Le vrai mec et la vraie fille : deux abrutis au service du Patriarcat

Quand j’ai écrit le Manuel du vrai mec, cet « étalon priapique au QI de moule » (sic) censé servir de modèle au genre masculin, on m’a suggéré d’écrire aussi sa version fille. Parité oblige, je m’y suis employée, et voici le portrait de la Vraie Fille Féminine, cette ravissante idiote qui s’habille en rose à paillettes. Ils font un joli couple, c’est sur: aussi abrutis l’un que l’autre. Mais attendez, quelque chose me turlupine… Mais oui ! Depuis quand le sexisme est-il paritaire?

Mais oui, ces deux imbéciles virtuels, là, on est bien d’accord qu’y en a pas un pour attraper l’autre, mais on est aussi d’accord pour dire qu’ils sont très différents… Complémentaires, diront les bien-pensants. Certes mais… Bon, disons différents(1). En quoi? Où vont-ils? A quoi servent-ils?

Si j’étais une Vraie Fille Féminine (ce qui est impossible, mais bon, c’est juste une hypothèse), je me contentais de parler de l’égalité des sexes, de préférence après m’être départie de toute velléité féministe (on sait jamais, je pourrais déplaire à quelqu’un, et de là à finir vieille et seule dévorée par ses chats, il n’y a qu’un pas très vite franchi). Et donc, je dirais ceci: le sexisme, cépabien. Ce serait tout juste ce qu’on attend de mon intelligence, et je pourrais secouer mes cheveux en faisant « hihi ». En plus, tout le monde serait d’accord avec moi. Le top.

Toujours si j’étais une VFF mais si, en plus, j’avais vraiment envie de briller en société, et pour dire que si je porte des lunettes c’est parce que je suis intelligente et pas seulement bigleuse, j’ajouterais ceci: le sexisme, c’est pas seulement contre les femmes, c’est aussi contre les hommes. Alors là, on m’applaudirait des mains et des pieds: une pensée si originale, émise par une blonde (oui, je me serais teinte en blonde). Et en plus, c’est tellement gentil et bisounours de dire ça, je ne vois vraiment pas qui serait pas d’accord avec une telle affirmation. Les hommes seraient tout contents, en particulier. Enfin, on s’intéresse à leurs problèmes. C’est dur de devoir payer l’entrée en boîte le vendredi soir.

Notons bien que dans les deux cas, j’aurais tout à fait raison. Mais je ne suis pas une VFF, je suis une féministe hargneuse, extrémiste et vindicative (rayez les mentions inutiles: poilue, mal baisée, hystérique, avec option chats). Et je fous les pieds dans le plat, quitte à ce qu’on ne m’invite plus dans les dîners mondains. Je pose donc la question: et la domination masculine, dans tous ça?

Le sexisme contre tous

Notons bien que la demoiselle ou le damoiseau qui se fend d’une réflexion sur le « sexisme qui est contre les hommes aussi bien que les femmes », elle ou il a tout à fait raison. Ca fait pas de vagues de le dire, donc on n’hésite pas à en remettre une couche sur ce thème; personne n’a à se remettre en question… Et ce n’est pas aller bien loin dans la réflexion, donc ça fait pas trop mal à la tête. Mais pour autant, c’est vrai, je ne souhaite pas remettre cette affirmation en cause. D’autant plus qu’à la base, si j’ai écrit un article sur le Vrai Mec, c’est justement parce que j’avais en tête ce modèle masculin dévalorisant, et le fait que les hommes sont souvent considérés comme de parfaits abrutis ayant une bite à la place du cerveau, dénués de sentiments et de moyens de les exprimer, obsédés par le pouvoir et la transmission de leur patrimoine génétique. Or, je pense que les hommes valent mieux que ça.

Un homme, un vrai, est bien trop con pour se servir d'un lave-linge.

Après avoir décrit l’archétype de l’Homme et l’archétype de la Femme tels que vus et voulus par la société patriarcale, et en précisant bien qu’aucun humain n’y correspond tout à fait, je pense qu’il est suffisamment clair que je pense que le sexisme dévalorise tout le monde, homme ou femme, et qu’il est, au final, nuisible pour tous. Plus haut, j’ai un peu déconné en me moquant des hommes qui se plaignent de devoir payer l’entrée en boîte, mais c’est aussi parce que je pense que ce que le patriarcat fait subir aux hommes est bien plus graves. Se conformer à un modèle comme le Vrai Mec ne se fait pas sans douleur. Petit déjà, l’homme est dépouillé de lui-même, détruit dans son humanité. Il n’a pas le droit de pleurer, de parler de ses sentiments, ou de les montrer. Il est prié de souffrir en silence et d’avoir la plus grosse bite possible, ou autre quelconque substitut phallique, sous peine de n’être plus rien. Plus tard, on lui apprendra que s’occuper des gosses, c’est un truc de bonne femme, et qu’il ferait mieux de travailler. Voir grandir ses enfants, leur parler, être là pour eux: des trucs de gonzesse. Il y a bien plus important: ramener la pitance à la maison. Et surtout, ne pas être un pédé. Ne pas aimer les hommes. Ne pas être faible. Ne pas avoir besoin d’affection. Ne pas penser trop. Ne parler que pour étaler sa culture, parce que la parole est un instrument de pouvoir, et non de partage et d’échange.  Bref, devenir un con. Tout vaut mieux que d’être assimilé au sexe faible.

Quant aux femmes elle-mêmes… Je ne détaillerai pas ici toutes les avanies que l’on subit au cours de sa vie pour être née avec un vagin – ou plutôt, dénuée de pénis, comme aimait à le rappeler Freud. Plusieurs générations de féministes se sont employées à décrire ce que c’est que d’être femme dans une société d’hommes. Femme-outil, femme objet, sainte mère ou putain, ménagère ou objet sexuel, lafâme est multitâche: elle peut servir aux tâches domestiques, à l’éducation des enfants, à tailler des pipes mais surtout à faire joli. Elle n’existe jamais par elle-même, elle n’est qu’esclave dévouée, de ses enfants ou de son mari; toute heureuse de s’occuper des tâches ingrates, tant que ça lui laisse le temps de s’épiler le maillot et de se botoxer la gueule pour essayer ressembler à Barbie, parce que son corps au naturel est quelque chose de dégueulasse.

Alors, qui souffre le plus?

Question ridicule et indigne à laquelle jamais je n’essaierai de répondre. Parce que c’est impossible de comparer entre elles les souffrances de plusieurs milliards d’individus, mais surtout parce que c’est inutile et parfaitement abject. Quelque chose en moi se révolte quand on essaie de me faire avaler des comparaisons entre deux types de souffrances qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. On m’a déjà dit sans rire que le féminisme n’est pas aussi important que le spécisme parce que les animaux souffrent plus que les femmes. Quels animaux souffrent plus que quelles femmes? Est-on la femme violée ou battue, est-on la vache à lait pour savoir laquelle souffre le plus et le mieux? Quel sens cela peut-il bien avoir de comparer deux souffrances si différentes? Et combien une victime doit-elle souffrir pour qu’on s’intéresse à elle? Beaucoup? Un peu plus que sa voisine? La souffrance n’est-elle pas suffisante pour qu’on s’y intéresse, doit-on l’évaluer, la soupeser, doit-on tenter de savoir si les opprimées saignent et pleurent suffisamment pour qu’on se soulève contre l’oppression?

Non, je ne répondrai pas à cette question. Mais je reviens à ce que je disais plus haut: quid de la domination masculine? Les hommes et les femmes souffrent, et puisqu’on ne peut pas comparer entre elles deux types de souffrances différentes, et puisque, de surcroit, les modèles féminin et masculin sont aussi idiots et détestables l’un que l’autre… alors le sexisme est-il paritaire?

Certes non. Il n’y a pas d’égalité dans l’oppression. De toutes façons, les femmes entre elles, pas plus que les hommes entre eux, ne sont pas égalitaires face au viriarcat, et de toutes façons, c’est une caractéristique commune à toutes formes d’oppression: ceux qui la subissent, la subissent de façon inégale. Certains en souffriront toujours plus que d’autres, mais tous sont opprimés.

La dévalorisation des hommes et des femmes: à quoi sert-elle?

Au partiarcat bien sur. Et pourtant, malgré tout ce que j’ai dit jusque là, le patriarcat désigne, dixit wikipédia : « une forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes ». Sans vouloir minimiser d’aucune façon les différents types de souffrances infligées aux hommes pour le maintient de ce système, il ne fait aucun doute que nous vivons dans un monde dirigé par les hommes, pour les hommes, et que les femmes n’en sont que des accessoires très prisés. La domination masculine est une réalité, qu’importe qu’elle nuise aussi aux hommes ou au moins à certains d’entre eux.

De toutes façons, quand on y réfléchit, les systèmes d’oppression ne profitent généralement pas aux dominants, ou peut-être à une petite poignée d’entre eux, et encore. Les carnivores sont-ils plus heureux que les végétariens? J’en doute fort. Sont-ils en meilleure santé? Ce n’est pas ce que disent les études scientifiques sur le sujet. Ils perpétuent pourtant un système d’oppression fondé sur la supériorité de l’espèce humaine sur les autres espèces. Certains même en souffrent, se forçant à manger de la viande, tombant malades… On pourrait me répliquer que, par exemple, les riches sont plus heureux que les pauvres, que le système d’oppression formé par le capitalisme profite à certains. Je ne crois pas, pourtant, que les riches soient plus heureux parce qu’ils sont riches et que d’autres sont pauvres. Ils ont le pouvoir, certes, et plus de possibilités d’accéder au bonheur. Mais en auraient-ils moins dans une société égalitaire? J’en doute fort.

Bref, le pouvoir est au main des hommes, ou du moins, être un homme semble une condition nécessaire pour accéder à un certain niveau de pouvoir(2).

Ce qui m’amène au point que je voulais défendre ici: tout aussi dévalorisants et idiots qu’ils soient, les modèles féminin et masculin ont un rôle dans le système patriarcal, et ces rôles diffèrent, parce que les hommes et les femmes n’ont pas la même place dans le système.

Le modèle masculin du « vrai mec » sert à appuyer le pouvoir des hommes, et bien souvent, à diminuer leurs responsabilités. Le « vrai mec » est un surhomme avant d’être un homme. Il est idiot, certes, il a la capacité émotionnelle d’une tondeuse à gazon, il en a aussi le caractère purement fonctionnel… Ces insultes envers les hommes, finalement, les installent dans des rôles dominants. On excuse le violeur parce que « c’est normal », pour un homme, de ne pas pouvoir se contrôler, c’est normal d’avoir une bite à la place du cerveau… On insulte tous les hommes au passage, soit tu es un violeur potentiel parce que tu penses avec ton kiki, soit tu es une femmelette, un pédé, pas un vrai mec, quoi. On excuse l’homme pour ne pas savoir faire cuire des pâtes, chauffer un biberon, laver ses slips, parce que « c’est normal », un vrai mec ne sait pas faire ces choses-là. Certes, on le dénigre, puisqu’on le pense incapable de s’occuper de la salubrité de l’espace dans lequel il vit, de son hygiène personnelle et du bien-être de sa progéniture (ce qui est largement à la portée du bonobo, du pingouin ou de l’hippocampe). Mais en insultant les hommes, on charge les femmes de toutes les incompétences et incomplétudes masculines. Finalement, pourquoi se faire chier à apprendre à passer l’aspirateur? Elle le fera, elle. Certains préfèrent effectivement passer pour des abrutis plutôt que de se charger des tâches ingrates avant qu’une femme le fasse. De toutes façons, se conformer au modèle masculin est, finalement, valorisant d’une certaine façon (tant qu’on est pas trop regardant): on est trop cons pour savoir faire marcher un aspirateur, mais on dirige la planète.

Le modèle féminin, lui, a, évidemment, l’objectif inverse: faire entrer les femmes dans une catégorie d’être dominés et soumis. Pour cela, c’est facile, il suffit d’amputer notre individu féminin de tout ce qui fait un individu: reste le féminin… La femme est une potiche. On la considère parfois moins intelligente que l’homme, mais généralement, on se contente de ne pas considérer son intelligence mais uniquement ses qualités esthétiques. Elle est une femme avant que d’être une personne. En plus d’être réduite à son sexe, la femme est aussi prise pour une assistée notoire: on la considère incapable de se débrouiller toute seule, de vivre heureuse par elle-même (sans un homme), de porter une valise, de monter une étagère ikéa ou d’ouvrir un pot de cornichons. Incapable de se déplacer seule sans un chaperon pour la protéger. On la soumet à un jugement constant, on lui fait comprendre qu’elle doit plaire à tout prix, ce qui est bien pratique: on veut qu’elle se taise? Faisons-la passer pour une bavarde(3). On veut qu’elle reste à la maison? Taxons-la d’incapable au volant. On veut la payer moins? Traitons-la d’incompétente tout court, pour des prétextes divers, ou faisons croire que c’est de sa faute, qu’elle est incapable de négocier son salaire, ou encore que ça ne l’intéresse pas (elle veut juste être jolie !). On veut qu’elle soit disponible sexuellement? Traitons-la d’allumeuse. Et au passage, amputons-la de toute velléité d’avoir sa propre sexualité, ainsi son sexe sera au service des hommes. Pauvre petite chose passive, subissant. Mais, prétendent-ils (et prétendent-elles!), c’est dans la nature féminine.  Un peu facile, comme explication.

Ainsi, on voit opérer un glissement de la responsabilité des uns vers les autres. Ce qui est de la responsabilité des hommes (comme, par exemple, se tenir correctement en présence d’une femme au lieu de lui mettre une main au cul juste parce qu’on en a envie), devient la responsabilité des femmes (ne pas donner envie à un homme de te toucher le cul, et dans le même ordre d’idée, ne pas être violée…). C’est parce que les hommes sont des abrutis, voyez-vous… A d’autres ces salades.

C’est ainsi que les insultes et autres avanies que les hommes et les femmes subissent continuellement servent à asseoir le pouvoir des uns, et la soumission des autres. Non, nous ne sommes pas égaux devant l’oppression, mais pourtant, nous avons tous et toutes intérêt à ce qu’elle cesse.

 

(1)Un jour, faudra quand même que je vous parle de ce que je pense de la sacro-sainte « complémentarité des sexes ». Ca va pas être triste. Si vous êtes sages, y aura des dessins.

(2) Les choses changent, et on voit même des femmes ministres. L’affaire de la robe bleue de Cécile Duflot a fait des émules, nous rappelant que certains hommes sont toujours prêts à remettre les femmes à leur place. Voir surtout l’excellent documentaire sur les femmes de pouvoir, Madame la ministre.

(3) Les études tendent à montrer qu’en réalité, les femmes parlent moins que les hommes (voir notamment ici). Mais « dans une expérience où l’on présente un dialogue entre une femme et un homme, et où les deux interlocuteurs parlent pendant la même durée, les participants ont quand même estimé que la femme est plus bavarde que l’homme« .

Lire aussi, sur le blog  » Genre ! « : Hé, les mecs, on vous prend pour des cons

27 réflexions au sujet de « Le vrai mec et la vraie fille : deux abrutis au service du Patriarcat »

  1. Well, le patriarcat est un régime social qui opprime hommes et femmes, de manière différente, mais qui, au final ne convient qu’à ceux qui s’y conforment parfaitement sans se poser de questions. La VFF de base et le VHV ne se posent pas ces questions, et ne sortent pas du cadre qu’on leur a donné. Ils voient la vie à travers une grille de lecture avec pour seule consolation quand les suppositoires sont durs à avaler « dura lex sed lex ». Une société égalitaire, ma bonne dame? Mais ça serait pire que le communisme!
    Quand on sort du cadre, quand on s’éloigne, qu’on prend du recul et qu’on assume son statut d’être humain, d’individu avant le statut social imposé par le sexe, on est « bizarre » voire « hippie de merde avec tendances écolo ».
    Diverses études ont été faites sur les rats et ceux qui sont le plus tendus, qui subissent le plus de pression sont justement les dominants. Les dominés, sans esprit de rébellion sont les plus relaxés. Oui, le patriarcat est un très bon moyen de maintenir le peuple dans un état de peur. Faute de pouvoir le maintenir dans un état d’ignorance (ce qui a été fait pendant des siècles), on le maintient sous contrôle par la peur. La peur de déplaire, la peur de ne pas entrer dans le moule, la peur d’être seul, la peur de ne pas remplir ses objectifs, la peur de se faire plaquer, la peur de ne pas séduire etc. La peur est le meilleur (mais pas le seul) levier du patriarcat pour fabriquer des VFF et des VHM.
    Quand les peuples n’auront plus peur d’autri, quand ils n’auront plus peur d’un système de valeurs archaïques, alors, oui, nous serons nous-mêmes.

  2. L’elfe, tu décris avec clarté le mécanisme employé par la classe oligarchique pour opérer le maintien de ses intérêts.
    @supersucker : Les historiens à venir seront ahuris de constater à quel point la population actuelle vivait dans l’ignorance la plus totale de la réalité des choses. D’ailleurs, des gamines qui ont de fines analyses comme celles de l’elfe, ça ne court pas les rues, et ce n’est pas tant dans la peur que dans l’habitude que nous nous montrons serviles, déstructuré de toute pensée propre.

    • Excellent article !
      Par contre je ne peux pas m’empêcher de tiquer sur le « gamine », un relent de paternalisme ? Ce serait le comble pour un article sur le sexisme

      • J’ai usé de ce mot comme j’aurais pu le faire de n’importe lequel. Aucune connotation trompeuse. Je l’éditerais si je le pouvais.

        • Oui je posais juste la question. Sinon je suis d’accord avec ton commentaire et je suis persuadée qu’on ne se rend compte que de la surface des choses, le sexisme étant tellement enraciné dans notre société … De quoi surprendre les futurs historiens …

  3. Je trouve cet article très injuste. C’est absolument scandaleux de ridiculiser ainsi les moules et les tondeuses à gazon.

  4. Ping : Féminismes | Pearltrees

  5. De ce que je pense après avoir lu ton article :
    Le patriarcat est une tradition orale. La construction d’une pensée ne se fait pas sans influence d’autrui et les mots qui paraissent les plus innocents sont ceux qui peuvent avoir le plus d’importance sur longues échelles. D’où l’importance de se fixer ses propres règles et apprendre à ne pas y céder. Bref, le plus important dans ce monde est de savoir que dépasser un certain âge, aucune parole n’est tout-à-fait innoncente, que ce soit inconscient ou conscient chez une personne.

    « Que votre parole soit impeccable. » Dirait un principe toltéque.

    Deuxièmement, le patriarcat, est en globalité toute forme discriminatoire, provoque un cercle vicieux, où les personnes sont limités dans leur choix, dans leur pouvoir, où on limitent leurs capacités à percevoir le monde sous des angles différents, ce qui permettrait une vision plus globale de ce monde et ainsi le remettre en question.

    Bref, j’ai aujourd’hui compris que je ne peux pas vivre plus de deux mois pour les vacances chez ma mère, parce que je n’ai même pas envie de faire la lessive, la vaisselle, le ménage, la cuisine; parce que je sais qu’elle le fera. J’ai beau faire tout cela chez moi, dans mon propre appart’, une fois rentré au bercail, petit à petit, je me remets à faire le « mec sur son fauteuil ». J’ai moi-même l’impression d’être dépossédé de quelque chose, comme doit le sentir ma mère. Le patriarcat a cette force que ceux qui sont soumis à ce système n’ont pas de réelle volonté de la combattre ou de s’en défaire, même si ils sont conscient de ce système.

      • Ou pas. J’ai beaucoup d’exemples au cours de ces deux mois qui montrent que je suis loin d’être une feignasse. Dans ce cas particulier, j’essaye de faire des efforts. Mais quand tu sais que quelqu’un fera le boulot à ta place et bien parce qu’habitué, qu’il le fait en toute conscience de son rôle, il est difficile de s’en occuper, ou de vouloir changer la donne.

  6. Ping : Le vrai mec et la vraie fille au service du patriarcat | Les Questions ... | Féminisme | Scoop.it

  7. Des choses vraies !…

    Mais un peu vieux, je suis !!! Donc…

    On réinvente la poudre là, ce discours a déjà été pertinemment tenu dans les années 60 et 70, et en plus élaboré.

    Chère Elfe, je ne sais pas où vous vivez, mais mon monde semble proche de vos souhaits, il faudrait que vous vous en approchiez… (ou alors, je vis sur Proxima Centauri)

    Sinon, cela signifie que toute l’humanité, sauf vous, est formée de cons placides à kiki et pilou-pilou, génétiquement programmés, comme vos lecteurs et moi encore plus spécifiquement. J’imagine que nous partageons une certaine distance avec la religion, mais là c’est de la prédestination calviniste hardcore, pussy and cock are your highway to inferno !!! :D

    Ça me rappelle quand même Hara-Kiri et le Pr Choron !!! :)

    • Je pense que depuis les annees 70, il y a eu de sacrees regressions en ce qui concerne les libertes individuelles, la liberte d’expression en particulier, le droit des femmes, et beaucoup d’autres choses. les feministes des annees 70 ont entrepris une deconstruction souvent tres intelligente mais tout ce qu’il semble en rester dans l’esprit de la plupart des gens, c’est « les feministes veulent dominer les hommes » (mon dieu…). certes je ne dis rien de tres original, mais je le dis. Et je me doute bien que ce n’est pas tres elabore par rapport a la litterature feministe d’il y a 40 ans, mais c’est deja trop long et complique pour pas mal de gens.

  8. Ping : La pute, la sainte, et celle qui n’existe pas | Les Questions Composent

  9. Ping : Déconstructions des clichés les plus courants au sujet du féminisme. | L'Égalitarisme c'est pas ce que vous croyez !

  10. Ping : La Vraie Fille Féminine | Les Questions Composent

  11. Pour autant l’homme bénéficie d’office de ce système d’oppression. Même le plus gringalet et blanchâtre des hommes (comprendre : le moins viril) pourra sortir tard le soir sans qu’on lui demande des comptes. Un homme dont le jean est à ce point descendu que l’on voit les cuisses ne sera pas taxé de salaud (et de toute façon avec une connotation bien moins péjorative et sexualisée que si on traitait une femme de salope). Il y a des avantages à être un homme indépendamment du fait que l’on soit un homme viril. Disons qu’il suffit de ne pas déchoir, c’est-à-dire se comporter en femme. Une femme, elle, devra se soumettre à des dizaines d’injonctions contradictoires sans être à l’abri d’une remarque sur sa jupe trop courte ou son manque de maquillage.
    Cela ne signifie pas que l’image de l’homme est satisfaisante mais comme cela va de soi on n’est a priori pas chicané sur cette image, là où la femme doit activement se conformer.

    • C’est juste mais le premier exemple n’est pas très bien choisi car <> pour peu que sa démarche ou sa tenue ne soit pas considérée comme assez virile aux yeux des vrais mecs qui le croiseraient, sera rapidement interpellé, moqué, insulté voire agressé physiquement.

  12. Ping : Stéréotypie | Pearltrees

  13. Ping : féminisme | Pearltrees

  14. Ping : Domi Lasol (domilasol) | Pearltrees

  15. Ping : Déconstructions des clichés les plus courants au sujet du féminisme. |

Les commentaires sont fermés.