tu parles d’une représentation sociale de l’amour, peut-être. L’amour se fiche bien des cheveux. Les mères aiment leurs enfants quand bien même ils sont moches, bêtes et méchants, c’est ça la force de l’amour, et non pas d’aimer que ce qui est beau, raffiné ou bien fait. Un homme et une femme peuvent s’aimer de la même façon. On peut aussi aimer la beauté, mais aimer d’amour, c’est aimer sans condition. L’amour est par essence inconditionnel.

  8. En tant que femme, je n’ai pas l’impression de me donner tant de mal que ça pour me faire « belle ». Je n’ai pas la culture de l’épilation, je ne le fais donc pas ou use de crème dépilatoire (pas fan de la cire!), j’adore les talons, mais les choisis avec soin (dc pas instruments de torture), quant au maquillage, j’en use très rarement, étant flemmarde (bien que ça soit joli esthétiquement)! On peut choisir ou non de rentrer dans les canons de beauté actuels (et ici, occidentaux)…Mais j’aime beaucoup le com de hede.

  9. Ne sois pas véhémente, oui, j’ai eu tort avec cette part animale, pan sur le bec! Nous sommes des animaux.
    Pour la culture de la souffrance de la femme, je crois que tu poses la bonne question. Bientôt en Afghanistan, les talibans réimposeront leurs diktats, et ça fait flipper pour ELLES. On est sous le joug, quoi que je veuille bien en dire, et je ne suis qu’une enfant gâtée face à la grande détresse de nombreuses femmes.

    • C’est vrai, il y a pire que chez nous, bien pire. Mais tout de même, le sexisme en France est très insidieux. Il est partout mais on ne le voit pas. La condition féminine est une sorte de prison dorée…

  10. Je n’aime pas cet argument qui dit « C’est pire ailleurs, arrête de te plaindre. »
    C’est vrai que le sexisme est insidieux, c’est sa très grande force. Comment combattre quelque chose qu’on ne voit pas, ou à peine? Qu’on peut refuser de voir aussi aisément?
    Je pense que les femmes acceptent le fait de soufrir tout simplement parcequ’elles savent qu’elles connaîtrons toujours plus la soufrance physique qu’un homme. Que ce soit avec leurs rêgles, ou l’accouchement.
    J’ai toujours eu l’impression que les hommes fuyaient la douleur, et qu’ils étaient hyper réactifs. (cf le classique de Florence Foresti « AHHH Je me suis coupé avec une enveloppe, je saigne de partout, je vais mourir!) Ce qui est non sans m’agacer.

    Les hommes souffrent aussi d’un sexisme insidieux dont ils sont indirectement victimes. Par exemple mon frère et moi avons une vingtaine d’année, nous avons tous les deux notre apartement sur Paris et rentrons le weekend chez nos parents. Là bas ma mère se charge de faire les courses de mon frère, de lui faire son linge, elle est même une fois allée chez lui lui faire son ménage. Moi bien sur, je fais mes courses, mon linge et mon ménage moi même. Pendant les repas elle s’intéresse plus à ce qui arrive dans la vie de mon frère que dans la mienne.
    J’avais l’habitude de penser que j’étais une victime de cette situation, que ma mère me négligeait. Mais je réalise aujourd’hui que nous trois sommes des victimes.
    Je suis en effet passée au second plan par rapport à ma mère, je suis heureuse d’être indépendante mais un peu de reconnaissance ferai du bien parfois.
    Mon frère soufre d’être un assisté permanent. Il pourrait faire ses courses, son linge et autres, et ca lui ferait beaucoup de bien, mais sans être poussé à le faire il prend du retard dans l’aquisition de ces compétances quotidiennes.
    Et ma mère soufre car elle doit à un certain niveau penser qu’elle n’existe qu’a travers mon frère, elle doit avoir besoin de sa reconnaissance.

    • Il ne faut pas exagérer. C’est vrai que l’accouchement est douloureux, mais si les femmes accouchaient un peu comme elles voulaient au lieu d’être confiées à des toubibs qui les font coucher sur le dos parce que c’est plus pratique pour eux (et que « ça se fait comme ça »), elles auraient peut-être moins mal. Puis rien ne les oblige à avoir des enfants, certaines n’en auront jamais. Pour les règles ou l’accouchement, on se dit que la souffrance est le lot de la femme, comme le dit la bible… Sauf que c’est peut-être aussi une question d’hygiène de vie,  de régime alimentaire, d’exposition à des hormones exogènes etc. Et puis même si certaines femmes auront toujours des règles douloureuses, ce n’est pas le cas de toutes, certaines ne sentent rien. Puis de nos jours ce sont des choses qu’on peut parfois éviter.

      Ca montre que si les femmes sont résignées à souffrir dans leur vie, c’est plus culturel qu’autre chose. Une femme ne souffre pas tant que ça du fait de sa biologie.

      Tu dis que les hommes souffrent d’un sexisme insidieux dont ils sont victimes: je suis absolument d’accord, et c’est la chose la plus importante à comprendre, à mon avis. Les hommes ET les femmes sont sexistes, les hommes ET les femmes souffrent de ce sexisme (certains en souffrent plus que d’autres, cela va de soi), se font souffrir eux-mêmes et aussi les uns les autres, même s’il y a une domination masculine. C’est pas, comme beaucoup le pensent, « les femmes pas sexistes contre les vilains hommes sexistes », pas du tout.

  11. Le sexisme insidieux, je suis moyennement d’accord. Certes, la France, c’est pas taliban-city, c’est un poil moins flagrant. Mais les grandes discriminations envers les femmes, que ça soit l’image de la femme dans les pubs/magazines, la discrimination au salaire/à l’embauche (et donc à la retraite), le viol, le droit à l’IVG, etc. (tout ceci systématiquement minimisés/ridiculisés par les média) existe tjs bel et bien. Les grandes batailles ne sont pas terminées. Mais comme ça fait des décennies qu’elles sont menées et que des avancées ont été obtenues, on fait croire que c’est gagné et qu’il y a pas à ce plaindre et qu’il reste que les petites choses insignifiantes du style Mlle/Mme.

    Ce qui donc est très loin d’être vrai. Et en plus, c’est loin d’être insignifiant. Car une fois que le travail de débroussaillage est fait/en cours, on peut commencer à s’attaquer à l’insidieux (disqualifié en insignifiant par les dominants), qui fondent ou facilitent les bases des grosses discriminations, ou reflètent ces dernières. L’exemple de la règle de proximité est le plus flagrant, puisqu’elle a été supprimé sur des considérations telles que « c’est le sexe fort qui doit l’emporter ». Et maintenant, quand on veut la réintroduire, on oppose le fait que « mais non, c’est pas le masculin qui l’emporte, le masculin est le neutre grammatical, faut pas voir le mal partout, y a rien de sexiste dans l’accord des adjectifs ! ». Eh bah si les gens, cet accord est sexiste, et c’est dans cet optique qu’il a été implanté.

    Mais bref, je m’égare, je voulais à la base juste dire que l’insidieux, c’est grâce au débroussaillage commencé qu’on peut s’y attaquer, mais qu’il est loin d’être fini, comme l’a montré l’affaire DSK/Diallo et les réactions dans les média (et sans doute dans les réactions dans les discussions entre potes/en famille, mais j’ai pas eu l’occasion d’avoir des conversations sur le sujet).

    • Oui mais regarde par exemple, le billet d’odieux connard sur le debat « madame/mademoiselle ». Lui il ne voit pas ou est le sexisme là-dedans. Et la grande majorité de ses commentateurs ne voient pas non plus en quoi c’est sexiste de se faire appeler madame/mademoiselle, puisque « on a le choix » (comme on a aussi le choix de se faire épiler ou non, de s’habiller en homme ou en femme, de manger de la viande ou non, de mettre ses enfants à l’école ou non… ) . Si tu dis à une personne lambda qu’il y a un rapport entre, disons, le viol, et madame/mademoiselle, il va te rire au nez! Pourtant c’est évident quand on comprend comment fonctionne le système d’oppression des femmes. D’ailleurs, personne ne voit le rapport entre le viol et le sexisme. Recemment un type pourtant pas totalement idiot (il a fait des études et tout) m’a dit qu’il n’y avait aucun rapport, et quand je lui ai demandé, d’après lui, pourquoi les hommes violaient les femmes plus que l’inverse, il m’a répondu que les femmes ne peuvent pas violer puisqu’elles n’ont pas de pénis !!! Quant aux différences entre hommes et femmes dans la société (différence de salaires, présence au gouvernement etc…) c’est selon lui exclusivement du aux « hormones » et non à l’éducation.

      Le sexisme se cache. A tes yeux il n’est peut-être pas bien caché. Mais pour celui qui ne cherche pas à comprendre plus que ça, qui, face à un violeur ou un mari violent, se contente de dire « quel salaud, heureusement moi je suis pas comme ça je respecte les femmes », lui ne voit pas, ne comprend pas le sexisme.

  12. Je voulais pas dire du tout que le sexisme est évident et que le sexisme insidieux n’existe pas ou est faible, je voulais juste dire qu’il y a encore pas mal de sexisme évident en France, que le sexisme en France est encore loin de se limiter au sexisme insidieux.

  13. Anecdote de sexisme insidieux, dans la même lignée que « les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus » : il y a une semaine, j’ai eu un test oral de français-philo (en fait une matière où on peut tomber sur à peu près n’importe quelle science humaine). Tout un paragraphe de ce texte évoquait les différences de comportement entre hommes et femmes et donc dans mon commentaire j’ai embrayé sur le sexisme, qui conditionne les gens, etc. L’examinatrice m’interrompt : « vous faites fausse route : ce n’est pas du sexisme que de dire que les hommes et les femmes ont des comportements différents puisqu’on a des cerveaux différents ! et ça c’est scientifiquement prouvé, par exemple nous les femmes on peut faire plus de choses à la fois que les hommes » (elle accumulait vraiment les perles, avec son « scientifiquement prouvé », et c’est une étudiante de lettres à l’ENS…)

    A propos de la question « hommes et femmes ont des cerveaux différents », il y cet excellent article qui casse délicieusement les clichés :
    http://blogfeministe.skyrock.com/796327507-Merci-Catherine-Vidal.html

    • Et puis ça m’énerve quand les gens utilisent des arguments scientifiques quand ils n’y comprennent rien. C’est vrai que les cerveaux des hommes et des femmes fonctionnent différemment… Tout comme les cerveaux des végétariens, des végans et des non-végétariens ! (une étude récente l’a montré). Ce n’est guère étonnant qu’on utilise pas son cerveau de la même manière alors qu’on est conditionnés différemment depuis tout petits.

  14. Oh oui moi aussi ça m’énerve !
    D’ailleurs, ce sont les gens qui aiment le plus la science qui sont également le plus au courant des limites de la science, et qui ne vont pas asséner « c’est scientifiquement prouvé ».

  15. Sans avoir des cerveaux différents, il me semble que dans la majorité des cas la femme a une plus grand résistance à la douleur que l’homme (justement pour l’accouchement). En attendant ça ne justifie pas qu’elle doive souffrir plus pour sa « beauté ».

    Plus que la souffrance, c’est la transformation de son corps qui importe : une fille bouclée voudra des cheveux lisses et vice versa. Même si elle garde ses boucles,c’est d’abord lisseur puis reboucleur (on voit ça partout à la télé, dans les films, les séries, pas de boucles naturelles mais redessinées). Je crois que c’est le corps naturel qui est haï, tant qu’il est transformé tout va bien.
    Et comme tout le monde a des poils, tout le monde s’épile (je connais un imberbe qui le vit pas très bien, alors que tout le monde l’envie).

    En ce qui concerne le couple : la majorité des homme s’en tapent d’avoir une femme épilée ou pas. Pour en avoir fait l’expérience, en général personne ne le remarque vraiment. Par contre quand je fais la remarque « je me suis épilée pour toi », ça plaît. Plus parce que j’ai passé du temps à me faire belle pour lui que parce que je suis épilée. C’est l’effort qui plaît plus que le résultat.

    Autrement je porte des corsets et deux tatouages. Le corset est plutôt confortable (faut pas prendre le premier venu en magasin et le serrer comme une brute quoi) et mes tatouages m’ont certes fait mal, mais il y a la dimension symbolique. C’est plus pour me plaire à moi qu’à « mon homme » ou aux gens en général (d’autant que le tatouage qui me prend tout l’avant bras est très controversé ^^).
    Pour les talons, outre la silhouette, ils sont excellents pour le dos. Ça fait mal au pied le temps que la chaussure se fasse, mais quel soulagement pour le dos que de passer quelques jours en talons. Le principal désagrément pour moi c’est plutôt qu’on ne peut pas courir et bouger comme on veut.

    Pour finir, il ne faut pas sous estimer la dimension rituelle des transformations corporelles. Ma mère m’a apprit à m’épiler vers 11 ans (parce que je l’avais demandé), et c’est devenu un vrai rituel, elle m’a apprit à me sentir mieux après. Depuis quand je déprime, je m’épile et j’ai l’impression que mes soucis sont partis avec mes poils. J’ai la chance de ne jamais avoir souffert de moqueries dans l’adolescence (comme j’avais le droit de m’épiler), ce qui fait que je garde un comportement rationnel par rapport à ça, je sais me sentir bien épilée ou non. Ce n’est pas le cas de tout le monde.
    Pareil avec les cheveux, ce n’est pas une souffrance de prendre soin de ses cheveux mais plutôt un rituel. j’adore m’occuper des longs cheveux, et pour les gens c’est plus un plaisir qu’autre chose.

    • Je ne connais aucune étude sérieuse démontrant une plus grande résistance à la douleur chez la femme. La femme qui accouche a une composition hormonale bien spécifique, tout comme la femme enceinte, celle qui allaite et celle qui n’a jamais eu d’enfants…

      Je ne sais pas trop ce que pensent réellement les hommes de l’épilation. Je pense que c’est un peu la même chose que pour les femmes un peu rondouillettes: sexuellement ça ne les dérange pas, mais pour sortir avec, c’est autre chose. Les hommes veulent pouvoir exhiber une créature de magazine, donc maigre et épilée; eux aussi ont une forte pression sociale pour cela.

      Je ne doute pas que les artifices féminins, comme les talons, puissent avoir aussi des effets bénéfiques. Ca peut être aussi bien bénéfique ou catastrophique, selon les gens, leurs problemes de dos, la forme des chaussures etc etc. Encore que, à mon avis, si tu faisais par exemple du yoga, tu n’aurais pas « besoin » de porter des talons. Mais de toutes façons, je ne te ferai pas la morale, car moi-même je m’épile, je porte des talons (enfin pas depuis que je voyage mais parce que je ne peux pas), ainsi que parfois des bas et toute la panoplie de femelle. Comme je le disais je subis certains désagréments et je ne les ai jamais sérieusement remis en question dans ma vie. Tout simplement, je me rend bien compte qu’aller me faire épiler est douloureux et que je ne le fais que parce convention sociale « oblige », mais je ne me sens pas prête à renoncer pour le moment. Nous sommes des êtres de culture, tout cela est profondément ancré en nous.

      Bien sur on peut diminuer ces petits désagréments. Comme je le disais, moi et mes cheveux on s’est arrangés, et puis j’ai l’habitude, je ne vis pas ça comme une contrainte, même plutôt comme un plaisir. Pareil pour les talons, j’en ai trouvé qui ne me font presque pas mal… mais franchement, ça n’a rien de confortable, on peut pas courir, rester debout est encore plus fatiguant… On est habituées à tout ça, mais c’est justement parce qu’on y est tellement habituées qu’on doit essayer de prendre du recul et de remettre tout cela en question. Ce n’est pas par hasard si j’ai cité une femme qui disait qu’elle finissait par prendre du plaisir à souffrir pour être belle. Si c’est si contraignant c’est justement parce qu’on s’efforce de le voir comme autre chose qu’une contrainte, parce qu’on s’arrange pour le vivre bien, et qu’on y parvient un peu.

      • Pour l’accouchement, si on laissait faire la nature (sans déclencher, sans tirer comme un forcené, sans utiliser la péridurale et autres artifices, et en laissant la parturiente agir comme elle le sent), les accouchements se feraient avec beaucoup moins de douleur, voire pas du tout.
        La nature est très bien faite, et le corps (pour dire l’organisme quoi) sait très bien, théoriquement, sécréter les hormones adéquates au moment voulu, en quantité voulue. De façon à faire travailler les muscles, circuler le sang, sédater les nerfs etc… pour que tout fonctionne au mieux.
        Ce n’est absolument pas normal de se retrouver sur le flanc pendant trois jours, ou plus, après un évênement comme ça : dans la nature, comment survivre sinon ?

        Mais l’évolution a quand même son mot à dire, et c’est clair que les bébés humains, qui naissent à 9 mois de gestation, ne sont pas finis, un peu comme ceux des kangourous. Seulement, si on les gardait plus longtemps (deux ans je crois dans l’idéal) le petit ne passerait plus dans le bassin (entre autres).

        Sinon, pour ce qui est du féminisme, est-ce que tu as vu l’intervention des femmes de « La Barbe » au petit Journal, le 9 décembre ? ça fait peur…. et ça ne m’étonne pas que le « féminisme » aie une telle image…

        http://www.youtube.com/watch?v=BL-KrrMtlHo

        • Je voulais parler de cet aspect de l’accouchement, mais finalement je ne l’ai pas fait par souci de concision. Mais le sujet est intéressant.
          Beaucoup d’agressivité dans cette vidéo. Mais en même temps ça ne doit pas être facile pour ces femmes, elles répondent à l’agressivité par l’agressivité. Moi j’ai quand même eu un peu l’impression que le gars essayait de convaincre que le sexisme n’existe pas. Je pense pas qu’elle aient choisi le meilleur moyen de défendre le féminisme. Moi si on me demande « dites aux hommes que les féministes n’ont rien contre eux », je saute sur l’occasion de le dire, ça me parait très important, puisque les féministes à mon avis se battent aussi bien pour les droits des hommes, dans une société égalitaire. Comme l’explique très bien Daniel Welzer-Lang dans plusieurs de ses publications, la hiérarchie homme-femme implique aussi une hiérarchie entre hommes, légitime l’homophobie, etc.

    • Je ne suis pas d’accord pour la comparaison entre les « soins » aux cheveux (qu’on n’arrache pas violemment, à ma connaissance) et les poils du corps.
      Le « souffrir pour être belle » est relayé par l’industrie cosmétique et de nombreuses femmes qui disent « je prend soin de mon corps » quand il s’agit d’épilation. Or, pour la plupart des femmes, c’est très douloureux et le corps réagit sainement à l’agression que constitue l’arrachage de poils en rougissant, en saignant parfois, en laissant des marques parfois plusieurs jours. Est-ce que « prendre soin de soi » dans ce contexte précis n’est pas justement de ne pas s’arracher les poils et ainsi, laisser la peau tranquille ? Je ne parle pas d’esthétique mais uniquement de cette formule qui dit l’inverse de la réalité.

      « tout le monde s’épile ». Euh, nous ne devons pas vivre sur la même planète. Autant sur une plage occidentale en été, 100% des femmes sont sans poils aux jambes/aisselles(ce % digne d’un dictateur coréen devrait interpeller les sociologues mais manifestement la norme est totalement intériorisée), autant pour les hommes, ils ont toute liberté d’enlever ou de garder leurs poils/cheveux, et c’est une très bonne chose. Pourquoi ce double standard ? 50% des femmes disent s’épiler uniquement pour éviter des remarques/regards déplacés ! C’est énorme !
      Plus d’infos sur mon site.

      • Et dans certains pays du monde, de ce que j’en ai vu, les femmes ne s’épilent pas systématiquement les jambes.

  16. Je cherchais exactement ce type de lien (l’article de skyrock) pour mon article. Et même si c’est skyrock, l’article de Marion, c’est de la dynamite !!!

    dame-en-fee : La transformation des corps importe, oui, mais surtout pour la femme. Les cheveux, ongles, système pileux naturels de l’homme ne dérangent pas ; au contraire, culturellement, il incombe à l’homme de modérer son esprit, sa testostéronne, de jouer l’amant courtois et le jeu des femmes en amour, de ne pas se battre avec ses camarades – tandis que la femme, elle, ben…les hormones, vous savez…
    Je force un peu le trait, mais je dirais que c’est surtout à la femme de dominer le corps naturel, et à l’homme de dominer son « esprit naturel » XD
    Et comme tu le soulignes, tout cela, justement, c’est un rituel. Même, un rite qui fixe dans les mœurs la valence différentielle des sexes. Un peu comme le père qui part chasser avec son fiston, pour lui faire mâlement découvrir les joies de la nature (sauf que là, c’est doublement condamnable :P)

    J’ai peut-être pas vraiment d’expérience dans ce domaine, mais pour ce qui est du sexe et de l’épilation, je crois que c’est justement ce qui coince. Le désir d’un organe féminin rasé et d’un organe féminin poilu, c’est différent. C’est pas la même sensation. Pareil pour les jambes, au toucher : est-ce lisse ? est-ce doux ? mon œil voit-il une jolie peau ?
    Après, le droit des femmes à faire entendre leur désir a peut-être encouragé, ces derniers temps, les hommes à s’auto-mutiler également. Youhou ! En attendant, les hommes qui ont du poil aux pattes, ça court les rues ; pas les femmes (enfin, pas celles qui ont du poil aux pattes).

    LES TALONS ??? Bons pour la santé ? Beûrk, les effets du psycho-somatique sont désastreux, pour le coup !
    Pendant des milliers d’années, l’anatomie bipède ne s’est pas développée pour mettre des talons. Tes os, en particulier, vibrent de douleur chaque fois que ton pied claque sur le sol. C’est pas comme ça que c’est censé fonctionner, c’est mauvais pour tes articulations des pieds, du genou, tes os des jambes, et ton bassin – je me demande même si ça ne monte pas jusqu’au bas de la colonne vertébrale, qui doit supporter un poids réparti non pas comme elle a été construite pour le supporter, mais redressé, vers l’arrière.
    C’est bien simple : ton talon (de pied), c’est l’appui naturel principal du corps. Le percher sur une aiguille et augmenter l’importance du bout des pieds (métacarpe et orteils), ça va bien cinq minutes, pour jouer au mariole, mais au-delà, c’est du suicide !
    http://www.lavoixpourlesfemmes.fr/actualites/bien-etre/2009/10/21/article_sante-attention-aux-talons-hauts.shtml
    http://www.servicevie.com/os-muscles-articulations-et-colonne/douleurs-au-dos-et-aux-genoux-les-hauts-et-les-bas-des-talons-hauts/a/434
    En fin de compte, les talons, c’est ça : http://incroyablestalons.20minutes-blogs.fr/archive/2008/10/30/attention-ca-vous-casse-la-gueule.html (je vous encourage à vomir sur le blog, il est très bien fait)

    Toutes ces choses sont d’autant plus condamnables, justement, du fait qu’elles te paraissent normales pour des femmes, mais que tu rirais aux éclats dans un monde où tous les hommes se mettraient soudain à se comporter comme des femmes (-Tu m’accompagnes aux toilettes ? – Oui oui. / -Et alors, t’as essayé la crème spéciale peau douce ? -Toujours pas…j’ai peur de la réaction de ma meuf…/ -Parce que vous le valez bien)

    • « e dirais que c’est surtout à la femme de dominer le corps naturel, et à l’homme de dominer son « esprit naturel » <- c’est vrai, d’ailleurs Aristote considérait que, lors de la reproduction, la femme apportait la matière brute, tandis la semence de l’homme apportait l’âme, l’étincelle divine, donc l’esprit.

      je pense que le désir d’épiler les hommes tient davantage d’une conception hygiéniste à l’extrême des rapports humains. Les poils, ça fait « sale »… Pourtant ça n’a rien de sale à partir du moment où on se lave. A noter que la société est encore moins indulgente pour les femmes que pour les hommes en ce qui concerne la saleté.

      J’aime bien l’idée d’imaginer un monde où les hommes se comporteraient comme des femmes et vice-versa. Ca permet de constater à quel point on est prisonniers de la culture jusqu’au bout des ongles. L’autre jour (je suis en Inde) j’ai vu une femme cracher un gros glaviot. Ca m’a choqué ! Pourtant rien de plus normal, ici les gens ne se mouchent pas. ils crachent donc quel que soit leur sexe… Et pourquoi les femmes cracheraient moins que les hommes?

  17. Un aspect intéressant sur ce thème-ci et qui manque sur cette article (tout façon pour parler du sexisme et des normes/diktats esthétiques imposé aux femmes, y a de quoi écrire une thèse ou deux donc bon… je m’égare), c’est l’aspect contrôle du corps donc contrôle de l’esprit des femmes (ça doit demander un temps fou d’auto-controler chaque partie de son corps et de son habillement pour juger s’il sont conformes, ou non, comment les conformer… Tout ça), donc temps disponible de cerveau en moins pour s’intéresser à l’égalité femmes-hommes, à la politique, à la peinture chinoise du 12éme siècle, à la construction navale viennoise, à la photographie etc ou que sais encore (chacun-e est en droit d’avoir des centres d’intérêts spécifiques).
    Ça demande une énergie égocentrique particulièrement intense en fait de se conformer à l’image que donne des femmes la société dans laquelle on vit. Et ce temps perdu, gâché, c’est du temps en moins pour s’ouvrir et découvrir des tas de choses bien plus passionnantes.
    Cela va de pair avec le fait que les sociétés machistes sont bien peu enclines à délivrer de l’éducation de qualité(/équivalente à celles donnés aux hommes) aux femmes (cf les stats d’alphabétisation des femmes par rapport aux hommes dans les pays dit pauvres ou des livres-témoignages un peu ancien comme « une chambre à soi » de V. Woolf ou encore « le deuxième sexe » de S. Beauvoir).
    En bref l’idée débilisante que le monde extérieur est réservé aux mâles, le monde intérieur/privé c’est le monde des femmes est bien représenté dans cette idéologie du contrôles des corps des femmes.
    Donc en enfermant la femme dans son image (qui doit être parfaite, ce qui est un combat vain, les poils repoussent, le maquillage s’enlève, manger ça fait grossir, la vieillesse use le corps, etc) on l’empêche non seulement de s’élever intellectuellement mais aussi de se rendre compte que son sort est lié à celui d’autres femmes qui vivent des situations similaires à la sienne, et donc de se rendre compte que le sort des femmes c’est d’être des victimes de ce système. Et du coup l’envie de lutter pour que ça bouge.
    Deuxièmement le corps naturel des femmes n’est pas apprécié (poils, vergetures, rides, bourrelet, cicatrice, odeur corporelles tel que celle des aisselles ou du sexe, etc), on doit en permanence lutter, le modifier, le transformer pour espérer être apprécier par un prince charmant (de pacotille). C’est douloureux, violent… On nous enseigne à être, en quelque sorte, en lutte permanente avec notre corps. Donc à être en lutte avec nous même… C’est pas du tout innocent, on ne doit pas s’apprécier comme on est en fait avec les diktats esthétiques. Mais se hair, ne pas s’aimer au naturel.
    Ensuite (et pour finir, parce que je suis longue), et bien presque toutes les normes esthétiques entravent le corps, l’empêche d’être libre (on se sent mieux dans un tee-shirt en coton et jogging ample que dans une robe bustier qui sert bien la poitrine par exemple. Ok ça fait moins « joli » mais au niveau confort y a pas photo).
    Contrôle du corps des femmes non seulement par elles mêmes mais aussi par les hommes exemples connus: les petits pieds de chinoises=> impossible de courir, ou de marcher normalement (donc de s’enfuir du logis conjugal); femme girafes=> si elles commettent un acte que le mari juge mauvais il n’a qu’a enlever les colliers, et le cou de la femme se brisera (donc ben en gros elle crève); le corset: comment s’enfuir, comment réagir, manger, dormir voir juste respirer normalement avec ça? Ça impose une forme de discipline stricte pour les femmes qui en portaient…

    Sinon article intéressant.

    • Ce n’est pas qu’une perte de temps, c’est aussi une perte d’investissement tout court. On ne peut pas s’intéresser à la fois à s’ouvrir au monde, à découvrir, se confronter au monde, à s’épanouir, et à être parfaitement épilée tout en ayant la peau lisse partout et en comparant différentes marques de crèmes à paupière et d’après-shampoing. C’est juste pas possible. Bien sur on peut prendre soin de soi et s’épanouir, mais prendre soin de soi, c’est pas vraiment ça que la société exige des femmes. Comme tu le dis, c’est plutôt une lutte qu’autre chose. J’ai beau ne pas vouloir de poils, eux ils veulent pousser.

       

      A propos de l’éducation réservée aux hommes, il faut lire l’excellent « pour l’abolition de l’enfance » de firestone (dispo gratuitement en pdf sur internet). L’auteure y explique que l’éducation est née avec le concept d’enfance, qui est une nouvelle classe de dominés. L’éducation sert à transformer l’enfant soumis en adulte conquérant, rien d’étonnant donc à ce qu’on ne se presse guère d’éduquer les femmes, destinées à demeurer dans le monde des dominé(e)s.

       

      Petite remarque, la croyance selon laquelle le cou des femmes girafes se brise si on enlève le collier est fausse en réalité, car elles enlèvent le collier pour les soins médicaux et aussi pour le remplacer par un plus grand. En réalité ce n’est pas le cou qui s’allonge… mais la cage thoracique qui s’affaisse! Mais ça ne change rien à ton idée, car c’est en effet un affaiblissement physique. les muscles du cou sont très affaiblis, la peau abîmée, et il y a des problèmes de santé bien sur par rapport à l’affaissement de la cage thoracique. les artifices de beauté des femmes se font souvent au détriment de leur bien-être et même de leur autonomie, et c’était encore pire dans le temps en Europe, avec les corsets et tout ça. A noter que les vêtements inconfortables et grotesques étaient aussi réservés aux enfants…

  18. Sans rentrer dans le débats, cet article me fait froid dans le dos !

    Nous en Europe qui nous plaignons, à juste titre soyons d’accord, de la condition de la femme, regardons ailleurs ce qu’il se passe avant d’en faire trop…

    C’est désespérant de voir encore aujourd’hui des vieilles cultures qui font souffrir des fillettes… C’est pour cela qu’il faut soutenir la scolarisation des jeunes filles : plus que tout, c’est l’école qui leur permettra de s’émanciper et de vivre comme elles le souhaite, ou du moins, un peu mieux que la base…

  19. Ayant, professionnellement, exercé parmi des hommes, je n’ai guère le souvenir que ceux-ci s’expriment sur ces esthétismes féminins. Pas de discussions sur les poils, pas sur les hauts talons, pas sur la minceur, pas sur le maquillage,etc… (par contre sur le « cul », là il y a matière à discussion!) Il semblerait donc que ce soient les femmes qui estiment que ces façons de faire sont réclamées par les hommes. Posez la question à ceux-ci et, à part quelques rares conformistes,les autres n’y attribuent que peu d’importance, même s’ils sont aussi conditionnés par les schémas bien pensants.

    • Tout à fait, les prétendues exigences des hommes sont généralement imaginées par les femmes elles-mêmes. Rares sont les hommes qui vont traquer le moindre poil ou bourrelet.

  20. Pas tout à fait d’accord avec janic.
    C’est vrai qu’on passe pas notre temps à parler de la pilosité, du maquillage, des talons, etc de la gente féminine (par contre, comme il le dit, de leur cul ou de leurs seins, ça oui !).
    Sauf quand c’est « hors norme ». Je me souviens, quand j’étais au collège, il y avait une brune qui avait choppé le surnom de mygale parce que les poils de ses bras étaient vraiment bruns et se voyaient à mort. On s’en foutait de la pilosité des autres, mais pas de la sienne, parce qu’elle était super voyante. Ça vaut aussi pour les brunes à moustache.
    Et en réfléchissant, je pense qu’une femme qui va avoir une taille « normal », on va rien dire de particulier. Si elle est grosse ou maigre, on va réagir. Si elle se maquille à la truelle, on va le dire (par contre, pas de maquillage, j’ai jamais entendu qq1 dire quoi que ce soit là-dessus ; enfin j’ai pas souvenir).
    Je trouve que souvent, entre hommes, on dit rien de ses artifices, sauf en cas d’anormalité, d’excès (trop de poil, de maquillage, de poids). On se contente plutôt de « hmmm, je me la taperai bien, celle-là », mais on épilogue pas sur le pourquoi (mais plutôt sur le comment…).

    • Oui c’est vrai mais c’est plus du conformisme qu’une grande exigence par rapport à l’apparence. Les femmes sont très exigentes par rapport à leur apparence, elles sont toujours trop grosses et si c’est pas le cas elles sont trop maigres (je caricature mais rares sont les femmes qui sont contentes de leur poids), elles font super attention aux poils, à assortir leurs chaussures à leur tenue ou que sais-je. Les hommes, eux, ne remarquent pas quelques kilos en plus ou en moins, ni une nouvelle coiffure ou d’autres détails. Ce qui les choque c’est ce qui est vraiment différent de ce qu’ils ont l’habitude de voir. Par exemple une femme qui serait pas du tout épilée sous les aisselles, avec de grosses touffes (qu’on aurait toutes, hein, mesdames, si on se les épilait pas) ça va choquer. Mais par contre une fille qui s’est pas rasée depuis quelques jours, ils vont pas relever. Y a que les filles qui vont tiquer.

      D’ailleurs les hommes sont souvent attirées par des femmes que d’autres femmes jugeraient « trop grosses » (ou qui se jugent elles-mêmes…). je crois que les femmes fantasment beaucoup les désirs des hommes. Elles ne les comprennent pas. On a ici un problème classique: on élève les deux genres de façons totalement différentes, ce qui fait qu’ils ont du mal à se comprendre.

  21. pas tout à fait d’accord, mais presque, enfin pas loin..de Fuschi. En réalité tout ce qui sort de la « norme » retient l’attention que ce soit des poils ou la façon de se nourrir.Donc une femme sans maquillage, ni haut talons, ni le reste, se sent hors norme et cherche à retrouver un conformisme rassurant. Un conformisme imposé par les créateurs de modes diverses et a-variées. A votre charge mesdames de ne pas vous laisser prendre au piège!

    • merci ça peut être utile. c’est un peu comme quand on dit que les soutien gorges sont bons pour la poitrine, en fait on se porterait mieux sans (dans la mesure ou il faut avoir le nichon haut et fier pour bien se porter).

  22. j’aime bcp cet article!
    je fais partie de ces femmes qui ne s’épilent pas, ne se maquillent pas, ne portent pas de talons hauts, ni de soutien gorge….par flemme au début, puis avec le temps par confort (bien que je n’ai jamais porté les talons hauts!) , le soutien gorge je ne le supporte plus,et plus tard j’ai appris que pour ma santé c’était bien mieux comme ça!
    et les poils à force de es laisser tranquilles, j’en ai de moins en moins,alors ah quoi bon s’emmerder à les virer tous les x jours???? parfois l’été je m’épile sous les bras, mais c’est rare..(1 à 2 fois par saison…) et surtout parce que j’en ai raz le bol des regards médusés ou horrifiés….dur dur de tenir face à ça.
    le reste du temps , je m’en porte très bien.J’ai un compagnon qui s’en fou bien de mes poils, ça ne le dérange absolument pas, il s’y est bien habitué!!

    je peut conseiller la lecture d’un autre blog défendant la pilosité féminine:
    http://nature-du-corps.blogspot.com/
    avec pas mal de dessins, oeuvres, photos articles chansons sur les femmes et hommes poilus….

    et des liens portant sur l’incidence du port de soutien gorge et du cancer du sein!! ainsi que de l’idée reçue « pas de soutien gorge =seins qui tombent » ce qui est en réalité absolument faux…

    liens sur cancer du sein et soutien gorge:
    https://docs.google.com/present/view?id=0AX98V4F8xPbvZHJnaGs0d18xZDZmdHA0aGQ&pli=1
    bien au delà du « souffrir pour être belle »…..

    http://women-health-info.com/WEB-FR/284-FR-Pas-de-soutien-gorge-Cancer-du-sein.html

    et une vidéo sur les effets du soutien gorge par rapport aux ligaments des seins, et leur maintien naturel:
    http://www.dailymotion.com/video/x4ohmn_utilite-soutien-gorge_tech?start=2

  23. Merci pour cet article !
    Comme toujours, des réflexions qui partent de la vie quotidienne, de ce que tu vis ou vois, pour arriver à des analyses générales, politiques.
    Pour ma part, je suis un homme : un homme qui déteste toute cette esthétisation des corps féminins, que je ressens profondément comme un symbole de subordination imposé ; il n’y a pas jusqu’aux cheveux longs qui sont une indication (non systématique, il est vrai) d’hétérosexualité et de disponibilité aux rapports genrés.
    Toutes ces techniques de marquage des corps prennent un temps fou aux femmes, mobilisent leurs capacités mentales et nerveuses (sans parler de leur argent, etc.) : tout ce temps perdu, cette créativité, cette vitalité, qui pourraient être utilisés à jouir de sa vie en établissant des relations justes avec les autres, en luttant pour s’émanciper du pouvoir masculin, etc… Misère !
    Je vois cette « pression » à être « belle » comme une arme super au point visant à l’assujettissement continué des femmes.

    • … Et des hommes. Bon sang, le conformisme et la soumission à la pression sociale ne sont pas l’apanage des femmes.

      La pression sociale n’est pas une arme. C’est un contexte, rigide et intolérant; imposé à chacun par chacun.

      En se focalisant uniquement sur les désagréments subis par les femmes, ne risque-t-on pas de faire du féminisme un autre sexisme ? L’égalitarisme, n’est-ce pas plutôt là ce que l’on veut ?

      • Franchement en tant qu’homme, je trouve un peu chié de venir dire qu’il n’y a pas plus de désagréments concernant l’apparence quand on est une femme que quand on est un homme. Tu as déjà passé une journée en talon? Tu t’es déjà fait épiler le maillot? Tu t’es déjà affamé pour maigrir? Tu ne peux pas savoir ce que ça fait. Dans ton autre com, tu parles de culturisme et de rugby pour introduire un semblant de symétrie dans la culture des genres, mais cette symétrie n’existe pas. Tu pourrais introduire une telle comparaison si tous les hommes ou presque avaient déjà souffert pendant des heures sur une machine de musculation pour avoir le sentiment d’exister ou par peur d’être rejetés. Les femmes sont constamment jugées sur leur physique, pas les hommes. Déconstruire les normes de genre, cela nécessite d’abord de les considérer avec honnêteté. Prétendre que les hommes et les femmes sont tous égaux devant le sexisme, c’est malhonnêtes. Ca ne veut pas dire que le sexisme ne fait pas de victimes chez les hommes, bien évidemment, mais la dévalorisation des hommes, tout comme celle des femmes, sert à assurer l’ascendant des premiers sur les secondes, et ça il ne faut pas l’oublier.

  24. « Lutter contre la soumission plutôt que contre l’oppression » .. Certainement la véritable pépite sur cette page, et elle ne fait pas partie de l’article. Mais on te la doit quand même, brillante elfe !

    Pour le peu que vaut mon avis, je trouve que tu gagnerai à te focaliser sur ce concept, dans tes notes et dans ton combat.
    Il n’y

  25. (woups)

    .. il n’y a pas d’homme sur ces « forums de beauté » que tu cites .. les femmes sont, j’en suis sûr, parmi les plus véhémentes à condamner et à moquer une éventuelle jeune rebelle refusant de s’épiler. Est-ce le père ou la mère qui assiste sa fille dans son apprentissage de l’épilation, qui l’amène se faire manucurer ? Et sont-ce les garçons ou les filles qui parlent d’épilation et de défrisage, qui rejettent celle qui ne s’y adonne pas ?
    Bref .. Certains des plus fidèles servant de ce fameux Viriarcat sont, j’en suis sûr, des servantes.

    Deuxième point qui me chifonne : les hommes souffrent autant que les femmes. Différemment, mais autant. Les jeunes filles « doivent » souffrir en s’épilant, les jeunes hommes « doivent » souffrir sur des bancs de musculation, sur des terrains de rugby, et ils doivent évidemment se soumettre à des impératifs esthétiques.

    Je suis persuadé de ta bonne foi, et de la justesse de ton combat, mais cet article ne me semble pas exactement au diapason du reste du blog, « l’Homme » n’est pas forcément plus responsable ou plus avantagé par notre culture genrée que « la Femme ».

    • Je trouve juste tout à fait incongru de comparer des souffrances entre elles, donc dire que les femmes souffrent plus que les hommes, ou que les hommes souffrent autant que les femmes, je ne vois pas l’intérêt. A n’en pas douter les hommes souffrent aussi. Ca n’empêche que le genre masculin est le genre dominant. Les hommes ne sont peut-être pas plus responsables que les femmes, du moins pas à l’échelle individuelle, mais il est évident qu’ils sont avantagés. Au niveau collectif, les hommes détiennent le pouvoir, la liberté d’aller et venir comme bon leur semble, les meilleurs salaires, les qualités viriles sont clairement valorisées socialement etc etc…. Certes, incarner la virilité peut être douloureux, surtout en cas d’échec. Certes, les hommes sont inégaux, et cette inégalité génère des souffrances, parfois très graves. Mais le viriarcat c’est la domination masculine, aussi il n’est guère étonnant que certains hommes (ceux qui s’estiment dominants) soient plus résistants que les femmes aux changements (même si, je te l’accorde, les femmes font, dans l’ensemble, preuve de beaucoup sexisme insidieux).

      Lutter contre la soumission à l’oppression, c’est capital. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès qui consisterait à déresponsabiliser ceux qui exercent l’oppression. Attention non plus à ne pas glisser vers un aspect très courant de la pensée machiste qui consiste à laisser aux femmes la responsabilité de tout ce qui ne va pas (les psys sont les champions pour ça).

      En tant qu’homme vivant dans une domination masculine, je trouve un peu facile de mettre le sexisme sur le dos des femmes, alors qu’on jouit de certaines prérogatives dont on n’a même pas forcément conscience. Alors qu’on ne sait pas ce que c’est que de ne pas toujours être considéré comme un individu du fait de son sexe, d’être constamment ramené à un objet ou un faire-valoir. Non, il n’y a pas de telle symétrie dans le viriarcat… Ce qui ne veut pas dire que les femmes sont de pures et innocentes et éternelles victimes comme certains pseudo-féministes le feraient croire, encore moins que les femmes ne sont pas sexistes, car elles intègrent les normes de genre tout comme les hommes.

      Sauf que pour les hommes, les normes de genre, c’est je suis sujet, l’autre est objet, ou encore, je suis sujet, et la femme est autre. Pour les femmes, c’est plus compliqué. Les normes de genre, pour les femmes, ça revient à se mettre soi-même au second plan, apprendre à être l’objet d’un sujet… C’est pas comparable.

      • Tu trouves tout à fait incongru de comparer des souffrances entre elles, et je suis tout à fait d’accord avec toi. Pourtant, c’est toi qui les hiérarchise. Les souffrances et pressions subies par les femmes semblent être voulues et imposées par « les hommes » en général, alors que celles subies par les hommes seraient accidentelles et acceptables. Tu leur donnes des valeurs différentes, et tu sembles assimiler un genre (mâle) et un rôle (aryen alpha au menton carré, dominateur). La distribution des dominants et des dominés est un peu complexe, elle n’est pas à sens unique.

        Bref. Je ne suis pas sûr du judicieux de l’argumentation autour de l’épilation. C’est une attaque efficace contre le conformisme, et c’est déja génial, mais certainement pas à visée féministe, les femmes n’ayant pas le monopole de la souffrance ni de la pression.

        Concernant les problèmes d’estime et de considération des femmes, je te rejoins totalement. Il y a une nécessité d’obtenir plus d’égalité (lol ..) pour les femmes.

        Bref, encore merci pour tes engagements et au plaisir de te relire, et toutes mes excuses pour la polémique un peu inutile, tes intentions en tout cas sont bonnes.

        Ciao !

        • « Les souffrances et pressions subies par les femmes semblent être voulues et imposées par « les hommes » en général, alors que celles subies par les hommes seraient accidentelles et acceptables. » <- je n'ai jamais dit, ni pensé, ni insinué ça. En particulier, me faire dire que certaines souffrances sont acceptables, c'est parfaitement dégueulasse, alors que je passe mon temps à dire le contraire et à chercher l'égalité. Les souffrances des hommes ne sont pas accidentelles, elles font partie d'un système. Quant à assimiler un genre et un rôle de dominant, je n'ai pas besoin de faire ça, les masculinistes le font très bien, c'est à dire plus ou moins tout le monde dans une société profondément sexiste. Je ne fais que constater. Le genre mâle est dominant, et il existe également une hiérarchie au sein de ce genre, il suffit d'ouvrir les yeux pour faire ces deux simples constats. Rien de nouveau sous le soleil. Je pense que le sens profond de ma pensée t'échappe. Soit tu n'as pas compris ce que disais, puisque tu me prête des propos avec lesquels je suis profondément en désaccord, soit tu es de mauvaise foi. Ce qui me gêne, c'est que dans les deux cas, tu cherches à interpréter ma pensée.

          • Problème de compréhension de ma part.
            À trop expliciter, quelques double sens malheureux semblent inévitables.

            « … l’Homme ne donne pas son avis, [mais] nulle n’est censée l’ignorer. L’Homme est un personnage muet, omniprésent, dominateur, dont chacune vit dans l’attente du jugement. En un mot, l’Homme est un dieu »

            Pourquoi pas plutôt :
            « … l’autre, la société, ne donne pas son avis, mais nul-le n’est censé l’ignorer. L’autre est un personnage muet, omniprésent, dominateur, dont chacun vit dans l’attente du jugement. En un mot, l’autre est un dieu. »

            C’est tout simplement plus exact. On touche là au fond du problème, les souffrances imposées aux femmes par le conformisme sont réelles et problématiques, mais elles ne sont qu’un aspect, une facette d’une societé rigide et intolérante. Elles sont imputables à personne ou à tout le monde, mais certainement pas à L’Homme, aux hommes ou à un homme en particulier.

            Les talons aiguilles sont des instruments malsains à porter, mauvais pour la santé et l’estime de soi. Oui, voire une fille perchée là-dessus souffrir le martyr stoïquement est un plaisir malsain et sadique. Mais crois-tu que la moitié des filles qui en portent y sont forcées ?
            Dans le même ordre d’idée : un badaud qui s’achète un steak sans comprendre ce qu’il fait est victime (il bouffe la daube de l’industrie des dominants), mais il est aussi responsable au premier degré.
            En quoi est-ce différent pour une bimbo en talon ? Elle participe de son plein gré.

            Bref. Dans cette optique, il faut éduquer les filles autrement, les informer, les sensibiliser, leur désapprendre à se considérer comme des objets. Tache ardue, bonne chance pour ça. Mais je doute que chercher des responsables soit judicieux ou utile, ou possible.

            Bref jvoulais pas te vexer; c’est une tournure de phrase ici ou là qui me chiffonnaient, donc j’ai tatillonné un peu, mais globalement ton blog (et notamment cet article) est absolument bénéfique, je sais que tu es réellement égalitariste, c’est ce qui est écrit qui ne peut jamais être tout à fait clair.

            Mode enculage de mouche /off.

  26. Ribz franchement essaie juste de lire attentivement. Tu prends une phrase et tu la sors de son contexte. Quel est ce contexte quand je parle de l’Homme avec un grand H? En l’occurence là c’est le discours des filles autour de l’épilation, quand elles parlent des mecs. Moi je trouve ça très clair personnellement, mais si tu ne comprends pas qu’à ce moment-là je parle de LEUR discours, de ce que j’analyse à travers leurs mots, et si tu ne comprends pas que les hommes – et par là je veux dire les vrais, ceux qui existent, les gens – ne correspondent pas à ce fantasme, hé bien alors autant arrêter de lire tout de suite, parce que tu ne vas rien comprendre à mon blog. Et si tu lis avec aussi peu de subtilité, alors tu vas déformer mes propos, et me faire dire des trucs que je n’ai pas dit, comme tu l’as déjà fait ici, sauf qu’en plus, tu vas le faire un peu partout, et ça va donner « y a encore une féministe qui dit que le sexisme c’est un complot des hommes pour dominer les femmes et qu’il faudrait tous leur couper la bite ». Et vraiment, j’ai pas envie de ça.

    Y a des trucs a comprendre ici, c’est par exemple que quand je parle de l’Homme avec un H majuscule, ce n’est jamais au premier degré, c’est toujours pour rendre ou caricaturer la pensée de quelqu’un d’autre. Sinon je parle des hommes, ou des humains en général. l’Homme est une formule totalement contraire à ma pensée. Si tu n’as pas compris ça, tu n’as pas compris grand chose de mon blog.
    Donc là dire que j’ai écrit dans cet article que « l’Homme est responsable » de l’attitude des femmes, je suis désolée, mais c’est n’importe quoi, et d’ailleurs les autres lecteurs semblent, eux, avoir compris l’article. J’ai l’impression que tu lis un peu ce que tu veux. D’ailleurs ce que j’ai dit dans le com précédent, c’est que les hommes étaient plus résistants que les femmes en moyenne à la déconstruction des genres, ce qui veut dire que les femmes résistent aussi mais surtout que tous les hommes ne sont heureusement pas dans cette optique de maintenir en place la hiérarchie des genres. Donc prétendre que j’ai dit (ou ça??) que « c’est a faute des hommes » c’est vraiment comprendre ce que tu as envie de comprendre, sans rapport avec ce que j’écris.

    Si tu écoutes avec honnêteté ce que disent les femmes à propos de l’épilation, tu constateras bien qu’elles parlent des hommes, et pas de tout le monde. Que l’avis des hommes, c’est extrêmement important pour elles. Si tu regardes avec honnêteté tu verras bien que l’éducation qui est donnée aux filles les destine encore à être des épouses et des mères, qu’une jeune fille ne peut pas exister sans vêtements sexys, que les femmes sont toujours confinées à des rôles bien précis dans la société. Je sais que c’est pas évident à comprendre quand on est un homme, mais le sujet, c’est toujours l’homme, l’homme est le genre neutre comme s’il y avait un genre principal et un genre secondaire. Je sais pas moi, si tu n’arrives pas à voir le sexisme ambiant, tu peux lire le site « vie de meuf » par exemple, ou carrément te plonger un peu dans la littérature féministe.

    Hier encore, alors que des filles se plaignaient que des mecs leur demandent leur numéro de téléphone dans des contextes peu appropriés (travail) et que c’était difficile pour elles de gérer ça professionellement, un gars leur a dit: « quand ils le demanderont plus vous devrez vous inquiéter alors prenez ça pour un compliment ». Prendre pour un compliment ce qui s’apparente plus ou moins à du harcèlement (draguer jusqu’à demander un numéro sans aucun signe d’intéret en face), mais surtout, s’inquiéter, ho oui s’inquiéter si tu n’arrives plus à intéresser les hommes, car tu seras alors dans le camp des mochetés. Exister à travers les yeux des hommes, toujours. Je connais pas beaucoup d’hommes qui choisissent tous les matins leurs vêtements en fonction de ce qu’en pensera le sexe opposé.

    Si tu n’es pas capable de te rendre compte de ça, si tu persistes à voir la parité dans le sexisme comme s’il n’y avait pas de domination d’un sexe sur l’autre, alors c’est vraiment que tu refuses d’ouvrir les yeux.

  27. Ok .. Au temps pour moi.

    Je répète, je suis d’accord avec tes idées, mais la forme me semblait peu judicieuse.
    Je n’ai rien contre les féministes, le féminisme, et il me semble que j’en connais un rayon.

    Bien entendu, on parle d’un Homme métaphorique qui tire les ficelles dans un coin du subconscient; un sur-surmoi social. J’ai compris. Le terme même « homme » me semble inapproprié. Si tu l’emploies uniquement à la place des filles prises en exemple, en effet, j’étais à coté de la plaque.

    • Je n’ai peut-être pas assez insisté (même si je l’ai mentionné brièvement) sur le décalage entre l’homme réel (qui ne s’exprime pas tellement sur ce sujet, et j’ajoute que quand on l’y invite c’est souvent pour répéter ce qu’il a entendu ailleurs) et l’Homme que l’on devine dans le discours des femmes. Mais on touche là à un sujet plus vaste qui concerne les différences entre les fantasmes et les réalités mais aussi les décalages parfois surprenants entre les fantames eux-mêmes (fantasme de l’homme selon la femme, selon l’homme, etc…)

  28. Ping : Mort au poil? | Les Questions Composent

  29. Sinon dans le genre « phrase maso » il y a « Ne pleure pas, t’es plus belle quand tu souries! ». Moins utilisée mais ma mère me la sortait tout le temps quand je chialais, petite.
    Là aussi ça va loin dans l’aliénation de la séduction à tout prix : Il ne faut jamais pleurer, toujours sourire comme une Miss France, parce qu’une nana qui pleure et a la crotte au nez, c’est-pas-beau.
    ou alors il faut pleurer de manière sexy (ouah l’oxymore), pour rester assez attirante pour que l’Hôm vienne jouer son rôle de chevalier-protecteur…
    En tout cas c’est vrai qu’il y a une vraie pression pour être belle en toute occasion, pour un spectateur masculin potentiel/imaginaire (L’Homme-Dieu comme tu l’as dit l’Elfe).

    Un exemple perso intéressant à ce sujet [je raconte ma vie mode on/] : j’ai été dans un collège de fille avec vraiment AUCUN mec, pourtant il y avait tout de même des tas de filles obsédées par leur apparence, alors que la plupart n’essayaient pas trop de draguer les 2° ni rien, c’était à croire qu’il y avait un mur imaginaire entre collégiennes et lycéen-nes (le lycée, lui, était mixte), ni de voir des gars juste en sortant de l’école (donc nul « besoin » d’être belle toute la journée)…Et aucune d’entre elles n’était en kiffe sur un prof masculin non plus, enfin je ne crois pas XD
    Pour certaines ça allait jusqu’à remettre du maquillage entre chaque cours ou presque 0_o le dictat est vraiment intériorisé jusqu’au bout…[mode off]

  30. « Mais ne craignez rien tant que la vanité dans les filles : elles naissent avec un désir violent de plaire. Les chemins qui conduisent les hommes à l’ autorité et à la gloire leur étant fermés, elles tâchent de se dédommager par les agréments de l’ esprit et du corps : de là vient leur conversation douce et insinuante ; de là vient qu’ elles aspirent tant à la beauté et à toutes les grâces extérieures, et qu’ elles sont si passionnées pour les ajustements ; une coiffe, un bout de ruban, une boucle de cheveux plus haut ou plus bas, le choix d’ une couleur, ce sont pour elles autant d’ affaires importantes. »

    Traité de l’éducation des filles, 1687.

  31. Tiens ça me rappelle quelques articles très intéressants que j’ai lu au sujet de l’épilation :
    – Le rôle des poils dans la sexualité (partie 1 et 2) : http://sorcieredulogis.blogspot.de/2012/04/le-role-des-poils-dans-la-sexualite.html
    http://sorcieredulogis.blogspot.de/2012/04/le-role-des-poils-dans-la-sexualite_19.html
    – L’épilation est une mutilation : http://pgriffet.voila.net/
    – Les idées reçues sur les poils : http://sorcieredulogis.blogspot.de/2011/02/les-poils.html
    – Et en bonus (parce que je l’aime bien) : blog sur plein de belles femmes… Avec des pwals ! :D

    Me concernant, c’est vraiment l’épilation qui me fait le plus chier aujourd’hui. Talon, maquillage, couleur… Tout ça, je ne m’en soucie plus guère. Je me maquille que quand j’en ai envie, donc en gros une fois tous les trois mois, et je ne porte que des talons quand ils sont confortables (si si ça existe), et encore, c’est rare. Généralement, je préfère être en bascket.
    Bref, l’épilation est devenue ma dernière préoccupation de femme qui souffre pour être belle, et c’est de loin la plus tenace. Parce que si une femme pas maquillée et pas bien sapée passe encore, une femme pas épilée passe clairement pour une sauvage (sic).

    Quand je vois du point auquel j’ai bien été éduquée à satisfaire le schéma féminin imposé par le patriarcat, je me fais peur : j’ai tendance à trouver les poils sales. -_- Et j’ai beau essayer de me défaire de cette vision des choses, c’est pas facile du tout. D’autant que la réaction des personnes qui te voient avec des poils sont rarement flatteuses… :(

  32. Pas hyper fan de l’article mais je ne peux pas m’empêcher de te signaler une typo : « âgées de 15 à 44 ans16. »

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  38. La fillette, enfin, le mannequin de la photo fait vraiment peur tant elle est maigre. O.o Il est terrifiant de constater que l’on donne de telles « références » aux jeunes filles d’aujourd’hui.

    Je suis totalement d’accord avec cet article et suis de plus très fière : pas épilée, pas éclaircie (oui, grande révélation, je suis mélanoderme), et jamais de talons ni de maquillage !

    Par contre, j’aimerais évoquer un détail, qui ne concerne certes que les Noires mais qui reste important – et auquel je ne peux hélas pas échapper comme dans les autres domaines – : les cheveux. Le cheveu crépu est souvent considéré en Occident comme étant « laid » , de par sa nature même ; d’où la croisade inévitable et la litanie de tortures pour l’évincer, du défrisage qui assèche et abîme la chevelure aux nattes ou tresses dangereuses pour le cuir chevelu car trop serrées la plupart du temps, en passant par les tissages et rajouts.

    Comme quoi, mieux vaut être un homme blanc riche et hétéro qu’une pauvre femme noire bi… xD

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