La Vraie Fille Féminine

Pour toi lecteur, j’ai mené une enquête fastidieuse. J’ai ressorti mes agendas du lycée. J’ai fouillé dans la cave chez mes parents pour ressortir mes vieilles barbies. J’ai regardé des photos de mariage. J’ai observé scrupuleusement la couverture d’un magazine Elle (bon, je l’ai pas ouvert, il faut pas pousser) et j’ai vaguement écouté la télévision en faisant des cakes. Aujourd’hui, cher lecteur, l’elfe va te révéler le début de l’embryon d’un mystère insondable. Aujourd’hui, et puisque le Vrai Mec en a déjà pris pour son grade, je vais te parler de la Vraie Fille Féminine.

Je me souviens, quand j’étais ado, aux mariages et aux bar-mitzva, j’étais sommée de reléguer mon jean au placard pour enfiler une robe achetée pour l’occasion, et montée sur une paire de talons sur lesquels je ne savais pas marcher, je me maquillais à la truelle. Alors, tout le monde s’extasiait: enfin, tu ressemble à une Vraie Fille Féminine ! Mais je savais bien que je n’en étais pas une, la preuve c’est que j’avais du mal à marcher avec des talons, que ma robe remontait sans arrêt, ce qui m’obligeait à la remettre en place toutes les dix secondes, et que j’étais beaucoup, beaucoup trop grosse (56kg pour 1m70).

De toutes façons, quelque chose en moi savait que je ne pouvais que donner l’impression d’être une Vraie Fille Féminine, mais que je n’en serai jamais vraiment une. Ce que j’ignorais, c’est que personne n’arrive vraiment à être une Vraie Fille Féminine, car c’est impossible. Qu’importe, la VVF n’a pas besoin d’exister pour être si présente dans nos esprits. Elle existe imaginairement, ce qui est bien suffisant pour parfois nous souffler à l’oreille notre conduite, à nous les femmes… Et peut-être bien aussi aux hommes.

barbie Mais pourquoi être une Vraie Fille Féminine?


La Vraie Fille Féminine est la plus belle créature de Dieu. C’est pourquoi il a omis de la munir d’un trou de balle. L’on fait courir le bruit qu’elle serait munie d’un vagin, afin qu’elle puisse enfanter, ce qui est la plus belle chose au monde. mais elle n’en parle pas, c’est pas propre, enfin, elle parle des enfants qu’elle aura, mais certainement pas d’où ils sortiront.

Si la Vraie Fille Féminine avait un sexe, il serait parfaitement lisse et glabre, comme celui des Barbies, et dégagerait une subtile odeur de rose. Elle fait beaucoup d’efforts, elle se rend chez l’esthéticienne, voir chez le chirurgien. Ca coûte cher et ça fait mal. Tant mieux: elle aime dépenser de l’argent et couiner pour un Homme.

Malgré son absence manifeste de trou de balle et le mystère qui plane sur l’existence de son appareil uro-génital, la Vrai Fille Féminine va souvent aux toilettes. Mais elle ne s’y rend qu’en bande. D’ailleurs, elle ne va jamais seule nulle part, car elle a peur qu’il lui arrive « quelque chose« .

Pour éviter qu’il lui arrive ce terrible quelque chose dont elle n’a pas la moindre idée, la Vraie Fille Féminine évite de se promener seule et de s’habiller de façon agicheuse. Mais il faut tout de même qu’elle soit sexy, sans quoi elle n’est plus une Vraie Fille Féminine. Aussi, elle dépense beaucoup d’énergie à fignoler ses tenues, et aussi à détester celles qui s’habillent plus sexy.

La Vraie Fille Féminine n’aime pas la solitude. Pourtant les hommes lui foutent les jetons, elle ne trouve pas toujours le parfait Ken qui la protègera, or les autres sont des mufles et des violeurs, c’est bien connu. Les autres VFF sont des salopes hautaines, et les filles jean-basket… Sont pas vraiment des filles. Pour pallier à ces inconvénients sans pour autant se retrouver seule, ce dont elle a horreur, la VFF a trouvé une solution: la copine moche.

La Vraie Fille Féminine n’aime pas les féministes. Elle a le droit de voter, que demander de plus? Elle aime être belle, vaporeuse et fragile, et cherche à tout bout de champ la protection et la sympathie des hommes. Eux, ils n’aiment pas les féministes, ça leur fout les jetons: partant du principe que leur phallus les rend supérieur, ils ne doutent pas un seul instant que les féministes complotent pour le leur couper. La Vraie Fille Féminine ne remet pas en question ce brillant raisonnement. Elle aime aussi que les hommes soient virils, insensibles et couillus. Alors, puisqu’elle aime être aimée, elle le dit haut et fort: « je suis une fille, mais je n’aime pas les féministes »; c’est un paradoxe, elle aime bien ça. Ils vont adorer, c’est sur. Peut-être que les autres vont remarquer que c’est un paradoxe, elle aurait alors l’air intelligente. Elle s’en réjouit.

Si la Vraie Fille Féminine n’est pas du genre à faire chier les hommes avec des trucs de féministes extrémiste. Elle demande le minimum: le droit aux jupes et d’aller en boîte. Aussi, un certain de type de féministes trouvent grâce à ses yeux: celles qui affirment son droit à porter des jupes, et luttent contre le voile islamique, car les pauvres femmes de là-bas n’ont pas sa liberté à elle. Elle, elle fait tout ce qu’elle veut. Parfois même, elle pousse la liberté jusqu’à aller seule aux toilettes! Elle en profite pour s’y faire vomir.

Si elle n’emmerde pas les hommes en exigeant une parité qu’elle estime acquise pour de bon, la Vraie Fille Féminine affirme pourtant bien être une chieuse. C’est normal: puisqu’elle est belle, elle a droit aux caprices. Les hommes, eux, ne font pas de caprices: il n’y aurait personne pour y céder. Ils n’ont que des exigences. C’est ainsi qu’elle les aime.

La vraie fille féminine porte des talons, des robes et du maquillage, et y dépense la majeure partie de son énergie, ce qui ne lui permet pas de s’intéresser, par exemple, à la physique quantique, ni à la lutte contre le nucléaire. Pour autant, elle n’a pas envie d’être une dinde, et se sent très touchée par la misère du monde. Alors elle fait très attention. Elle maintient en place tous ses paradoxes, très soigneusement: J’aime la soumission, mais j’ai mon caractère. Il faut me séduire, et c’est difficile. J’ai 58 paires de chaussures, c’est parce que je suis raffinée, mais je suis très préoccupée par la misère des petits enfants qui meurent de faim en Afrique. Je ne suis pas coincée, mais je ne suis pas une salope ! Je suis frivole, mais je sais compter jusqu’à sept. Je suis une fille, mais je vais bien, merci.

 

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Le vrai mec et la vraie fille

59 réflexions au sujet de « La Vraie Fille Féminine »

    • Hé oui, c’est la base de la psychanalyse traditionnelle de bistrot: on va consulter quand on se sent bien, car ce n’est pas le bien-être du patient qui est à rafistoler, mais son caractère conforme. Au psy les féministes, les véganes, les gouines et les pédés, et autres déviants. Celle qui va bien, c’est celle qui achète le magazine avec écrit en gros dessus « numéro spécial été: 150 trucs pour maigrir » et « brésilien ou intégrale: les dernières tendances pour s’épiler la moule ».

    • Et à part le titre, tu penses commenter quoi ? On ne juge pas un livre à sa couverture.

      Littérature sympathique, mais tu n’as pas parlé de la Besta :(. La besta n’est pas toujours la copine moche, si ?

      • Si tu fais référence à Elle, je ne vais certes pas commenter les magazines féminins alors que l’auteure des Entrailles de Mademoiselle le fait si bien pour nous !

  1. Ben franchement l’elfe, je suis employé dans un centre maternel ( qui accueille des mères isolées ) et la caricature que tu dépeins là n’est en fait pas si loin du portrait de certaines filles que je croise dans ce centre.
    Le problème étant qu’elles ont quelques problèmes concernant la lecture ( et je ne fais pas référence ici à ces femmes venues d’Afrique subsaharienne ) et n’auront pas le loisir de nous divertir de leurs avis sur cet article. Bref, tout ça pour revenir sur cette foutue sous-culture mercantile anglo-saxonne, véritable insulte à l’intelligence humaine qui façonne une image de la femme, supportée et valorisée par le féminisme, qui a droit à tout, peut tout faire, et finie bien souvent par n’être qu’un produit en société.

    Le produit qui a le moins de valeur.

    • Tu devrais plutôt dire « un certain type de féminisme ».
      Je pense que le féminisme ne peut qu’être radical, (« extémiste » pour les bien-pensants) à moins de devenir une espèce de produit à la mode un peu comme tu le décris.

    • Ce sont des magazines de femmes, pour les femmes et par les femmes.
      S’il y a vraiment des féministes extrémistes (j’en doute), elles devraient déjà commencer par s’attaquer à ce genre de choses.
      Mais tant que des femmes achèteront des magazines de mode remplies de cruches et de femmes-objet (ou d’objet-femme), il n’y a aucune raison que ça change :)
      Puis nous les hommes, on va pas se plaindre des pubs de femmes dénudées pour un pauvre shampoing anti-pelicullaire: on a du bois à couper et des gosses à faire :D

      • J’adore quand les non-féministes disent: les féministes devraient faire ci, les féministes devraient faire ça. En général on s’attend à lire des conneries encore plus grosses derrière. Et je n’ai pas été déçue. Pauvre petit chéri, qui se fait malmener par lafâme, cette salope! On a tous tellement pitié de toi.

  2. Ce post est aussi caricatural et faux que les machistes décrivant la féministe comme un laidron mal baisé et velu. C’est une charge d’un mépris insoutenable pour un « fait » qui je ne vois pas au nom de quel principe serait supérieur à ta posture « phallique » (le féminin pouvant porter le phallus, un exemple ici).
    J’imagine que cet article est un peu une catharsis (à toi de te demander « pourquoi ») mais il a aussi une action politique (et là encore le pourquoi doit être posé). En caricaturant l’altérité, que souhaites-tu faire émerger ? Une prise de conscience de sa nature de « pétasse malheureuse et consumériste » ? Pourquoi pas après tout, la posture dans les proportions décrites n’est pas des plus saine, mais l’article n’a pas le mérite de poser des limites ou un contre-modèle équilibré et réaliste. Il est sur « la valeur », valeurs floues et non théorisées ou l’absolu est le « tous égaux, tous libres ».
    C’est malheureusement le monde dans lequel nous vivons, celui d’un Bastiat, d’un Sade ou d’un Constant, entaché du « peuple du démon ». Alors souhaites-tu plus la liberté ou plus l’égalité ? Tu te bats sur deux fronts antinomiques, à la fois la liberté absolue, et de l’autre l’égalité théorique. Le seul qui pourrait à peu près lier les deux c’est une forme de fraternité que ce genre de lutte du tous contre tous n’est pas prête de faire naître.

    Je trouve tes réflexions intéressantes car elles questionnent nos limites, mais ce genre de poste ne produit rien d’autre qu’une haine montée contre une autre. Pense la racine du mal et ne tape pas au sabre sur les feuilles de l’arbre.

    • Euh… Alors si je résume bien, on ne peut pas avoir la liberté ET l’égalité? Et puis en quoi le fait de dresser un portrait sur les modèles type du féminin et du masculin idéal serait-il néfaste? On a droit de dénoncer le patriarcat ambiant et les modèles imposés par la société de consommation, mais pas de décrire la résultante? Moi je trouve que cet article a le mérite de montrer en quoi le modèle absolu est impossible à tenir.

      • Bonjour VP,

        Il s’agit d’un débat millénaire, je t’explique :

        Postulat : séparons bien le droit et l’essence.

        L’essence de la liberté est contraire à l’égalité. La liberté est en effet un conflit permanent entre des libertés concurrentes pour atteindre un point d’équilibre (à lire Bastiat, Constant, Friedman, etc.). L’égalité au contraire, prend ses racines millénaristes dans l’idée de protection (il y a une parabole dont j’ai perdu le nom sur la faiblesse des hommes forts quand ils sont séparés) et le nécessaire maintien de celle ci par la décence.

        Pour régler cette confrontation il existe deux fondements puissants : la morale (« fraternité ») ou le droit. Si je dis « ou », c’est que les deux liés ont donné pas mal de catastrophes et les philosophes des lumières comme les conservateurs intelligents sont au moins d’accord sur la séparation des deux. Aujourd’hui c’est le droit qui prime. De ce point de vu là, on arrive au bout des revendications à l’échelle occidentale.

        Oui, oui, nous sommes presque tous égaux en droit (il reste encore des luttes mais l’horizon est bien moins large qu’en 1789). Preuve en est, on demande au droit d’intervenir dans la « morale » : anti-racisme ou anti-machisme qui interviennent directement dans les constructions mentales de l’individu (« il faut rééduquer », on entend ça dans la bouche de H.Bouteldja, des penseurs du libéralisme total ou de l’anti-fascisme après la seconde guerre mondiale). Bref, ôter la liberté morale pour instituer un règne d’une égalité du droit et d’une liberté de la morale … dans les limites d’un droit répressif (puisque plus cimenté par la morale, la « fraternité »). Je vous rassure, ce n’est pas plus clair dans la bouche de ces penseurs du nouveau monde (dont certains prennent pour source Huxley je précise).

        Vous luttez et c’est bien. Il y a de vrais luttes à mener, des situations massivement injustes, des souffrances, des freins aux progrès. Mais attention en route à :
        – Bien définir les assisses de votre société aboutie, son pendant le plus pessimiste inclus (Sade est le pendant sombre d’un libéralisme des lumières et la société de consommation de masse une dérive impromptue)
        – Chercher les racines du mal et ne pas se perdre dans dans luttes annexes. Le paternalisme du droit étatique ne vous donnera que des miettes (il faut reprendre le pouvoir et la politique aux autorités oligarchiques).
        – Identifier vos ennemis, ils sont dans vos rangs : l’extrême droite comme l’extrême gauche veulent la peau des banquiers ; les utopistes comme les vils (pervers, vénaux ou manipulateurs) veulent plus de libertés.

        Si vous trouvez que « je me branle », c’est peut-être vrai, mais c’est vraiment un travail à mener et à intérioriser. Cela éviterait à l’auteur de ce blog (très intéressant par ailleurs) à tomber dans l’essentialisme. Ce n’est pas parce qu’on dit des choses différentes et plus expliqués que les autres qu’on peut se prétendre de facto supérieurs à eux. Tout est construction.

        • Moi j’sais pas. Les gens qui me donnent des conseils de 8 pages non requis alors qu’ils n’ont même pas compris l’article, et je parle même pas de lire entre les lignes mais de lire les lignes elles-mêmes (genre: comprendre que je ne parle pas d’une vraie personne mais d’un concept abstrait et imaginaire, ce qui est facile, car j’aurais pu simplement le sous-entendre mais j’ai pris soin de le préciser textuellement) déjà je me dis: mouais. Ensuite les gens qui disent « vous luttez, c’est très bien mais faudrait faire comme ci et comme ça », sous entendu moi je ne lutte pas car je n’ai rien à branler des injustices du monde mais j’aime donner mon avis quand même, là je me dis: gnah (un bruit dans ce genre-là). Et enfin, ça sert à rien d’utiliser des mots qui piquent aux yeux avec plein de syllabes quand c’est pour émettre des concepts aussi débiles que « trouver les racines du Maaaaal ». Bonus: une auteurE, ce n’est pas parce que les vieux croutons de l’académie française ne sont pas d’accord pour féminiser les mots qu’on est obligés d’être tous aussi rétrogrades.

          • Si l’inaction est un crime, la bêtise dont ta réponse fait preuve est un génocide à la raison.

  3. Non seulement la liberté C’EST l’égalité, mais en plus, j’aime beaucoup caricaturer grossièrement un personnage imaginaire, écrire bien explicitement que le personnage n’existe pas et n’est qu’un modèle fictif, et que les bien-pensants viennent chouiner: « tu t’en prends aux gens, gni gni gni ». J’adore. Je m’en prends tellement aux gens que je précise que la personne que je décris n’existe pas. Il faut croire que ne s’en prendre à personne de particulier, c’est s’en prendre à tout le monde. C’est justement pour ça que les gens chougnent: ils sont obligés de regarder en face ce qui déconne chez eux et dans leur conception du monde. Et ça déconne sévère, parce que les fées vaporeuses et sans trou de balle, on en voit partout, et on ne veut pas croire que c’est dans notre tête, alors que franchement, elles n’ont aucun intérêt.
    J’aime les femmes organiques, les bio, celles qui ont des poils qui poussent sur le minou et qu’elle se l’arrachent ou pas, il pousse quand même, faut pas rêver. Comme j’aime les hommes qui éprouvent des sentiments, et qu’ils refoulent ou non leurs sentiments pour ressembler au Vrai Mec, ça les empêche pas d’en avoir. Ca revient à dire que j’aime tout le monde. C’est les modèles qui me débectent. Parfois les gens y ressemblent, ce n’est qu’une illusion grossière, plus grossière encore que mes portraits. Il faut être sacrément aliéné, un joli petit rouage bien huilé, pour confondre un modèle imaginaire avec les gens qui essaient désespérément d’y coller ! Les hommes pleurent, les femmes rotent et pètent, c’est sale, mais heureusement la réalité a encore de beaux jours devant elle.

    • Ton portrait n’est pas imaginaire, il existe, et tu ne fais pas grande originalité de t’y confronter (mais admettons : « gardons la tension »).

      Le problème c’est de considérer que la dérive de ce système (un viriarcat moderne qui pousse à la démence femmes comme hommes) prend source dans la distinction des genres. En gros, couper le genre, c’est soigner la société. Selon moi tu coupes une tête pour en voir pousser une autre et en plus la plaie s’infecte. Il y a une racine plus profonde au mal que le racisme, le machisme ou le specisme.

      J’ai été féministe libertarien (ça a commencé parce que j’étais amoureux d’une nana qui l’était, pas génial le parcours j’avoue) et je suis végétarien (pas vegan). Je sais pourquoi tu te bats et je sais pourquoi ce n’est pas bien et à cause de cette empathie j’ai tout le mal du monde à reconstruire le fil de ma pensée nouvelle.

      Donc non, tu n’es pas le groupe des gentils face à un bloc monolithique de joyeux suiveurs. Tu as l’arrogance de la morale qui s’étale dans des paroles comme brille dans les yeux du boucher celle de celui qui se croit en haut de la chaîne alimentaire. Il y a des gens heureux qui mangent de la viande et des malheureux qui n’en mangent pas, des gens gentils qui sont racistes et des ordures qui ne le sont pas, des gens bons qui sont machistes et des vils qui ne le sont pas. Ce ne sont pas des critères de groupe qui peuvent définir le bon ou le mauvais côté, ce qui est méprisable et ce qui ne l’est pas.

      Je sais que tu as un arsenal rhétorique suffisamment lourd pour renvoyer mon argumentation au rang de « conversation de bistrot », « suiveur de la masse » et « beauf troublé par la véracité de mon propos ». Je sais très bien que je frappe dans l’eau mais qui sait, peut-être en sauverais-je un.

      • Aaron. Vous devriez écrire des commentaires en prenant comme appui votre besoin de paraitre. ^^
        Sinon, votre moteur est bien réglé. Il a du répondant dans les côtes. Mais tous ces mots, ces pâtés de phrases à 18 cylindres ne vous empêchent-ils pas d’expérimenter ce qu’ils désignent ?
        C’est marrant, alors qu’à travers votre discours je vois débouler ici une sauterelle carnivore, pleine d’elle même, vous annoncez que vous êtes VéGé. Qui fait pas semblant en plus… Qui a réfléchi donc…Qui s’est réfléchi… Pourquoi l’avoir précisé ? C’est quoi l’intérêt, pour vous, de cette info dans le texte ?

        • Alain P. tu as raison, cette précision n’avait qu’un but rhétorique. Je pense qu’il y a des parcours nécessaires à la formation critique, un individu qui s’est contenté des illusions acquises cernera plus difficilement les enjeux d’un débat ou la subtilité des solutions. Il y a nécessité à se confronter à l’altérité sans nécessaire y adhérer jusqu’à trépas.

          Je sais à quel point quelqu’un les non-initiés sont exaspérants avec des réactions toutes faites et je sais que face à ça on peut vite voir le monde en binaire : vegan / carnivoriste, femme libre / patriarcaliste, oprimé / colonialiste, prolétaire / capitaliste. Notez l’inversion des « istes ».

          Je note pas ça pour dire « je suis de la famille » mais plutôt « je suis passé par ça ». Je ne connais pas à ce jour de défenseurs de la liberté absolue nier l’existence d’une « progression et d’une évolution d’un individu au cours de sa vie par l’expérimentation ». Peut-être les anti-agistes que je viens de découvrir, mais j’ai peur de finir nevroser à force de faire tout-valoir. Dans quel but d’ailleurs ?

          • Je trouve les textes du blog très intéressants,(vrai mec,vraie fille) pas si eloigné de choses que je peux voir tous les jours,ou du moins d’apparences que certains tente de donner.
            Ca me fait un peu penser à certains sketches des inconnus,rigolos,mais au final très réalistes(le chasseur,le rockeur,l’artiste peintre)
            Ils sortent des archetypes qui au final semblenet qund-même proches de la réalité que j’ai pu voir dans divers milieux.

            Mais ce qui m’a le plus intéressé,ce sont les propos d’Aaron.
            Je trouve très interessant la demarche de cette personne,qui tente peux être de comprendre les choses,sans s’imposer de point de vue.
            c’est une chose très difficile d’en arriver à s’effacer,pour comprendre.
            j’entreprend moi-même ce genre de démarche.
            Il est évident qu’une cause,une valeur,peut regrouper des personnes bien plus éloignées que celles qu’elles « combatteraient »,je le vois dans l’univers childfree,au final,on nen veut pas d’enfants,mais la plupart des autres childfrees ont des valeurs différentes des miennes,et le simple fait de ne pas vouloir d’enfants n’est pas suffisant pour rapprocher des cas extrêmes.
            Ce qui est interessant dans la façon de s’exprimer de Aaron c’est la précision,et l’absence de vulgarité,chose qui me fait défaut.
            Quand je m’exprime,j’ai tendance soit a paraitre hautain,soit à paraître vulgaire,dans les deux cas,ca me dessert.

          • Justement, Patrice, ne te laisse pas abuser par son absence de vulgarité. Ce n’est que de la forme.

            Sur le fond, il fait justement tout pour imposer son point de vue. C’est quand même transparent ! Rappelle-toi qu’il ne suffit pas de mettre des jolis mots les uns derrière les autres pour être une personne réfléchie.

            D’ailleurs :
            « Si l’inaction est un crime, la bêtise dont ta réponse fait preuve est un génocide à la raison. »
            C’est peut-être pas vulgaire mais ça reste une injure.

  4. euh… pardon mais 56kg pour 1m70, c’est normal non? Je comprends bien que la VVF veuillent être la plus maigre possible, comme dans Elle & Co, mais cela ne devrait pas t’atteindre, non? Dans les « femmes organiques » on accepte tout le monde?

    • Ca ne devrait pas m’atteindre? ^^ Dans le passage que tu cites, je parle de moi adolescente, hein ! Mais en effet, ça ne devrait pas. Quoi qu’il en soit, les filles sont toujours trop grosses pour être des VFF, et dans les très rares cas ou elles ne le sont pas, alors elles sont trop maigres.
      Et heu oui, si tu es palpable, tu es organique, à moins que tu sois un de ces robots humains (on appelle ça des androïdes normalement, mais peut-être qu’il faudrait dire…. gynoïdes?). Enfin, je parle d’hommes et de femmes pour dire que j’aime tout le monde, mais il y a des gens qui ne se reconnaissent ni d’un genre ni de l’autre, et il ne faut pas les oublier non plus !

  5. Ce qui fait peur dans ton portrait, c’est que pas mal de personnes y ressemblent, ce qui était beaucoup moins vrai pour celui du vrai mec.

    A cette heure ci je ne saurais dire si c’est parce que tu as moins poussé dans ses extrêmes le portrait féminin ou si c’est parce que la société permet au vrai mec de s’écarter du chemin tracé et pas à la femme féminine.

    • Peut-être parce que les valeurs masculines sont considérées supérieures aux valeurs féminines. Et que donc ça aurait été carrément trop dévalorisant de montrer ce qu’est une vraie fille féminine sans insister sur ses paradoxes, ses doutes, etc. Une vraie fille féminine finalement c’est une belle plante verte, un petit animal charmant, ou un objet sexuel. Le modèle de lafâme, c’est pas exactement quelqu’un qui essaie de se construire en tant qu’objet sexuel et individu à la fois, ça c’est plutôt la caricature grossière du résultat. Le modèle de lafâme c’est l’objet, au fond, mais l’objet précieux.

  6. Punaise, j’y reconnais trop mon ex meilleure amie, qui m’a accompagnée pendant toute mon adolescence, et avec qui je n’ai plus aucun contact depuis 7 ou 8 ans. A la lecture de ton article, je comprends clairement pourquoi, c’est exactement son portrait…

  7. Salut,

    Sans être d’accord avec tout ce que dit Aaron, je trouve aussi ce portrait un peu décevant et manquant de profondeur. Je m’attendais à une analyse plus subtile (oui, c’est possible pour une caricature), c’est à dire plus corrosive et un peu moins convenue. C’est dommage, mais ce n’est pas bien grave.

    Le paragraphe le plus intéressant est peut-être celui qui porte sur la « chieuse » et ses caprices. Ce cliché extrêmement courant crée une fausse inversion des rôle qui sauvegarde bien la domination des idées machistes. Nombre sont les femmes qui se disent justement « chieuses » en croyant affirmer leur indépendance d’esprit, mais ne font que reproduire des oppositions aussi malsaines du type raison (hommes) / hystérie (femmes).

      • Je suppose que ça inclut les tiennes, parce que celles que t’as postées sur cette article n’élèvent pas non plus le débat.

      • Perso je trouve pas ça super constructif. Déjà parce que bon, ceux qui me demandent pas d’être plus corrosives, s’indignent parce que je le suis trop, et il faudrait que je sois plus subtile, mais aussi que je le sois moins parce que certains ne comprennent pas ce que j’écris, donc bon, je dirais on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais je me demande surtout en vertu de quoi certains lecteurs s’attendent à ceci ou cela dans mes articles (enfin, on peut évidemment s’attendre par exemple à ce que je ne fasse pas l’apologie du FN, des trucs comme ça, mais bon…) Donc là j’ai un peu envie de dire: très bien, si tu penses mieux faire, hé bien fais-le, tu pourras partager ton article dans les commentaires.

        • Salut,

          Je ne souhaitais pas être agressive, et c’est dommage que tu sembles répondre sur ce ton. Je me trompe peut-être, et ce serait une bonne chose. Je suis désolée si tu as cru à une attaque personnelle.

          Bien sur, tu es chez toi et tu écris ce que tu veux. Mais j’ai cru que tu laissais les commentaires ouverts pour que l’on discute de l’article autant que de son sujet.

          Quant aux attentes, tu les crées toi même avec un titre, en introduisant ton article etc. Je n’ai pas débarqué de nulle part en me disant « hm, je voudrais que Lelfe ait écrit un article amusant et incisif sur le modèle de la Vraie Fille », mais après les premières lignes de ton articles, bien entendu que tout lecteur a des attentes.

          Je n’ai pas dit que l’article était mauvais ou que j’aurais fait mieux: seulement que j’étais plus intéressée par des passages analytiques que par d’autres qui me semblaient répéter des images plus faciles à dénoncer ( et plus couramment dénoncées ).

          Je continuerai de te lire, mais j’ai compris que tu préférais que l’on évite de discuter des articles.

          • Je ne voulais pas être agressive non plus, quand tu écrit « sur ce ton » n’oublie pas que le ton n’est jamais très clair quand on communique comme ça par écrit. Je n’ai pas du tout pris ton commentaire pour une attaque personnelle. Tu es la bienvenue pour discuter de mes articles, je trouvais seulement que le commentaire en question était peu constructif, parce que très flou, imprécis, « un peu plus de ceci et un peu moins de cela », honnêtement je n’arrive pas très bien à savoir ce que tu attendais et pourquoi (maintenant je me demande si c’est pas clair ou si ça vient de moi…). Je ne suis pas du tout ironique ni condescendante ou quoi que ce soit quand je te suggère d’écrire toi-même sur le sujet, je suis tout à fait sérieuse. En tous cas j’y verrais nettement plus clair si tu le faisais.

            J’ai peut-être réagi excessivement parce que je n’ai vraiment pas compris ce que zerh trouvait de si constructif dans ton message, alors que pour moi il ne l’était pas tellement plus que d’autres (enfin, pas la première partie du moins).

  8. Es-tu sûre que c’est une caricature ? Je reconnais tellement de personnes dans ce portrait que j’y pourrais coller une tripotée de prénoms (et ça fait peur) ! D’ailleurs, c’est la parfaite description du personnage féminin principal de « Twilight » auquel tant d’adolescentes s’identifient (et ça fait encore plus peur !).

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  10. Il est très vraisemblable que l’émancipation féminine se soit faite récupérer par la classe dominante, le commerce et la pub (et les satanistes, évidemment). Comme la révolution sexuelle, quoi. La femme toujours dévouée, en tant que bel objet, en tant que mère de famille… par contre, loin de moi la femme voilée ! Un double jeu qui nous permet de croire à la liberté et à l’égalité, en nous montrant qu’ailleurs c’est pire (quoiqu’il paraît la femme voilée le fait toujours parce qu’elle est obligée, tandis que la femme épilée le fait parce qu’elle en a envie…).

    Avant, on avait surtout une séparation des rôles de la femme au sein de la société : l’homme pouvait aller s’amuser avec la courtisane, la prostituée, la geisha ; mais il rejoignait ensuite son épouse, qu’on choisissait finalement parce qu’elle avait la « dignité » nécessaire pour fonder une famille et pour briller en société. La mère et la pute. Aujourd’hui, après une révolution sexuelle récupérée par des ayatollahs soixante-huitards et une émancipation étouffée par la pub, l’homme dispose du nouveau produit de consommation nec plus ultra : Lafâme 2 en 1, mère et pute à la fois. La contradiction, elle vient peut-être de là. Avant (je dis « avant », de manière assez imprécise pour moi), lafâme se posait peut-être moins de contradictions, car elle n’avait besoin de satisfaire qu’une des exigences d’un homme. Ces contradictions, on ne les fera disparaître que si chacun accepte de vivre pour soi, et non par rapport à un-e conjoint-e, à une famille, à une société, à un pays, à un Dieu…
    L’égalité, c’est la liberté de choix, pour tous.

    • Que doit-être la femme du nouveau monde ? Plutôt mère ou plutôt pute ? Tu me répondras « aucun des deux, juste libre » mais c’est suffisamment vague pour être récupéré par Biba comme Causette.

      Ce que j’ai un peu de difficulté à comprendre avec l’absolue libertarien, c’est la manière d’équilibrer les libertés. Comment éviter le « tous contre tous » ou l’idéal « d’égoïsme » des libéraux ? Comment résoudre l’égalité des moyens sans grignoter la liberté d’un patron avec des employés soumis de manière consentante et libre ? Quel moyen pour contraindre Mr Dupont de ne pas tuer ses vaches à la machette pour manger sa viande ? Si c’est pour retourner à l’idéal nomade des débuts de l’humanité, ok peut-être, mais on va pas faire le chemin inverse et finir par retourner à la moral ?

      Je ne comprend plus tout dans votre idéologie des sur-lumières.

      • Ce que tu ne comprends pas, c’est que la culture est quelque chose de construit qui peut se déconstruire (ou se construire autrement), et que les actes des gens dépendent de cette culture… On dirait que pour toi Biba sort de nulle part le concept de sexisme, sans aucun contexte culturel! Biba n’invente pas le sexisme, il ne fait que le relayer. De même qu’un paysan n’a l’idée de buter sa vache que parce que son père faisait pareil. Un patron ne sort pas de nulle part l’idée d’exploiter des ouvriers, il le fait parce que ça se fait. Quant à l’égoïsme, il a aussi des propres motivations.

        Mais il y a une évolution de la société. Un jour tout le monde trouvera totalement rétrograde et machiste d’écrire dans un magazine féminin que « la femme moderne concilie ». On en est pas encore là.

        C’est vrai, dans un monde végétarien on pourrait avoir un gars qui décide de buter les animaux pour les manger (drôle d’idée dans ce contexte), tout comme dans notre monde non-végétarien des gens ont eu l’idée de buter d’autres humains pour les manger. En effet c’est embêtant. Mais même là il y a une raison, une raison pour laquelle les gens tuent d’autres gens, et ce même si on ne la comprend pas.

        Donc l’idée n’est pas d’interdire ou de dire « c’est pas bien », mais de construire un état d’esprit différent, qui rend possible la liberté dans une société égalitaire. Je ne parle pas de libertés comme celle par exemple qui m’autorise à faire marcher ma chaine hifi à fond à 3 heures du mat, ou celle qui autorise les gens à manger de la viande où à violer. C’est peut-être une platitude que de dire que la liberté des uns s’arrête ou commence celle des autres, mais c’est un début.
        J’ai l’impression que tu n’arrives pas à sortir de ta sphère de pensée culturelle. J’ai l’impression que pour toi, tout humain dans n’importe quelle société pourrait avoir l’idée de tuer une vache pour la manger, parce que c’est « normal » (pourquoi avoir évoqué une vache et non pas un chat ou un serpent?). Sauf que ce qui est normal pour toi ne l’est peut-être pas pour les autres. Et ne le sera peut-être pas toujours.

      • « Ce que j’ai un peu de difficulté à comprendre avec l’absolue libertarien, c’est la manière d’équilibrer les libertés. Comment éviter le « tous contre tous » ou l’idéal « d’égoïsme » des libéraux ?  »

        Mais c’est aussi ça la liberté, le choix d’être égoïste ou altruiste, sans coercicion pour t’orienter vers la « bonne voie ». La liberté, c’est aussi la possibilité qui s’ouvre de déboucher sur des choses pas très bisounours-compatible, mais le libéralisme n’est pas utilitariste. On ne prône pas la liberté pour arriver à tel ou tel but, on la prône parce qu’on estime que comme la vie, la liberté est sacrée. Elle doit donc être respectée chez tous et sans conditions, sans aucune justification à donner (en tenant compte évidemment du fait que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres toussa toussa…)

        « Comment résoudre l’égalité des moyens sans grignoter la liberté d’un patron avec des employés soumis de manière consentante et libre ? »

        Et comment le patron est devenu patron ? Aucun patron n’a jamais été employé ? N’a t-il rien épargné, rien sacrifié ? Et les ouvriers qui bossent pour lui, ne pourront-ils jamais monter leur propre entreprise ? C’est ça aussi la liberté, celle de rester dans une classe sociale ou d’en changer (en mieux ou en pire). Ou même de vivre simplement, sans te prendre la tête, sans chercher à savoir si la classe sociale dans laquelle tu te trouves est la bonne ou la mauvaise.

        « Quel moyen pour contraindre Mr Dupont de ne pas tuer ses vaches à la machette pour manger sa viande ?  »

        Au hasard, je dirais la loi et les institutions pour la faire respecter ? (tu es peut-être déjà au courant que l’anarchie n’est pas l’anomie, mais je me permet quand même de t’informer au cas où)

  11. C’est effectivement ce que je ressent aussi dans ces longues analyses bien compliquées : une certaine absence de notion de culture « organique », évolutive (même si elle bouge souvent plus lentement que l’espace d’une génération), et surtout que ce sacro-saint environnement culturel, bin il tombe pas du ciel.

    Vivement que les humains refassent une (des ?) culture(s) avant que cette culture (sans « s ») ne finisse de les défaire.

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  18. Je pense que j’ai été une VVF à une époque de ma vie. Je croyais que j’avais du « caractère », d’ailleurs tout le monde me le disait (à commencer par mes parents…), mais il s’avère que j’ai été capable d’être en relation amoureuse pendant des années avec un mec hyper contrôlant. Jusqu’à ce que je me mette à lire « Fausse route » d’Elisabeth Badinter. Je sais que ce bouquin peut être critiqué mais pour moi, il a eu le mérite de m’ouvrir les yeux. Il a eu le mérite de me redonner confiance en moi, en mon droit de vivre ce que je veux, de faire ce que je veux de ma vie.

    Parce que je crois que c’est cela, le truc de la VVF, c’est qu’elle n’a pas confiance en elle, comme Poire. Elle a bien perçu ce qu’on attend d’elle, alors elle s’y conforme. Peut-être qu’en étant tout comme il faut, elle sera en retour remplie d’amour là où elle ressent un vide intérieur. Elle ne veut pas se confronter aux réactions désagréables, agressives et rejetantes qu’elle devrait essuyer de la part des autres, hommes ou femmes, si elle était elle-même. Cela la ferait vaciller, pleurer des jours entiers. C’est son choix.

    Elle veut que les hommes lui tournent autour, elle veut que son homme la regarde amoureusement, elle veut être désirée, aimée. Elle sait la limite à ne pas franchir pour passer de Princesse à Salope: c’est en commençant à montrer son intelligence, son esprit critique face aux hommes qui viennent l’aborder en appliquant les techniques de séduction grosses comme une maison, c’est en répondant à son homme qu’elle mettra cette jupe parce qu’elle aime la porter, même si lui la trouve vulgaire (oui parce que ce qu’il faut comprendre, c’est vulgaire=trop sexy, trop dangereux pour lui, la jupe va envoyer des signaux de fille facile, ma chérie, moi je l’aimais bien quand je t’ai rencontrée mais maintenant tu es à moi, il n’y a que les autres filles qui ont le droit de la porter maintenant, pour que moi je puisse continuer de fantasmer dessus, parce que ma libido elle continue de n’appartenir qu’à moi par contre, tu vois, ne me castre pas stp).

    La VVF ne veut pas non plus se confronter aux jugements des autres filles qui seront jalouses d’elle, VVF ou pas. Elles courent pas les rues, les filles qui assument leur liberté et donc ne la jalousent pas chez les autres. Ce sont des perles rares, ces filles-là. Mais non, il y en a un paquet des VVF, des « filles douées en amour » (cf Florence Foresti) qui trouvent leur paix dans les schémas apparemment. Apparemment. On verra dans quelques années. Elles font les gros yeux quand une fille différente s’exprime, fait mouche face aux hommes et pas seulement, à la hiérarchie au travail aussi par exemple. Parce que le conditionnement, pour qu’il soit efficace, il est partout. Il est aussi chez les filles, dès leur plus jeune âge.

    Mais les temps changent, il y a une révolution dans l’air, moi j’vous dis. Les femmes sont de plus en plus capables de se regarder en face et d’assumer ce qu’elles sont sans coller aux schémas. Elles sont de plus en plus capables de soulever des montagnes de travail sur soi pour enfin devenir ce qu’elles sont. Et j’ose croire que les hommes aussi. Je veux croire que si.

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  21.  » Elle demande le minimum: le droit aux jupes et d’aller en boîte.  » HAHAHAHHA.
    Oh, et le dernier paragraphe est tout simplement merveilleux! :D

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