Végéphobie, oppression réelle ou victimisation?

La végéphobie, oppression réelle ou victimisation outrancière? Les vegans eux-même forment deux camps opposés.

D’un côté:

Oui, je suis opprimé. Je subis des moqueries, rejets, discriminations à cause de mon régime alimentaire.

De l’autre:

Arrêtez de vous victimiser, c’est indécent de comparer quelques remarques désagréable à une véritable oppression.

 

J’ai longtemps louvoyé entre ces deux positions. Je pense que d’une certaine façon, les deux sont vraies. Mais dire ça, ce n’est rien dire. Je vais donc développer.

La végéphobie est-elle une oppression?

Là, comme ça, j’ai envie de dire non. Quand je vois le titre de l’article « végétarien, je revendique le statut de minorité opprimée« , j’ai un peu envie de dire au mec qu’il se victimise et que son statut de végétarien n’est pas grand chose comparé au fait d’être gay, trans, racisé, ou autre. Et pourtant, sans moi-même revendiquer le statut de minorité opprimée, je comprend un peu ce qu’il veut dire par là.

Au lendemain de la Veggie Pride 2013, je suis allé faire un tour sur les sites d’actualité. La plupart des articles n’étaient pas terribles, même si l’évènement a parait-il eu une bonne couverture médiatique dans la presse Genevoise. Enfin dans l’ensemble, ce n’était pas si mal. Mais un gros mot a suscité des réactions très fortes: végéphobie. Réactions à chaud: « mais non ils sont pas discriminés les végétariens ».

Y a un truc que j’adore, c’est qu’on m’explique si je suis discriminée ou non. Si une personne me dit qu’elle est discriminée, je trouve peu respectueux de lui répondre du tac-au-tac « non t’es pas discriminé ta gueule », surtout si je ne connais rien de sa situation. Or, des gens qui n’ont jamais vu un végétarien de près réagissent au terme « végéphobie » en déclarant que ça n’existe pas. Qu’en savent-ils?

Pour me faire l’avocat du diable, ou plutôt des gens qui parlent bêtement avant de réfléchir, ce ne sont pas les articles en ligne qui vont les instruire beaucoup sur ce qu’est la végéphobie. Pour enfoncer le clou de l’incompréhension, certains articles évoquaient un parallèle entre la végéphobie et l’homophobie. Or, je l’ai dit, je ne pense pas qu’on puisse comparer. Je ne pense pas qu’on puisse affirmer que la végéphobie est « aussi grave » que l’homophobie, ni qu’elle prend les mêmes formes. Par exemple, je ne crois pas que des gens se fassent frapper ou assassiner ou violer parce qu’ils sont végétariens. A priori ce n’est pas le cas. Je comprend qu’évoquer un parallèle entre homophobie et végétarisme puisse décontenancer a priori, surtout quand on n’est pas végétarien et que donc on n’a aucune idée de ce que c’est qu’être végétarien.

Pourtant, je pense que le parallèle n’est pas complètement idiot. Attention: je ne dis pas que les végétariens subissent une oppression comparable à l’homophobie. Je dis juste qu’il y a un parallèle intéressant à faire. J’y reviendrai.

Je ne sais pas si la végéphobie est une oppression, mais ce dont je suis sure, c’est que les végétariens, et surtout les véganes, sont victimes de discrimination.

Alors oui, j’ai beaucoup lu sur les réseaux sociaux des choses comme « non mais ça va, on vous fait des blagues et vous mangez moins bien au restau, mais c’est pas grand chose ». Oui mais non, la discrimination est à mon avis bien réelle, et ne s’arrête pas à quelques vannes mal placées; de plus, cet humour est, je pense, lourd de sens.

Végéphobie: une discrimination

1- L’humour désopilant du carniste.

Ce qui vient d’abord à l’esprit, quand on parle de végéphobie, ce sont les moqueries, remarques blessantes, voire certaines formes d’exclusion sociale. Si l’exclusion franche et directe n’arrive pas à tout le monde, chaque végétarien a, au moins, eu droit à de « gentilles » moqueries sur son régime de « mangeur de salade » par opposition aux « carnivores » qui prennent généralement soin de préciser qu’ils aiment la bonne viande « saignante ». Grâce à Uneheuredepeine, on sait maintenant que l’humour est une chose trop sérieuse pour être confiée à des rigolos. L’humour est une arme de cohésion/exclusion sociale, une arme de domination, ceci n’est nié que par les gens qui s’en servent justement pour exclure ou dominer tout en ayant « bonne conscience » et en se faisant passer en prime pour des gens drôles. Or, il est évident que ces « petites blagues » sur le végétarisme ne font rire que ceux qui les émettent, en particulier quand elles se répètent inlassablement et finissent par devenir vraiment éprouvantes moralement. De plus, ces « gentils » moqueurs ont parfois une tendance assez remarquable à faire dans le gore et le sanglant, mais toujours sur le mode de l’humour et du soi-disant « second degré », en particulier les hommes. Ainsi, ils affichent clairement une volonté de se démarquer du « gentil végétarien inoffensif » en incarnant le rôle du « mangeur de viande sanguinaire », un rôle dominant et viril.

Expliquer à une personne qui refuse la viande par conviction éthique qu’on aime la bonne viande bien saignante, ça n’a rien d’anodin ou d’innocent. C’est un peu comme expliquer à un-e féministe qu’on aime les femmes bien féminines et qui ferment bien leur gueule. C’est pas de l’humour pour rire, c’est de l’humour politique. Moi j’en ai rien à foutre des goûts et des dégoûts pour la viande. La viande ne m’intéresse pas, ce qui m’intéresse c’est l’animal dont on ose abréger la vie. Ce qui m’intéresse chez les animaux c’est leurs regards, leur liberté, leurs singularités (car chacun est unique au monde), et surtout préserver leur vie parce qu’elle mérite d’être vécue. J’ai jamais dit que la viande ça avait pas bon goût. Je m’en fiche pas mal. C’est juste de la viande, juste de la chair morte. Tuer un être unique au monde juste pour ça, c’est le pire gâchis qui existe. Alors venir me bassiner avec le bon goût de la bonne viande, ça ne me fait pas rire. Un violeur viendrait m’expliquer le pied qu’il prend à violer, ça me ferait à peu près le même effet. Il viendrait m’expliquer tout le plaisir qu’il prend et moi je penserais qu’à la vie qu’il a détruite sans aucun égard(1), pour son plaisir égoïste.

Je sais que pour la plupart des gens, la mort des animaux est quelque chose d’un peu lointain, d’un peu abstrait. Ils ne se la représentent pas vraiment. Et l’animal est pour eux une entité un peu abstraite aussi, voire inexistante. Il n’existe pas « un cochon », « ce cochon », mais « du cochon ». On ne mange pas un poulet, mais du poulet. L’animal se fonde dans la masse innombrable et anonyme de ses semblables. Il n’a plus d’individualité, plus d’existence concrète. Les animaux se ressemblent tous, ils sont tous pareils, ils sont des numéros, ils n’ont pas de nom, pas de visage, ils sont juste « du poulet », « du bœuf », « de la viande ». Pourtant je sais qu’aucun poulet au monde n’est semblable à un autre poulet, et que celui qui gît sur la table n’est pas moins unique au monde que mon chat ou mon chien. Ou moi.

Alors quand, devant son cadavre, on dit au végétarien « j’aime la bonne viande bien saignante » en lui faisant des clins d’œil, le végé, il ne rit pas. Ou alors, juste en façade, un rire forcé; mais s’il a assez de force morale pour refuser de rire, il refuse. Parce que cet humour est une façon de lui dire « je mange cet animal et tu n’y peux rien, et je continuerai à tuer des animaux pour les manger, et pour moi c’est un sujet léger, duquel on peut rire. » C’est une façon de lui dire (et parfois, de se dire): « ce n’est qu’un animal, sa mort est sans importance, la preuve c’est que je fais des blagues dessus ».

Les animaux sont donc les premières victimes de la végéphobie. A travers le végétarien, c’est l’animal qu’on dénigre. Outre les blagues à table, il existe toute une variété d’insultes ou de moqueries visant à expliquer aux végétariens qu’ils sont ridicules, que leur cause est ridicule, que les animaux sont faits pour être mangés, qu’ils sont stupides de préférer la vie d’un animal au goût de sa chair, qu’ils se comportent de façon infantile, régressive, qu’ils font preuve de « sensiblerie ». Il y a aussi des insultes sexistes ou homophobes qui s’articulent avec la végéphobie: on traitera les hommes végétariens de « tapettes » ou de « gonzesses », on mettra l’accent sur leur supposé caractère efféminé, tandis que les femmes se verront taxées d’hystériques. Il faut apparemment être stupide ou fou pour se soucier d’une chose aussi futile que la vie d’un animal ! Plus l’engagement est fort, plus les moqueries deviennent volontairement blessantes.

2- De l’humour au contrôle social

Si la végéphobie est comparée à l’homophobie ce n’est pas en terme de gravité ou de forme, mais de mécanisme social. Ces deux formes de discrimination sont des tentatives de contrôle social: tu es différent, ça me dérange, je te rejette. Cela commence par l’humour, allant des « gentilles moqueries » auxquelles on est souvent, humiliation supplémentaire, censés rire soi-même, aux sarcasmes un peu moins gentils, voire carrément au rejet.

L’humour carniste est la première tentative de contrôle social pour continuer à manger des animaux. Il arrive que cette stratégie fonctionne. Oui, les gens qui se remettent à manger de la viande pour échapper aux moqueries, ça existe. Oui, les gens qui ne deviennent jamais végétariens parce qu’ils n’ont pas envie d’être étiquetés « tristes sires », « hippies sales » ou « bouffeurs de salade », ça existe aussi. Alors je sais ce que diront certains: ces gens sont faibles, blablabla. Alors oui peut-être. Mais d’une part je trouve ce mépris très injuste, car  nous n’avons pas tous les mêmes armes dans l’existence pour faire face à  la désapprobation sociale, et ces armes dépendent de facteurs que nous ne maîtrisons pas (âge, genre, etc). Et d’autre part, en disant que ces gens n’ont « qu’à » ignorer cette désapprobation et « prendre sur eux », « être un peu plus forts » etc, on oublie qu’en attendant, à cause de leur peur d’être végétariens, des animaux meurent. Et je trouverais très injuste qu’on les tienne pour uniques responsables, quand la société entière fait tout pour dissuader les gens d’arrêter de manger les animaux.

D’autre part, quand l’humour ne fonctionne pas, il existe bien d’autres façons de contrôler la consommation d’animaux. Si cet humour est lourd de sens, c’est aussi parce qu’il entoure et précède toutes les autres tentatives de contrôle social. Si ce n’était « que » de l’humour (mais rien n’est QUE de l’humour) ça s’arrêterait là. Mais ce n’est pas le cas. Les discriminations possibles sont bien réelles et peuvent prendre différentes formes. Et bien sur, tous ne sont pas égaux face à ces discriminations. Voici ce qui peut arriver pour cause de végétarisme, à plus forte raison de véganisme. C’est une liste non exhaustive, je pioche simplement quelques cas réels.

  • Refus d’adoption: un couple se voit refuser une adoption parce qu’ils sont végétariens.
  • Violences envers les enfants: la végéphobie est souvent intersectionnelle avec l’âgisme. Les enfants végétariens subissent de nombreuses violences dans leurs familles, allant du rejet parental à l’obligation de manger de la viande, en passant par la privation de nourriture et bien sur les coups. Différentes formes de harcèlement. Bien sur ces enfants sont maltraités parce qu’ils sont des enfants, mais aussi parce qu’ils sont végétariens. D’autres conflits familiaux viennent s’y ajouter, plus ou moins graves.
  • Rejet familial. Des gens peuvent voir les ponts coupés avec leurs parents ou leur famille parce qu’ils sont végétariens.
  • Retrait de la garde des enfants, voire placement. Dans les faits, à ma connaissance, aucun enfant n’a jamais été placé pour cause unique de végétarisme des parents. Mais le végétarisme d’un ou des deux parents est un élément à charge dans les décisions de placement ou dans les conflits de garde. Si vous avez des enfants végétaliens, je vous conseille la plus grande prudence. Si vous êtes en conflit avec les services sociaux, votre végétarisme ne pèsera pas en votre faveur. Je connais également plusieurs personnes en conflit de garde d’enfants dont le végétarisme a été ajouté au dossier par le parent adverse. Dans l’affaire Joachim, le végétalisme de la maman de joachim n’était pas officiellement en cause, et on peut dire que ce n’était pas LA raison du placement (il y avait une perte de poids importante de l’enfant). Mais plusieurs indices permettent de penser qu’il n’y aurait pas eu placement sans cet élément. Je pense même qu’il n’y aurait pas eu de signalement (même si on ne peut pas l’affirmer avec certitude, ne connaissant pas tous les tenants et aboutissants de l’histoire, qui heureusement s’est bien terminée: Joachim a retrouvé ses parents. Mais il a tout de même été placé de ses 6 mois à ses 1 an. Et de plus, ses parents sont toujours surveillés par les services sociaux et sont obligés de lui donner de la viande à manger, alors que même les parents omnivores ne donnent pas forcément tous les jours de la viande à leur enfant de 1 an.
  • On attribue à des parents végétariens ayant perdu un enfant la responsabilité de cette perte en l’imputant à leur régime alimentaire, en instrumentalisant le drame pour faire passer les végétariens en général comme des gens fous, extravagants, dangereux. Je vous laisse imaginer la souffrance qui s’ajoute à celle du deuil.
  • Discrimination au travail: je connais un cas d’une personne qui a eu plusieurs emplois refusés à cause de son végétalisme. Alors oui c’est rare, mais c’est surtout parce que les gens ne disent pas qu’ils sont végétaliens la plupart du temps.
  • Refus d’un régime alimentaire adapté aux besoins nutritionnels. Les repas assurés par la collectivité, servis dans les écoles, à l’hôpital, dans les maisons de retraite, ou encore en prison, ne sont pas adaptés à l’équilibre alimentaire des végétariens, encore moins des véganes, et il est très rare de trouver un arrangement acceptable (alors que l’effort est fait pour servir de la viande hallal dans de nombreuses collectivités, en tous cas dans les écoles, et ce malgré le racisme ambiant). C’est grave parce que cela compromet la santé de personnes particulièrement vulnérables: enfants, malades, personnes âgées, personnes incarcérées… On peut aussi se demander pourquoi la solution de servir des repas végétariens n’est presque jamais adoptée puisque de tels repas peuvent satisfaire à la fois végétariens, juifs, musulmans, bouddhistes, etc (voir le projet manger ensemble).
  • Refus de soin. Cette discrimination est très rarement évoquée, curieusement. Elle est pourtant extrêmement grave. Si vous êtes végétarien et à plus forte raison végétalien, de nombreux médecins et professionnels de santé risquent de refuser de vous soigner, vous ou vos enfants. Ils estimeront que votre régime alimentaire est dangereux et que vous n’avez qu’à en changer, ignorant votre liberté de conscience. Plusieurs formes de refus de soin sont possibles: ils peuvent refuser de vous prescrire un régime adapté à vos convictions, en vous disant que vous n’avez qu’à manger de la viande comme tout le monde. Ils peuvent aussi attribuer vos symptômes à votre végétarisme, défiant parfois toute logique médicale: n’importe quel symptôme pourra être mis sur le dos du végétarisme, ce qui peut faire passer à côté d’une maladie grave. Ils peuvent tout simplement refuser de vous soigner parce que vous ne voulez pas manger de produits animaux. Beaucoup plus couramment, ils se permettront souvent de vous faire la morale au sujet de vos convictions. Enfin, ils s’adapteront assez peu à votre régime alimentaire sur le plan médical, d’une part parce qu’il peut y avoir une mauvaise volonté de le faire, d’autre part parce qu’ils ne sont simplement pas formés pour cela. Par exemple, un végétalien doit contrôler d’éventuelles carences en B12, et souvent prendre des compléments en B12. C’est très important en particulier pour les femmes enceintes ou allaitantes, il en va du développement du foetus puis de l’enfant. Les carences en B12 sont graves, en particulier chez les nourrissons. Or, si je me base sur mon expérience personnelle, pendant et après ma grossesse, aucun professionnel de santé ne m’a conseillé de prendre de la B12 (heureusement j’étais informée de possibles carences et j’en prenais déjà). Pourtant j’ai vu des gynécologues, des sage-femmes, une endocrinologue, etc. Si je n’avais pas pris de B12, mon enfant aurait peut-être souffert de troubles du développement… Attention, je ne jette pas la pierre spécialement aux professionnels de santé, ceux que j’ai consultés étaient très tolérants et respectueux, mais leur ignorance sur ce sujet est à mon avis le résultat d’une société végéphobe.
  • D’autres discriminations en vrac, vous trouverez des exemples sur vegephobia.info (vous pouvez aussi témoigner).
S’il faut donner un exemple extrême de conséquences de la végéphobie, je citerais le décès de la petite Louise, enfant de parents végétaliens. On a fait passer ses parents pour des fous, des déséquilibrés, des inconscients. La vérité est qu’ils ont consulté plusieurs médecins et qu’aucun n’a accepté ou n’a été en mesure de leur fournir une information adéquate, ce qui a précipité le décès de Louise, souffrant d’une bronchite et d’une déficience en B12. On a prétendu qu’ils avaient refusé les soins médicaux, mais ils avaient pourtant consulté de nombreux médecins avant d’en arriver là. La triste vérité est que, rejetés par le corps médical et par la société en général, ils ont perdu toute confiance en la médecine, comme cela arrive à de nombreux végétariens qui finissent par ne plus du tout consulter de médecins et essayent de se soigner tant bien que mal, malgré une information médicale et nutritionnelle de qualité très peu accessible (et difficile à distinguer de toutes les bêtises qu’on lit sur internet). Après le décès de leur enfant, les parents de Louise ont été traités comme des criminels et diffamés par la presse, qui s’est hâtée d’attribuer le drame à leur végétalisme.

Pourquoi la végéphobie?

Le fait que les médecins eux-mêmes estiment qu’on ne peut se passer de viande pour vivre est grave et significatif. C’est grave parce que c’est faux et que ça prive ceux qui le souhaitent d’une information nutritionnelle de qualité. A cause de cela, la population végétarienne risque fort d’être en moins bonne santé, alors que le végétarisme est plutôt bon pour la santé (ou au pire, neutre). Et c’est significatif parce que la négation de la possibilité du végétarisme, c’est la négation des végétariens. Les gens se permettent d’affirmer que c’est impossible d’être végétarien même quand ils ont un végane de longue date sous les yeux. Et nier les végétariens, c’est nier la possibilité que les animaux vivent.
La végéphobie est politique. Elle sert à tuer des animaux sans être trop emmerdés. Si j’hésite à appeler la végéphobie « oppression », et ce malgré toutes les discriminations que j’ai citées, c’est parce qu’elle n’est elle-même qu’un élément (non négligeable) d’une oppression qui elle, est indéniable: celle que les humains exercent sur les animaux.
Je ne me considère pas comme victime d’oppression parce que végane. Je me considère solidaire des animaux et donc subissant des inconvénients de cette solidarité à cause des mécanismes sociaux qui servent à maintenir et perpétuer cette oppression. Mais je ne me considère pas victime d’oppression parce que, dans cette oppression, je fais partie des privilégiés, puisque je suis humaine. Si la végéphobie peut être mise en parallèle avec l’homophobie en tant que tentative de contrôle sociale, je trouve plus adapté de la comparer à l’anti-féminisme, par exemple. Les hommes féministes peuvent être victimes de moquerie ou de discriminations, renonçant à une partie de leurs privilèges de genre (une partie seulement): ils seront raillés, vus comme efféminés, peu virils, soumis, ou menés par le bout du nez par leur femme à la maison. De même les Blancs peuvent subir indirectement du racisme s’ils se montrent trop solidaires des Noirs. Cela peut aller loin car je crois savoir qu’il est arrivé que des Blancs anti-racistes soient frappés. De même, les antifa sont souvent victimes de violence de la part des fascistes. En fait, il me semble que toute lutte pour l’égalité porte ses stigmates: la société défend ses oppressions en discriminant ceux qui se dressent contre elles. Parfois de façon lourde et très grave.
Néanmoins il est délicat de qualifier tous les gens anti-discriminations de victimes de l’oppression (peut-être victimes indirectes). Ca ne veutpas dire que ce n’est pas grave (on a quand même évoqué le décès d’une enfant). Mais être blanc dans une société raciste, homme dans une société patriarcale, ou humain dans une société spéciste, c’est un sort déjà plus enviable que d’y être respectivement Noir, femme ou animal. Voilà pourquoi j’éviterais d’utiliser spécifiquement le terme « oppression ». Et si j’accepte de parler de végéphobie, c’est en gardant à l’esprit que même si les discriminations dont nous pouvons être victimes sont potentiellement graves, les véritables victimes, au bout du compte, sont les animaux.

(1) sauf qu’après un viol, on peut se reconstruire, je le dis ça par égard pour les victimes à qui la société dénie tout droit de vivre normalement après un viol.

130 réflexions au sujet de « Végéphobie, oppression réelle ou victimisation? »

  1. Je lis ton article. Et je bloque. Comme je bloque depuis ce matin sur twitter. Ce qui m’énerve le plus dans cette histoire, c’est que le terme végéphobie sonne faux et je refuse qu’il soit utilisé. Je ne nie pas les problématiques et les discriminations que subissent les végétarienNEs/végétalienNEs (même si moi, je n’en souffre absolument pas depuis que j’ai changé de régime alimentaire), mais étant lesbienne, ce terme a tendance à me courir sur le haricot. Le terme « spécisme » m’écorche moins les oreilles et je pense qu’il regroupe aussi les discriminations faites aux végétarienNNes-VeganEs.

    • Je comprend, et je vois bien que le terme n’est pas très bien adapté. D’ailleurs quelque chose dont j’ai oublié de parler, c’est que parler de végéphobie, d’un point de vue stratégique, c’est pas forcément super. Encore moins carrément affirmer qu’on fait partie d’une « minorité opprimée ». Les gens ne comprennent pas et ce discours est très maladroit, c’est comme si on se comparait aux trans, aux homosexuels etc, alors que c’est pas comparable. Pourtant je pense que c’est important de mettre un terme sur ce phénomène bien précis si on souhaite l’endiguer. ok il fait partie du spécisme, mais c’est difficile aussi de faire comprendre en 3 mots pourquoi certaines discriminations envers des humains sont de l’ordre du spécisme.

      • Tu penserais à quoi comme terme plus adapté ?

        Sinon, j’aime beaucoup ton article. Je ne savais pas et je suis triste d’apprendre que Joachim est forcé de manger de la viande maintenant. Je me demande ce qu’il en pensera plus tard.

        • Aucune idée justement, c’est pour ça que j’utilise quand même ce mot alors qu’il est pas forcément top…

      • Wokay… Et les gens pas concernées par les discriminations sexistes qui considèrent que le mot « féminisme » est quand même mal choisi, parce que comme c’est construit, ça _veut_ dire « supériorité pour les F », donc ça leur court sur le haricot, donc faut trouver un autre mot, on leur dit quoi, du coup ? Qu’on va passer à « égalitarisme » pour moins leur écorcher les œils ?

        #YouVeHitTheBingo

        • Gourgou> Mais le truc, c’est que le mot, il est en train d’être construit donc oui, utiliser « végéphobie » est ultra-problématique et ça vaudrait la peine de trouver autre chose. Il n’a pas une histoire comme le mot « féminisme », qui malheureusement pour toi, a aussi de bonnes raisons de ne être utilisé comme l’ont démontré les féministes noires qui préfèrent utiliser le mot « womanist ».

          P.S> ton bingo, tu te le mets où je pense ;)

        • Je vais répondre ici à toi.

          Mais je vais reprendre ça aussi : « La végéphobie c’est politique ».

          Oui, mille fois oui. Politiquement décider qu’on va utiliser végéphobie comme terme générique pour parler des effets de la lutte anti-spéciste sur ses acteurs c’est choisir de placer le projecteur sur les êtres humains et pas sur les animaux.
          Et du coup politiquement je trouve ça mauvais, parce que le seul axe programatique que ça peut entraîner c’est une lutte qui va chercher à protéger uniquement les êtres humains et peut-être par ricochets les animaux non humain mais ils ne seront certainement pas le centre de cette lutte.

          Les mots sont importants, surtout les mots que nous sommes en train de créer. Parce que le terme végéphobie il est en train d’être inventé.

          • « Le truc qu’on est collectivement en train de vous infliger n’a pas d’histoire, alors laissez-nous vous dire comment NE PAS l’appeler ! »

            Si on cherche à mettre un peu de lumière sur un truc, c’est pour l’enlever d’ailleurs, c’est bien connu, c’est impensable de lutter contre deux trucs à la fois.

            Oh mais tiens, au fait, y en a combien, parmi ceux⋅celles qui ont balancé sur twitter des trucs innomables ces deux derniers jours qui font quoi que ce soit POUR les animaux le reste de l’année ? Réponse : vraiment pas bézéf ! (Précisément parce que les gens qui font ne balancent même pas le genre de truc que tu viens de me sortir.) Donc je vois pas bien où on « volerait la vedette », puisque ses récipiendaires implicites en ont de toute façon à peu près peau d’zob.

            Et donc les mots hérités ça passe, mais les mots qu’on crée, faut faire super gaffe ? Tu vas me dire que tu n’as pas vu que, ce qui se joue, là, c’est que TOUT mot est refusé pour cette idée. Je me fous du mot qui pourrait être retenu, il n’en reste pas moins que refuser qu’une idée soit nommée, c’est refuser son existence.

          • Euh… Coco, les 3/4 des critiques que vous avez reçu venait de végétarienNEs et de veganEs, donc mollo.

            « Oh mais tiens, au fait, y en a combien, parmi ceux⋅celles qui ont balancé sur twitter des trucs innomables ces deux derniers jours qui font quoi que ce soit POUR les animaux le reste de l’année ? Réponse : vraiment pas bézéf ! »
            Je croyais qu’on faisait pas de concours du meilleur militant ? cf tes propos insultant envers Ultrapuke.

            Enfin, ce qui est dit, ce n’est pas qu’il ne faut pas nommer l’idée, puisque tout les monde reconnaît que les discriminations envers les vegetarienNEs-VeganEs existent, mais que ça serait pas mal de se casser le cul pour trouver un mot plus intelligent que « végéphobie » et qui ne vident pas nos outils de tout sens politique (sinon, je vais dire aux affreux droitards qu’ils peuvent utiliser le terme « hétérophobie » tant qu’on y est).

            D’ailleurs Koala a trouvé un terme plus intelligent en parlant de « du coût de la domination humaine ».

        • Tu as traité de con-ne une majorité de végé/vegan hier et refusé d’écouter la moindre de ses personnes et aujourd’hui décidé de les déclarer faux alliés.
          Alors les gens qui se bougent pas pour les animaux. Excuse moi … je ris.

          Ensuite le végétarisme/veganisme est un engagement politique (ou une décision diététique de santé pour certainEs.
          Les raisons de cet engagement politique Anti-spécisme ou Ecologie. Pour moi les ricochets de ces systèmes sont les conséquences sur les acteurs, leur donner un autre nom c’est choisir de se concentrer sur les blessures des alliés. Si ça te va, tant mieux.

          • définition de phobie: Aversion très vive pour quelqu’un ou peur instinctive de quelque chose. hors, je n’est jamais constaté ce genre de chose pour un végè. on n’a pas peur de quelqu’un pars-qu’ils mangent des légumes ou des fruit, c’est stupide. par contre politiquement on ce méfie d’une personne qui remet un système en question. ce qui est pointé du doigt c’est une attitude rebelle, celles des esprits libre qui refuse de perpétrer des « conventions social ». alors certes il y’à une pression qui peut être ressentie. mais ce n’est pas de la végéphobie… c’est plus calculateur que ça, c’est un rejet de certaines personne de ce remettre en question, de délaissé certains de leurs confort pour plus de respect. Dans cette oppression là il y’a ni peur, ni dégout. mais le simple calcule que si les vegé deviennent plus nombreux alors un changement de confort peut suivent. du coup on tente de faire fuir…. pour résumé il s’agit d’égoïsme, c’est tout.

          • Non mais l’éthymologie des mots n’est pas le sens des mots. L’islamophobie est une hostilité pour l’islam et les musulmans, socialement construite, et pas une peur instinctive. L’homophobie pareil. Après je sais pas si c’est adroit de faire des parallèles entre végéphobie et homophobie, pour les raisons déjà évoquées.

    • Ce que je pense, moi, c’est qu’il y a un moment où si on veut discuter, il ne faut pas non plus avoir trop peur des mots. Tu bloques sur un mot, pourtant l’Elfe s’est expliquée en long, en large et en travers sur le sens qu’elle lui donnait. Je crois même que l’explication de ce mot était justement l’objet de cet article-dissertation.

      Ça me rappelle, en pleine effervescence de la sainte lutte (pour tous) contre l’abominable mariage pour tous, la réutilisation massive sur les réseaux sociaux d’une phrase de Morgan Freeman : « je déteste le mot « homophobie ». Il n’y a pas de phobie, vous n’avez pas peur. Vous êtes juste un connard. »

      La phrase fait mouche, elle claque comme un coup de fouet, c’est bien, c’est de la réplique à peu de frais. Morgan Freeman a fait mine de casser le débat en cassant un mot. Mais sa remarque n’est pas si pertinente qu’elle y parait.

      En fait, le radical « PHOBIE » est trop restrictivement traduit comme le sentiment de peur, alors qu’il signifie plus globalement « REJET ». L’hydroPHOBIE, par exemple, en chimie, c’est le caractère d’une substance à ne pas se mélanger à l’eau. D’où mon analyse très simple : je comprends « homophobie » comme « refus ou rétiscence à intégrer les homosexuels dans son propre cercle social » ou « refus d’accepter l’homosexualité comme un non-problème ». Une violence explicite n’est pas nécessaire pour parler d’homophobie. Si un tel exprime que l’homosexualité, ça le dérange, sans pour autant user de termes dégradants, traiter l’homosexuel de « pédé » ou de « gouine », on est quand même face à une situation d’homophobie. C’est exactement pareil pour le terme « végéphobie ». Si le végétarisme dérange un tel, on peut parler de « végéphobie ». D’ailleurs, je ne vois pas les termes « homophobie » ou « végéphobie » comme dirigés uniquement contre des personnes en tant qu’individus, mais d’abord contre la remise en question de l’idée qu’on se fait de « ce qui est bien, et ce qui ne l’est pas. »

      Bref, « végéphobie », ça me va. Certes, ça se manifeste de façon moins violente que l’homophobie, parce que ça a trait à la bouffe, et pas au sexe : là où l’alimentation, rien n’a jamais interdit d’en parler d’en débattre, la sexualité anime bien plus de passions sur lesquelles il est plus difficile de s’exprimer, surtout quand c’est la religion qui a pris le contrôle de la chose (notons d’ailleurs que dans un cas, c’est la religion qui réprime le « hors-normes », et dans l’autre, c’est la médecine…) Donc, la végéphobie, ça va de l’incompréhension aux brimades verbales (l’humour carniste) et ça se résume souvent à ça. Oui, mais ça suffit à maintenir le végétarisme dans une image de marginalité et d’illégimité, et c’est épuisant aussi.

  2. Une réflexion intéressante sur ce clivage entre végétariens et omnivores classiques. Néanmoins je ne peux souscrire à ton argument sur la vie des animaux, pour deux raisons :
    1 – C’est la vie. On tue pour manger, tous les animaux font cela, l’homme fait ça depuis des dizaines de millier d’années. Ce n’est pas mal, c’est le cycle de la vie. J’aime les animaux, j’aime les vaches et leur doux regard plein d’un tranquille intérêt, leur lenteur paisible et leurs mouvements affectueux ; mais j’aime aussi manger un bon steak, parce que j’aime le goût et j’aime apporter à mon organisme ce dont il a besoin. Manger de la viande ne veut pas dire qu’on n’aime pas les animaux. Un lapin, c’est mignon, et c’est bon, pour résumer.
    2 – Je ne vois pas pourquoi il est plus cruel de tuer une vache que de tuer une carotte ou d’arracher une salade à sa famille de salades. Ce sont des êtres vivants également, doués de moins de sensibilité que des animaux, mais qui vivent et se développent quand même. Un cerisier, c’est beau : mais on a le droit de manger ses cerises. Ben voilà. Une vache, c’est mignon, mais on peut boire son lait.

    • Je me rends compte que je déplace le débat de la « végéphobie » vers les raisons d’être végétarien. Ce n’était pas mon intention, je n’ai simplement pas pu m’empêcher de réagir aux arguments avancés.

      • Oui, à chaque fois que je dis que je suis vegane, les gens peuvent pas s’empêcher de me dire que ça n’a aucun sens et que les animaux sont faits pour crever pour qu’on les mange et que c’est normal et que les poulets sont des patates et gnagnignagna. Tu vois c’est aussi ça la végéphobie: t’expliquer avec un ton paternaliste insupportable que ton combat c’est de la merde, tout ça pour se convaincre soi-même qu’on a raison de manger des animaux qui souffrent. Donc merci d’illustrer mes propos.

    • Ta « réflexion intéressante » je l’ai entendue des milliards de milliards de fois. Et elle me fait toujours autant vomir. C’est juste dégueulasse de dire ça. Je sais pas quoi dire d’autre, désolée. Je suis profondément indignée que tu considères que des êtres sensibles méritent de crever pour que tu puisses avoir 2mn de plaisir en les mangeant. C’est immonde, ignoble, dégueulasse. Tu peux toujours essayer de te donner une bonne conscience en comparant les vaches à des carottes (et ensuite tu t’indigneras quand on osera comparer les cochons avec des humains…). Ce sera toujours aussi ignoble.

      • Assez d’accord, sauf que je pense que par « réflexion intéressante », iel parlait de ton article ;).

    • Donc bon, en fait, c’est peut être un scoop pour certains mais les végétaux dans leur ensemble sont dénués de nerfs sensitifs et de cerveau, donc ils ne ressentent pas la douleur.
      Ils n’ont pas non plus de conscience d’eux-mêmes.

      ALORS,
      Je ne sais pas pour les insectes et les coquillages. Tu aurais répondu: oui mais je suis pas d’accord, d’ailleurs je ne mange que des insectes et des coquillages parce que ces invertébrés n’ont pas de véritable perception de la douleur, à l’image des champignons ou des arbres… Bon, à la limite. (Encore que, comme dit, je ne suis pas certaine que ce soit juste, simplement je ne connais pas l’étendue des capacités sensitives des invertébrés, n’étant pas biologiste).

      Mais là c’est juste ridicule. o_O

      Ceci dit, l’Elfe à déjà écrit à propos du fameux « cri de la carotte ». Cherche l’article sur ce blog. Il est pédagogique et tu auras l’air moins bête la prochaine fois.

    • Waou tu nous ressors les deux pires clichés qu’on a déjà entendus 30 000 fois. Tu penses vraiment que les végés n’ont jamais pensé à ça ? Informe toi un minimum avant de poster des énormités pareilles.

      Vegfaq.org

      • « Informe toi un minimum avant de poster des énormités pareilles. »
        Mmmmhhh, à la réflexion, peut-être ne devrait-il pas. C’est ce que j’ai fait quand j’ai découvert Insolente Veggie, et le commentaire que j’ai posté se résume à « Ça a l’air logique. J’hésite ».
        Le lendemain, j’étais contaminé.

        Mais c’est pas grave. Docteur papa le sait bien, c’est une crise d’adolescence tardive. Même s’il a la délicatesse de ne pas me le dire sauf quand je suis chiant et qu’il est bourré.

    • Bonjour,

      je ne suis pas végétarien pour ma part. Cependant je ne puis m’empêcher de penser que cet argument est le plus mauvais qui soit.
      Concernant votre point N°1, essayez simplement de remplacer le terme vache et lapin par « nègre » et tuer par « réduire en esclavage » pour avoir un superbe argument pro-esclavage du XVIIIè siècle. Pour résumer, en appeler à l’ordre naturel des choses ou à la tradition est toujours le meilleur moyen de ne pas assumer nos erreurs. Depuis toujours, on tue, on viole, on excise. Est-ce là une raison de continuer? Ça fait pourtant également partie de la « nature ».
      Par ailleurs, c’est toujours dans ce cas qu’on a une lecture à deux vitesses : pourquoi on se plierait à la nature dans ce cas précis et pas par exemple quand on a la tuberculose ou le cancer, on devrait aller crever dans une grotte, après tout c’est ce que les animaux font, non? C’est précisément ici que peut s’exprimer la nature humaine. Depuis la maîtrise des outils, notre nature est justement d’aller à l’encontre de la nature.
      Concernant votre point N°2, je vous invite à vous rapprocher de publications scientifiques en biologie. La souffrance est liée à plusieurs facteurs, dont sont dépourvus les végétaux. Bien sur, la méthode scientifique n’est pas toujours à 100% fiable, mais dans ce cas si les conclusions ne vous conviennent pas, soyez chercheur en biologie et démontrez que les végétaux souffrent. En attendant, vous ne pouvez pas affirmer ça et comparer l’incomparable.

      Alors oui, il y a des raisons pour être ou ne pas être végétarien, mais ne vous cachez pas derrière de faux arguments. La seule raison indéniable de votre post est : « je mange de la viande parce que j’aime ça », le reste c’est de la bonne conscience.

    • Juste un petit renvoi de balle, comme ca, parce que la scientifique que je suis n’aime pas les impressions : non, tous les animaux ne tuent pas pour manger, c’est faux. Vous avez deja vu une vache chasser un autre animal dans le but de manger sa viande par exemple ?
      Dans la categorie des grands primates, moins de 1% est omnivore, tous les autres sont vegetariens.
      Ensuite, sur le cycle de la vie. On utilise notre intelligence pour faire evoluer notre cycle de vie depuis des siecles, je ne vois en quoi l’utiliser pour changer cette composante de notre cycle de vie est anormale/impossible/aberrante. C’est d’ailleurs bien moins traumatisant pour notre organisme que d’autres modifications que « nous » (societe) avons acceptees et defendons avec vigueur (medications a vie pour les grands malades, greffes, protheses, …)

    • Elliott, que sais-tu du bien-fondé du végétalisme ?
      Ne serait-ce qu’au niveau de la santé, es-tu seulement au courant que la viande et les produits laitiers sont bien plus néfastes pour la santé que les lobbies nous le font croire ?
      Et sérieusement, non, tu ne peux pas comparer la souffrance d’une carotte à celle d’une vache. Ou alors va égorger une vache après avoir longuement admiré ses beaux yeux, et on en reparle.
      Et puis zut, renseigne-toi un peu, lis des textes scientifiques avant d’avancer des idées reçues éculées. Savoir de quoi on parle, c’est pas mal, tu verras ;)
      Et des dizaines de milliers d’années, c’est quoi ? Que sais-tu de l’évolution du régime alimentaire de l’homme et de ses prédispositions physiologiques ?
      Sinon, manger du chat ou du chien, tu en penses quoi ?

    • Elliot, les animaux qu’on élève, c’est à dire qu’on fait naître alors qu’ils n’existeraient pas sans la volonté de l’homme, c’est pas « la chaîne naturelle alimentaire ». Ne cite pas la nuit des temps, l’élevage n’existe que depuis dix mille ans alors que l’homme, et ses ancêtres homo-trucs ou homo machin, c’est 7 millions d’années. (Homo sapiens comme on le connait, 150 000 ans au moins). mais ce n’est même pas de ça que je veux te parler: si tu crois vraiment que les végétaux souffrent, tu crois qu’ils mangent quoi, les animaux d’élevage? L’air du temps? Or un animal ne resitue que 10 % de ce qu’il aura mangé, en calories alimentaires. Si tu te fais vraiment de la bile pour ces pauvres végétaux, pense alors que si on mangeait directement les céréales ou verdure à la place d’un boeuf, avec ce que mange le bœuf au cours de sa vie on pourrait nourri 10 fois plus de gens qu’avec le bœuf lui-même une fois abattu. Tous ces pauvres brins d’herbe sont extrêmement nombreux à succomber aux crocs féroces des bovins, en plus, alors que pour le même volume une salade permettrait de ne « tuer » qu’une vie au lieu de 1000. Pour finir: Le phénomène de douleur ne sert pas à rien, il est destiné à encourager un être vivant à s’éloigner de la cause de la douleur (chaleur excessive, froid excessif, coups, blessures etc) afin de préserver son intégrité physique, afin de rester en vie, tout simplement. Il n’a donc aucune raison d’être chez un être immobilisé: cela serait une bien cruelle et surtout bien inutile farce de la nature. Si je dois rajouter qu’il faut un système nerveux et un cerveau pour centraliser les émotions, négatives ou positives, je peux le faire, de même que te parler du fait que les végétaux n’ont pas de mère qui doit accoucher d’eux dans la douleur. Va voir un veau se faire arracher du ventre de sa mère à la corde et au tracteur et reviens ensuite nous parler de la douleur des cerises, qui de toutes façons tombent par terre et pourrissent toutes seules si personne ne les mange.

      • Et encore t’as pas vu le com filtré. Il remplissait la grille à lui tout seul. Et « omnivorophobie » (sic) j’en ris encore…

    • Salut,

      Je suis végétarien et je suis tout à fait d’accord avec ton argument, qui est trop souvent pris à la légère par les végétariens. Effectivement, je trouve problématique d’être végétarien avec pour motivation le refus de tuer un être vivant, car comme tu le dis les végétaux sont tout aussi vivants que les animaux (attention ce que je dis là n’a rien à voir avec le cri de la carotte, j’y reviendrai). En fait en disant ça, on considère non pas que la vie est sacrée, mais que le système nerveux est sacré, ou que le fait d’avoir des sens est sacré, et franchement je ne vois pas en quoi ça se justifie éthiquement.
      Par contre, je ne te comprends pas quand tu dis « c’est la vie, tous les animaux font ça ». Nous sommes humains, nous avons la capacité de nous défaire de nos pulsions, donc si on veut ne pas en manger on peut tout à fait le faire.

      Cependant, il y a pléthore d’autres raisons d’être végétarien qui me semblent tout aussi pertinentes. Je vais rapidement les énumérer, mais il ne faut pas y voir de hiérarchie :
      -la raison écologique : la production de viande est la PREMIÈRE cause de rejet de gaz à effet de serre et contribue largement à la déforestation, la pollution de l’eau et de la terre… Et manger moins de viande, c’est utiliser toute la terre cultivée pour leur nourriture pour nourrir des humains à la place (le ratio est de 1/16, autant dire que la faim dans le monde serait considérablement réduite).
      -la souffrance animale : qui est à séparer de ce dont je parlais en premier lieu. Ici il s’agit des conditions d’élevage et d’abattage des animaux qui sont absolument dégueulasses et que je ne peux me résoudre à cautionner. A voir, les nombreux documentaires sur les abattoirs ou autres.
      -la raison de santé : je m’y connais moins bien sur ce sujet, mais déjà en général devenir végé coïncide avec le début d’une réel questionnement sur ce qu’on mange, ce qu’il faut dans notre organisme (et qu’on peut parfaitement avoir sans la moindre once de viande !). Evidemment c’est possible aussi d’avoir cette réflexion en mangeant de la viande hein, c’est juste l’observation que j’ai faite auprès de toutes mes connaissances végétariennes et de moi-même. En outre il me semble qu’une consommation excessive de viande est terriblement mauvaise pour l’organisme, mais là je manque un peu de documentation je l’avoue.

      Voilà, il doit y avoir d’autres raisons mais ça me paraît être les principales.

      Et à la personne qui a répondu également : il faut choisir soigneusement les moments où on peut s’énerver contre les carnistes, et dans le cas présent ça me semble plus pertinent d’argumenter.

      • si VRAIMENT y en a qui tiennent à pas tuer des pauvres légumes, je rappelle que l’élevage en engloutit bien plus que l’alimentation humaine.
        Et non ça n’a rien à voir avec le fait que le système nerveux soit sacré. Le système nerveux est ce qui permet de ressentir la souffrance et d’aimer la vie. Les légumes n’en ont pas, donc je n’ai pas de problème à les manger.

  3. Bonjour, c’est pour réagir à propos de l’humour,

    Dans mon monde de prolo, celui des gens qui parlent mal et se foutent de la gueule des végétariens, ce n’est pas la pratique qui est moquée, ce n’est pas le spécisme en tant que concept (d’ailleurs à part les militants et les échoués en SHS je mets au défi de demander à quelqu’un si il sait à quoi ce mot correspond). Ce que l’on voit quand l’on entend un végétarien, c’est un bourge tout simplement. C’est un mode de vie et une condition socialement plus élevée que la notre dans notre imaginaire (et faut l’avouer, souvent le cas matériellement, et systématiquement culturellement). Le raccourci est rapidement opéré, la réaction est généralement la même lorsqu’on voit des produits bio chez quelqu’un, un mobilier Ikea chic. Comme un réflexe épidermique. Il n’y a pas d’intention anti-végétarienne mais c’est complètement logique qu’elle soit reçu comme telle !

    L’humour vient ainsi à la rescousse, il ne s’agit pas de détruire la lutte des végétariens comme un machiste justifierait les viols comme acquis menacé par les féministes (qui au passage peuvent être féminines), mais plutôt de viser à rééquilibrer un rapport symbolique perçu comme déséquilibré (à tort ou raison). Voilà pourquoi l’humour n’est pas drôle, en réalité il ne vise pas à faire rire non plus à mon avis, mais à compenser une forme d’humiliation sociale.Je retourne pas la discrimination parce que comme c’est bien écrit on ne peut pas avoir idée du vécu, mais cela dit, on a pas idée non plus de ce qu’il y a derrière la mauvaise blague. Et peut-être déterminer ce qu’il y aurait permettrait d’articuler une meilleure compréhension entre carniste/VG.

    Pour finir, on peut être sûr ça parte en couilles quand le VG développe son discours auquel le carniste ne comprend rien (je ne crois pas aux vertus pédagogiques se basant se la culpabilité de son interlocuteur ça marche jamais, et c’est valable pour tout un tas de luttes) et finit pour la peine par développer une véritable végéphobie.

    • Heu mec je vis avec le RSA et tu viens m’expliquer que le véganisme est un truc de bourges? Mais va mourir, franchement. Et emporte tes préjugés avec toi.

      • pareil, mon copain vit avec un RSA, moi je me débrouille avec ma bourse d’étudiante (470€ donc bien en dessous du seuil de pauvreté hein). D’où est-ce qu’il faut être bourge pour être végétarien ou même vegan? Merci les clichés à la con pour justifier un humour qui n’en est pas !

      • Youp-là, il ne donne pas son opinion perso, juste celle des « prolos » :)
        (ce qu’il en coûte en communication de lire des textes d’un œil au milieu de la nuit) (j’ai aussi compris de travers, hein)

      • RSA, mais combien d’années d’études ? Capital culturel en renfort.
        Sérieusement, je serais curieux de voir le végétarisme d’après Bourdieu. De nos jours et il y a quelques décennies.
        À mon avis, cet imaginaire du « bobo végé » ne sort pas de nulle part, mais n’est plus d’actualité ; cependant, sans chiffres, comment affirmer ?

        • « C’est un mode de vie et une condition socialement plus élevée que la notre dans notre imaginaire (et faut l’avouer, souvent le cas matériellement, et systématiquement culturellement) »

          Ah, désolé, j’avais pas lu le contenu de la parenthèse :\
          Si je l’avais fait, j’aurais su comment on fait pour affirmer sans chiffres. On se sert de « notre imaginaire ». Merci.

      • « Mais va mourir, franchement. »

        Dans ce cas-là, on a le droit de bouffer les animaux qui nous énervent vraiment beaucoup ?
        :p

    • Vise « à compenser une forme d’humiliation sociale » présumée ? Mais va voir un psy si t’as des complexes. Arrête de croire que tu peux mépriser des gens dont tu avoues toi-même ne rien connaître !

      Et le coup de « c’est les végés qui génèrent la végéphobie », aplaudissments pour celle-là : on avait pas encore vu la transposition du « c’est la faute au féminisme, si y a du sexisme ».

    • «Ce que l’on voit quand l’on entend un végétarien, c’est un bourge tout simplement.»
      Mais WHOW! o_O

      Bon, juste un détail: certes, avec une mère végétarienne, élevée dans une famille cartonienne, je risquais assez peu d’avoir un goût prononcé pour la consommation d’aliments cadavériques,
      MAIS,
      Ce qui à fait que je me suis écœurée de la viande, c’est très simplement les longs passages à vide ou j’avais tellement peu pour me nourrir qu’acheter quoi que ce soit d’autre que des céréales et quelques légumes était juste hors de question.
      Le fromage est aussi passé à la trappe dans ces périodes là, d’ailleurs, de même que les produits laitiers en général. Un paquet de yaourts aurait pu me mettre en interdit bancaire à certaines époques de ma vie. Je n’exagère pas.

      Et, en fait, lorsque l’on ne mange plus de viande sur de longues périodes, on se déshabitue au goût et après… On trouve à ce type d’aliment un goût de cadavre, très simplement.

      Le régime végétalien, je l’ai tenu, contrainte et forcée, parce que justement je n’avais pas assez d’argent pour faire des écarts (normalement, je suis plutôt végétarienne.) Alors, CERTES, quand j’ai le choix entre manger végétalien ou manger des œufs de merde issus de poules torturées en cage je choisis végétalien. Certes. Si j’ai le choix entre du miel acheté en supermarché, alors que je ne connais ni l’apiculteur ni ses abeilles ni la manière dont elles sont traitées et pas de miel du tout: c’est pas de miel du tout. Certes. Etc.

      Mais enfin, dans mon monde ou le miel est moins cher chez le producteur d’à côté qu’en ville, ou les œufs de la voisine sont moins chers qu’en ville, ou le lait de la ferme à la sortie du village est moins cher qu’en ville, dire que faire attention à ce que l’on achète est un truc de bourge est juste débile.
      Un truc de plouk des montagnes, à la limite. Mais pas de bourge, non, vraiment pas.
      Sachant que la vie à la campagne est de manière globale bien moins chère que la vie en ville, et qu’habiter dans les montagnes est tout autant un choix économique qu’un choix de qualité de vie.

      Bref… Au risque de répéter ce qui a déjà été dit: ranges tes présupposés débiles et change ton fusil d’épaule, tu te trompes complètement sur toute la ligne. Mais vraiment TOUTE la ligne.

    • « L’animal souffre quand on le fait vivre dans des petites cages et qu’on le tue » = discours de VG auquel le carniste ne comprend rien qui part forcément en couilles

  4. Ce qui peut être gênant aussi c’est qu’on se colle une étiquette qui nous « sépare » peut-être encore plus des omni (faisant croire ainsi qu’on ne peut pas faire de transition -je ne sais pas si je suis claire).
    Cela dit il est important qu’on commence à l’ouvrir sur le sujet des discriminations qui vont vraiment très loin (genre enlever un gosse à ses parents, c’est ultra violence évidemment).
    Et puis laisser la situation telle qu’elle est, comme si c’était pas grave, c’est non seulement se résigner à vivre avec cette discrimination, mais c’est aussi laisser entendre que, puisqu’on ne râle pas, notre cause n’est pas si importante.

  5. Le véganisme s’inscrit effectivement comme une pratique petit-bourgeoise c’est problématique ? Après le capital économique n’est pas le fort de cette classe sociale c’est connu. Je vois pas en quoi c’est indécent d’en parler, excuse si je te choque et c’est vain d’être agressive. Il s’agissait pas d’être méchant mais plutôt d’essayer d’interpréter autrement l’humour, en proposer une autre grille de lecture quoi, cet humour lié à l’oppression dont il était question. M’enfin..

    Pour la mort, on y va tous. Inutile de la souhaiter.

    • Tu n’as aucun argument. Qualifier le veganisme de bourgeois est exactement aussi merdique que de qualifier le féminisme de bourgeois. Et c’est tout simplement faux. Il existe un féminisme bourgeois comme il existe un veganisme bourgeois, mais le veganisme n’a rien de bourgeois en soi. C’est une lutte pour l’égalité, contre l’injustice, seulement tu ne le vois pas parce que tu méprises les animaux et qu’ils ne sont que du matériel pour toi, et tu ne vois aucun intérêt à lutter pour eux. Quand à me dire que c’est inutile de souhaiter la mort, j’espère que tu y penseras quand il s’agira de mettre des steak dans ton caddie. Mais bon si c’est trop petit-bourgeois pour toi de manger des pâtes…

      • Ceci dit, si les remarques crétines sur le régime végétarien ne venaient QUE des personnes qui se croient pauvres (mais qui ont quand même assez d’argent pour acheter de la viande, WTF ceci dit en passant) ça serait… Simple, mais plus simple la vie… mais trooo bien en fait.

        Malheureusement, IRL, les remarques crétines viennent de strictement TOUTES les couches sociales, sans aucune exception.

    • Alors, on va mettre les choses au clair : c’est manger du frometon et de la viande qui est bourgeois. Vous m’excuserez, mais la viande a toujours été considérée comme un luxe, et d’ailleurs, il suffit de lire les prix dans un magasin pour se rendre compte du point auquel il est plus économique d’avoir une alimentation à base de légumes qu’à base de viande. Je rappelle, en plus, à toute fin utile, que les pays où on peut manger de la viande facilement sont les pays RICHES et que les pays pauvres sont souvent pillés pour nourrir le bétail qui servira à nourrir les privilégiés qui ont eu la chance de naître dans un pays colonialiste s’enrichissant (même indirectement) sur le dos des pays pauvres. Bref, l’argument « le végétarisme c’est un truc de bourgeois », en plus d’être un argument de merde (tout ce qui est jourgeois n’étant pas à jeter non plus) est un argument hypocrite que je trouve détestable.

      Sinon, l’Elfe, bravo pour cet article vraiment très juste, je voulais écrire un article sur le sujet, mais t’as fait un truc qui déchire tellement que je vais me contenter denpartager le tien tout partout.

    • Le véganisme s’inscrit dans une idéologie punk (ça veut rien dire « s’inscrire comme une pratique »), entre autres parce que ça coûte pas un rond.
      Perso, je touche le chômage.

  6. enfin une réponse satisfaisante après le désastre de l’article de rue89 qui contribue à faire passer les végétariens pour des idiots qui se plaignent pour rien. Le terme végéphobie n’est peut-être pas adapté, mais en attendant, avoir peur de se faire retirer la garde de son enfant parce qu’on est végétalien, c’est grave.

  7. Tellement de choses qui passent dans la tête en lisant ça… Beaucoup d’opposés surtout, mais surtout la compréhension et l’incompréhension. On comprend car oui, tout ça existe. Mais on ne comprend pas car on ne voit pas la raison de tant de… violences ? Honnêtement, je pensais pas que cette forme de discrimination qu’est la végéphobie allait aussi loin. J’avais déjà lu quelques articles, notamment ce petit qui avait été enlevé à ses parents parce que la mère était végane. Mais… Enfin voilà, j’sais pas comment expliquer mon ressenti à part « Pourquoi tant de haine pour une simple défense de la vie ? »
    Dans tous les exemples évoqués, j’avoue m’être un peu reconnu à un moment. Je comprends que les gens rebutent à vouloir appliquer leurs convictions, car « oppressés » par certaines personnes, qui ont malheureusement des mots plus destructeurs qu’ils ne le pensent sans doute, générés par leur ignorance prodiguée avec soin par la société. Je comprends la difficulté, la peur, et la souffrance qu’on ressent en se faisant dénigrer avec ardeur alors qu’on a juste des convictions qu’on défend. Et ce qui est sûr, c’est que les ficelles sont bien tirées et risquent malheureusement de l’être pendant encore trop longtemps, et là, je me permettrai de ne pas seulement parler des végétariens/végétaliens, mais également de toutes ces personnes qui ont une « différence ». Et je pense que pour terminer mon commentaire, je demanderai à la société où sont passées les valeurs qu’elle se vante de défendre ? Où est l’égalité ? Où est la liberté ? Où est la fraternité ? A moins que la réponse soit juste que l’humain cherche à justifier sa soi-disant supériorité et donc dénigre absolument tout ce sans quoi, il n’existerait pas et n’aurait peut-être jamais existé ?

  8. Dr Paul Carton:
    «Les différents régimes
    Le régime carné — Ce que nous avons dit des inconvénients de la viande, au chapitre II, nous dispense de dénoncer de nouveau les dangers de l’alimentation cadavérique: viandes, poissons, crustacés, coquillages, lard, graisses de tissus animaux: saindoux, margarine, graisses des viandes.
    Bien qu’il soit celui que suivent la plupart des gens, ce régime n’est pas le meilleur ; il est trop surexcitant et trop intoxicant. Aussi, devra-t-on s’efforcer de l’atténuer le plus qu’il sera possible, en ne donnant de la viande qu’à midi, en évitant les viandes trop putrescibles (porc, jambon, charcuterie ; viandes des travaillées ; gibier, canard, poissons ; poissons et viandes de conserve ; extraits de viande pour bouillons ou sauces), en ne mettant pas dans le même repas viande et œuf nature, en supprimant la viande au moins une fois par semaine (ou même, ce qui est encore mieux, trois à quatre fois), en la remplaçant alors non pas par du poisson, mais par un œuf, nature ou de l’œuf incorporé.
    Le régime végétarien — Ce n’est pas un régime d’herbivores, ni un régime qui ne comporte que des végétaux. le nom végétarien, vient du mot vegetus, qui signifie vigoureux, parce que ce régime bien synthétique et bien adapté est un régime qui rend fort et bien portant.
    Le régime végétarien comporte l’usage des aliments non cadavériques : œuf, laitages (lait, lait caillé, crème fraîche, beurre, fromage), miel. On y remplace la viande par d’autres aliments azotés animaux (œuf, fromages, laitages) et végétaux (peu de légumineuses douces ou de champignons, céréales, fruits oléagineux).
    Pour être efficace, il doit être préparé avec la plus grande pureté. Jamais le poisson ne doit y paraître, ni le lard, ni le jambon, ni le saindoux, ni les graisses de viande (Liebig, Viandox, Kub), ni la margarine, ni la présure. Les légumes doivent êtres cuits séparément et non pas dans des plats de ragoût de viande. Les fritures doivent êtres faites à l’huile blanche. La cuisine sera préparée à l’huile ou au beurre pur, non mélangé de saindoux, de graisse de cheval ou de margarine ou, parfois, à la crème fraîche.
    Bien des personnes à qui l’on prescrit le régime carné, atténué ou par exception, le régime végétarien, et à qui l’on interdit en même temps les haricots secs et les tomates s’écrient: Mais alors, il ne reste plus rien à manger! Elles ne se doutent pas de la grande variété d’aliments qui restent à consommer. (…)»

    Je m’arrête là, mais en gros par la suite il dresse une liste complète des catégories d’aliments du régime végétarien, puis il parle des végétaliens, du régime fruitarien, crudivore et du régime de suralimentation (ce dernier étant décrit comme le pire fléau).

    C’était un extrait des chapitres introductif du livre de recettes de cuisine de ma famille. Le Dr Paul Carton était un diététicien du début du XXème siècle. De bonne renommée, il soigna toute sa carrière grâce à ses régimes, la plupart du temps sans viande ou en la réduisant drastiquement — les fameux « aliments cadavériques » dont il dit énormément de mal tout du long de tous ses écrits.
    Son livre de recettes «la cuisine simple, l’alimentation saine» est une petite mine de recettes extrêmement variées, souvent végétariennes (mais pas que) avec un nombre fort considérable d’informations sur la teneur et la propriété des aliments.

    Tout cela en faisant un excellent guide pour l’équilibre alimentaire du végétarien. Beaucoup moins du végétalien, NB, car ce régime ne pouvait pas être suivi sur long terme à l’époque sans gros problème de carences, on parle d’un livre dont la première édition date de 1925: pas de sécu, de compléments alimentaires idoines et d’analyses disponibles à l’époque. Sachant qu’à l’époque les poulets de batterie n’existait pas non plus, etc. Les question éthiques sur les œufs et les produits laitiers ou le miel, etc, n’avaient strictement rien à voir avec aujourd’hui.
    Bref, le point de vue à un siècle et le monde à beaucoup changé depuis.

    Mais enfin, tout cela pour vous dire que, non, contrairement à ce que certains veulent faire croire, les régimes non cadavériques ne sont pas une lubie récente de bobos en mal de je ne sais quoi. C’est au contraire une institution reconnue pour ses bienfaits sur la santé depuis des lustres et des lustres. Nous ne devons qu’aux lobbys de la production industrielle de chaire plus ou moins fraîche que le régime moderne moyen de la population s’appuie à ce point sur la consommation de cadavres d’animaux malades.
    Sans le pouvoir de ces lobbys de la bidoche, l’aliment cadavérique aurait tout simplement peu à peu déserté nos assiettes jusqu’à devenir la petite exception à la règle de la nourriture saine et le paysage de l’élevage français serait profondément différent.

    Et donc le PS pour l’elfe, concernant l’héritier et ses futurs choix de régime:
    Je ne sais pas depuis quand ma famille est cartonienne. Ma grand-mère l’est, c’est ainsi qu’elle a élevé ses trois enfants, ses deux filles sont devenues végétariennes. Par choix naturel en fait: parce que lorsque l’on n’habitue pas un enfant au goût fort de la viande, il s’en écœure très facilement.
    Élevée donc entre ma mère végétarienne et mon père qui en mange, je me suis retrouvée a grandir avec des tables strictement végétariens friendly, tendance cartonienne, avec légumes à tous les repas, ce qui donne une vision de l’alimentation complètement différente de celle des familles ou l’aliment cadavérique domine. À l’âge adulte, je me suis retrouvée comme ma mère et ma tante avant moi à me rendre compte que le goût de la viande m’écœurait.
    Je pense que Carton a raison lorsqu’il dit que manger du cadavre n’est pas tout à fait naturel pour l’homme («regardez les enfants, dit-il, leur instinct les poussent à voler des fruits, du miel, des confitures, jamais des morceaux de viande»)

    Ne pas habituer un enfant au goût fort de l’aliment cadavérique dès son plus jeune âge, c’est s’assurer presque sans le moindre doute qu’il n’appréciera pas la viande. «C’est à dire que ça a un peu un goût de cadavre, quand même»
    Je pense que c’est pareil pour le fromage français, vu le mal qu’ont les touristes venus de contrées ou cela n’existe pas à en ingurgiter.

    Donc, tu verras. Mais, franchement, je serais vraiment très étonné qu’il ne reproduise pas tes choix alimentaires. Le goût, c’est vraiment quelque chose dont les bases se forgent dans la petite enfance.

    Bises.

    • Je connais au moins 3 enfants qui « volent » de la viande.
      Moi quand j’étais enfant. Deux enfants d’aujourd’hui.
      Bon, ça ne m’a pas empêchée de devenir végétalienne.

  9. Tiens, ça me remet en tête l’expérience que j’avais faite au tout début de mon végétarisme. Je savais que ça ne serait pas simple, vu que j’étais une très grosse mangeuse de viande et j’avais essayé d’aller voir une nutritionniste (enfin j’en ai appelé deux ou trois et puis j’ai abandonné) pour m’aider à faire la transition. Et bien je n’ai essuyé que des refus, les médecins me rétorquant qu’ils ne pensaient pas que c’était un régime équilibré et que donc ils ne faisaient pas ce genre de chose. Et me voilà abandonnée par le corps médical, à essayer d’avoir une alimentation équilibrée juste grâce aux conseils d’internet et de proches. Le seul qui m’ait écouté c’est mon généraliste, qui m’a donné quelques conseils et ma prescrit des prises de sang pour m’assurer que je n’avais pas de carences. Quand j’y repense, je me rends compte que oui, c’est une forme de discrimination !

  10. Superbe article, merci beaucoup. « Je me considère solidaire des animaux et donc subissant des inconvénients de cette solidarité à cause des mécanismes sociaux qui servent à maintenir et perpétuer cette oppression. Mais je ne me considère pas victime d’oppression parce que, dans cette oppression, je fais partie des privilégiés, puisque je suis humaine.  » Ben voilà, je n’aurais pas dit mieux. Merci de mettre des mots sur un ressenti un peu flou jusque-là pour moi…
    Le parallèle entre végétarisme/véganisme et homosexualité me travaille depuis longtemps : d’un côté il apparaît dans le choix du terme de « végéphobie », mais aussi dans celui de « veggie pride » et de « coming out végé » sur les forums… et on peut effectivement voir des similitudes de « processus » (les blagues pas drôles, le fait de préférer ne pas le dire dans certaines circonstances, pour ne pas être emmerdé, etc). , liées sans doute au fait d’appartenir à une minorité souvent incomprise… Mais d’un autre côté, non, ça ne va pas, on ne peut pas comparer un choix éthique délibéré volontaire, et une « orientation », ou « préférence » sexuelle, dont beaucoup disent que ce n’est pas un choix qu’ils ont fait, c’est juste eux… un truc évident qui fait partie de leur identité.
    Et en même temps, je me dis : la société est-elle ainsi (mal ?) faite que le végétarisme/véganisme ne peut être entendu (et encore, peut-être même pas ?) qu’à se « calquer » sur l’homosexualité ?

  11. Personnellement, j’emploierais plutôt le terme de « marginalisation ».
    Ces végétariens de l’extrême qui vont jusqu’à refuser tout ce qui provient d’un animal… On ne les bannit pas de la société, on ne les haït pas, mais on les considère assurément avec de grands yeux, car ils ne sont pas normaux.
    Mes 2 cents.

    • « Personnellement, j’emploierais plutôt le terme de « marginalisation ».
      Ces végétariens de l’extrême qui vont jusqu’à refuser tout ce qui provient d’un animal… On ne les bannit pas de la société, on ne les haït pas, mais on les considère assurément avec de grands yeux, car ils ne sont pas normaux. »
      Aurélie, je suis heureuse que tu m’apprennes que je ne suis pas normale. Je sors effectivement de la norme, est-ce une raison pour me regarder « avec des grands yeux »? Regardes-tu aussi avec des grands yeux ceux qui ont un physique différent du tien ou qui diffèrent de toi pour d’autres raisons?
      Honnêtement, j’espère que tu n’as pas d’influence sur des enfants.

      • Il me semble qu’Aurélie est une de ces végétarien.ne.s de l’extrême et qu’elle retranscrit le discours ambiant, et non pas ce qu’elle en pense ;)

  12. Je ne suis pas végétarien, mais je peux m’imaginer ce que ça donne, la gène que ça peut provoquer, par exemple, d’avoir à s’excuser de ruiner les efforts de ceux qui nous invitent et qui ont oublié de prendre en compte ce régime alimentaire singulier.
    Je me mets à votre place car j’ai deux anomalies : je ne mange pas de sucre raffiné, d’une part (et je vois bien la figure désolée des gens qui s’attendaient à me faire plaisir avec un gâteau, par ex.), et je n’ai pas de téléphone mobile d’autre part – ce qui crée des situations problématiques assez fréquemment, et stresse beaucoup de gens. Ceci dit les gens respectent mon choix, c’est quand je dis que mes enfants non plus n’ont pas de téléphone mobile que je lis dans les yeux que je mériterais d’être traduit devant le tribunal pénal international.
    Bon, mais oppression ?
    Ah, je n’ai pas d’automobile ni de permis, non plus. Mais en région parisienne, c’est devenu plutôt admis, on ne me regarde pas comme une bête curieuse.
    Le principe d’être en minorité sur un comportement, c’est qu’il ne va pas de soi pour les autres, c’est qu’on doit s’expliquer, parfois raconter une histoire, parfois être gêné d’être différent (mais qui n’est pas différent ?), car l’humanité est une espèce grégaire. Et ne parlons pas, en France spécifiquement, de la question du partage des repas : un régime différent, ça peut être vécu comme le refus d’être ensemble. Enfin grâce (ou à cause) du progrès des allergies alimentaires, il devient assez normal de prendre en compte que tout le monde ne mange pas la même chose – il suffit d’être prévenu.
    Ceci étant dit, je trouve votre article raisonnable et argumenté, c’est la tribune de Rue89 qui m’a un peu choqué, parce qu’elle est un peu une insulte aux opprimés véritables. Bien entendu que toute différence vis à vis d’une norme amène son lot d’accrocs, de gènes, d’explications,… Bien entendu, aussi, il existe une pesante injonction à la normalité, qui nous touche depuis la cour de récréation et l’apprentissage de la différence. Mais c’est, sauf cas extrèmes comme quelques uns que vous listez, gérable. Et au contraire, les auteurs de la tribune de Rue89 me laissent l’impression de gens qui ne supportent pas bien que tout le monde ne vive pas comme eux, au point de considérer comme une oppression de ne pas être eux-mêmes la norme. Un peu douteux !

    • Ouais, je suis assez d’accord avec ce commentaire.
      Qu’il y ait des remarques/comportements désagréables, soit.
      Mais une oppression systématique? Quand il faut ramer pour arriver à citer quelques cas graves…
      Quel est l’utilité de faire le parallèle avec l’homosexualité? Pourquoi ne pas faire des parallèles avec d’autres trucs qui n’amènent pas non plus à ce que les gens se retrouvent à la rue en nombre, se fassent violer et buter, aient des inégalités inscrites clairement dans la loi etc
      Pour moi c’est même pas une différence de degré d’attaques, mais une différence de nature.
      J’ai été végétarien quelques années et là je suis végé genre 95% du temps, et souvent vegan, et, pour moi, les quelques commentaires que j’ai pu avoir, ça n’a aucune ressemblance avec tout ce qui a pu m’arriver en raison de mon identité de genre/orientation sexuelle.

  13. L’analyse peut être plus brève.
    Le végétarisme (et autres végétalismes) ne sont pas à comparer à des états de fait comme l’homosexualité ou les genres (féminin, masculin, noir, blanc, etc.)
    Il s’agit d’une prise de conscience POLITIQUE (intégrant l’écologie) et PHILOSOPHIQUE (intégrant la Spiritualité).
    Les répercussions à une nouvelle prise de conscience politique ou philosophique sont à la fois d’ordre RACISTE (bêtement) mais aussi REACTIONNAIRE (politiquement et philosophiquement). Ces deux réactions sont hélas fondamentale sociologiquement aux sociétés humaines avec des variantes quantitatives en fonction des cultures.
    Rappelles-toi des persécutions des premiers Chrétiens qui ne faisaient que prôner l’Amour dans un monde barbare (…)
    Les persécutions des protestants (et autres) qui dénonçaient (à juste titre) les dérives de la religion d’état (religions établies dogmatisées)
    Les persécutions des communistes (surtout par des régimes déviés et totalitaires) qui ne faisaient que prôner la justice et la solidarité entre les hommes.
    Gandhi comme tant d’autres hommes de paix œuvrant pour l’humanité et la planète ont été emprisonnés ou assassinés.
    Les moqueries des « écolos » des années 70 à 80 qui ne faisaient qu’annoncer avant les autres et essayer d’éviter la catastrophe planétaire (pollution, disparition d’écosystèmes, crise énergétique etc.) que l’on admet scientifiquement et (un peu) politiquement aujourd’hui.
    Les moqueries des altermondialistes des années 80 et 90 qui annonçaient avant les autres la catastrophe de la finance mondialisée avec les répercutions écologiques et sociales actuellement dénoncées mondialement par les « indignés »
    Etc. (…)
    Les réactions contre le végétarisme et les végétalismes sont donc selon moi à associer à ces mêmes phénomènes sociaux que je définirais avec recule philosophique, comme naturels (tout comme l’allégorie du bateau qui en avançant crée forcément et naturellement des vagues sur sa proue … !)
    Etre ou ne pas être il faut choisir tout comme avancer ou ne pas avancer. Et quand on a choisi il y a des conséquences qu’il faut savoir gérer sans s’étonner ni pleurer …
    Et quand on Sait : On est mieux armé pour y faire face (l’homme avertit …)

  14. Personnellement, j’ai davantage assisté à des déferlantes de violences envers les végé sur le net que dans la vraie vie (mais je fréquente peut-être les bonnes personnes). A lire certains commentaires sur Internet, on a l’impression que les végé sont des oppresseurs qui empêchent les braves gens de manger de la viande « comme depuis l’aube des temps » (parce que les braves gens savent comment étaient les choses à l’aube des temps, oui, ils le savent) et vont nous mener à un monde où il sera interdit de manger on bon steak. Le parallèle entre homophobie et végéphobie (même si je pense également que le terme est mal choisi, puis le végétarisme est un choix, contrairement à l’homosexualité ou à la couleur de peau, par exemple) est intéressant, car végétariens et homosexuels/étrangers provoquent le même type de rejet réflexe et épidermique. Sur certains sites, j’ai eu l’impression d’assister à une espèce de mise en garde contre le « péril végé » qui allait renverser l’ordre établi (ça vous rappelle pas quelque chose?). Je ne dis pas que la discrimination est la même, mais quand des mecs sont limites prêts à sortir les fusils contre ceux qui ne sont « pas comme eux », ça veut bien dire ce que ça veut dire : ils se sentent menacés dans leur identité. Je parie que si demain tous les végés se réunissaient pour demander des réformes, du genre « droit à des repas végé dans les cantines », on verrait des gens descendre dans la rue pour manifester contre. J’en suis convaincue. Le végétarisme n’est pas un « simple » choix alimentaire, il remet en cause des fondements de nos société. Parce que si demain on demandait à supprimer les blettes des cantines, tout le monde s’en foutrait, hein. Mais la viande, c’est différent.

    Sinon, une anecdote médicale : j’ai un jour pris rdv avec mon médecin pour des analyse de sang car je me sentais sur les rotules. Il a vite vue que c’était une fatigue davantage morale que physique et m’a dit : « Vous savez, les alimentations occidentales sont assez diversifiées pour qu’on ne soit jamais vraiment carencés, je parie que votre bilan sera bon » (et il le fut, effectivement). J’ai tout de même précisé, un peu par provocation : « Oui mais vous savez, je suis végétarienne ». Il m’a répondu en haussant le sourcil : « Hum, même les végétariens ont ce qu’il leur faut ». J’aime mon médecin :D

    • Intuitivement, il me semble que si les manifestations de l’homophobie et de la marginalisation des végéta*iens ont tant de similitudes, c’est parce que dans les 2 cas on dévie du modèle standard de la masculinité dans le patriarcat.

      L’industrie animale fait d’ailleurs de grrros efforts pour maintenir cette image de viande = viril (voir par exemple thesocietypages.org/socimages/2009/06/21/feed-fathers-man-food/ ou http://thesocietypages.org/socimages/2012/08/21/policing-masculinity-in-slim-jims-spice-loss-ads/ voir carrément en présentant la viande comme objet de désir, voir http://www.pinterest.com/socimages/sexualized-food/ )
      Il me semble d’ailleurs qu’il y a de premier abord moins de rejet des femmes végétariennes (vu qu’on est censées bouffer que de la salade de toutes façons).

      (Tiens, d’ailleurs, éthique à part, en cherchant ces liens je me rends compte que l’alcool subit le même marketing envers les hommes, avec ce même parallèle avec les femmes objectifiées… et que les abstinents sont également globalement vus comme effeminés et suscitent le même genre de méfiance. Et qu’une femme peut tenter de grapiller des miettes de privilège masculin de la même façon en se tapant une grosse pièce de viande rouge ou en tenant bien l’alcool.)

    • Je suis un peu saoulé qu’on me répète que le végéta*isme est un choix alors que l’homosexualité non.

      Je ne dis pas que l’oppression subit est la même. Je ne pense pas que ce soit la même et comme l’a dit l’auteure je ne pense pas qu’on puisse parler d’oppression à proprement parler pour les vg.

      Mais mon végétalisme n’est pas un choix, ce n’est plus un choix à partir du moment où j’ai vu les conséquences d’une nourriture à base de protéines animal et même si physiquement je peux manger de la viande (il ne faut pas oublier que physiquement un homosexuel peut avoir des relations avec une personnes du sexe opposé) aujourd’hui ce n’est plus possible.

      Ce n’est pas plus un choix qu’une personne qui se rencontre qu’elle aime d’autres personnes du même sexe. Elle est comme ça et c’est tout. Le végéta*isme pour beaucoup c’est aussi ça.

      Merci de ne pas réduire ça à un simple choix dont on devrait assumer les conséquences et donc en gros accepté d’être raillé à longueur de journée.

  15. Je me suis pas formellement contre le concept de végéphobie que tu développes, et je suis d’accord pour classer certains de tes exemples dans cette catégorie.

    Mais le danger, c’est que ça serve à toutes les sauces, comme dans d’autres débats, pour clore la discussion sous prétexte d’un supposé manque d’ouverture de l’interlocuteur.

    Une phobie peut être, dans son acceptation en langage courant, définie par : « un sentiment individuel ou collectif allant de la détestation à la haine accompagné d’une attitude hostile, de rejet et de crainte vis-à-vis d’une catégorie de personnes, ou parfois d’une activité ou d’un phénomène. »
    En ce sens, oui il est possible d’être végéphobe. Mais certains exemples que tu donnes n’ont rien à voir. Par exemple, la situation évoquée pour donner un exemple de « refus de soin » (qui n’a soit dit en passant aucun rapport avec un refus médical de soigner) n’est pas végéphobe, en tout cas pas avec les éléments dont on dispose : on parle simplement d’une garderie qui veut offrir un seul type de repas, et donc ne veut pas offrir de repas végétaliens.
    De même, le fait pour un médecin de ne pas savoir l’importance des suppléments de B12 pour les végétaliens est problématique (au niveau de la formation) mais en aucun cas un exemple de végéphobie : la végéphobie serait de sciemment laisser le/la végan dans l’ignorance de ce fait alors que le médecin le sait pertinemment.

    Tu ne veux pas manger de produits provenant d’animaux et c’est un choix que personne ne peut te dénier. Toutefois, nul n’est forcé de t’accommoder non plus (en dehors des cas où tu n’aurais pas de choix, par exemple en garde en vue), et prétendre que le simple fait de refuser un tel accommodement est discriminatoire et végéphobe est pour le moins fallacieux.

    • Je ne suis pas d’accord. Ne pas vouloir soigner quelqu’un parce qu’il refuse de manger de la viande, non seulement c’est une discrimination, mais en plus c’est une discrimination grave. Alors oui il y a ignorance, mais d’une part il n’y a pas que l’ignorance, qui excuse bien des choses; l’ignorance n’oblige pas le médecin à rejeter un patient, à lui faire la morale, à ne pas respecter sa liberté de conscience; si le médecin n’est pas discriminant il aura plutôt le réflexe soit de se renseigner, soit de chercher un collègue mieux renseigné lui-même. D’autre part cette ignorance ne vient pas de nulle part, à mon avis cette ignorance est une preuve flagrante de discrimination et de négation de la possibilité d’être végétarien. Les végétariens existent depuis l’antiquité (Plutarque, Epicure étaient végétariens), on en trouve dans toute l’histoire, ça ne tombe pas du ciel comme ça en 2014. Si les médecins ne savent pas qu’il est possible de se nourrir sans viande, c’est parce que cette information est dissimulée, cachée, interdite. Il n’est pas rare d’entendre quelqu’un dire que le végétarisme est impossible. Je te pose la question: d’ou vient cette soi-disant impossibilité du végétarisme? D’ou vient cette information fausse? Il y a bien du spécisme là-dessous, sinon on dirait « je ne sais pas » et non pas « c’est impossible, point ». Cette soi-disant nocivité du régime végétarien est bien pratique quand il s’agit de justifier l’abattage des animaux. « il le faut » et puis c’est tout.

      • « Épicure était végétarien »
        T’aurais du commencer par là. En gros et en souligné au début de l’article.

        « Ouais, je suis épicurien, j’aime les plaisirs de la vie.. et donc je suis végé. »

      • Entendons-nous bien : lorsque tu dis  » Ne pas vouloir soigner quelqu’un parce qu’il refuse de manger de la viande, non seulement c’est une discrimination, mais en plus c’est une discrimination grave. », je suis tout à fait en accord.

        D’ailleurs, plus généralement, un médecin qui refuse de soigner quelqu’un (peu-importe la raison) viole son serment d’Hippocrate, ce qui a des conséquences variables selon les pays (de aucune conséquence à accusation criminelle formelle, en passant par la faute déontologique et la radiation).

        Je ne soutiens pas non plus que l’incompétence est une excuse, loin de là. Simplement que ce n’est pas forcément une discrimination directe.

        Par ailleurs :
         » l’ignorance n’oblige pas le médecin à rejeter un patient, à lui faire la morale, à ne pas respecter sa liberté de conscience »

        Encore une fois, tout à fait d’accord. Cependant, en dehors des cas que tu cites, il faut admettre qu’il y a eu un certains nombres de cas où le problème n’était pas le véganisme mais une aversion aveugle envers « la médecine occidentale ».
        Par exemple, le cas du bébé décédé que tu cites (et de la condamnation des parents) a été décrit de manière bien plus subtile (et intelligente à mon avis) que ce qui est dit dans le vague torchon de rue89. Par exemple dans le Guardian (http://www.theguardian.com/world/2011/apr/01/joel-sergine-le-moaligou-convicted)

        Il y a effectivement des questionnements à propos du régime végan, qui ont été démentis lors des audiences par des médecins et nutritionnistes. Puis, au final (je cite l’article, qui lui-même le parquet) :
        « We are not here to judge their alternative life style but to decide if this man and this woman have shown a lack of care and caused the death of their child, » said Sandretto (l’avocate générale)

        Ce qui me semble une attitude raisonnable à adopter dans une cour de justice.

        J’ai lu le reste de l’article, et ça me semble bien plus un cas de parents qui ont décidé qu’ils savaient mieux que les médecins et les infirmières ce qu’il fallait pour leur fille, sans aucun lien avec le véganisme.
        Que des médecins aient pu agir de façon incorrecte avec eux est possible (et inacceptable), mais quoi qu’il en soit ça ne justifie pas leur décision de rester à l’écart du système de santé qui aurait pu sauver leur fille.

        Après, la façon dont cette cause a été traitée dans la presse reflète effectivement certains préjugés (qui existent, ne le dénions pas). Je suis simplement en désaccord avec la portée que tu donnes à ces préjugés, avec une quasi-étatisation de la végéphonie (médecins, juges, etc.).

        • si je parle de cette affaire c’est que j’en sais un peu plus que ce que veulent bien dire les articles de presse merdiques. Alors un peu de respect pour ces gens ne serait pas du luxe. C’est un peu facile d’envoyer chier des patients, de les prendre pour des cons, de pas les informer, de les mépriser et d’ensuite dire « ha mails ils avaient qu’à consulter des médecins ».

          • Je ne veux pas manquer de respect à qui que ce soit. Ceci étant dit, je n’ai pu trouver strictement aucun article soutenant ta version des faits. Même des articles écrits par des végans et y défendant le véganisme impliquent la responsabilité des parents dans leur choix de ne pas suivre la médecine moderne et de s’être fié entre autres à un livre datant de plus de 50 ans (exemple : http://www.examiner.com/article/couple-s-ignorance-kills-child-not-veganism ou alors : http://www.slate.fr/lien/36419/vegetarien-france-impossible ).

            Qu’un article soit biaisé, ça arrive tout le temps, que la majorité le soit, je suis tout à fait prêt à l’admettre, mais tous? Qu’il n’y ait aucun article détaillant les faits (pas seulement « ils se sont fait mépriser et envoyer chier », mais citant des dates, des faits, des paroles, des preuves, etc., bref, le genre de chose que l’on fait usuellement dans un procès) est quand même pour le moins inusité.

            Même dans les cas les plus obscurs d’homophobie, de racisme, de sexisme, d’âgisme ou de n’importe quelle autre oppression, il y a toujours quelques journalistes ou chroniqueurs pour dévoiler l’autre point de vue, mais ici, rien? Je suis désolé, mais il va falloir plus que ça…

            En l’état, je suis sincèrement désolé si mon commentaire pouvait sembler manquer de respect à qui que ce soit, ou si certains parents vegans ont pu le lire et supposer que je les traitais d’inconscients et de criminels. Ce n’est absolument pas le cas. J’essaie simplement de dire que le véganisme des parents ne justifie pas et n’a en fait aucun rapport avec le manque de soins auquel leur fille a fait face, du moins à partir des faits que j’ai pu obtenir.

  16. « Si la végéphobie peut être mise en parallèle avec l’homophobie en tant que tentative de contrôle sociale, je trouve plus adapté de la comparer à l’anti-féminisme, par exemple. Les hommes féministes peuvent être victimes de moquerie ou de discriminations, renonçant à une partie de leurs privilèges de genre (une partie seulement): ils seront raillés, vus comme efféminés, peu virils, soumis, ou menés par le bout du nez par leur femme à la maison. De même les Blancs peuvent subir indirectement du racisme s’ils se montrent trop solidaires des Noirs. Cela peut aller loin car je crois savoir qu’il est arrivé que des Blancs anti-racistes soient frappés. De même, les antifa sont souvent victimes de violence de la part des fascistes. En fait, il me semble que toute lutte pour l’égalité porte ses stigmates: la société défend ses oppressions en discriminant ceux qui se dressent contre elles. »

    Je dirais que la végéphobie est quand même un état un peu « intermédiaire » entre l’oppression directe et la discrimination des anti-injustices.
    Parce que le végétarisme et le véganisme, on doit l’exprimer et le mettre en pratique à chaque repas et chaque fois qu’on fait des achats alimentaires. C’est inévitable. Donc c’est quotidient et constant.
    Tandis que les « anti-*ismes », ça reste des prises de position politiques qu’on n’est pas obligé d’exprimer en continu, quand la situation ne l’exige pas.
    Et surtout, sexisme, racisme, etc. même s’ils sont mal compris et en partie invisibilisés, font aujourd’hui l’objet d’un consensus sur le fait que « c’est mal ». On ne peut pas(plus) se dire explicitement sexiste, raciste ou homophobe sans être jugé par la majorité de la société. Tandis que si on se déclare spéciste ou carniste (à condition de connaître les mots => preuve d’ailleurs qu’on n’est pas du tout au même stade, vu que ces concepts sont encore invisibilisés), au moins 97% de la population répondra immédiatement qu’on a bien raison. Donc je ne pense pas que la « féministophobie » et « l’anti-racistophobie » soient exactement du même ordre. On parle de causes qui sont théoriquement déjà acquises, sur des problématiques admises et reconnues, même si les principes de fonctionnement sous-jacents et leur omniprésence restent invisibilisés. (Et on est plutôt dans des périodes de backlash du fait des avancées de ces causes, d’ailleurs. Alors qu’on en est encore extrêmement loin quant à l’antispécisme/véganisme.)

    (Quant aux violences dont tu parles entre antifa et facho, antiracistes et racistes, les anti*ismes vivent des violences physiques de la part des élements « extrêmes » de la société, pas de la part de la société dans son ensemble. Un peu comme antispécistes et chasseurs/afficionados, pour les violences physiques.)

    • Je suis pas tellement d’accord comme ça à chaud, je dirais qu’exprimer ses convictions, c’est parfois la seule alternative à les cacher, ce qui peut revenir à fermer sa bouche une bonne partie du temps.

  17. je ne crois pas que Carniste – en évoquant bourgeois et prolos – parle de revenus mais de « culture ».

  18. Oui, je suis d’accord avec toi, Xenomorf. Je viens aussi d’un milieu prolo, et là je parle en connaissance de cause. Dans l’esprit de pas mal d’entre eux, les végétariens sont des gens qui n’ont que ça à foutre que penser à leur alimentation et qui n’ont pas d’autre problème au quotidien, comme celui de survivre par exemple. Dans leur tête, quand t’as juste les moyens de faire tes courses au hard discounter, tu ne fais pas le difficile et ton premier souci c’est de manger – peu importe quoi. Parce que oui, la viande, à la base, est une denrée de riche, mais on vit dans une société tellement carniste que la viande de basse qualité est parfois moins cher que certaines céréales. Alors le végé, soupçonné de manger des légumineuses exotiques qui coutent un bras, apparaît comme une espèce de bourge privilégié.
    Mais ça provient à mon avis d’une grosse confusion entre les « bobos bio » (une catégorie qui a été à mon avis pas mal véhiculée par les média) qui vont faire leur course à la biocoop parce que le bio c’est à la mode et que Biba a dit que c’était meilleur pour la santé, et le végétarien qui ne mange pas de viande par conviction, et préfère parfois même manger moins pour manger de façon éthique.
    Il y a aussi une assimilation du « bourgeois » et de l’ « intellectuel », pour eux c’est la même chose. Moi, de par mes longues études et les gens que je fréquente, pour eux je suis de « culture bourgeoise », alors même que je fais partie du joyeux clan des RSistes. Disons que mes choix de vie m’ont laissé le loisir de réfléchir à certaines choses, qui n’ont jamais effleuré certains, parce qu’ils ne sont jamais sortis intellectuellement de leur périmètre immédiat.

  19. Je me présente, Lou, végétarienne pendant 10 ans, végane depuis 1 an, militante animaliste à la petite semaine.
    Quelque chose me dérange avec ce terme de végéphobie. D’abord, quand on est végane, qu’on participe à des actions, c’est pour les animaux, pas pour soi (parce qu’avouons le, psychoter sur sa b12 et préparer toute sa bouffe, c’est contraignant). Le terme « végéphobie » est une bonne blague anthropocentrée non? Se planquer sous l’étiquette « antispéciste » pour mieux brailler sur sa petite personne, c’est du foutage de gueule. Surtout quand on est plutôt « bien » né, à l’abri de la misogynie, de l’homophobie, du racisme et de la kyrielle d’écarts à la norme sévèrement sanctionnés.
    L’image du végéta*isme est tout simplement à chier et certains martyrs s’obstinent à nourrir les clichés misanthropes (« bouh! j’ai insulté une meuf parce qu’elle avait des bottes en cuir, mais je suis végé, je suis supérieur! bouh! je comprend pas pourquoi on dit que jsuis con »). Sérieux, j’en ai rencontré des dizaines comme ça et en creusant les internets, c’est encore pire… Pas besoin de créer un terme pour se deresponsabiliser.
    Pour finir, les auteures de Suck My Glock ont écrit un très bon article sur la façon dont la machine à créer des *phobies invisibilisait et décrédibilisait les formes d’oppressions institutionalisées et bien réelles. Même si on prétend ne pas vouloir le faire…

    • Je suis d’accord quant à l’oppression réelle est institutionnalisée qui ne doit pas être éclipsée par une oppression de moindre portée. Je pense aussi que l’image du végéta*isme est désastreuse, mais perso, je ne pense pas que ce soit à cause de la « connerie » de certains végéta*iens. Parce que le grand public qui n’y connait rien au végét*isme, en général, n’a pas de végé dans son entourage, et se base sur des clichés pour juger. Avant d’être végétarienne, c’est-à-dire quand je ne savais pas grand chose des végéta*iens, tout ce que je croyais savoir d’eux, c’était que ce sont des gens un peu hippy qui manifestent parfois avec des pancartes pour défendre les animaux. Honnêtement, je ne pense pas que le grand public en sache beaucoup plus que ça, donc en gros, on pense que le végé sont des gens qui nous emmerdent un peu avec leurs zanimos, version Brigitte Bardot extrémistes, et qui mangent des graines parce qu’ils croient que c’est meilleur pour la planète. On est une minorité, donc forcément, on est mal connus. Je crois que les gens qui pensent a priori que le végéta*isme est une façon de vivre sectaire et sans intérêt sont beaucoup plus nombreux que ceux qui fustigent ce mode de vie a posteriori car ils ont déjà eu affaire à la « connerie de certains végé ».
      Ça me dérange vraiment, cette idée que ce sont nécessairement les végéta*iens qui desserviraient leur propre cause. On accuse les féministes de la même chose, mais c’est juste que les gens ne voient que la surface et se contentent de ne pas réfléchir plus loin que le bout de leur nez. Combien par exemple réduisent aujourd’hui le combat féministe à des hystériques qui brandissent des pancartes seins nus devant les mosquées parce qu’ils ont vu trois photos des FEMEN sur Internet, mais n’ont jamais mis leur nez dans la littérature féministe et ne connaissent absolument aucune féministe (ou alors, ils connaissent une nana qui se dit féministe mais est juste conne et misandre).

      • Quand on s’entête à incarner un cliché, faut pas s’étonner que ça en rebute plus d’un. Quand tu t’engage dans une cause peu populaire, tu sais que tu portes une responsabilité. ça marche aussi pour les féministes. Des connes misandres, il y’en a parmis les féministes, oui. Et ça n’a rien d’anecdotique. (je parle en connaissance de cause) Et il y’en a qui, comme chez les végés, instrumentalisent des vécus, des réalités pour se faire lustrer l’ego.

        Dans les deux causes, le changement ne se fait pas sans les autres, au chaud dans l’entre-soi. Faudrait admettre que la technique du « ça passe ou ça casse » est contre-productif.
        C’est un peu comme les programmes politiques: tu peux être d’accord avec les idées puis être révulsé en voyant qui les soutient… Au final, rien ne change.

        • Si tu es « d’accord avec les idées puis révulsé en voyant qui les soutient », pose-toi des questions.

    • Oh, moi je voudrais bien lire cet article. Il existe en français ? Je veux bien un petit lien si tu arrives à retrouver. :)

    • « Bouh, j’me suis fait traiter de tueuse parce que j’ai des bottes en cuir, les végés sont des gens méchants »
      -> tu portes des bottes en cuir, tu es une tueuse, c’est juste un fait, et s’empécher de le dire, c’est malhonnète.

      « Se planquer sous l’étiquette antispéciste pour mieux brailler sur sa petite personne »
      Personne ne fait ça. L’Elfe explique dans son article que « la végéphobie » (terme choisi pour désigner les à prioris qu’on peut avoir au sujet des végétariens) est une des forme, un des avatars, une des manifestations de l’idéologie spéciste. On stigmatise les végétariens pour réaffirmer l’idéologie carniste. Donc, lutter contre la « végéphobie », c’est lutter contre l’idéologie carniste.

      • Ton manque de pragmatisme t’honore. Je suppose que tu es beau/belle, mince et bien habillée-e et qu’aucun inconnu ne t’a interpellé dans la rue pour te dire que tu as une gueule dégueulasse, que tu creuses le trou de la sécu avec ton gros cul et que tes fringues desigual brûlent les yeux.

        J’irai plus loin en supposant que tu es un homme. De ce fait, le harcèlement de rue est pour toi un concept très abstrait, une légende urbaine. Tes chromosomes te protègent donc des insultes et commentaires désobligeants balancés gratuitement quand tu sors de chez toi. Les types qui me traitent de salope parce que je répond négativement à leur « hey charmante, tu suces » pensent être dans leur bon droit. Mais ça ne risque pas de me faire changer d’avis.

        Sinon, tu milites ou tu te contentes de faire des comptes rendus de tes menus sur vegeweb? En parlant avec des non-végés, tu te rendrais compte que c’est extrêmement rare les gens qui rejettent en bloc toute idée de progrès. Donc ton « idéologie carniste », je ne l’ai pas croisée très souvent (faut dire que je ne traîne pas avec des sénateurs et que je me suis brouillée avec le PDG de L’Oréal). Pour moi « lutter » contre la « végéphobie », c’est déplacer l’attention sur un truc anedoctique.

        Ps: le soft power, c’est la clef!

        • être un homme ou une femme ne se résume pas à une histoire de chromosomes. Tu confonds sexe génétique, sexe phénotypique et sexe social (genre).
          Et je ne vois pas le rapport entre le fait que Ribz soit un homme et le fait que tu opprimes effectivement des animaux. être toi-même victime d’oppression ne te donne aucune excuse pour opprimer à ton tour. Et puis excuse-moi mais le harcèlement de rue je connais mais entre ça et se faire dépiauter en côtelettes, tu préfères quoi? ça va un peu la victimisation.

          • « « Bouh, j’me suis fait traiter de tueuse parce que j’ai des bottes en cuir, les végés sont des gens méchants »
            -> tu portes des bottes en cuir, tu es une tueuse, c’est juste un fait, et s’empécher de le dire, c’est malhonnête »

            – Ribz trouve que rabaisser un-e inconnu/~E simplement parce qu’on pense avoir raison, c’est ok. Tu comprend le parallèle avec le harcèlement de rue?

          • Si dire que tu portes des bottes en cuir revient à te rabaisser, je te laisse tirer toi-même les conclusions…

          •  » -> tu portes des bottes en cuir, tu es une tueuse, c’est juste un fait, et s’empécher de le dire, c’est malhonnête » »

            Il manque un « si ». J’aurai du commencer l phrase par « si ».
            J’essayais pas de te rabaisser, Lou, mais de dire que, quand un carniste dit qu’il a été insulté, parfois, c’est faux. Parfois, il

          • a simplement eu affaire à un antispéciste qui énonçait un fait. Le carniste réagit de manière émotionelle à l’énonciaion du fait (le cuir est le produit d’un meurtre), et il considère l’énonciation du fait comme une insulte.

  20. Merci pour cet article très sensible qui m’a touchée. J’ai été végétarienne pendant plusieurs années, puis j’ai commencé à re-manger de la viande quand j’étais enceinte, en fait, j’en avais de plus en plus envie, je fantasmais littéralement de manger de la viande, je bavais devant la viande présente dans l’assiette de mes voisins de table mais je me disais « non, tu es végétarienne pour des raisons éthiques, écologiques, etc. donc résiste! ». Puis finalement je me suis intéressée à certaines approches diététiques qui ne prônent pas le même comportement alimentaire et régime alimentaire pour tous, mais en fonction des personnes, et des phases de la vie. Ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre, ce qui est bon pour soi à un moment donné ne l’est pas forcément toujours. J’ai du admettre, et ce fut une très grande leçon d’humilité par rapport à mes idéaux que je prônais, que j’avais à ce moment là, étant donné mon profil et mon histoire, besoin de viande rouge et de gras. Mon corps m’en réclamait à grands cris. J’en ai mangé pendant quelques années, une à deux fois par semaine. Puis l’envie a diminué, j’en mange plus très souvent – une fois tous les 15 jours peut-être, mais quand mon corps en réclame, j’en achète, et je privilégie toujours la filière bio-amap. Parfois je connais même le nom et l’histoire de l’animal que je mange! Ensuite, avant de le manger, j’ai une pensée émue pour cet animal, je le remercie intérieurement, je ressens une partie de sa douleur à avoir été abattu, une petite prière en somme. Mon idéal est en effet la vie sans viande et sans meurtres d’animaux. Je tends vers cet idéal, je ne sais pas si je l’atteindrai, il reste comme un phare. Mais humblement, je dois aussi accepter qu’il existe encore en moi un besoin épisodique de viande pour nourrir mon corps-ou même mon âme qui-sait. Peut-être ce besoin disparaitra-t-il un jour. Ou pas. Je n’en sais rien. Pour l’instant je ne suis pas capable de digérer la plupart des légumineuses et pas mal de légumes (les choux surtout), ce qui complique aussi le végétarisme quelque part. Mais cette aventure me permet de ne jamais juger le comportement des autres, fusse-t-il contraire à mon idéal. Parfois manger de la viande c’est actualiser nos pulsions agressives, destructrices, meurtrières, elles font partie de nous, tous, parfois elles sont fortes, parfois moins. Chez certains vege (pas tous), je rencontre un déni total de leur part agressive et destructrice (idéal de pureté, voire de sainteté très fort) mais cette agressivité déniée ressort dans le jugement extrêmement violent et méprisant qu’ils ont envers d’autres humains (surtout envers les carnivores). Ma question est : est-ce possible d’avoir cette compassion que nous avons pour les animaux aussi pour des humains (même ceux dont nous aurions tendance à juger les comportements inhumains)?

      • « c’est dans la tête » : vouich… Pas sûre que même en prônant la dichotomie corps vs esprit on arrive à prendre des décisions rationnelles.

        • Ha bon parce que c’est rationnel de dire « mon corps veut de la viande »? C’est le résultat d’un sérieux bourrage de crâne à mon avis. Et c’est très essentialiste. Le corps ne sait pas ce qu’est la viande, en tant que produit d’un animal. Que le corps ait besoin de graisses, de protéines, ou de minéraux, ok (mais il ne le « dit » pas forcément). Ces éléments se retrouvent dans différents aliments, animaux ou végétaux. Qu’une personne ait envie de retrouver un goût ou une texture qu’elle connait et apprécies, certes (mais ce n’est pas un besoin). Et ce sont deux choses différentes.

          • Je ne crois pas que cela soit dans la tête. Dans mon cas en tout cas ça ne peut pas être que dans ma tête, j’ai été élevée végétarienne, n’ai jamais aimé le gout de la viande, en ai mangé un peu dans la vingtaine, et puis suis redevenue végétarienne avant l’histoire ci-dessus. Ma tête ne voulait rien plus que rester végétarienne. Je suis d’accord d’affiner l’expression « écouter son corps » cependant tout n’est pas à jeter dans cette vision des choses. Tentez donc l’expérience avant de manger, fermez les yeux, ne pensez pas (si c’est possible pour vous) et essayer de sentir ce qui vous ferait vraiment envie. Puis avisez. Pour moi, le corps peut être vidé et épuisé au point qu’il n’y a que les lipides et les protéines sous leur forme présente dans la viande qui peuvent encore être digérés, car beaucoup plus proches de leur version présente dans notre corps et donc ne nécessitant que peu de transformation (les protéines et huiles végétales sont beaucoup plus dures à digérer pour un organisme fatigué). Je pourrais mettre des références, si tu les veux fais-moi signe, mais je préfère te laisser faire la démarche seule une fois que tu seras prête à remettre tes certitudes en question (« le corps n’a JAMAIS et pour PERSONNE besoin de produits animaux »). Quand tu me dis « mais non c’est dans la tête » cela me donne l’impression que tu ne donnes que peu de crédit à mon expérience et à la manière dont je la décris, et que tu penses avoir de meilleures clés que moi pour lire et interpréter ma propre expérience de la vie…

          • Le fait de dire « mon corps avait besoin de viande » n’est pas une expérience, mais une interprétation toute personnelle d’expériences. Et je pense que cette interprétation est fantaisiste.

  21. Ca ne fera probablement avancer aucun schmilblick, mais je tenais à dire que ça me fait beaucoup de bien de lire cet article. Je suis nouvellement végétarienne, et comprendre les mécanismes sociaux à l’œuvre m’aide à « tenir ».
    J’ai lu l’autre jour dans je-ne-sais quel torchon gratuit un article sur les « nouvelles » façon de s’alimenter, et qui les analysait comme des besoins de se démarquer des autres dans une société de plus en plus individualiste. La bêtise et le manque de recherche du propos m’ont indignés. Surtout quand je compare avec ma propre petite expérience : le plus dur, et ça m’a moi même surprise, ce n’est pas d’être «  »privée » » de gésiers confits ou de nem chua, mais bien la disparition de la quiétude que procure le fait de faire comme les autres, dans des situations aussi peu réjouissantes gustativement que d’aller au kébab du coin. (Et d’en être considérée comme une, je cite, intégriste religieuse par ma famille, évidement.) Cette analyse est grotesque, mais probablement un bon exemple d’une représentation que des gens se font du végéta*isme.

  22. Bonjour, je sens que je vais me faire taper sur les doigts, mais tant pis, mieux vaut parler que de mourir idiote.

    Je ne suis pas à l’aise avec les différents termes, végétariens, végétaliens, végans, par manque de documentations sur les différences (ce qui signifie que je ne me suis pas penchée sur la question). Ce que je comprends dans cet article comme dans les commentaires, c’est surtout votre profond rejet des méthodes plus que barbares d’obtention de nos viandes, et du système économique fondé dessus, outre l’impasse écologique. Je lis et j’apprends, bien que j’aie du mal à imaginer ma vie sans viande, ça me motive au moins à envisager de moins en proposer à mes futurs enfants.

    Pour ma part j’ai été élevée aux steaks hachés et autres, et je continue d’en manger, même en connaissant les conditions dans lesquelles ils sont produits. Pas par bêtise, juste parce que si je commence à appliquer ce principe, me connaissant, je vais l’appliquer dans toutes les parties de ma vie. Ce qui signifie : plus de téléphone, plus d’ordinateur, ni de vêtements, en fait presque plus rien.

    Je m’explique, et c’est là que je vais surement m’en prendre plein la tronche: tous les produits qui nous entourent, notamment la technologie et les vêtements, sont produits par des humains, sur le dos d’autres humain. Il suffit de s’intéresser aux usines Apple en Chine, mais Apple n’est pas un cas unique, ils sont juste assez célèbres pour que la télé en parle. Les vêtements sont confectionnés dans des usines par des personnes pas forcément adultes, pour des salaires ridicules. Des humains ont souffert pour que je joue à Tetris sur mon portable, ou même pour écrire ce commentaire sur mon ordinateur.

    Oui, je connais le principe du Fair Trade. Je n’arrive juste pas à passer le cap d’arrêter la viande, de passer au Fair Trade pour tous les aspects de ma vie (ce qui me parait au pire infaisable, au mieux, très très compliqué et pas forcément sans conséquences sur mon économie personnelle, d’aller habiter à la campagne pour bénéficier des produits locaux sans pesticides, etc.

    En conclusion, je respecte vos habitudes alimentaires, et je trouve d’ailleurs qu’elle dénotent d’un certain courage, vu que comme tout ce qui est « anormal » vous rencontrez des difficultés. Auriez-vous la gentillesse d’expliquer à une profane si votre combat concerne aussi la souffrance humaine ?

    • Bonsoir,
      Si je comprends bien, si tu décidais d’arrêter la viande se serait pour des raisons éthiques.
      En conséquence, tu voudrais appliquer ce choix éthiques à l’intégralité de ta façon de vivre.
      Comme cela te paraît infaisable, irréaliste, trop dur, tu n’oses pas le faire.
      Tu as tellement raison, si on suit ton raisonnement, puisqu’on ne peut pas éradiquer la douleur et la violence, autant ré-instaurer la torture. Puisque l’égalité entre les individus n’est pas 100% réelle, remettons en place l’esclavage.

      Sérieusement, tu te tires une balle dans le pied avec un tel argument : « puisque je peux pas être un ange, je vais être un démon ». Etre vegan, c’est faire ce que l’on peut, ce qui est accessible. Si tu ne peux qu’arrêter de manger de la viande, c’est déjà ça, des milliers d’animaux en seront enchantés !

      Concernant ta question sur l’extension de « notre » combat pour les animaux à la souffrance humaine, je dirais que l’homme est un animal comme un autre, mais que pour ma part, je fais juste ce que je peux…

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  24. Anti-végétalisme ?
    Hmmm…non, on est anti-normal, jamais anti-révolutionnaire…À la rigueur, antisémite, mais là, en termes de parallèles foireux, on est servi !
    Contre-véganisme
    Ça serait plus adapté à un mouvement actif qu’à une réaction passive, encore une fois.
    Invisibilisation du végétarisme ?
    Long et incomplet.
    Le rejet des végétariens ?
    À creuser…mais le terme « rejet » semble un peu fade…La marginalisation ? L’exclusion ? Le diktat carniste ?
    Whoa, nous voilà prêts pour les camps d’extermination !
    Stigmate végé ?
    Hmmm…y’a du mieux…au moins, on évite les parallèles foireux avec la « phobie » dirigée envers un groupe social, ou la « phobie » des araignées, des foules ou des espaces clos (parallèles qu’on croise plus rarement, j’avoue). D’ailleurs, on évite tous les parallèles…
    Ah…Non -_-‘ …… « Stigmate », c’est un peu religieux quand même. Et ça fait pas du tout auto-victimisation…

    Oh, je sais !
    La Résistance Carniste

    Parce que Hitler était végétarien.

  25. Je m’incruste dans les commentaires avec un temps de retard – même si j’ai lu l’article le jour de sa parution.
    Je ne suis pour ma part pas végétarienne. J’ai mes raisons, je préfère le dire d’entrée de jeu puisque cela influe sur ma perception de l’article, du phénomène qu’est la végéphobie, mais j’ose espérer que cela n’influencera pas les éventuelles réactions à ce commentaire. Tout simplement parce que je pense que l’on ne peut pas me résumer simplement comme « mangeuse de viande », de même que l’on ne peut résumer un végétarien/végétalien à sa particularité de « mangeur de salade », pour reprendre le terme de l’article. Nous sommes tous bien plus que ça, et ce serait à mes yeux dommage de se limiter à cet aspect seul d’une personne.

    – J’ai des amis végétariens, et je ne considérais pas qu’affirmer que j’aimais la viande était un manque de respect. C’est un fait, et à mes yeux le cacher serait hypocrite. (Puisque l’article entre ici dans le détail, oui j’aime la viande saignante, parce que je l’apprécie d’avantage ainsi et non-pas pour marquer ma différence vis-à-vis des végéta*iens) Je ne me vois pas prétendre le contraire ou éviter le sujet devant un(e) ami(e) végétarien(e), parce que ce serait, si je puis me permettre, me foutre de sa gueule. Et je respecte mon entourage, donc j’évite ce genre de comportement. Du coup, la lecture de cet article me permet de me remettre en question sur le sujet, même si je n’ai toujours pas trouvé la réponse. Parce qu’en fin de compte, autant dire à quelqu’un « Ah, tu es végétarien ? T’es vraiment con, la viande c’est trop génial, moi j’adore ça, etc… », ce serait à mes yeux de la végéphobie et je n’envisage en aucun cas de porter ce genre de jugement, autant reconnaître que je ne partage pas le même régime alimentaire qu’une autre personne ne me choque pas.
    (Du coup, si vous êtes végéta*ien(ne) et que vous lisez ce commentaire, n’hésitez pas à me dire comment vous voyez la chose de votre point de vue ! Parce que je peux tout-à-fait comprendre que l’autre se sente agressé dans ce genre de discussion même lorsque ce n’est pas mon but, alors autant en parler : pour l’instant, je n’ai pas assez de recul seule pour ce type de situation.)

    – Par contre, ce qui me choque… C’est l’ensemble des discriminations décrites dans cet article, dont je n’avais jamais entendu parler. Parce que concrètement, qu’a-t-on à reprocher à une personne qui refuse de manger de la viande ? Je veux dire… Tant que les parents veillent à ce que l’enfant ne souffre pas de carences alimentaires, pourquoi les considérer comme mauvais parents ?
    Et pourquoi n’entend-on pas parler d’avantage de ce genre d’abus ? J’imagine que la communauté végétarienne/végétalienne est plus au courant de ces sujets que le reste de la population, mais là, pour le coup, j’en reste sur le popotin. Sérieusement. Et s’il existe des solutions pour faire cesser ce type de discrimination, je suis toute ouïe.

    Bref, je débarque un peu de mon monde de Bisounours, je dois avouer que dans mon entourage, une personne végétarienne n’est en rien différente d’une autre, alors que de telles discriminations soient tolérées me surprend vraiment. Du coup, si vous avez envie de répondre, d’ajouter de la matière au débat ou simplement de partager votre expérience sur le sujet, n’hésitez pas, ça me ferait plaisir. Toute critique est intéressante, tant qu’elle est rédigée dans une démarche constructive ! =)

  26. Je ne suis pas encore totalement vegan, mais j’ai commencé ma transition récemment et je compte ne plus consommer de produits animaux d’ici quelques mois (je ne sais pas comment je vais faire passer ça à mes parents, pour l’instant la réduction de viande et de produits laitiers passe pour un assainissement de mon alimentation). Je tiens aussi à te dire que c’est toi qui m’a fait questionner le fait de manger de la viande, même si j’ai ensuite beaucoup fait de recherche sur internet.

    Je ne pense pas qu’on puisse comparer l’homophobie ou le racisme à la « végéphobie ». Je ne pense même pas que cela existe de cette manière. Le véganisme est un système d’idée qui s’applique dans la réel et qui est impopulaire chez beaucoup de gens. Personne ne songerait à inventer le terme de marxistophobie pour décrire le maccarthysme dans les années 50. Personne ne songerait à parler de christiannophobie lorsque des chrétiens sont persécutés (par exemple les chrétiens d’orient ou anciennement les pays communistes) parce que ce sont des systèmes d’idées. Il y a des gens qui parlent d’islamophobie, mais ça me semble être une manière pour les gauchistes de couper court à toute critiques des musulmans ou de l’islam et de cacher les problèmes qui existent actuellement avec cette religion. Une idée nouvelle est presque toujours combattu et parfois de manière stupide et violente et pour de mauvaises raisons, mais je ne pense pas que cela puisse être comparé avec l’homophobie ou le sexisme/racisme autrement que de manière superficielle.

  27. Bonjour,

    je trouve ton article intéressant, mais j’ai un problème avec le terme  » végéphobie « … C’est comme pour homophobie, ou  » grossophobie  » … Est- ce que ce sont vraiment des phobies ? Ou pas plutôt, de la haine ou du rejet de la part des gens ? J’ai l’impression que  » phobie », disculpe…

    De plus, je ne comprends vraiment pas en quoi un végétalien pourrait être effrayant …
    Bises

  28. Ping : Spécisme | Pearltrees

  29. Hola, je lis souvent ton blog parce que végane et féministe (et parce que c’est chouette, touça), je suis tombée sur cette émission Arte passionnante, http://www.arte.tv/guide/fr/045331-000/pourquoi-les-femmes-sont-elles-plus-petites-que-les-hommes?autoplay=1
    En dehors de ce qu’on y apprend sur l’évolution et le dimorphisme sexuel, il y a une ou deux remarques qui sous entendent que la viande est indispensâââble, et affirment que les produits animaux contiennent des choses magiques introuvables ailleurs qui feraient grandir. Je ne fais pas de bio, donc je me demandais ce que tu en pensais, si c’est significatif, documenté, etc! Bonne continuation sur ce blog !!

    • ben heu tout le monde me parle de ces choses magiques mais quand on demande de les nommer, ces choses, c’est soit rien du tout, soit « protéines » (sans blagues…) ou « fer », donc des choses qu’on retrouve dans les plantes. Donc c’est juste des foutaises à mon avis.

      • J’ai écouté l’émission et le commentaire (au bout de 7 minutes environ) est : « L’alimentation est un facteur clef de la croissance. Pour grandir, nous avons besoin de calcium, et de certains éléments protéiques qui ne se trouvent que dans les oeufs, le poisson, la viande et les laitages ».

        Une partie du commentaire erronée serait donc : « qui _ne_ se trouvent _que_ dans les oeufs, le poisson, la viande et les laitages » ?

        Peut-être la commentatrice aurait-elle dû dire plutôt :
        « qui se trouvent dans les oeufs, le poisson, la viande et les laitages » (sous-entendu : entre autres) ! Non ?

        Plus loin, vers la fin il y a des commentaires sur l’accès à la viande et aux protéines animales (le fait que les hommes sont privilégiés notamment), mais ça ne sous-entend absolument pas que les protéines animales soient indispensables. C’est juste factuel : les hommes ont eu des protéines animales, les femmes se sont contenté de manger de la salade, et elles sont moins grandes (ha, j’ai spoilé la fin de l’émission, désolée ^_^ ). Peut-être que si les femmes avaient consommé plus de protéines végétales….? Enfin je n’en sais rien, je ne suis pas spécialiste !

        • Il faudrait faire une analyse plus profonde des idées fausses qui existent sur l’alimentation, la préhistoire (les humains en « nature » si on veut) et les rapports hommes femmes pour comprendre les conneries qui sont dites sur la viande. Il est d’ailleurs étonnant de constater les liens que notre culture imagine entre la viande et le patriarcat et l’idéologie naturaliste. À la fin ça donne la caricature de l’homme des cavernes qui revient à la grotte avec le gibier et la femme des cavernes qui est là pour l’attendre qui justifie à la fois toute les conneries patriarcales (ou en tout cas sa version actuelle) et la consommation de viande.

          1) Le rapport entre la viande et la masculinité est totalement mythologique. Le lien indirect qui existe est celui de la dépendance économique des femmes qui existe quand l’essentiel de l’alimentation vient de la chasse, de l’élevage ou que l’agriculture requiert le travail de gros animaux comme les bœufs. Il n’y a d’ailleurs rien dans la viande qui puisse être lié à la masculinité d’un point de vue biologique. D’ailleurs les pays où l’on consomme beaucoup de viande industriel sont généralement des pays avec de forts mouvement féministes.

          2) Les humains ont vécu en Afrique et au proche orient pour l’essentiel de l’histoire d’homo-sapiens et dans ces régions les chasseurs cueilleurs que l’on connait consomment l’essentiel de leurs alimentations sous forme de plante et l’on peut imaginer qu’avec des armes beaucoup moins sophistiquées les humains de la préhistoire mangeaient encore moins de viande. Les sociétés qui chassent pour le gros de leur alimentation sont des créations tardives qui n’existent que depuis les derniers millénaires du paléolithique supérieur dans des zones très nordiques (colonisées récemment). Le corps humain n’est d’ailleurs pas fait pour consommer beaucoup de viande comme le montre le fait que le corps humain se met en état de cétose dans le cas d’une alimentation trop protéiné (viandé) (régime atkins ou régime paléo par exemple). Cet état de cétose est pathologique et peut causer de grave dégât à terme y compris sur le cerveau si c’est pendant une période de développement importante. http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9tose_%28di%C3%A9t%C3%A9tique%29
          http://en.wikipedia.org/wiki/Ketosis On peut donc dire que l’humain est naturellement plutôt végétarien et que nous ne somme pas censé consommer de la viande de manière importante et massive. La consommation de viande dans les sociétés du paléolithique étaient sans doute occasionnel au mieux. Il y a aussi d’autres indications que nous ne sommes pas censés être des prédateurs comme la taille de l’estomac, les dents et autres, mais le fait que notre métabolisme ne le tienne pas bien me semble plus important.

          3) Or nos contemporains imaginent à tort que l’état naturelle de l’humanité est le patriarcat dans sa version tardive et plaquent un modèle de certaines classes aisés des civilisations plus tardives où la femme est dépendante de l’homme pour son alimentation et son bien être matériel sur le passé. Or, ce modèle de dépendance n’existe que dans certaines sociétés tardives. Il est à noter que ce modèle de relation entre les sexes n’existent nulle part dans la nature. Chez aucune espèce animal la femelle n’est dépendante du mâle pour s’alimenter, même lorsque le dimorphisme sexuel est très marqué et que le mâle domine, la femelle n’est pas dépendante de cette manière. Chez les mammifères carnivores la femelle chasse et le dimorphisme sexuel est peu marqué. Les espèces d’hominidés plus anciennes comme homo habilis avaient d’ailleurs un dimorphisme sexuel bien plus marqué que nous. Le plus viandard des hominidés était neandertal et il avait le dimorphism sexuel le moins marqué. Les néandertalienne chassait une bonne partie des proies, ce qui est très rare chez homo sapiens d’ailleurs.

          J’espère ne pas avoir été trop long et avoir été clair même si je ne suis pas totalement à jeun. J’imagine que d’autres pourraient m’aider à clarifier et étayer le lien que notre société fait entre masculinité et viande et cette idée du mâle chasseur et conquérant qui rapporte le butin à la caverne et de la femme passive avec ses plantes. Ça à l’air d’une caricature, mais il y a énormément de gens qui semblent avoir en tête ce schéma mentale de la nature humaine d’une manière ou d’une autre, même si c’est moins caricaturale et plus nuancé (un peu comme le vrai mec virile et la vrai fille féminine).

          • L’émission est moins caricaturale que ce que j’en ai résumé. Mon com était volontairement caricatural, désolée que ça n’ait pas été assez clair.

            Après, c’est vrai qu’ils disaient que les femmes n’avaient pas autant accès à la viande que les hommes, et là-dessus je ne sais pas ce qui est fondé ou non.

          • Je pense que c’est n’importe quoi puisque le dimorphisme sexuel est autant si non plus important chez les herbivores. Homo habilis et homo erectus mangeaient bien moins de viande et la différence homme femme était plus marqué chez eux. Et comme l’a fait remarqué l’elf, il n’y a rien de bien particulier dans la viande qui fassent grandir et qui ne se retrouvent pas dans les plantes (il y a beaucoup de protéines et des minéraux et du gras surtout).

            J’avais compris que ton com était caricaturale, mais la caricature n’existe pas dans le vide. Il y a énormément de gens qui associent la viande/chasse à la masculinité et qui imaginent des choses invraisemblables sur la nature humaine et le rapport entre les sexes ou ce qu’il devrait être « naturellement ». Ce que mon commentaire voulait expliquer c’est que tout cela est basé sur une représentation fausse de la viande en elle-même et de ce qui pourrait être considéré comme le comportement humain à l’état naturelle (dans la mesure où cela a un sens).

  30. Merci beaucoup pour cet article, je l’ai lu avec beaucoup d’attention…Et je tombe de haut ! J’ai enfin osé franchir le pas du végétarisme, je tend vers le véganisme à mon rythme, mais ça ne fait pas longtemps et je n’ai pour l’instant pas encore eu à me confronter à la malveillance d’autrui. Enfin, ça va pas tarder avec les mariages et fêtes de famille cet été…Déjà que je tique aux blagues sexistes, je pense que je vais emporter des points carottes et un bingo pour me détendre^^

    Ton article m’a pas mal effrayée en ce qui concerne les enfants. Les miens sont intolérant au lait de vache, on l’a compris il y a peu de temps, y compris ma bébé que j’allaite, et ça fait longtemps que j’ai abandonné toute idée de leur faire avaler une bouchée de viande -je ne les ai jamais forcés, ils n’aiment pas. J’ai maintenant très peur d’aborder tout ça avec le pédiatre :/ Je ne sais même pas si je dois lui dire quoique ce soit ou comme pour l’allaitement, « mentir » pour ne pas m’attirer les foudres de la médecine…En ce sens, l’article va me donner matière à réfléchir soigneusement à tout ça :)

    En fait, je pense que le terme « végétophobie » est bien choisi, cette société à décidément un problème.

    • Tu sais ça dépend des pédiatres, c’est un article sur la végéphobie donc je relate les attitudes « végéphobes », mais parfois aussi ça se passe bien. Bon après c’est vrai que moi-même je ne sais pas ce que je vais dire à mon pédiatre. C’est difficile, on ne sait pas comment la personne va réagir. On peut se renseigner pour essayer de trouver un médecin vg-friendly (y a le site de l’ASPARES pour ça, ou le bouche à oreilles). Mais c’est pas évident.

      • Je ne pense pas qu’il va apprécier. L’an dernier j’ai tâté le terrain en essayant de le questionner sur le possible lien entre l’introduction du biberon et la poussée d’eczéma de mon fils, il m’a dit « mais non le lait ne fait pas ça ».

        Je vais aller voir ce site, merci^^

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  32. Bonsoir,

    Je suis tombée sur ton blog en déambulant sur le net à la recherche d’articles traitant du sujet et c’est devenu en quelque sorte mon refuge.Je lis tes articles avec une très grande attention et ça renforce « ma foi ».

    Alors pour revenir à l’article présent,qui est d’une redoutable pertinence,j’avoue m’être énormément retrouvée.Pis encore,il y ‘a un problème qui relève justement de cette Végéphobie et que je vis assez souvent: Étant Marocaine convertie au végétarisme,je vis dans une société ou la religion ( en l’occurrence l’Islam) tient une place prépondérante dans la vie des gens.Alors quand j’affirme être Végétarienne,on me sort le sempiternel argument évoqué justement dans un de tes articles il me semble ( qui traitait de la culture judéo-chrétienne) : Dieu a crée les animaux pour servir les humains,point.Et qu’en ne consommant pas de chair…tu vas à l’encontre de la volonté de Dieu,qu’il y ‘a des pauvres qui souhaiteraient manger de la viande et s’en trouvent privée alors toi tu refuses d’en manger par pur snobisme( a titre de rappel,consommer de la viande au Maroc est un « luxe » que certaines personnes ne peuvent pas se permettre) sans mentionner bien évidemment les arguments classiques et clichés que j’entends tellement souvent que j’ai l’impression de saigner des oreilles a chaque fois qu’on commence à les lister…

    J’ai envie de leur cracher au visage à ces gens,que je non ne suis pas aussi religieuse que vous,loin de là,que je ne prends pas les choses comme elles sont,j’ai besoin de me poser des questions ,j’ai besoin d’évaluer ce qui est éthique et ce qui ne l’est pas,que l’importance d’une vie d’un veau ou une poule passe bien avant à celle d’un plaisir gustatif égoïste de 10 min,j’ai envie d’évoquer dix milles raisons qui font que je me bats pour cette cause…Mais je n’ai pas non plus envie de laisser le repas se transformer en véritable procès,encore moins de me faire taxer de la « mécréante de service » ce qui est vraiment très mal vu dans notre société et qui serait sujet à une éventuelle oppression d’une toute autre forme…

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