Poire le Player

« Les PUA ne sont pas tous la lie de l’humanité, enfin, je crois. »
L’elfe.

Oui, je m’autocite, maintenant. On pourra à juste titre m’accuser de me regarder le nombril, mais quelle plus belle entrée en la matière que cette phrase (à un ami « coach PUA » sur Facebook) qui résume à elle seule tout la complexité de cette affaire de Pick-Up.

Je vous vous entend déjà. « Mais qu’est-ce qu’un PUA? ». Vous pouvez déjà deviner qu’un PUA est quelqu’un qui adore les acronymes. PUA est l’acronyme pour « Pick-Up Artist ». Le PUA aime aussi utiliser l’anglais, surtout quand c’est inutile. « Pick-Up Artist » signifie « Artiste de la drague ». Car pour le PUA, la drague est un art. Ses vigoureux coups de reins sur toutes les couchettes douteuses du monde sont comme autant de coups de pinceaux donnés par un Van Gogh ou un Monnet. Ses piques et compliments sont autant de notes de musiques dans une symphonie de Mozart. La séduction est un Art, un Art et une Science, qu’on se le dise.

Il serait néanmoins temps de clarifier un peu de vocabulaire. Récemment, dans l’affaire Poire, j’ai souvent utilisé le terme de « Player », sans bien expliquer à quoi je me référais. Player, sargeur, PUA, sont des termes techniques très pointus désignant des concepts auxquels je n’adhère qu’en partie, il me sera donc difficile d’en donner des définitions très satisfaisantes pour tout le monde. Mais en gros, on peut dire qu’un « player » ou « sargeur » est un individu qui apprend des techniques de dragues et essaye de les appliquer dans la vie courante afin de pouvoir coucher ou former un couple. « PUA » est le terme réservé à l’élite qui maîtrise suffisamment de ces techniques pour se proclamer artiste de la drague ou être reconnu comme tel. Les succès dans ce domaine étant très subjectifs, n’importe quel player a tendance à se proclamer PUA une fois qu’il a couché avec plus d’une fille au cours de sa vie de player. Je n’accorderais donc pas énormément d’importance à ce terme. Mais je le trouve rigolo.

La « sarge » représente l’ensemble des techniques supposées permettre au pauvre petit « mec frustré » de chopper et d’avoir une vie affective et sexuelle, et ainsi de devenir comme ces hommes mystérieux qui arrivent à percer les mystères insondables du vagin.

Avant de continuer, je dois préciser que je n’ai rien contre le concept. Je le trouve bizarre, décalé, par rapport à mes valeurs et à ma vision de la séduction. Mais dans une certaine mesure, je comprend que certains hommes aient tendance à s’attacher à ce genre de choses. De plus, la sarge constitue en fait tout un système de pensées et d’interrogations diverses, dont il sort certaines idées et réflexions qui sont (à mon sens) très pertinentes et intéressantes, d’autres stupides, liberticides, sexistes ou carrément dangereuses.

Mais, je suis en train de commencer par la fin. Je ne peux, en fait, expliquer mon point de vue sur la « sarge » sans revenir à notre désormais célèbre ami fruitier: Poire. Car c’est de Poire que tout commence, et tout a toujours tendance à finir en compote de poires. Parce que Poire reste Poire, tant qu’il ne remet pas en question un certain nombre de choses pas évidentes à voir, à soulever et à discuter. C’est ce que nous allons voir.

Il était une fois un pauvre petit mec frustré…

Revenons à Poire. Je rappelle que Poire, dont l’histoire a été initialement racontée ici, est un personnage qui est dévoilé de façon beaucoup plus explicite dans cet article, que je vous conseille vivement d’avoir lu avant de poursuivre, pour une meilleure compréhension.

Revenons donc à Poire là où nous l’avions laissé. Poire est seul, solitaire et frustré. Il se pose beaucoup de questions sur la gent féminine, qui est à ses yeux étrangère, mystérieuse, incompréhensible, inaccessible et hautaine. Il se pose aussi des questions sur ces hommes mystérieux qui parviennent à séduire. Je ne crois pas exagérer en disant que certains Poires vouent une véritable vénération à ces hommes séduisants dont ils exagèrent largement les exploits. Souvent, Poire en reste à des évidences qu’il ne remet pas en question, du type « les hommes qui séduisent sont beaux, moi je suis laid » (qu’il soit effectivement « laid » ou non). Mais il peut aussi avoir devant ses yeux un exemple d’un homme au physique disgracieux qui n’a pas tellement de problèmes avec les femmes. Ou être lui-même particulièrement beau et aller d’échec en échec… Quoi qu’il en soit, il peut arriver que Poire commence à se poser des questions sur ses échecs, ou sur les succès des autres… Qu’il s’interroge vraiment: comment pensent les femmes? Par quoi et comment sont-elles attirées ? Pourquoi me rejettent-elles?

C’est ainsi que commence la « sarge ». Je tiens à faire remarquer que tout cela part de quelque chose de très positif. Habituellement, un Poire moyen ne se pose pas tant de questions, il se contente de juger et d’énoncer de fausses évidences (les femmes ne sont attirées que par les mecs beaux, ce que je ne suis pas; elles ne veulent pas de moi parce que ce sont des salopes, elles préfèrent les mecs méchants parce qu’elles sont masochistes ou connes, etc). Mais dans la vraie vie, Poire n’est pas que Poire; aucune personne ne se limite à être un personnage (Poire est fictif). Et d’ailleurs, je l’ai dit, Poire peut comme tout le monde être intelligent, cultivé ou perspicace, puisque ce qui le caractérise c’est l’inexpérience et une certaine forme de sexisme ordinaire.

Donc, la sarge c’est avant tout des mecs frustrés qui ont décidé de remettre en question certaines de leurs croyances, afin de changer et de régler leur problème de frustration. Ils ont décidé de se poser des questions, de remettre en question ces vérités universelles pas si vraies ni si universelle que cela. Ils ont décidé qu’au lieu de se plaindre et de mépriser les femmes en silence, ils allaient changer, devenir de meilleures personnes.

La sarge est ainsi une forme de développement personnel. Ce qui la caractérise, c’est que le développement personnel passera principalement par régler les problèmes rencontrés avec les femmes et la séduction. Bien sur, un développement personnel intelligent, c’est une forme de travail sur soi qui ne passe pas par une seule voie, mais par une remise en question globale de ses croyances, de ses attitudes face à l’échec ou à la frustration, de ses habitudes… Certains sargeurs l’ont compris, qui ne se bornent pas à améliorer leurs rapports avec les femmes, mais agissent sur eux-même par divers moyens qui leur permettent d’augmenter leur confiance en eux et d’interagir positivement avec les autres. Parfois, cette recherche d’une vie plus épanouie et d’une meilleure confiance en soi n’est d’abord qu’un moyen pour parvenir au but d’être un bon séducteur, mais devient en cours de route une fin en soi.

Malheureusement, je dois dire que ce n’est pas le cas de tous les sargeurs. Je pense qu’il ne s’agit malheureusement que d’une minorité. Il faut dire que les principes de la sarge sont en fait un vaste foutoir d’idées vieilles ou neuves, intelligentes ou stupides, sexistes ou vaguement pro-féministe, et de conseils qui vont de l’excellence à la pire médiocrité. Et pour être honnête, je pense que la stupidité, le sexisme et la médiocrité dominent largement, et que les discours réactionnaires ont bon train. Je ne veux pas jeter le bébé avec l’eau du bain en disant cela.

Revenons à Poire. Il s’interroge, il se renseigne, il réfléchit, il discute avec d’autres Poire toujours plus nombreux. Quand ils ne sont pas en train de se regarder le nombril et de traiter les femmes de salopes pour se rassurer entre eux, ils peuvent avoir des discussions très intéressantes et se poser de vraies questions. Mais évidemment, il existe toute une palette de nuances entre ces deux extrêmes.

Poire lit plein de théories sur les femmes, sur la séduction, sur les rapports humains, sur la communication… Il trouve plein de conseils contradictoires, lit plein de choses dont certaines lui font plaisir et d’autres l’agressent. Il apprend des choses qu’il a envie de savoir et d’autres qu’il veut surtout ne pas savoir.

…Et Poire devint un Player

Je dois dire que pour moi, un Player reste généralement une sorte de « Poire++ » (c’est un peu comme l’évolution d’un pokémon). Poire devient Poire le Player. Pourtant, j’ai parlé d’interrogations, de remises en question, de développement personnel. Comment est-ce possible? Pourquoi ne parvient-il pas à s’extraire de sa condition fruitière?

En réalité, la plupart des Poires qui s’intéressent à la sarge ne vont pas très loin dans la réflexion; surtout maintenant que c’est quelque chose de très démocratisé et de très accessible grâce à internet. Noyé dans cette masse d’informations contradictoires, Poire est facilement amené à adhérer aux théories les plus confortables pour son égo, celles qui le brossent dans le sens du poil. C’est ainsi que les théories sur la nécessaire et naturelle dominance masculine font quasiment l’unanimité (c’est si bon de s’entendre dire qu’on est un dominant naturel et qu’on est fait pour commander). De plus, s’il est facile de lire des théories sur internet ou d’acheter des livres chers et inutiles, la pratique du développement personnel est, elle, moins aisée: il faut oser, il faut aller à la confrontation avec ce qui nous fait peur, sortir de sa zone de confort pour l’élargir. Aller parler à une fille inconnue dans un bar ou une soirée, ou oser exprimer son attirance, peuvent être des actions très effrayantes, et si la plupart ont conscience que ces étapes sont nécessaires, tous ne le feront pas. Certains arrivent même à saboter leurs propres tentatives de peur d’être rejetés.

A la base même de la sarge, parfois aussi appelée « the game » (il me semble que « le jeu » n’est quasiment pas utilisé, car les players ont la manie surprenant de toujours parler en franglais, mais bref) il y a pourtant l’idée que la séduction est un jeu (« player » : joueur), qu’on peut gagner ou perdre, qu’essayer peut être simplement fun et ludique, et que finalement, ça n’a pas tant d’importance que ça. Je trouve cette idée plutôt saine et positive même si on peut la critiquer. Malgré cela, les players ont tendance à prendre tout cela extrêmement au sérieux, à mettre leur égo sur la table systématiquement. Lequel égo, fragile, hésitant, souffrant, enfle et grossit jusqu’à aveugler tout jugement rationnel…

Bref. Poire le Player a tendance à beaucoup lire de théorie mais à l’appliquer peu (un véritable développement personnel demande beaucoup d’efforts et souvent d’aller « contre soi »). Et à dire énormément de conneries. C’est normal, avec son inexpérience et ses croyances biaisées, comment peut-il s’en sortir face à tant de discours complexes et contradictoires sur les relations homme-femme?

Comment le Poirisme évolue avec la sarge… Ou pas.

On l’a vu, Poire est quelqu’un qui considère que les femmes sortent ou couchent non pas avec les hommes qui les attirent sexuellement, mais que le sexe est une sorte de récompense qu’elles attribuent à ceux qui le méritent. Cela fait partie de son sexisme ordinaire (et j’insiste sur « ordinaire »: c’est une idée insidieusement répandue). Au lieu de chercher à séduire Cerise, il essaye d’accumuler le plus de points possible, attendant vainement le jour où elle l’estimera suffisamment méritant pour se donner à lui.

Poire-le-Player-qui-s’interroge pourra avoir plusieurs types d’attitudes par rapport à cette croyance. C’est un bon exemple de la façon dont la sarge peut ou non faire évoluer quelqu’un.

1) Il la remet intégralement en question. Il peut ainsi parvenir à la conclusion que l’attirance est une affaire complexe, chez les femmes comme chez les hommes, et que la séduction permet de faire évoluer une relation vers plus d’attirance et vers des interactions plus intimes. Pour parvenir à cette conclusion, il doit remettre en question ses croyances profondes de princesses chastes et de chevaliers servants, il doit cesser de penser que la libido est quelque chose d’exclusivement masculin. Il réalisera ainsi qu’il était stupide d’accumuler les services rendus et les gentillesses intéressées, de jouer les serpillères en évitant systématiquement de contredire Cerise et de s’inhiber totalement en sa présence de peur de l’effaroucher. Il arrivera même à la conclusion que pour être séduisant et attirant, il vaut mieux exprimer sa personnalité, être quelqu’un de concret, d’humain.
Autant vous dire que cette option est peu fréquente. Elle demande de profonds bouleversements de la pensée.

2) Poire découvre la sarge, mais ne remet pas en question ses croyances fondamentales sur les femmes. Ce qui signifie qu’au lieu de remettre en cause sa vision biaisée selon laquelle les hommes sont attirées par les femmes qui récompensent ceux qui alignent le plus de points, ils va la modifier très superficiellement. Ils considèrera toujours que le sexe est une sorte de récompense que les femmes attribuent aux hommes, mais il se figurera s’être trompé sur la nature des actes à effectuer pour aligner des points. On lui a toujours dit qu’il fallait être gentil et serviable, alors qu’en réalité il faut être, par exemple, dominateur, ou montrer une quelconque autre qualité, ou encore aligner des techniques complexes de manipulation. Les femmes récompenseraient ainsi par du sexe le mâle le plus dominant. Ainsi le processus ne change pas, il faut toujours buter le dragon pour baiser la princesse, on a juste changé de dragon.

Bien évidemment, en réalité il peut y avoir des nuances entre ces deux approches, mais il me semble bien que la seconde a bien plus le vent en poupe. Certains se situent un peu entre les deux raisonnements, tant il est difficile de radicalement remettre en question certaines croyances comme l’absence de désir sexuel des femmes pour les hommes. Ajoutons que la première approche, bien que plus intelligente et plus féconde en terme de développement personnel, n’est pas non plus exempte du sexisme ordinaire que Poire traine avec lui: ceux qui l’adoptent vous expliqueront bien trop souvent que ce qui attire les femmes et titille leur libido, c’est la dominance du mâle dominant, et rien d’autre (le charme, la personnalité, l’humour, la sympathie, sont évoquées mais bien moins que la dominance). Les femmes, malheureusement, ont tendance à appuyer ces croyances en véhiculant elles aussi des stéréotypes sexistes, lorsqu’elles discutent avec les players (ce qui est de plus en plus fréquent depuis la démocratisation de la sarge, qui était à la base réservée à de petits groupe très fermés et exclusivement masculins).

La frustration de Poire n’est pas toujours efficacement combattue par ce système. Certains en profitent pour se faire simplement brosser dans le sens du poil en se faisant appeler « dominant » et vont ronronner et écoutant les discours d’Alain Soral. Ils sont toujours aussi seuls et malheureux, mais ils savent maintenant que ce que veulent les femmes, c’est des hommes, des vrais. D’aucun s’enfoncent dans une spirale d’échecs, d’autres font n’importe quoi et se réjouissent comme des gamins à Noël dès qu’ils ont réussi à obtenir un numéro de téléphone, un peu d’attention ou une pipe, Graal des déshérités de la fesse. Certains arrivent quelques fois à coucher, mais quel intérêt lorsque leur vie et leurs idées de bonheur tournent constamment autour des femmes, sans même qu’ils ne parviennent à se départir de leur mépris et de leur misogynie? Dans l’ensemble, la médiocrité règne, surtout sur Internet.

Bref, on le voit, la sarge aurait pu être intéressante, et elle l’est parfois, mais elle donne lieu à bien des impasses dans la pratique. Cela dit, c’est parfois consternant, mais souvent très drôle.

67 réflexions au sujet de « Poire le Player »

  1. Encore Poire ai-je pensé. Mais c’est toujours aussi instructif de lire ce que tu as à dire sur ce sujet. Je ne connaissais par la Sarge, ou du moins pas sous ce terme, et je trouve ça fou que tant de mec y adhèrent. Que c’est triste. Ce n’est pour eux qu’un injonction supplémentaire à biaiser leur personnalité pour la femme-trophée. Et non content de les enfermer dans un concept qui leur va plus ou moins, ils en incombe la faute aux femmes.

    Bref, on est pas sorti(e)s de l’auberge. \o/

  2. « (car les players ont la manie surprenante de toujours parler en franglais, mais bref) »

    ==> Pardi, l’anglais est la langue de la crédibilité internationale, du monde des affaires, à la fois attribut et outil de la domination ! Du moins est-elle perçue comme tel.

    Je me demande quel est le profil de ces femmes intéressées par les guèmeurs, les idées qu’ils professent, ou qui sont tout simplement attirées par les traits de personnalité magnifiés par le discours du Guème. Et dans quelle mesure elles ont été exposées autrefois à la violence masculine.

    • Ha oui pas bête ce que tu dis sur l’anglais, j’y avais pas pensé.
      Je crois que les femmes sont globalement presque aussi peu féministes que les hommes et qu’elles sont encore nombreuses à pense que l’hôme doit dominer lafâme. Mais beaucoup d’entre elles je crois qu’elles se rendent pas compte.

      • il y en a de jeunes, souvent, qui ne se rendent pas compte en effet, tout aussi formatées que leurs homologues masculins qu’elles sont (la boite de maquillage à 6 ans, les talons à 8, les « qu’est ce qu’elle est jolie », tout ça)…et puis il y en a de plus vieilles qui ont juste abandonné la partie et décidé que allez, va, petite chose mec, si c’est à ce point important pour toi d’être un conquérant, si ton égo est à ce point fragile, si t’es à ce point pas capable d’autre chose, et puisque dans le tas y’en a un sur mille qui en sera capable, d’autre chose, et encore 83% du temps il se freinera tout seul, mort de trouille devant le risque d’autre chose que les braves stéréotypes de papa-maman, et puisqu’au bout de 7 ans ça repousse, et puisque les sextoys n’ont toujours pas de bras, et puisqu’il y a les boules Quies pour pas entendre…et bin on soupire un coup on inspire on sourit dignement et on fait mine de se convaincre qu’on s’emmerde déjà un peu moins là que devant la télé.
        triste, hein.
        ouaip.
        mais bon. c’est systémique, et pour changer un système il faut que la majorité de sa population soit d’accord, alors perdu pour perdu on prend ce qu’il y a.
        (mais non Poire, on prend toujours pas les passifs-agressifs, non, désolée^^)

        • Mais les mecs « dominants » ça gave ! C’est horrible, toi tu es juste « toi-même », et le gars il te perçoit comme un adversaire, un ENNEMI. T’as envie de lui dire: hé cool mec, c’est bon, j’ai pas besoin que tu m’impressionnes, que tu me sortes le grand numéro d’alpha-PUA-dominator, on pourrait juste discuter tranquillou. Moi j’ai pas envie de faire un concours de bite ou de pets, j’ai pas envie de coucher avec un ennemi, j’ai envie de passer des moments cools avec des gens que j’apprécie. On dirait que c’est surhumain.

          Et puis au pieu j’en parle même pas… le style conquérant-gros zizi-marteau-piqueur, ça donne juste envie de rire. Ou pleurer. C’est selon.

          Exemple vécu: je discute avec un mec de choses et d’autres, je donne mon avis sur je sais plus quoi, et comme ça au milieu de la conversation il me sort: « T’AS TON PETIT CARACTERE TOI HEIN » *wink wink*
          Mais heuuuuu… Mais je t’emmerde? -_- » on peut pas juste parler? Faut que tu mettes tes couilles sur la table? Discuter à égalité, non?

          Le billet d’Odieux Connard sur le sujet est très explicite, il reprend un texte de « player » où la sarge est comparée à la guerre, à un champ de bataille. C’est exactement pour ça que beaucoup de filles évitent les players. Personne n’a envie d’être considéré comme ça, personne n’a envie de servir à la fois de trophée de guerre et d’ennemi. Même pour un plan d’un soir, même sans « sentiments », le sexe est quelque chose d’intime que l’on partage avec quelqu’un. Les players qui pensent comme ça croient d’ailleurs n’avoir rien à partager, avoir simplement à prendre. Ils se trompent. Ce sont juste de très mauvais coups. En plus, c’est aussi ça la culture du viol, j’en ai déjà parlé.

          Heureusement y a des mecs qui sont pas dans ce schéma de « domination de lafâme ». Rarement des players, d’ailleurs. On est pas obligé de coucher avec l’ennemi et qu’il accroche ton string sur un présentoir, tu peux juste passer un moment agréable avec quelqu’un.

          • Tiens à propos de guerre, j’ai très souvent croisé la route de femmes qui prétendent ne pas être attirées par les machos, mais qui ne cachent pas qu’elles accordent leurs faveurs aux types qui triomphent de la joute intellectuallo-humoristique qu’elles mettent en place. Même par jeu, ça reste du rapport de force, et l’homme reste sommé de l’emporter. Comme quoi, un macho à biscottos, ou un macho-intello, c’est kif-kif.

          • Parfaitement d’accord avec toi, Elfe, ils sont chiants, on s’emmerde, leurs démonstrations de force sont pathétiques et la plupart du temps ils sont nuls au pieu (ceci dit moi j’ai plutôt le souci que comme je colle pas au profil de la chose inanimée attendue ils se retrouvent précoces, hihihi) (enfin, hihihi, jaune, hein) mais ma pauvre dame les autres sont peu nombreux…
            et dans la cour où je joue (mi-vioque, pauvre, modulo mioches, et même pas super envie de la jouer cougar, enjoy) j’ai déjà perdu.
            Alors ma foi je chausse l’attirail boules Quies picole et abnégation et je me vends un peu du rêve avec un connard ultime (mais c’est même pas sa faute, va, il est juste conditionné) qui finira probablement par me frustrer…
            c’est occupationnel, quoi, on voit moins le vide…
            m’enfin je te rassure t’as peu de chances d’en arriver là, toi, hein, c’est un cas particulier et puis ça n’a pas toujours été non plus, j’ai eu une vie, avant. ;)
            C’était juste pour dire que bon, dans les coconnes qui les tolèrent y’a aussi les trop lasses pour lutter encore qui font de l’idéalisation volontaire de temps en temps faute de mieux. Ceci dit parfois y’a des surprises, derrière la façade de connard on peut trouver des qualités intéressantes. Après faudrait avoir le courage de faire dans la rééducation, c’est ce que font beaucoup de jeune épouses, mais bon, je l’ai plus assez moi le courage, je me contente de faire abstraction du côté pauvre type sur une durée déterminée. La suivante s’en démerdera. ^^

  3. J’aime bien ce passage dans ton texte :
    « Noyé dans cette masse d’informations contradictoires, Poire est facilement amené à adhérer aux théories les plus confortables pour son égo, celles qui le brossent dans le sens du poil. »

    On peut le rapprocher de ça, trouvé chez Spermufle :
    « la réalité objective a moins d’importance que le ressenti du sujet. Ce dernier interprète les évènements au moyen d’un filtre (dépressif par exemple) sur lequel un discours, fût-il solidement argumenté, a peu de prise. »

    En gros :
    « « Les gens sont stupides ! » : Les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu’ils souhaitent être la vérité ou ce qu’ils redoutent être la vérité. »

    Chouette leçon pour les Poires. Ça ne s’applique évidemment pas à grand chose d’autres. Ni aux religions, ni (donc) à l’omnivore défendant, ni à la publicité, ni à l’usage des médias fait par les castes oligarchiques …

    • Spermufle ? Je connaissais pas, en tout cas j’aime bien la phrase que tu cites et le (début du) dernier article que je suis en train de lire.
      Merci Ribz.
      (c’est très vrai, les gens sont stupides, nous sommes tous stupides. Il est plus facile de rester dans des schémas établis plutôt que de risquer une douloureuse remise en question qu’on pourrait aussi appeler ouverture du champ des possibles au moyen du développement personnel… Je suis confronté à ça bien souvent.)

      • Littéralement : de rien.

        Un tiers de mon message était écrit par l’Elfe, un tiers par Spermufle, et un tiers par Terry Goodkind.

        Oui, en fait ma « conclusion » c’est la Première leçon du sorcier, extraite du livre éponyme. Ça décrédibilise un peu le truc ? Pas tant que ça en fait, c’est un (chouette) bouquin avec des vrais morceaux de philosophie objectiviste dedans.
        (jme sentais déjà crasseux de pas citer la source, mais si en plus on se met à me remercier …)

        .. Merci l’Elfe et Spermufle de penser à ma place !

  4. Je ne sais pas s’il s’agit de stupidité, mais force est de reconnaitre qu’aujourd’hui il n’est plus secret (enfin j’espère) le fait que bien des gens préfèrent rester vautrés dans un traintrain douloureux mais ultra familier et donc quelque-part réconfortant ou rassurant plutôt que *prendre le risque* d’aller mieux sous peine d’échouer (rha ce sacro-saint échec) et que… bah que rien ne bouge au final…
    La peur de l’inconnu, fusse-t-il prometteur.
    La peur de l’échec aussi, ou de l’inaptitude. Peur de quitter un monde où on se sent mal mais où on croit avoir une emprise, pour trouver un monde où on pense qu’on sera fatalement novice. (même si tout porte à croire que ça sera que bénéfique)

    Un espèce de vieux cordon social difficile à rompre… celui du conformisme. (du moins il doit fortement influencer)

  5. Que de sophismes… Les rapports de séduction hommes-femme sont des rapports de domination, ou du moins la dominance (et non la tentative de domination) produit l’attirance d’une immense majorité de femmes et tous les « PUA » s’accordent sur ce point. TOUS les hommes qui ont un peu dragué dans leurs vies le savent : ils plaisent bien plus quand ils dominent ou a minima quand il dirige l’interaction.

    On peut s’en offusquer et condamner la méchante société du spectacle, de la consomation et du patriarcat pour cette réalité anthropologique quasi-universelle mais on ne peut pas la nier.

    Certains la découvrent dans la douleur, d’autres sur Internet et toi nulle part.

    Non, si les homme voient la femme comme un trophée depuis l’antiquité, ce n’est pas de la faute à la télévision mais plus probablement parceque nous somme des primates.

    • LOLILOL

      L’elfe vous présente: Poire le Player qui vient appuyer les propos tenus dans l’article avec une verve compensant admirablement le creux monumental de ce qui lui sert de pensée.

    • Si c’est pas du second degré, je te suggèe vivement d’aller en vacances au Québec (comme ça la barrière de la langue sera pas un problème) où de traîner dans des milieux sociaux où le fourbi sexe/séduction sont complètement décomplexé… Y’a des mecs qui n’aiment pas mener le jeu, y’a des filles/femmes qui aiment le faire, le « les femmes n’aiment pas mener le jeu » est un résultat en forme de chappe de plomb qui tire ses sources dans l’auto-censure du slut shaming.

      Y’a un monde entre diriger/dominer l’interaction et mener le jeu: quand tu diriges/domines, tu t’imposes et tu imposes. Mener le jeu, c’est savoir regarder, écouter pour taper juste lorsqu’on qu’on fait une proposition sans point d’interrogation, ce qui fait qu’on impose pas: on fait des propositions volontaristes à partir des informations qu’on receuille, ce qui est complètement différent.

    • Des « primates », mouahaha c’est trop facile, si c’est pas les primates ce sont « nos ancêtres les cro-magnons » parce que comme chacun sait ils ont écrit sur les murs des cavernes leurs façons de vivre qui comme par hasard seraient celles des sociétés patriarcales modernes.
      Par contre, BEAUCOUP plus proche de nous que les primates (dont l’étude est anthropomorphisé à l’occidentale à fond) et des « nos ancêtres les cro-magnons » (dont on imagine sans preuve leurs organisations), il suffit d’aller voir chez les derniers groupes de chasseurs-cueilleurs.
      La version fantasmée:
      « – Robert, toi qui est le meilleur chasseur, tu pourrai me ramener un peu de viande, parce que franchement mon jean-louis d’amour est pas très doué et j’ai les gosses à nourrir.
      – Ok mais en échange de faveur sexuelle, pour que je devienne le père de tous les gosses à la ronde mouahahah
      – Ok parce que t’es le plus fort hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
      (là en général la lignée s’éteindra parce que tout le monde crèvera de maladies génétiques avec le manque de brassage génétique, les « malades » et les plus « faibles » génétiquement ne peuvent pas être éliminés et remplacés en quelques années comme chez les autres mammifères car il faut 18 ans pour « faire » un adulte apte à se reproduire et assez expérimenté pour nourrir ses enfants)
      La réalité:
      « – Robert, toi qui est le meilleur chasseur, tu pourrai me ramener un peu de viande, parce que franchement mon jean-louis d’amour est pas très doué et j’ai les gosses à nourrir.
      – Pas de problème tiens
      – Merci au revoir.  »
      Donc désolé, dans les derniers groupes de chasseurs-cueilleurs qu’on connait (tellement « pur » qu’ils n’entèrent même pas leurs morts), les couples se font et se défont par coup de foudre « hormonale », (en gros nos phéromones cherchent l’être le plus différent génétiquement pour faire de beaux bébés), et tout le monde se rend des services sans qu’une personne plus douée dans un domaine en gagne plus d’avantage, en vertu du principe qu’il aura besoin des dons des autres dans d’autres circonstances, quand il sera malade, handicapé, vieux, pour nourrir les futurs conjoints de ses propres enfants.

  6. J’avais reconnu Terry Goodking !
    Comme quoi je ne suis pas le seul à avoir ce type de référent. J’aime d’ailleurs beaucoup la série, même si des messages clairement politique sont disséminés dans son oeuvre. Une fois abstraction faite de cela, le bouquin est agréable à lire.

    J’espère que les Poires hargneux et vengeur qui réagissent habituellement avec violence aux articles les concernant auront mieux compris maintenant qu’on ne leur en veut pas particulièrement.
    J’attends cependant la réaction des « sargeurs »

    • Ok, tu es un homme de goût et un érudit =)
      J’espérais vaguement que quelqu’un le reconnaîtrait.

      Il professe un genre d’ « égoïsme individualiste libertaire égalitaire », un peu surprenant. Peut-être surprenant pour nous parce que c’est un ricain. Mais souvent il dit des trucs pertinents.

  7. Bonjour l’Elfe,
    j’interviens que très rarement sur l’Internet mais cela fait maintenant quelques semaines que je suis les aventures de Poire tout en lisant les commentaires associés, et je trouve ce papier sur les « players », comme ils aiment s’appeler, réellement excellent. Certaines de tes réponses sur les articles précédents pouvaient faire penser que tu rejetais tout en bloque et je croyais y voir une sérieuse contradiction dans ton analyse. Bien au contraire en précisant bien que certains aspects de la « sarge » (la remise en question et le développement personnel par exemples) peuvent, « pourraient » être positifs, à mon avis tu démontres que tout ton édifice se tient pour l’instant très bien. Je n’apporte rien de plus mais je tenais tout de même à te féliciter et humblement t’encourager dans ton très intéressant travail. Des blogues comme le tien, j’espère qu’il y en d’autres, font vraiment avancer le schmilblick. Merci de nous faire partager tout ça !
    Hop Frog

  8. Je vais finir par croire que l’Elfe et l’Odieux Connard travaille dans le même open-space.
    La réflexion sur la rareté du passage à la pratique est très pertinent : difficile d’observer un comportement de ‘sarge’ dans la vie courante. Mais je vis chez les ploucs: ça y travaille encore à base de ficelles bien grosses.

  9. Option 1 au rapport.
    Alors oui, ça demande de grands bouleversements (les articles sur les Nice Guys© m’ont aidé à réaliser), mais je ne sais pas si c’est si rare que ça en fait, tout dépend le degré de Poire et de lecture de sites de merde qu’on considère.
    Donc si quelqu’un se reconnaissant sans l’avouer dans Poire me lit : ça fait mal de reconnaitre tout ça, mais ça vaut le coup. Et ça n’est pas facile d’être soi-même et de s’assumer. Mais c’est comme se lever de son canapé, ça vaut toujours le coup.
    Je me souviens de ces sites qu’ils avaient raison sur un point : « améliorer son lifestyle » (toujours le franglais). En général les conseils étaient moisis (« fais toutes les activités sociales de beauf ») mais le fond était là : il faut faire le maximum de choses cools qu’on a envie de faire sans trop oser, se bouger à faire ce qu’on ne repousse que par flemme, ne pas avoir peur, dans les activités personnelles, de se concentrer sur ce qui nous plait plutôt que ce qui plait à nos amis ; tout le reste en découle ensuite naturellement.
    Voilà, je ne sais pas si mon commentaire apporte beaucoup. En tout cas, je suis tout à fait d’accord avec cet article.

    • Tellement vrai. C’est le message que j’ai essayé de faire passer sur Virginité Tardive avant de baisser les bras. Certaines personnes doivent vivre les échecs personnels (qui n’en sont pas d’ailleurs) comme les rapprochants plus de la dépression et la dévalorisation.

      D’autant plus dommage car il n’y a que dans l’adversité que l’on progresse. Cela dit, l’elfe vient encore de défaire ce qui était peut-être l’un de leur denier bastion (espoir) qui leur donnait encore l’illusion de ne pas avoir totalement tort dans leur vision erronée de la vie.

      Nos chers amis ont un deuil à faire, celui de leur mode de pensée qui les maintient dans la souffrance et l’incompréhension, et ça passera invariablement par le choc, le déni, la colère, l’abattement / la tristesse / la dépression, le marchandage, la résignation et enfin l’acceptation.

      Mais combien d’entre eux le veulent vraiment ? V3nom l’écrit très justement, les gens préfèrent vivre avec de vieux problèmes plutôt qu’avec de nouvelles solutions. Et ça c’est tellement vrai et tellement partagé qu’on en est là où on en est. ^^’

  10. Une petite idée m’est venue : l’erreur du PUA est de confondre dominance et exigence. Quelqu’un d’exigeant avec lui-meme que ce soit en apparence, en personnalité ou en mentalité sera certainement plus séduisant que si il était négligent. La PUA par certains aspects permet de mieux se tenir, plus extraverti, plus charismatique, de ressembler plus à un adulte, plus sociable comparé à avant. D’ailleurs mes deux potes qui ont versé dans le PUA sont drôles, compréhensifs et ouverts d’esprit.

    Mais beaucoup confondent avec le mythe du mec alpha, du Don Draper, du primate, du conquérant, et que ce serait imposer sa loi qui compte.

    Même si le leit motiv du dev pers est « on devient ce qu’on veut être. » On est pas tous destiné à être Donald « BIG » Trump. Et heureusement!

    D’ailleurs si je peux te piquer ton perso, L’elfe, je dirais que Poire le player ne sait toujours pas ce qu’il veut.

    • Les théories d’Alpha, c’est encore un autre truc. Ca fait partie du play, mais pas que.
      Si je dis des choses que certains d’entre vous savent déjà, je m’en excuse d’avance. Ces systèmes sont des archétypes sociaux basés sur le fonctionnement d’une meute de loups, où se trouvent de nombreux mâles et femelles.

      Dans la meute, un mâle et une femelle, les alpha, dominent les autres, en ce sens qu’ils se nourissent d’abord, et qu’ils sont les seuls à se reproduire, la meute dans son ensemble s’occupant ensuite des petits.
      Dans les fonctionnement humains et le play en particulier, le mâle alpha (ce n’est pas une légende urbaine, c’est un phénomène que j’ai déjà moi-même vérifié) est, dans un groupe et à un moment donné, le « mâle dominant », dans le seul et unique sens où les filles en contact avec ce groupe vont d’abord ce focaliser sur lui pour ce qui est des choses de la chair et tout ça tout ça.
      Face à l’alpha, on a les beta, ou les « dominés », dans le sens où ils ne sont pas perçus comme sexués par les filles qui entrent en interaction avec le groupe ou au sein du groupe même. Ils sont dominés dans le sens où sexuellement, ils passent après l’alpha du groupe.
      Dans les techniques de play, il y a tout un tas de trucs et astuces qui montrent l’assurance/dominance de type alpha, mais ils demandent du doigté et être manipulés avec soin, parce que sinon t’es pas un alpha, juste un gros lourd.

      Cela dit, je suppose que les avisés et les plus sociaux d’entre vous reconnaîtront le problème inhérent à ce genre de pensée, si on lui accorde trop d’importance: un alpha dans un groupe peut très bien se retrouver beta dans un autre. Ensuite, la notion d’alpha n’est ni figée dans une personne ad vitam (j’ai en tête l’exemple d’une connaissance qui pendant des années mettait qui il voulait dans son lit; littéralement. Puis il s’est tellement grillé qu’il change plus ou moins de bande de potes principale tous les huit mois, maintenant) ni dans l’absolu: un comportement de type alpha ne rend pas quelqu’un automatiquement attirant (comme beaucoup de demeurés ont l’air de le penser), il aide simplement à sortir du rang pour pouvoir se faire remarquer et se donner une chance de briler en société.

      Tout simplement parce qu’être dominant ne suffit pas pour séduire, même auprès de filles attirées par ce type de comportement. Faire l’alpha est un groupe de moyen, en société, qui véhiculent l’idée d’assurance et de confiance en soi.

      Bon après y’a les omega, mais c’est un peu hors sujet dans le cas qui nous occupe.

      Un alpha « naturel » (comme la connaissance susmentionnée) aura beaucoup de doigté dans sa compréhension intuitive du fonctionnement d’un groupe de personne. Accessoirement, tous les alphas que je connais ne font pour ainsi dire pas de galipettes avec les gens qui les connaissent de près, parce que leur jeu (esbrouffe, traits de caractère, etc) deviennent des pattern évidents; pour ces raisons, leur « succès » avec les filles tiennent plutôt dans les gens qui les connaissaient de loin ou qu’ils viennent de rencontrer.

      L’autre problème de ce mode de pensée, c’est la confusion entre la visibilité et l’attraction que font beaucoup de gens (les anglophones aussi, cette histoire d’alpha est une sorte de must have; sigh). Avoir un comportement d’alpha dans un groupe augmente la visibilité lors d’interaction avec des filles, mais ça ne veut pas dire que ces filles seront automatiquement attirées. Ca augmente les chances parce qu’on se place en tête de gondole, mais ça ne veut pas dire qu’on finit dans le caddie de lafâme (on va dire que je pars du principe qu’on habite tous Venise).
      En somme, faire l’alpha, c’est tout simplement une technique de mise en lumière de soi.

      • Les players ont généralement une vision tout à fait nuisible et idiote des hiérarchies humaines. Qu’on appelle « être un alpha » le fait d’être au centre de l’attention, ok, pourquoi pas. Mais la plupart des players (du moins ceux que j’ai lus, encore une fois, mais j’en ai lu en paquet, bien que rarement en anglais) voient l’alpha-attitude comme une caractéristique inhérente à l’individu, d’une part; d’autres part associent alpha et dominance, dominance et capacité à séduire. Je peux très bien être séduite par le mec qui parle pas et auquel personne ne fait attention. La seule chose qui va faire que je serai séduite par le mec qui est au centre de l’attention, c’est qu’il a mon attention, que je vais davantage le remarquer et que j’aurai plus de chances d’interagir avec lui.

        Tu as du le constater comme moi. Les players développent des théories naturalistes, essentialistes ou même psycho-évolutionnistes (quelle horreur), selon lesquelles les femelles sont toutes attirées par l’alpha-PUA-dominant, et gnagna et gnagna. Et je pense que la raison est, comme je l’ai dit dans l’article, que ces théories brossent les hommes dans le sens du poil, nous disent ce qu’on a envie d’entendre. On aime se comparer à des animaux comme les loups: y a un mâle dominant qui se tape les femelles (en fait c’est un couple dominant mais bon on entend beaucoup plus parler de mâle dominant, pourtant la hiérarchie est plus marquée chez les femelles car elle est plus complexe: il y a une femelle bêta, etc, ce qui n’est pas le cas chez les mâles, mais bref). On se compare moins aux vaches ou aux marmottes (qui sont aussi bien des animaux hiérarchiques). A la limite se comparer aux gorilles ou aux chimpanzées aurait du sens, mais les loups…

        De plus, chez beaucoup d’animaux (notamment les vaches) (j’ai travaillé sur le comportement hiérarchique des vaches) les rôles de leader et de dominante sont bien distincts et peuvent revenir à des animaux différents. L’animal leader c’est notamment celui qui va décider ou se déplace le troupeau car les autres vont le suivre. Ce que tu décris est plus proche du lead que de la dominance. La dominance est un concept très mal compris et très dévoyé. Par exemple on dit d’un chien qui attaque les autres qu’il est dominant. Déjà que nous avons énormément de mal à mettre en lumière nos propres mécanismes sociaux instinctifs, en ce qui concerne la dominance nous sommes déjà incapable de la reconnaitre chez les autres, et nous lui accordons une place démesurée dans les rapports sociaux, alors que généralement elle existe dans l’ombre et n’intervient en réalité qu’en cas de conflit.

        Malgré ça ta vision de l’alpha est plus satisfaisante que ce qu’en comprennent et restituent la plupart des players, mais il faut avouer qu’elle est très peu répandue.

        • On va dire que je suis d’accord sur tout, ça m’évitera de te paraphraser.
          Ma « spécificité » vis à vis de tout ça, c’est que j’ai évolué du stade Poire vers ce que je suis aujourd’hui à travers autre chose que le play, donc j’ai pu l’observer avec un certain recul.
          Et accessoirement que sur l’e grand échiquier de tout ce bazar, je suis en plein dans la description de l’omega, du coup, je n’accorde qu’une importance périphérique à ces trucs-là.
          Imho, même si elles ont un fond vérifiable dans le monde réel, les théories de l’alpha et du beta ne servent qu’à faire mousser des gens qui en parlent parce que ça donne l’air instruit.

          Ensuite, le truc que certains contributeurs ont bien mis en avant, c’est que pendant des siècles, dans nos sociétés, la femme était, idéalement, vue comme complètement passive dans la séduction. Avec, si elle s’impliquait, l’étiquette de salope qui lui pendait au nez. Verse quelques doses généreuses de « le sexe c’est sale », et tu obtiens une inertie sociale avec laquelle on se débat tous d’une façon ou d’une autre, constructive ou pas.

          Ils disent (et je susi d’accord) que les filles/femmes aiment autant les jeux de séduction et les choses de la chair que les hommes, mais qu’elles n’ont pas envie de apsser pour des salopes, donc elles vont le cacher. D’où la charge de mener le jeu qui retombe sur le paletot du mâle.

          A ce stade, je crois être en devoir de faire une précision. Lorsqu’un player essaie de séduire une grâcieuse donzelle les étapes, si fluides qu’elles soient, s’assortissent de toutes sortes de tests pour voir si la gracieuse donzelle en question est prête à franchir un pas avec le garçon papillonnant.

          A ceux à qui ça paraîtrait sordide et exagérément compliqué, gardez en émmoire que la play est à l’origine fait pour ceux qui ne savent pas s’en sortir avec les filles. Un « séducteur » naturel fera ces trucs-là, mais sans même s’en rendre compte.

          Le résultat, c’est une confusion entre l’inertie sociale (et ça, c’est valable aussi pour les anglophones) du « la fille laisse mener la barque » (pour tout un tas de raisons plus ou moins pertinentes) et un absolu genre « la fille aime se faire dominer ».
          Le problème, c’est que le play se concentre sur la drague de filles lambda.
          Par fille lambda, je sous-entend qu’elle n’aura pas une vision de l’homme/couple une vision très éloigné de la norme, et ce, quelque soient ses autres caractéristiques. Un femme très intelligente, spirituelle, cultivée et intéressante peut être placée dans le paquet lambda à ce niveau.

          Mais pour cette partie de la population féminine, j’ai pu constater de visu que la confusion entre « mener le jeu » et « dominer l’interaction par principe » était tout aussi manifeste.
          En somme, le play fait ressortir que pour obtenir l’égalité dans les mentalités auprès des masses, y’a encore du boulot.

          • « Ma « spécificité » vis à vis de tout ça, c’est que j’ai évolué du stade Poire vers ce que je suis aujourd’hui à travers autre chose que le play, donc j’ai pu l’observer avec un certain recul. »
            -> Comme je ne suis pas étonnée ! Tous les players que je connais qui ont vraiment réussi à améliorer leurs rapports avec les femmes et à évoluer sur le plan personnel sont finalement passés à autre chose et ne s’intéressent plus que de loin à ces trucs-là.
            Sinon je suis assez d’accord avec ce que tu dis malheureusement. Les stéréotypes demeurent.
            D’ailleurs j’ai remarqué (et des « players » m’ont fait remarquer aussi) que des fois les trucs que la dominance « marchent » parce que le mec dans sa tête croit être en train de dominer à fond alors qu’en fait il est juste en train d’agir « normalement » parce qu’avant il avait un comportement complètement soumis et inhibé. (cela dit des fois certains peuvent avoir des comportements étranges et déplacés, comme quoi il n’est pas facile de théoriser une relation humaine et de faire sciemment des choses qui se font d’habitude naturellement, sans y penser).

        • Ca dépend.
          Une conduite dominante implique déjà de considérer les femmes/filles comme des êtres humains à part entière. Pas de piédestal (cf serpillère), ni d’ecxès dans l’autre sens.
          Ensuite, ça passe par une série de conduites, notamment en société, mais pour ça faut avoir des trucs à dire (dépendant du groupe social dans lequel on évolue, je suppose qu’une conversation sur l’onirisme du moyen-orient ancien passionnerait moyennement une bande de footeux de base) et de la confiance en soi.
          Ce sont les points les plus importants. Ensuite viennent quelques données de bon sens sur le look. Pas « LA chemise à porter » comme les français mais prendre soin de soi (sport, hygiène) et d’avoir un style à soi; je suppose que s’ils ont besoin de le rappeler c’est pas une évidence pour tout le monde.

          L’idée, c’est qu’un Alpha se démarque, de plusieurs façons (la plupart tenant du langage corporel et d’attitudes non agressives envers les autres, qui montrent non pas qu’il domine les autres membres du groupe présents, mais que les membres de ce groupe se trouvent dans son aura, sa présence. Ca peut revêtir un tas de formes différentes).
          Dans une bande de potes, l’alpha ne se voit pas, il se sent. Mais c’est censé rester relativement subtil, et ce n’est qu’une portion de l’éventail des possibilités du langange social et corporel.
          La finalité du comportement d’alpha étant principalement de véhiculer indirectement et sans ouvrir le bec qu’on est quelqu’un d’assuré, à l’aise avec les gens et apprécié d’eux, je trouve, franchement, que c’est beaucoup de bruit pour des choses intéressantes mais qui n’en méritent pas tant.

          Je crois que ce qui séduit les players en tant que groupe là-dedans, c’est que alpha = mâle dominant, et qu’il leur plaît de s’identifier à cette figure, visualisant parfois dans leur entourage un autre alpha, naturel ou non qu’ils envient. Ils le verront à travers cette grille et se pose alors la plaie de la PNL et du play en particulier.

          La surinterprétation des comportements. C’est ce qui c’est passé cet été avec cet ami qui usait de play sans le maîtriser. On a été amenés à surinterpréter son comportement, parce que ne maîtrsiant pas les implications de ce qu’il faisait, il envoyait des signes clairs qu’ils savait parfaitement ce qu’il était en train de faire, contredits la seconde d’après par d’autres paroles/actions.

  11. Ça donne mal à la tête tous ces anglicismes… et cette façon de se compliquer la vie à coup de règles et de stratégies… ce monde devient de plus en plus dingue.

  12. Article intéressant en vérité, et je salue l’effort de vulgarisation pour ceux qui n’y connaissent rien. Je vais toutefois ajouter quelques précisions esquissées ici ou là, en précisant que je ne me concentrerai que sur le Game, et non ses pratiquants.
    Je m’excuse d’ailleurs d’avance pour les choses que je vais répéter.

    Déjà, la grande disparité de mentalité qu’il y a entre le play américain (pour simplifier; les sites sont basés aux USA, le gros des communautés sont américaines, mais anglophones serait plus approprié finalement -addentum: vu que ces « théories* » sont d’origines anglophones, ça me choque pas que la plupart de ces termes soient directement passés sans traduction en français, où ils sonneriaent assez ridicules quand même ^^) et français.
    Je vais être un chouya caricatural, mais le game n’a rien d’un mouvement unifié, c’est un fouillis indescriptible. Je me contenterai donc des grandes lignes directrices.
    Dans ce que j’ai trouvé sur le play français, toute la phase « développement personnel » (qui accessoirement est fondamentale) passe par (en grossissant à peine le trait): glisse-toi dans le moule du kéké de boîte de nuit à la Michaël Vendetta, avec tout ce que ça comporte de confusion entre confiance en soi et arrogance, mener le jeu et « domination » outrancière (perso j’appelle ça brasser du vent, mais bon).
    Dans le game américain, la phase « développement personnel » dit en gros: fais quelque chose d’intéressant dans ta vie, n’importe quoi, mais fais-le. Trouve-toi un hobby fais-toi une culture! Fais du sport, n’importe lequel! Ca t’aidera à t’apprécier toi-même et la confiance vient de là.

    Ensuite, l’absence de réelles « théories » sur la nature de la femme sur les fofo US. Des gens testent des trucs des « gourous » (autrement dit les pionniers, ceux qui ont écrit des livres et/ou des articles, qui animent des newsletter et ainsi de suite), mettent au point leurs propres techniques, et ensuite, proposent un feedback souvent assez détaillé, et d’autres personnes viennent commenter, et ainsi de suite. Autrement dit, le Game, c’est de l’empirisme pur.
    Ca se base en fait sur un constat tout bête: on ne séduit pas une fille en accumulant des points (je pense qu’en lisant l’Elfe faut avoir la caboche bien dur pour continuer à le penser), mais en passant par le ressenti, que l’attraction ressentie par une femme n’est pas quelque chose de rationnel, et le play apprend ensuite à communiquer au niveau de ce ressenti (y’a dans le play US un truc avec lequel je ne suis par contre pas vraiment d’accord, c’est qu’ils placent le ressenti féminin versus la logique masculine dans l’attraction que ces derniers peuvent avoir, et une certaine confusion entre logique et rationnel; passons).
    Il apprend aussi à être fluide dans ses approches. Que la technique la plus rôdée, la plus perfectionnée, ne fonctionnera jamais avec quelqu’un qui l’applique mécaniquement. Y’a aussi des petits détails pour les caboches laineuses sur « pourquoi est-ce que cette façon de faire fonctionne avec untel et pas avec moi ». En filigranne, le néophyte un tant soit peu intelligent y comprendra que la séduction n’a jamais rien d’automatique, qu’elle se forge en fonction de celui/celle qui en fait usage, et donc qu’elle ne fonctionne pas par points.
    C’est l’essence du PUA en fait. Apprendre à des gens qui savent pas s’y prendre, leur donner la boîte à outil nécessaire pour qu’ils puissent s’en sortir avec les filles et expérimenter les joies des différences physiologiques :D.

    Avec les inconvénients que ça comporte: Les tutos de base s’addressent à des gens lambda qui sont prêts à accepter certaines choses, et qui ont la volonté de changer leur vision des rapports homme-femme. Le site US que je fréquentais fut un temps (maintenant défunt) était très clair sur ce point, ces informations, tuto et Cie ne sont pas pour tout le monde.
    Anecdote personnelle: dans un de mes cercles d’amis, nous sommes trois à connaître l’existence de ce fatras et à l’utiliser dans une certaine mesure; un quatrième a appris l’existence du Game, il est allé zieuter sur le net, a récupéré quelques tutos français (qui, honnêtement, était un monceau de conneries sur la « domination masculine »), et dans un délai de deux mois on a constaté une évolution inquiétante de son comportement (je pèse mes mots), parce qu’il a assimilé deux-trois techniques d’affirmation/domination qu’il appliquait sans les comprendre ni s’en rendre compte. On a fini par en discuter avec lui et lui mettre les points sur les « i » pour éviter que ça empire, mais j’insiste lourdement sur le fait que ces tutos et ces trucs-là ne sont pas fait pour tout le monde (Pensez à la langue de Louis de Funès, au play, et suivez mon regard; je l’ai déjà dit dans des comm sur d’autres articles, mais à mon sens, les communautés de player francophones sont complètement dévoyées et la plupart des kékés qui y traînent n’ont rien à faire là).

    L’autre inconvénient majeur, c’est que s’adressant aux gens lambda*, les tutos restent pour la plupart excessivement généraux, donc fonctionnent bien avec des filles/femmes lambda*, qui véhiculent encore dans leur comportement des marques de machisme/sexisme ordinaire. Et l’écrasante majorité de ces filles-là attendent du mec qu’il mène la danse, d’où les théories fumeuses sur la prétendue nécessaire domination masculine.
    Dans un article US, j’avais trouvé une contribution très intéressante sur ce qu’est vraiment mener le jeu dans une approche de type séduction. Le bastringue faisait plusieurs page, mais en une phrase, ça donne « être à l’écoute pour avoir un coup d’avance ». Ne pas poser des questions comme si on cherchait l’approbation. Un genre de poker, quoi…
    Si la séduction y est appelée « the game », ce n’est pas pour rien. Tout y est placé pour laisser son ego aux vestiaires, gérer le rejet comme une source d’apprentissage et non un camouflet définitf sur sa propre virilité, etc.

    Après, le play n’est qu’une boîte à outil, une bibliothèque, et elle dépend de ce qu’on en fait. Comme pour tout, il y a des techniques qui sont éthiquement largement discutables (j’ai assisté sur un forum US à des débats acharnés sur la moralité d’utiliser telle ou telle technique); Le côté obscur de la force, si vous voulez.
    En premier lieu, l’hypnose, de ses formes les plus simples (repérer des mots clefs à partir de questions choisies pour donner à autrui l’impression qu’on est sur la même longueur d’onde) aux plus complexes (« endormir » la réflexion pour faire passer des mots directement dans le subconscient sans la validation de l’esprit éveillé).
    Y’a des gens qui s’en servent sans vraiment de scrupules, ce qu’ils font est sujet à débat et controverse dans les communautés même de players.
    Et puis il y a ce qu’on appelle les dark pattern. Ca, c’est VRAIMENT dangereux. Tous les forums US sérieux que j’ai fréquenté en bannissent la discussion, et se montrent sévères avec les contrevenants. Ces techniques servent tout simplement, dans une relation, à rendre autrui dépendant de soi.
    Personnellement, je me refuse à utiliser ce genre de chose, que ce soit l’hypnose ou les dark pattern. Je pense que tout contact humain est une forme de manipulation, mais y’a quand même des bornes que je me refuse à franchir.
    Cela dit, je vous rassure, les kéké francophones qui se gargarisent de domination masculine ne seront jamais capables d’assimiler ce genre de choses qui demandent une grande souplesse mentale et une bonne compréhension de l’esprit humain.

    Aux USA aussi y’a des mecs qui se montentn le bourrichon avec des salades, qui font des rallyes du genre (je vais dans une ville que je ne connais pas sans rien sur moi, je reste une semaine et je dors chez une fille différente à chaque fois). Ce genre de mecs est généralement apprécié dans les communautés, mais il semble que c’est plus pour leur feedback sur les techniques de drague qu’ils utilisent que le reste. L’intérêt pour ce genre de rallye me dépasse complètement, mais je les ai cité pour dire que quelque soit le mépris que je peux éprouver pour les players francophones en tant que groupe, ça ne veut pas dire que les américains sont tous gentils tout mignons, y’a aussi des tarés et des cas soc là-bas.

    • Merci pour ces précisions.
      En effet il me semble que les personnes que je connais qui ont vraiment réussi à améliorer leurs rapports avec les femmes grâce au « game » sont des gens qui lisent des trucs en anglais. Cela dit il m’est arrivé de lire des trucs en français qui étaient relativement intéressants, même si ça ne va jamais bien loin dans la réflexion.
      Les « dark pattern » m’ont toujours laissée assez dubitative jusqu’à ce que je réussisse à en lire un (le pattern de la porte). J’ai trouvé ça un peu inquiétant. D’autant qu’un ami d’ami l’aurait appliqué avec des conséquences… inquiétantes. Mais ce qui m’inquiète en fait c’est plutôt la tournure générale que prend la sarge. Noter les filles de 1 à 10 ok, mais… Le fait en ayant pas conscience que c’est complètement con, macho, sexiste et réducteur, c’est grave je trouve. C’est qu’un exemple bien sur. Ce qui m’a intéressé à la base dans le game c’est remettre en question des idées reçues (Non, Poire, séduire une fille, ce n’est pas Mal. Non, les filles ne sont pas attirées que par des mecs beaux et riches. etc…) mais c’est bien souvent pour foncer tête baissée dans des stéréotypes affligeants et ne pas s’en relever.
      Ce qui me dérange aussi c’est que comme tu le dis j’ai beaucoup apprécié cet esprit de mettre son égo au vestiaire. Sauf que dans la réalité, du moins pour ce que j’en connais (le plus visible n’est pas forcément le plus représentatif, mais quand même) c’est plutôt l’inverse qui se passe. Regarde http://geeknstuff.wordpress.com/ par exemple. Il a un égo monstrueux et vraisemblablement très fragile. Je pense qu’un mec intelligent peut se servir du game pour progresser, mais un type comme geekmachin, ça le plombe plutôt qu’autre chose.

      Même les personnes que je connais qui ont progressé grâce au game sont souvent passés par des périodes bizarres, difficiles pour eux, à se prendre exagérément au sérieux dans ses relations sociales ce qui créé un décalage avec les autres (ce que j’ai appelé le syndrome du player dans un commentaire précédent). Cela dit j’ai remarqué que dans toute évolution il y a des périodes de régression. Mais j’ai surtout l’impression que ce n’est pas facile de se repérer dans ce fouillis. A la fois remettre en question des automatismes sociaux, et en renforcer d’autres. Dans une certaines mesures, comme tu le dis, « ça marche » puisque les gens agissent souvent selon des stéréotypes, y compris les filles. Mais c’est peut-être du coup encore pire. Si le mec a ce qu’il voulait il a sans doute plus de difficultés à se remettre en question. Et le peu de players qui ont réussi à vraiment évoluer grâce aux game, je pense qu’eux maintenant ils le savent: mettre son kiki dans le plus de vagins possibles, c’est ni nécessaire, ni suffisant pour être heureux.
      J’ai rencontré un gars qui était resté bloqué à ça. un obsessionel compulsif de la drague. Il avait un sérieux problème. Je reparlerai de lui.

      Enfin j’ai encore pas mal de trucs à dire en fait sur la sarge mais je n’ai pas pu tout caser dans l’article donc j’en reparlerai probablement.

  13. En fait, l’approche du play que je connais, c’est
    « Riche, grand et beau, si tu l’es pas, tu l’es pas. Ok. Mais maintenant que t’as assimilé ça et que tu sais que c’est débile de vivre au-dessus de ses moyens et de faire de la chirurgie et 10h de muscu par jour uniquement pour courir la gueuse, rentre-toi dans le crâne qu’à de rares exceptions près, une fille/femme qui se dit attirée par les hommes grands/riches/beau/avec du poil dans les oreilles/… ressent quelque chose de particulier en la présence de quelqu’un rassemblant les traits/qualités prisées.
    Le play apprend aussi, une fois que ces traits sont identifiés, à tenter de mettre son interlocutrice (attirée par des mecs de 2m, mettons) dans le même état d’esprit que si elle se trouvait avec un tel homme (même si on ne fait qu’1m70).

    Je l’avais déjà signalé, mais les francophones ne notent que leur idée de la beauté physique selon un concept formaté. Le player anglophone est encouragé à noter les HB (hot babe) qu’il croise, mais de façon un peu différentes, et pour des raisons un peu différentes.
    La player anglohone est encouragé à avoir sa proproe définition, sa propore version des filles qu’il trouve séduisantes (notez, j’ai dit séduisantes et pas « belles »). Je me souviens d’un article où il était justement question des différences entre les filles que ton groupe social trouve belles, celles que la société trouve belles (à travers des absurdités comme miss chsaispaquoi) et celle que lui, en tant qu’individu, trouve belles.

    La finalité avouée de la « notation » est de faire en sorte à ce que les RAFC* deviennent exigeants. Ca ne revient pas à dire « ne regarder que les parangons de perfection », mais passer du « avec une fille, n’importe laquelle » au « une fille que je trouve intéressante/qui me plaise ». Personnellement (mais je sais que mon opinion ne fait pas l’unanimité), je vois la notation comme un moyen transitoire pour le RAFC*, le temps qu’il trouve en lui le genre de fille avec qui il voudrait faire du chemin, que ce soit dans un lit ou main dans la main.
    Cela dit, s’y accrocher… comment dire… je trouve ça… digne des films de Michael Bay si on ne les jugeait qu’à l’aulne du développement des personnages et de leur scénario. A savoir profondément et irrémédiablement stupides. Pour être poli.

    Pour autant que j’en sache, les players US ne font pas de galerie photo de leur tableau de chasse, il ne s’agit que de feedback et de ce qui tourne autour. Du coup, l’ego du RAFC* qui veut se faire mousser en PUA n’y a juste pas sa place, parce que s’il se met à décrire une situation qui le met à son avantage, à part quelques « well done dude » au milieu des demandes de détails pour établir un feedback de ce qu’il a fait et comment il l’a fait, il n’y trouvera rien pour faire mousser son ego.

    Le problème étant, l’Elfe, que le net fait ressortir les visions et les pensées des masses. Et je dis pas ça dans une optique élitiste, mais les gens sont cons.

    *Niveau séduction, les players divisent les célibataires en trois:
    l’AFC pour Average Frustrated Chump, autrement dit, le mec qui sait aps vraiment s’y prendre, et qui, s’il finit en couple ou dans le lit d’une fille, y sera parvenu avec un gros facteur chance.
    le RAFC, pour Recovering Average Frustrated Chump. En gros, un AFC sur le long chemin qui mène aux portes du PUA. Un PUA en apprentissage, si vous voulez.
    le PUA, que l’Elfe a déjà défini.

    • Je suis bien d’accord avec ce que tu dis à propos d’internet.
      Quand je me suis intéressé au sujet il y a quelques années c’était déjà en train de se démocratiser, donc on voyait un peu n’importe quoi, mais là c’est le pompon.
      (à propos de la notation j’ai récemment lu ce torchon: http://www.artdeseduire.com/drague/warpig-hb10-comment-et-pourquoi-on-note-les-filles )
      En plus de l’effet « masse », ce que je voulais souligner dans l’article, et j’y reviendrai aussi, c’est comment les problèmes personnels des players entravent leurs visions du game et des femmes. Par exemple, je l’ai déjà montré dans un article précédent, Poire a une tendance sévère à la misogynie. Cette tendance se retrouve chez nombre de players (je considère pas que la misogynie soit un problème que pour les femmes, surtout pour des mecs dont la vie tourne parfois autour des femmes et de la drague).
      Le mec dont je parlais l’autre jour, il était obsédé par les femmes, il ne parlait que des femmes. Et il les méprisait profondément. Il les appelait « les gallinacées » et estimait qu’elles n’avaient aucune intelligence, aucun sens moral, ni rien. Rien ne pouvait le détromper (il aurait fallu qu’il entame une conversation d’égal à égale avec une femme ce qui était impossible). Il était assez âgé et trainait avec des mecs de 17, 18 ans (j’ai rien contre chercher des coups d’un soir, mais si tu en es encore là à 40 balais sans t’être jamais investi humainement, émotionnellement dans aucune relation, y a un souci).

      A propos des niveaux j’ai lu en anglais un article hallucinant qui détaille les niveaux avec une précision que je qualifierai d’obcessionelle XD

  14. Le bidule dans lequel je me basias faisais la nuance entre une dizaine de niveaux du RAFC ><
    Ce qui est complètement absurde. J'avais fait al comparaison à l'époque (un peu comme j'avais passé le griffor), et là où ça devient absurde et où autrui peut compendre à ne pas s'attarder à ce genre de choses, c'est qu'il y avait des traits de RAFC placés très hauts avec lesquels je n'avais aucun problème, et d'autres, plus bas, avec lesquels je galère toujours; du coup, à l'aulne de ma précieuse petite personne (puisque c'est ça qui compte quand on regarde ce genre de chose), cette hiérarchie de status n'avait, virtuellement, aucun sens. :)

    • A ton lien, je dédie le coq décapité (c’est un pin’s, je te rassure): grande gueule pour dire des choses sensées noyées sous un flot de conneries (parce qu’il y a deux-trois trucs sensés là-dedans, même si ça reste plus du bon sens qu’autre chose, à croire que ce mec s’adresse à de smoutons débiles et qu’il faut tout leur dire; sigh).

  15. Je suis désolée mais je trouve ça pathétique. Voilà à quoi ils utilisent leur matière grise, à apprendre des techniques de manipulations pour coucher avec le plus de femmes possibles… Waou ! Ça, ça remplit une vie, c’est du développement personnel ^^
    Je suis sortie avec un gamer, hormis le fait qu’il m’ait mise dans son lit tout de suite ( jusque là aucune différence d’avec les autres mecs non abonnés au petit manuel de manipulation, je couche toujours le premier soir si le mec me plaît, la belle affaire…) j’ai été dégoutée par le coté pervers de sa personnalité et je me suis enfuie au bout de 15 jours parce qu’il me filait des cauchemars (on dira ce qu’on voudra mais l’inconscient, il sait…). C’est grâce à lui que j’ai découvert ce monde car il avait semé des indices partout. Comment peut-on espérer avoir une relation valable et sincère avec quelqu’un lorsqu’on passe sont temps à porter un masque, jouer la comédie et essayer à toute force de manipuler l’autre pour l’amener à coucher/rester avec vous. N’est-ce pas là UN ENORME AVEU: celui d’être persuadé de ne pas être digne d’amour. Car quand on pense valoir quelque chose, on peut espérer être aimer pour ce que l’on est et non pas pour une comédie grotesque aux relents pervers. Sans parler du coté totalement infantile qui confine au délire (je pèse mes mots) sur le thème on peut hypnotiser les femmes pour les amener à coucher ou on peut leur « inoculer » des idées par certaines petites manip verbales… Le subliminal à un effet qui tourne autour des 3 minutes et est tout sauf une science exacte. Sinon les conseils qui marchent sont moralement gerbant puisqu’il s’agit d’exploiter les failles affectives des « proies/target » (franchement ! j’invente pas c’est le vocabulaire) et de pratiquer la violence psychologique, voire sexuelle. Effectivement en faisant subir ce traitement aux gens on les brise, bel exploit dont on peut être fier. D’ailleurs il y a une page entière de dénégation sur FTS (un site parmi d’autre) sur le thème, nous ne sommes pas des pervers narcissiques. (C’est un mécanisme de défense très bien décrit par la psychanalyse qui n’a pas dit que des conneries, même si elle en a dit beaucoup…)
    La perversion est pourtant très bien imitée!
    A savoir que la personnalité perverse s’acquiert et s’alimente par… je vous le donne en mille : un renforcement positif du fait de la réussite des stratégies/comportements pervers et une déshumanisation toujours plus sévère d’autrui. Les notations sont magnifiques de ce point de vue là…
    C’est laid moralement en plus d’être d’une vacuité insondable. Ce serait risible si ce n’était pas dangereux pour les pauvres filles qui tombent sur ces Fourniret de pacotille.

    • Ouais enfin faut pas non plus surestimer les players. La plupart ne sont que de très grosses poires qui empirent plutôt que de changer. Le fait qu’ils soient persuadés de ne pas pouvoir être aimés pour ce qu’ils sont, ou être désirés, en effet c’est triste. Mais c’est surtout une poirerie. On retrouve là le sexisme ordinaire (les femmes ne désirent pas les hommes, sauf peut-être éventuellement les surhommes très riches et beaux comme des dieux, et encore… mais pas les hommes « normaux ») et le manque dramatique d’estime de soi. Je pense que ne pas être capable de se voir comme un individu aimable ou désirable est assez terrible, donc rien d’étonnant finalement à ce que les players surcompensent en ayant un énorme égo et en jouant au concours de zizi (notamment « celui qui couche avec le plus de filles) et qu’ils relaient les valeurs patriarcales les plus pourris.
      Reste que l’idée de base est de sortir du poirisme, et ça, c’est bien. Ca tourne beaucoup en eau de boudin, mais c’est parce que les gens sont souvent limités dans leurs capacités de remise en question.

      • Critical hit for the Elf.
        Vu que le Game est pas fait pour tout le monde, à froce d’internet, des gens qui n’ont rien à y faire (parce qu’ils ne sont pas près mentalement à changer certaines de leurs grilles de elcture du monde, celles que l’Elfe met en évidence depuis qu’elle a commencé l’étude du cas « Poire » ^^ )atterrissent dans cette mélasse.
        Pour des Poires qui ne sont pas près à évoluer, le play ne sera qu’un masque de plus pour cacher leurs appréhensions et donner de nouveaux noms aux choses. Autrement dit… Ca les dessert plus qu’autre chose, parce qu’à force de ferrailler pour cette image qu’ils veulent se donner d’eux-mêmes, ils finissent par s’y perdre et n’être qu’une coquille vide qui recherche la jouissance physique parce qu’elle a perdu le reste de vue.

        • Ouais enfin le monde des « players » ne se divisent pas en personnes qui évoluent super bien et personnes qui n’évoluent pas du tout, ou pleyrs qui restent chez eux et players qui expérimentent le « game ». Il y a plein de nuances entre les deux (et d’ailleurs il ne suffit pas de sortir draguer dans les bars pour régler ses problèmes psychologiques).

  16. Bonjour Elfe, je trouve tes articles d’une grande perspicacité. Je pense avoir été Poire à l’adolescence mais avoir suffisament changé depuis.
    Ce que je voulais te demander est de nous parler plus de Cerise à l’occasion. Les adolescentes attendent aussi leur prince charmant… et marchandent…
    Face à certaines attitudes de femme, des hommes comme moi peuvent aussi être perplexes car nous ne sommes pas les seuls à avoir été mal « éduqués ».
    Le plus difficile pour la majorité des gens est de se départir des valeurs marchandes de la société où tout a un prix. Nous sommes jugés sur les possessions matériels, les résultats visibles et pas sur une richesse spirituelle. Bref c’est un monde où la forme prime sur le fond. La plupart des gens ne sont pas vraiment mauvais mais ils ne sont pas bons non plus… Ils naviguent dans un flou médiocre comme des bateaux sans commandant… Il ne cherche plus à donner du sens. Tu parlais de quête spirituelle et tu as raison mais peu de gens se rendent comptent de ce que c’est réelement. Il vont penser à la méditation, aux arts martiaux, aux ermitages alors que ce ne sont que des moyens qui ont perdu beaucoup de leur substance dans nos sociétés dites modernes. Une véritable quête est souvent une voie sèche telle que le prônait l’école Cynique. Cela passe par des prises de risque dans la vraie vie et l’acceptation de la critique si elle est juste !
    Bonne continuation et bonne journée.

    • Merci
      Je vois pas le rapport entre Cerise et le prince charmant, et je vois pas pourquoi tu penses que Cerise est une adolescente…

      Est-ce que tu as lu ceci? Cerise et Melon: Lâchez-leur la grappe

      Incriminer Cerise pour ne pas vouloir coucher avec un mec, c’est un problème poiresque, c’est pas un problème de Cerise. Cerise c’est la meuf que Poire veut et elle elle veut pas, point. Il n’y a aucun rapport là avec un quelconque idéal féminin. Ca ne veut pas dire que les femmes n’ont pas leurs problèmes (j’en parle en ce moment à propos des injonctions à la « beauté ») mais critiquer une meuf parce qu’elle veut pas coucher avec untel et préfère untelautre (même si ce n’est pas l’homme parfait), c’est vraiment faire le jeu de Poire et même si on me harcèle régulièrement pour que je le fasse, je n’en ferai rien.

      • Je peux me tromper mais je pense qu’il fait allusion à Poirette plutôt….Qui serait lafâme qui attend son prince charmant, ne doit surtout pas draguer ouvertement (ca serait maaal…), mais doit poser tout un tas de stratagèmes débiles (rire à toutes les blagues du Prince, le flatter, se taire, et surtout être la plus belle, qu’importe ce que ça signifie d’ailleurs…) qui fera qu’elle sera remarquée (soulignez l’emploi du passif, c’est volontaire) par LUI, et qui s’étonnera que c’est pas efficace, et se demandera pourquoi il sort avec Figue (qui porte pas de talons/a des lunettes/est ronde/est rousse … bref qui n’est pas « belle ») : il a vraiment rien compris, LUI.
        Bref, un autre sujet…

        • Mais, lol.
          Si on se met à chercher un « pendant féminin », à un travers supposément masculin …
          C’est du sexisme, du coup.

          Tu pensais pas à mal Audvoo, mais Jérôme a raison quand il dit « Ce que je pense, c’est que le syndrôme Poire n’a rien à voir avec le sexe de la personne. »
          Le syndrôme Poire a été respectivement défendu et conchié par autant de mecs que de gonz (et inversement =__=)

          http://xkcd.com/800/
          je sais plus qui a posté ça.
          Mais ça résume bien. Quand quelqu’un (ici, la société) dis des bullshits plus grosses que lui, les gens y croient ou non de manière paritaire. Le problème c’est les bullshits, et les gens crédules d’un genre et de l’autre (et de l’autre, et de l’autre, ad lib).

        • oui dans ce cas (si c’est bien ce qu’il avait à l’esprit) je comprend que ça puisse avoir un rapport avec le sujet. Mais il me semble très important de comprendre que Cerise n’est pas Poirette.
          Cela dit « Poirette » aura tendance non pas à critiquer les choix du mec qu’elle convoite ou à le haïr, mais plutôt à se remettre en question, à se soumettre à des diktats, à se haïr elle-même, voire à blâmer Figue. (au final c’est toujours la faute des gonzesses).
          En fait Poire est un dominant qui s’ignore, il se comporte d’une certaine façon en dominant (en essayant de dire aux femmes ce qu’elles doivent être et faire notamment), une Poirette ne le serait pas.

  17. Perso, je ne suis pas gentil mais je ne pense pas que les femmes qui n’ont pas voulu faire connaissance avec moi soient des salopes… J’ai eu une relation amoureuse avec une Poirette qui voyait la vie comme un sacrifice pour l’autre où il fallait être en fusion. Je l’ai vraiment quitté le jour où elle m’a dit que le couple n’était pas une question d’amour mais d’obligations l’un envers l’autre.
    Pour te donner quelques exemples sympas de tranche de vie : tout le temps au téléphone à vérifier tes faits et gestes. A exiger son dû et les rapports sexuels (alors que finalement je n’ai pas cette libido de dingue que l’on prête à tous les mecs…) ! Elle a finit par être insupportable et en plus elle me culpabilisait à mort ! Je voulais passer de bons moments avec elle mais non pas possible, il fallait absolument suivre son programme au pas de course sans avoir mon mot à dire ! S’arrêter boire un café avec un ami et s’absenter une heure, impossible sans elle ! Si elle n’aimait pas cet ami, c’était la crise de nerfs si j’y allais, Etc. Le calvaire. Ce que je pense, c’est que le syndrôme « Poire » n’a rien à voir avec le sexe de la personne.
    Mais là je ne critique que le trait de caractère d’une femme rencontrée, j’en ai rencontré de super sans problème ! Et surtout je n’ai jamais été servile pour cela.

    • Pardon mais je me permet de modifier ton commentaire.
      En effet, la première partie de ton commentaire est intéressante donc je ne la supprime pas.
      En revanche, je me passerai volontiers de ta psychanalyse de bistrot. Non, je ne suis pas « en colère », non, je n’écris pas parce que j’ai rencontré untel ou vécu telle expérience. Franchement, ce genre de trucs comment à me gaver mais SEVEREMENT (oui là je suis en colère).

      Mon blog contient, à l’heure actuelle, 249 articles. 4 d’entre eux parlent du phénomène « Poire », un mécanisme social très répandu dans notre société et qui n’a jamais (à ma connaissance) été analysé d’un point de vue féministe dans le milieu francophone. Les autres articles parlent de féminisme, de divers aspects des relations homme-femme, d’antispécisme, de végétarisme, d’anti-âgisme, de photographie, de voyages, de sentiments, d’impressions, de poésie. Mais bon puisqu’il y a un article qui parle d’un truc sur les relations hommes-femmes c’est FORCEMENT que j’ai été TRAUMATISEE par un de ces vilains hommes méchants pas beaux.
      Merde, quand on est une femme, on n’a pas le droit de s’exprimer sur un sujet sans être forcément concernée et d’ailleurs on n’a pas le droit d’être concernée sans avoir été traumatisée, sans être une VICTIME. Franchement c’est LOURD. C’est d’un sexisme et d’une bêtise. Je m’exprime sur le monde, je vois, j’observe, j’ai des idées, j’utilise mon intelligence, j’ai le droit ou il faut un permis?

      Je parle de viol et je n’ai pas été violée. Je parle de prostitution et je n’ai pas été prostituée. Je parle de harcèlement et j’ai été harcelée… comme tout le monde. Je parle de players et je n’ai jamais playé, je parle de viande et je n’ai pas été mangée, je parle de lait et je n’ai pas été traite, JE VAIS BIEN MERCI.

      Et puis d’ailleurs… Franchement je vois pas comment on peut être traumatisée par un Poire, sérieusement?? Mais sans déconner, quoi. Oui j’ai connu quelques Poire dans ma vie. Ils sont globalement chiants et à éviter, et généralement quand on a deux ronds d’intelligence on cesse de les fréquenter quand on se rend compte que ce ne sont pas de vrais amis. Je ne vois pas en quoi c’est traumatisant au point d’écrire un article sur cette horrrriiiible expérience? D’autant plus que presque toutes les femmes ont connu ou connaissent des mecs comme ça, et franchement, et elles s’en portent pas plus mal. Dans l’histoire c’est Poire qui souffre, c’est lui qui a intérêt à savoir tout ça. Son comportement a beau être grotesque de mon point de vue, il est le seul à en chier. Se faire traiter de salope par des frustrés, franchement, si ça me faisait peur, j’écrirais pas dans ce blog.

  18. Le succès de ces trucs de sarge est dû à mon avis au fait que la plupart des mecs aiment bien les « techniques ». Appliquer un manuel est assez dans la mentalité rationnelle de la plupart des hommes et cela a l’avantage d’être nettement moins impliquant et insécurisant que de faire un réel travail de transformation sur soi-même, qui implique de se confronter à ses blessures d’enfance qui ont amené à devenir un Poire.

    A moins d’être dans le BDSM, je pense aussi que cette idée que la plupart des femmes craquent pour les dominants est de la vaste foutaise. Ce qui attire, et cela vaut pour les deux sexes, ce sont les personnes qui sont bien dans leur peau, s’assument pleinement, et qui du coup rayonnent, irradient. C’est donc l’inverse d’être inhibé, ce qui caractérise le Poire.

    Il y a une confusion chez ces players entre domination et « puissance masculine ». Pour ceux qui sont familiarisés avec le tantra, on parlerait d’énergie yang qui, si elle n’est pas équilibrée avec son pendant, l’énergie yin, peut effectivement se transformer en domination ou même en violence. J’ai lu un très éclairant bouquin à ce sujet, à conseiller à tous les Poires : « L’amant tantrique », de Jacques Ferber, aux éditions Le souffle d’or.

    • ah wouai
      le truc tantrique, ça, ça doit être vachement plusse balaise que le coaching PUA
      sûr !
      nan parce que tu comprends, c’est spyrituaile !
      donc forcément hein avec de la spyritualyter c’est vachement plusse bien

  19. Ping : Toi aussi encourage le viol comme Kamal | Les Questions Composent

  20. Ping : Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder » | Les Questions Composent

  21. Ping : Poire le Player | Les Questions Composent | Non...

  22. Bonjour, bonsoir !
    Je parcourais le web en buvant un petit thé, à la recherche de pas grand chose en fait, et là, je tombe sur cet article d’Elfe, par pur hasard, et je dois dire que j’ai littéralement explosé de rire en lisant cela.
    Car mon pseudonyme n’y est pas pour rien.
    Je connais parfaitement un bon Poire+++++ même, et toutes les techniques machistes, intégriste et malheureuses qu’un Poire utilise.
    Je suis même experte, j’en ai fréquenté un pendant des années. Au début je pensais que ce genre d’activités; du « Street » du « Boyfriend Destroyer » etc c’était pour rire, ou tout du moins pour qu’il trouve un but dans son existence de petit étudiant qui s’ennuie terriblement.
    Mais non, du tout ! C’est effectivement une affaire des plus sérieuses, et à chaque fois, le Poire était un petit collégien mal dans sa peau, pour qui les filles ne prêtait aucune attention (Quand je dis « filles » je parle des bimbos, évidemment je ne parle pas de la fille intéressante qui ne ressemble pas à Pamela avec qui il aurait pu vivre un conte de fées)
    Et ce petit Poire, décida du jour au lendemain de devenir un gros enfoiré, mais littéralement quoi, pas le petit gamer, non non, le gros salaud de base, celui qui joue à te faire patienter quand tu lui envoies un message, celui qui vient une demie heure en retard aux RDV, qui reçoit un tas de sms de filles plus bêtes les unes que les autres pour se faire croire « overbooké ». Et ça, c’est dégueulasse.
    C’est dégueulasse car Poire était quelqu’un de cultivé, beau, et charismatique.
    Mais non, il a fallut qu’il foute tout en l’air, en faisant le « Male Alpha », voilà comment ils s’appellent entre amis. (Je sais touuuut, j’vous dis)
    Et qu’ils se bourre la tête avec des forums à la con.

    J’ai appris tellement de choses, par exemple « Une fille qui marche en regardant les vitrines des magasins est célibataire, elle prend son temps. La fille qui marche tout vite sans regarder, elle a un gars. La « target » n’est pas libre. »

    Hé oui, avant nous avions des Belmondo, des Sean Connery, des Delon.. (Ironique, un peu), maintenant, on a des hommes qui tentent d’étudier les femmes via des forums, et qui ne cherchent qu’a en faire une récompense pour flatter leur égo surdimensionné. Elle est pas belle la vie?

    Merci Elfe en tout cas, un avis féminin sur ces « cas », y en a pas des masses.

    • Ha quand on a un zhomme dans sa vie on marche vite et sans regarder les vitrines… Moui, entre autres conneries sexistes, celle-ci n’est pas mal du tout

  23. Et pour un avis personnel, les femmes n’aiment à mon avis pas les hommes qui posent leur kiki sur la table à chaque occasion, pour se faire entendre et jouer le grand mâle.
    On préfère quelqu’un qui s’assume, protège, et ne déblatère pas des théories à la con pour nous embrouiller l’esprit et nous faire passer pour la fille gnangnan qui sert à rien à part à faire à manger et à écarter les cuisses.
    Un homme un vrai, ne se vante pas d’être un homme, il n’a pas besoin de se vanter pour faire savoir qui il est, la femme à ses côté, l’unique, montre le charisme et le cœur qu’il a conquit sans artifices. Et sans brutalité, surtout.

  24. Bon, je fais parti de cette communauté. Depuis environ 5 ans, alors que j’étais encore au collège, j’en ai 19.

    Déjà, comme le dit l’article justement, il y a « les bons players » et les « mauvais players ». Pas dans le sens « résultats obtenus », mais dans le sens où un « bon » aura un chemin au travers « le Game » leur permettant de devenir « un homme meilleur », et la encore je vous arrête si vous pensez que par « homme » j’entends « macho dominateur », je parle de s’assumer, d’enlever des croyances limitantes, et de devenir humainement meilleur.

    Chaque communauté a son orientation vis à vis du Jeu.
    Je viens du forum d’ADS (en mon nom et non en celui de la communauté); au début, comme la plupart des forums à l’époque, on pronait les techniques et autres choses compliqués, le franglais etc… Mais c’était la mode. Tout comme certaines époques étaient propice à la science, d’autre à la psychologie etc… et à ce moment là, on découvrit sous un angle nouveau le rapport homme/femme.
    Sans développer, on est passé désormais (sur le forum dont je parle) à une vision plus saine, basé sur « l’InnerGame » (le Soi), en gros, la philosophie du « Nouveau Game », ce serai plutôt :
    « Deviens l’homme qui te plais, pour plaire aux femmes » à peu près.
    Le respect de la femme est prôné, martelé, répété, et sont mêmes bannis ceux qui ont des propos virulents et irrespectueux envers la gente Féminine (présente à nos côtés, et possédant leur propre forum semblable).

    Pour moi, « Player », le « Nouveau Game », est bénéfique et la plupart des hommes devraient en apprendre davantage.
    Dans notre société, les rapports h/f sont trop souvent malcompris, et « le naturel » peut s’améliorer. On ne nait pas tous à l’aise en société, et notre bagage psychologique est différent, ma mère m’a toujours dis qu’on devait respecter les femmes, mais que je devais me respecter moi d’abord, mais ce n’est pas le cas de tous.
    Rien qu’à voir les croyances que portent les nouveaux membres, c’est à pleurer de rire, et quand vous lisez ce genre de choses, croyez moi, vous ne direz plus d’être « naturel » pour vous séduire :
    « Faut être beau pour baiser je baiserai jamais »
    « Faut dominer la femme pour la séduire » (au naturel, sans endoctrinement du « game »)
    « Faut avoir du fric, alors je fais un job de merde pour avoir une jolie femme »
    « Faut être gentil et acheter des cadeaux H24 (et servir de carpettes) »
    Perso, à l’inverse, si une nana pense ça pour draguer un homme, je préférerai qu’elle fréquente un forum pour apprendre une autre réalité. ^^
    Les rapports H/F s’apprennent. Oui. Tout comme apprendre à parler à l’oral (pourtant rien de plus banal…), tout comme il y a des codes dans les groupes à connaitre, etc…
    Et je passe toutes les absurdités qu’on peut entendre autant chez certaines femmes qui parlent de la séduction (et hommes), car les filles n’ont pas le monopole de la compréhension des rapports H/F (ils sont différents, mais tout aussi biaisés que chez les hommes parfois)
    Quand une femme tente de séduire, elle s’y prend pas forcément mieux qu’un homme, elle a juste plus de succès vis à vis de son homologue masculin et donc ne remet pas forcément en question sa façon de faire (suffisante) :)

    Je dirai que ce qui forge les « mauvais players », c’est davantage la société. La frustration, ce besoin d’avoir tout tout de suite, les films et la pseudoséduction dedans, Disney et sa vision du monde, et des milliers de choses comme ça…
    Mais justement, le forum est là pour aiguiller les hommes. Et un homme bien aiguillé pourra plus facilement planter son aiguille (si vous voyez ce que je veux dire) :)

    Grâce à ce genre de forums (je ne nie pas qu’il en existe des mauvais), j’ai appris à me connaitre, j’ai commencé le sport, j’ai pris confiance, mes copines au fil des années trouvent que je suis quelqu’un de bien, mes rencontres d’un soir sont respectueuses. J’ai des relations saines avec mes amis, mes amies, mon patron, ma patronne (parce-que la séduction c’est bien plus qu’un zizi qui cherche une zezette, c’est pas Poire et les meufs, c’est Poire et les autres humains, homme(oui), femmes, et ce quelque soit la nature de la relation (amical/pro/sexué)
    Alors je n’irai pas jusqu’à voué un culte au Game, je ne vais pas prêcher la bonne parole comme un bon endoctriné (je le fais car je m’ennuie un peu là, je l’avoue), ce n’est nullement un besoin de me rassurer, pas de soucis de ce côté là :)

    Je fais peut-être partie des exceptions, sûrement, après tout il y a du mal partout, y compris en moi, en vous et les autres.
    Néanmoins je vous demanderai juste de ne pas jeter la pierre trop vite, ou bien de nuancer vos propos, nous ne sommes pas tous pareil, tout comme il y a des bonnes et des mauvaises féministes.

    Cordialement,
    Un « player » qui ne vous veut que du bien.
    (Ah oui et j’ai déjà tenté de passé en full français le vocabulaire, et bien qu’on tende vers un abandon des termes, certaines demeurent utiles pour symboliser un concept ou allez vite)

    • J’ai lu des propos totalement aberrants et dangereux sur art de séduire. J’ai écrit pour essayer de faire entendre mon point de vue mais je n’ai reçu aucune réponse satisfaisante. Il y a des propos réellement dangereux sur la plupart des forums de players. Entre 2 techniques de push and pull ou autres petites bêtises, une éducation au consentement ne serait vraiment pas du luxe. Plutôt que ça, beaucoup de sites de players dédramatisent complètement le viol et chient sur toute notion de consentement. C’est très inquiétant.
      Il y a d’ailleurs une initiative pas mal à propos du consentment, sur FTS (qui à mon avis revient de loin: il y a quelques années on y lisait aussi des horreurs).
      Je pense qu’essayer de donner une bonne image de sa communauté, ça passe avant tout par les actes plutôt que par les paroles. Que les players soient attachés à leur communauté je n’en doute pas, seulement ils doivent prendre conscience que le « Game » tel qu’il existe actuellement, comme un entre-soi masculin de réaffirmation de certaines idées de genre, est potentiellement ultra dangereux, et on l’a vu avec certains articles notamment par Kamal qui conseille carrément de violer des femmes parce qu’elles aiment ça (j’en ai parlé ailleurs sur ce blog) mais il est loin d’être le seul. Ces articles sont en outre beaucoup consultés par des adolescents, ce qui est gravissime.

      Encore une fois je n’ai rien contre l’idée d’apprendre à séduire (c’est à dire à se comporter dans une interaction MUTUELLE de séduction). Mais là il y a des choses graves et plus ça va, moins je prend la communauté des Players à la légère. Au début je voyais ça comme une bande de rigolos donc beaucoup très misogynes mais assez amusants néanmoins. Je n’avais pas conscience de l’importance problème que je constatais souvent pourtant, c’est à dire que dès le début je remarquais que les plus problématiques d’entre eux attiraient des filles à très faible estime de soi et très malléables, et je n’avais pas non plus conscience du fait que même les mecs qui ont énormément de problèmes à régler et n’ont aucune limite peuvent aussi bien que les autres apprendre des techniques de manipulation genre PNL. Là il y a un gros problème à propos du consentement, et je ne dis pas que le sexisme vient des players eux-même mais beaucoup baignent dedans.

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